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dimanche, 03 juin 2007

SOUTENIR L'OPPOSITION DEMOCRATIQUE EN SYRIE

SOUTENIR L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE EN SYRIE

 

Par Joseph Puder FrontPageMagazine.com | 31 Mai  2007

Article traduit par Fred Rothenberg pour www.nuitdorient.com  

  Il est plutôt étonnant combien peu d’efforts l’administration U.S. semble déployer pour assurer l’existence d’une opposition significative à Bashar Assad, le dictateur baathiste syrien. Si le Département d’Etat, grâce à l’Ambassade Américaine. à Damas, a découvert un groupe d’opposition, il n’en a rien fait connaître aux journalistes. Et les contacts récents de représentants du gouvernement américain avec leurs homologues syriens servent plutôt à renforcer la dictature syrienne que l’opposition qui existe en Syrie, en toute certitude. Au cours d’une conversation franche avec Sherkoh Abbas, président de l’Assemblée Nationale Kurde syrienne (KNA-S), M. Abbas nous a fait des commentaires autorisés sur la politique américaine envers la Syrie et a clairement souligné la faiblesse du régime Assad, minoritaire (2). Il a aussi décrit les projets futurs du KNA-S pour obtenir une Syrie démocratique. Joseph Puder : M. Abbas, pouvez-vous nous décrire la nature de l’opposition syrienne et pourquoi elle a des chances de mobiliser la nation syrienne ? Sherkoh Abbas :"D’abord laissez-moi décrire le KNA-S. C’est un groupement de partis politiques kurdes, d’ONG, d’organisations des droits de l’homme et de citoyens indépendants du Kurdistan syrien. L’opposition syrienne se compose de trois groupes (1): - le premier est l’opposition classique constituée par les Frères Musulmans. Elle est islamiste par nature et Arabe par orientation. - Le second groupe est originaire du Baath et représente des gens y ayant fait carrière, servant le régime Assad et qui se trouvent maintenant en disgrâce. Important parmi eux est l’ancien Vice-Président Khaddam. - L’oppositions kurde et ses alliés sont devenus un très important acteur et représentent le troisième groupe de cette opposition. Dans le cas des deux premiers groupes, soit ils partagent l’idéologie du régime, soit ils ont été infiltrés par des agents du régime. Les kurdes par contre sont les soutiens les plus fermes de la démocratie et l’opposition la plus sérieuse au régime. Ils envisagent la démocratie comme un sauvetage de la tyrannie. L’opposition non-kurde des deux premiers groupes est moins dangereuse pour le régime, actuellement. Le peuple syrien soutient notre opposition parce qu’elle est globale et tient compte des droits de l’homme, de la liberté, de la démocratie, des droits nationaux, la paix et le développement économique. Par conséquent un comité des groupes d’opposition syriens qui est global et qui n’a pas été infiltré doit travailler à mobiliser l’opinion publique pour une Syrie démocratique et ouverte à tous. L’Assemblée Nationale Kurde syrienne travaille à mobiliser les Syriens appartenant à toutes les strates de la société syrienne : kurdes, druzes, Alaouites, chrétiens, sunnites modérés, etc. et nous avons établi les fondations pour une véritable opposition démocratique et générale qui ait la confiance des masses syriennes. Le progrès est lent toutefois à cause des problèmes financiers et au manque de soutien de la communauté internationale, mais nous sommes résolus à réussir car nous poursuivons un programme démocratique grâce auquel tous les Syriens seront gagnants. C’est une politique "gagnante-gagnante" au lieu d’une politique "gagnante-perdante". JP : L’état de l’économie syrienne est-il un facteur de faiblesse du régime de Bashar Assad ? SA : La faiblesse de l’économie syrienne peut jouer un rôle, mais il dépend des autres facteurs. Elle peut jouer un rôle si la communauté internationale soutient l’opposition en prenant de sévères sanctions et en cherchant à retirer sa légitimité au régime actuel, en appliquant des interdictions de voyager aux officiels du régime. La véritable faiblesse du régime des Assad réside dans l’absence de soutien qu’il reçoit du public. Le régime utilise tous les moyens faisant appel à la force et à l’autorité pour survivre, employant des méthodes brutales comme le meurtre, l’emprisonnement et la torture. En clair le régime a utilisé le terrorisme pour s’agripper au pouvoir. Cette mentalité cruelle est largement répandue au Moyen-Orient. Dans le cas de la Syrie, un simple embargo économique ne suffira pas, comme il n’a pas suffi dans le cas de Saddam Hussein. La communauté internationale doit imposer de véritables sanctions prises de concert et avec l’entier support de l’opposition et doit ôter toute légitimité au régime. L’économie centralisée de la Syrie permettra d’abattre ce régime, de la même manière que les régimes d’Europe de l’Est sont tombés en 1990. Le régime syrien utilise des méthodes maffieuses pour survivre comme le marché-noir, la corruption, l'argent de la drogue, et il soutient les ennemis des USA comme l’Iran, la Chine et la Russie pour se maintenir à flot. Récemment, Assad a réussi à convaincre certains Etats du Golfe d’investir dans son économie, et je suis sûr que l’absence de politique pro-démocratique et d'un soutien clair des Etats-Unis et de l’Occident a aidé à ces capitaux des Etats du Golfe à s'investir en la Syrie. JP : Pourquoi pensez-vous que la politique US envers la Syrie est erronée ? SA : Les Etats-Unis se sont trompés, quand ils ont changé et assoupli leur politique envers la Syrie. Le régime d’Assad s’est félicité de cela et a intensifié son radicalisme. Il a augmenté son aide aux organisations terroristes, renforcé ses relations avec l’Iran et a contré ouvertement les intérêts américains dans la région. Le régime de Damas a réalisé que les Etats-Unis ne sont pas engagés à changer leur régime. L’absence de soutien occidental à l’opposition démocratique syrienne a aussi contribué à renforcer le pouvoir des Assad. Aujourd’hui les résultats du manque d’action américaine contre la Syrie est visible au sud-Liban, en Irak, en Palestine. L’Iran lui-même est plus méfiant envers l’Amérique et l’Occident. Le pouvoir syrien a réussi à manipuler le Département d’Etat.  JP : Quelle est votre vision de l’avenir de la Syrie ? SA : J’envisage une république fédérale de Syrie qui soit multi-ethnique, multi-culturelle et multi-religieuse par essence, où la démocratie, les droits de l’homme, la liberté, une économie avec marché libre et la paix règneront. Nous cherchons à faire de la Syrie une société laïque où être musulman ou chrétien sera un choix personnel. La Syrie occupe une position importante au Moyen-Orient grâce à sa proximité avec l’Europe et parce qu’elle sert de pont entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Une Syrie démocratique contribuera aussi à stabiliser la région en particulier le Liban, Israël, la Palestine et l’Irak. Une Syrie démocratique empêchera les hauteurs du Golan de devenir le prochain front d’une guerre Syro-Hezbollah contre Israël – à la différence de ce qui s’est passé au sud-Liban l’an dernier. Le régime actuel de Damas a "importé" près de 100.000 nouveaux "citoyens syriens" d’Iran, décidés à saper les pays de la région y compris la Jordanie musulmane sunnite, le Liban à majorité sunnite et Israël. Seul une Syrie démocratique donne la possibilité d’une formule "gagnante-gagnante" (win-win) qui conduira à une paix durable et à une reconnaissance mutuelle entre la Syrie et Israël.  Le Président Georges W. Bush devra être célébré comme le Président qui a apporté la démocratie au Moyen-Orient, plutôt que celui lié au chaos irakien. Pour que sa renommée devienne réalité il ne doit pas être paralysé par la peur de nouvelles critiques au sujet d’un affrontement avec l’Iran ou de soutien à l’opposition démocratique en Syrie. Il doit s’inspirer du Président Harry Truman qui a dit qu’en fin de compte chacun doit faire ce qui est juste (3).         Notes de www.nuitdorient.com (1) Il existe un autre groupe d'opposition libéral regroupant notamment des exilés et agissant de l'extérieur, appuyé par le président Bush et reçu en Israël par Benyamin Natanyahou, celui du Parti de la Réforme de Farid Ghadry. Mais il ne paraît pas très crédible, du fait que ce dernier est citoyen américain, ayant peu d'influence sur le citoyen syrien. (2) Les alaouites sont minoritaires dans le pays, quelques pour cent, mais le président Bashar al Assad, vient d'être réélu pour 7 ans, avec 99% des voix… (3) Les réticences américaines seraient dues au fait que le parti d'opposition est d'ordre ethnique et kurde, le soutenir poserait des problèmes vis-à-vis de la Turquie Supporting the Democratic Opposition in Syria                                    By Joseph Puder
FrontPageMagazine.com | May 31, 2007 It is rather amazing how little effort the U.S. administration seems to have expended in probing the existence of a significant opposition to Bashar Assad, the Baathist dictator of Syria .  If the State Department, through the U.S. embassy in Damascus , has in fact discovered an opposition group, it certainly has not briefed reporters on this matter.  And recent contacts by U.S. government representatives with their Syrian counterparts are serving to bolster the Syrian dictatorship rather than the opposition that most certainly exists within Syria . In a frank conversation with Sherkoh Abbas, president of the Kurdistan National Assembly-Syria (KNA-S), Mr. Abbas made distinct observations about U.S. policy towards Syria and emphasized the weakness of the Assad minority regime.  He also described the KNA-S vision for the future democratic Syria . Joseph Puder: Mr. Abbas, please describe the nature of the Syrian opposition and why it has a chance to mobilize the Syrian nation?   Sherkoh Abbas: “First let me describe KNA-S.  It is an umbrella organization for the Kurdish political parties, NGO’s, human rights organizations, and independent citizens from the Kurdish region of Syria .   The Syrian opposition consists of three types: the first is the classical opposition represented by Muslim Brotherhood. It is Islamist in nature and Arab in orientation. The second group is a Baath party derivative, and it is represented by people who spent their careers serving the Assad regime, and now found themselves out of favor.  One such figure is former Vice President Khaddam. The Kurdish opposition groups and their allies have become a formidable opposition, and they represent the third type.   In the case of the first two opposition groups, they either share the regime’s ideology or have been infiltrated by agents of the regime. The Kurds on the other-hand are the strongest proponent of democracy and the most serious opposition to the regime. They view democracy as their salvation from tyranny. The non-Kurdish opposition making up the first two groups is less of a threat to the regime now.   The Syrian people will support our opposition group because it is inclusive and addresses issues of human rights, freedom, democracy, national rights, peace, and economic development. Therefore, a committee of the Syrian opposition groups that is inclusive and have not been infiltrated must work on mobilization of public opinion based on a democratic and inclusive Syria .  The Kurdistan National Assembly – Syria (KNA-S) is working to mobilize Syrians from the entire spectrum of Syrian society: Kurds, Druze, Alawaite, Christians, Sunni Moderates, etc. and, we have laid the foundation for a true democratic and inclusive opposition that has the confidence of the Syrian masses.   Progress is slow however, due to financial limitations and lack of support from the international community, but we are determined to succeed because we are pursuing a democratic program where all Syrians will be winners.  It is a "win-win" policy instead of current "win-lose" policy.”   JP: Is the state of the Syrian economy a factor in the weakness of the Bashar Assad’s regime?   SA: “The weakness of the Syrian economy may play a role depending on other supporting factors.  It can play a role if the international community supports the opposition by issuing tough sanctions, and seek to remove the legitimacy from the current regime by implementing travel bans on the regime's officials.   The Assad regime’s real weakness stems from the lack of public support for it.   The regime uses all means of force and authority to maintain itself by using brutal methods such as murder, imprisonment, and torture.  Simply put, the regime has been using terrorism to cling to power.  This cruel mentality is widespread throughout the Middle East .  In Syria 's case, an economic embargo alone will not work, just as it did not in Saddam Hussein’s case.  The international community needs to impose effective sanctions that coincide with full support of the opposition, and the removal of legitimacy from the regime.       Syria ’s centralized economy will help bring down the regime in the same way the Eastern European regimes fell in the 1990’s.  The Syrian regime uses creative ways to survive, employing the black-market, corruptions, drug profiting, and assistance from enemies of the US such as Iran, China and Russia , to maintain its existence.   Recently, the Assad regime managed to convince some Gulf States to invest in its economy. I am sure that the lack of a clear pro-democracy policy by US and the west, helped lure many of the Gulf States investments to Syria .”   JP: Why do you think that the current U.S. policy towards Syria is wrong?   SA: “The U.S. erred when it changed and softened its policy towards Syria .  The Assad regime sensed that and it became more radical.  It increased its support for terrorist organizations, strengthened its relationship with Iran, and has worked openly against U.S. interests in the region.  The regime in Damascus realized that the U.S. is not committed to regime change.  The absence of western support for the democratic opposition in Syria further emboldened the Assad regime. Today, the results of American inaction towards Syria is visible in southern Lebanon, Iraq, and Palestine .  Iran too is more defiant towards the America and the west.  The Syrian regime managed to outmaneuver the U.S. State Department.”   JP: What is your vision for Syria ’s future?   SA: “I envision a federal republic of Syria that is multi-ethnic, multi-cultural, and multi-religious in nature, where democracy, human rights, freedom, a free market economy and peace reigns.  We are seeking to make Syria a secular society where to be Muslim or Christian is a personal choice.  Syria occupies an important position in the Middle East by virtue of its proximity to Europe, and because it serves as a bridge between Africa, Asia, and Europe .  A democratic Syria will also contribute to stability in the region especially with regard to Lebanon, Israel-Palestine and Iraq .     A democratic Syria would prevent the Golan Heights from becoming the next front in a Syria/Hezbollah war against Israel - similar to what happened in southern Lebanon last year.  The current regime in Damascus has ‘imported’ around 100,000 new ‘Syrian citizens’ from Iran who are poised to undermine the countries of the region including Sunni-Muslim Jordan, Sunni-led Lebanon and Israel .  Only a democratic Syria has the potential for a ‘win-win’ formula that would bring a lasting peace and mutual recognition between Syria and Israel .” President George W. Bush may be remembered as the president who brought democracy to the Middle East instead of being identified with the Iraqi quagmire.  For his legacy to become a reality; he must not be paralyzed by fear of additional criticism over involving the U.S. in confronting Iran, or supporting the democratic opposition in Syria .  He must learn from President Harry Truman that in the end, one must do what is right.

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