Avertir le modérateur

mercredi, 13 juin 2007

ISRAEL A UN NOUVEAU PRESIDENT

Israël a un nouveau président de l’Etat
Shraga Blum
mercredi 13 juin 2007 - 16:14



Tel un candidat répété au baccalauréat à qui l’on souhaitait de finalement réussir, Shimon Pérès est devenu cet après-midi le 9e président de l’Etat d’Israël. Après des mois d’hésitations, Shimon Pérès avait finalement déposé sa candidature à ce poste certes honorifique, mais délicat et important au vu de la situation actuelle.

 

Durant la campagne, toutes les configurations étaient évoquées, étudiées, analysées, espérées ou redoutées. La procédure du bulletin secret permettait en effet d’ébaucher de multiples scénarios : alliance de dernière minute, doubles promesses de soutien, trahisons, vengeances personnelles, amitiés trans-partisanes etc..

 

Les conseillers en communication de Shimon Pérès – particulièrement Eyal Arad - sachant le personnage controversé, ont apparemment trouvé la corde sur laquelle jouer pour promouvoir leur candidat, si souvent « trahi » par les urnes dans le passé : son âge. Handicap pour une fonction politique, il s’avérait au contraire un atout de taille pour ce poste honorifique. Pérès en était d’ailleurs très conscient, en déclarant lors de sa candidature : « Ce sera sans doute mon dernier mandat ». Dès lors, il ne fallait pas forcément appartenir au Parti des Retraités pour se dire alors qu’il serait souhaitable que ce vétéran de la classe politique israélienne finisse sa longue carrière sur un succès, d’autant qu’il se manifesterait à propos d’une fonction assez consensuelle, et sans trop de risques politiques pour Israël !

 

Plus l’échéance approchait, et plus l’éventualité de sa victoire était évoquée. Le soutien du parti Shass, annoncé de manière dramatique après un vrai-faux suspense, ne laissait plus planer le doute, si ce n’était le label de la malédiction qui planait sur celui qui s’était taillé la réputation de l’éternel perdant.

 

Le premier tour de l’élection a en fait constitué une mini-surprise, et déjoué les pronostics de la plupart des experts, qui prévoyaient presque tous la tenue de 3 tours. En obtenant 58 voix, Shimon Pérès avait frôlé la victoire dès le premier tour, et du coup, provoqué un « choc électrique » qui allait précipiter les choses. N’ayant obtenu que 21 voix, Colette Avital annonçait dès la fin des résultats, son retrait de la course, déclarant « avoir obtenu ce qu’elle voulait, c'est-à-dire un résultat honorable ». Dans la foulée, Reouven Rivline invitait les journalistes à lui tendre les micros, dans lesquels il annonçait, la voix tremblante d’émotion, son retrait, et surtout sa demande « de voir toute la Knesset voter pour Shimon Pérès » en signe d’union. Finalement, Pérès aura bénéficié de 86 voix sur 120, ce qui est net, mais cependant pas le « grand rassemblement » escompté par certains.

 

Tous les analystes ainsi que les hommes politiques interrogés à chaud ont reconnu la grandeur et la noblesse de ces deux personnages, qui ont d’ailleurs été en phase avec la réputation unanime de droiture et d’honnêteté qui est la leur dans l’exercice de leur mandat.

 

Le 2e tour, de pure formalité, a donc consacré la victoire de Shimon Pérès. En fin de compte, une coalition de considérations politiciennes, tactiques, personnelles et éthiques auront contribuer à le porter à cette haute fonction.

 

Comme lors de la distribution des Césars du cinéma, certains diront qu’elle représente « tout l’oeuvre de sa vie », et s’il est vrai que si Pérès, vers la fin de sa carrière politique active a été à l’origine d’initiatives hautement contestables, une défaite aujourd’hui aurait été ressentie par beaucoup – à part lui - comme une humiliation ultime qu’un cœur juif a du mal a accepter.

 

Shimon Pérès accède en fait à une fonction « inoffensive » qui aurait du être la sienne depuis un certain temps. Cet homme qui a joué, rappelons-le, un rôle majeur dans l’édification de la puissance militaire israélienne - et surtout de sa force nucléaire - fait partie des « icônes » des personnages politiques de l’après-naissance de l’Etat d’Israël. Son action en faveur de l’Etat d’Israël, et sa volonté de lutter pour son bien ne sont pas à mettre en doute, même si la cécité propre à la gauche israélienne l’a poussé à promouvoir les accords d’Oslo en dépit du prix qu’ils nous ont coûtés, et des risques énormes qui n’ont cessé de se confirmer depuis. Son rêve d’ « un nouveau Moyen-Orient » s’est évanoui dans le sang des victimes du terrorisme aveugle, et sous le bruit des bombes humaines, des balles et des missiles.

 

Par contre de Président de l’Etat sied tout à fait à Pérès, habitué des cérémonies et des voyages à l’étranger. Tout le monde espère que l’ancien Premier ministre réussira sur les deux

scènes : à l’intérieur, de rehausser l’image mise à mal de l’institution présidentielle, et à l’étranger, à être un ambassadeur de la cause israélienne face à la détérioration dramatique de la cause sioniste dans le monde.

 

Cette victoire de Pérès est aussi celle d’Ehoud Olmert. A court terme certes, mais tout de même. En misant sur Pérès dès le début, Olmert prenait un risque politique certain, vu sa situation catastrophique dans l’opinion politique. La victoire de son « cheval » procure une victoire psychologique à ce Premier ministre que l’on disait « agoniser », et il lui libère d’un coup quatre postes ministériels qu’il pourra distribuer à des personnes « stratégiquement intéressantes. » Son visage radieux lors de son discours de félicitations cet après-midi, n’a rien à voir avec celui de l’Olmert des conclusions Winograd. Mais en politique israélienne, les victoires à court terme le sont réellement, et les mois qui viennent ne seront pas des plus faciles pour Olmert, et de nombreux écueils l’attendent au tournant.

 

Le grand perdant de ce scrutin, même si c’est avec panache et grandeur, est Rouven Rivline. Personnage haut en couleurs, estimé au-delà de son parti, et comptant des amis personnels dans des formations bien éloignées du Likoud, Rivline aura sans doute été trahi par de nombreux députés qui lui « auront promis leur voix ». Comme il l’a lui-même déclaré hier de manière ironique - et prophétique- « si je perds dans cette élection, j’aurais au moins droit à apparaître dans le Livre des Record du Guiness, pour être le seul à avoir perdu contre Shimon Pérès !». Mais sa relative jeunesse lui permettra peut-être de briguer un nouveau mandat, avec cette fois-ci une configuration parlementaire plus favorable à la droite.

 

En attendant, les premières images diffusées du Président Pérès, sont celles d’un homme soulagé, mais fatigué par les poids des années, dont le visage traduit un certain retrait par rapport à la réalité. Il essaiera sans doute de jouer le rôle « du grand-père de la Nation » durant ses années de Présidence.

 

Malgré les nombreux griefs que l’ont peut avoir quant à ses initiatives politiques passées, au nom du respect de l’âge préconisé par la Thora, souhaitons-lui réussite dans son mandat, et proclamons avec Reouven Rivline. « Vive le Président de l’Etat, vive l’Etat d’Israël. »



23:35 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu