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mercredi, 13 juin 2007

QUAND L'HONNEUR JUSTIFIE LE MEURTRE.

Quand l'honneur justifie le meurtre.
Par Ambre Grayman pour Guysen Israël News
Mercredi 30 mai 2007 à 09:47

medium_p90_chador_noir.2.jpgSi le rapport 2007 d’Amnesty International se révèle particulièrement sévère contre Israël — accusé d’avoir "commis des violations graves du droit international humanitaire, y compris des crimes de guerre " — la publication d’un autre rapport sur la condition des femmes palestiniennes attire l’attention sur des pratiques sociologiques basées sur l’oppression, le meurtre et la violence.

Réalisé par Ohaila Shomar, coordinateur de SAWA (traduction littérale de 'femmes unies aujourd’hui et demain'), une organisation de lutte pour la défense du droit des femmes palestinienne, le rapport de 40 pages a été effectué grâce à l’effort commun de plusieurs organisations humanitaires qui œuvrent en faveur des femmes dans la société palestinienne.

Au cours des trois dernières années, 48 femmes ont été tuées dans la Bande de Gaza et en Judée Samarie au cours de violence domestiques, dont 9 depuis le début de l’année 2007.

Une augmentation significative traduisant la radicalisation des mœurs dans la société palestinienne.

Jusqu’en 2004 en effet, le chiffre annuel des femmes tuées dans le cadre de conflit familiaux se situait entre 10 et 12 femmes.

La plupart des victimes — âgées de 12 à 85 ans — tuées entre 2004 et 2007 ont été assassinées au motif d’avoir " apporté la honte" sur les membres masculins de la famille.

32 cas s’apparentaient effectivement à des crimes "d’honneur".

C’est ce qui s’est produit pour Khawla Ahmed Owaida, 35 ans, le 8 mai dernier.
Selon l’enquête menée par le PHCR (Centre Palestinien pour les Droits Humains), ce jour-là, vers deux heures, la police s’est rendue dans une maison du quartier de Tal al-Sultan après avoir été informée qu’une femme a été assassinée pour " l’honneur de la famille".
La police a trouvé le corps de la jeune femme dans cette maison.
Elle a été tuée d’une balle de pistolet à la tête. Son frère, ‘Alaa’, 32 ans, a avoué avoir commis le meurtre pour sauver "l’honneur de sa famille".

Amna Maher Kalloub, 19 ans a elle aussi payé le prix lourd afin "d'honorer" sa famille.
Cette dernière, originaire de Gaza est morte d’une blessure par balle à la tête infligée par son frère qui tenait à conserver intact, l’honneur familial.

Sur les 32 cas de meurtres "d’honneur" enregistrés au cours des trois dernières années, 14 femmes étaient célibataires, 8 mariées, 6 divorcées et 2 veuves.

17 femmes ont été tuées par leurs frères et 5 par leur père.

Les méthodes utilisées pour assassiner les femmes varient selon les situations : strangulation, pendaison, empoisonnement, revolver, ou coups jusqu’à ce que la mort s’ensuive.

Selon le rapport publié par SAWA, aucun outil juridique ne permet de sanctionner les assassins pour leur crime, et ce, en raison d’une loi jordanienne, datant de 1960, et toujours en vigueur qui ne punit que très légèrement les meurtres dits "d’honneur".

Par ailleurs, la loi du silence imposée aux femmes empêche la rébellion et la mobilisation massive des femmes qui craignent, à leur tour, d’être assassinées pour avoir jeté l’opprobre sur le clan.

Aujourd’hui, et selon le site libertefemmespalestine.wordpress.com qui a le courage de le confirmer, être femme en Palestine signifie donc :

"Courir le risque d’être assassinée si on est soupçonnée d’avoir " enfreint l’honneur de la famille ".
Ne pas avoir le droit de se marier sans le consentement du père, y compris après 18 ans.
Et, le mariage laïque n’existant pas, ne pas pouvoir se marier avec l’homme de son choix si ce dernier est d’une "autre religion".
Si la liberté de pouvoir se marier "avec qui l’on veut" est loin d’être garantie, les mariages forcés, par contre, sont fréquents.
Traditionnellement, le mariage reste plus une transaction entre deux familles que l’aboutissement d’une histoire d’amour entre deux personnes.
Une fois mariée, il reste très difficile pour une femme de divorcer sans le consentement de l’époux.
L’époux, lui, a le droit à la polygynie (polygamie réservée exclusivement aux hommes).

Subir de nombreuses lois discriminatoires dans la vie de tous les jours.
Ce n’est que depuis 1996 que les femmes palestiniennes peuvent obtenir un passeport sans l’accord de leur père ou mari par exemple.
La loi sur le statut personnel fait de la femme une éternelle mineure.

Ne pas pouvoir papoter, sortir, rencontrer un ami masculin comme on le désire.

Être victime de violences conjugales (selon des camarades féministes 70 % des femmes palestiniennes en sont victimes).

Être sous le contrôle et le pouvoir permanents des hommes.

Subir la pression de groupes réactionnaires comme le Hamas, ne pas pouvoir aller où l’on veut si on refuse de s’enfermer derrière le tchador.

Etc, etc, etc."

Autant de violations des droits de l'homme (en l'occurence de la femme) qu'Amnesty International devrait dénoncer avec autant de publicité qu'elle le fait quand il s'agit d'ausculter la manière "disproportionnée" dont se conduit Israël face aux agressions bien préparées du Hezbollah dans le nord, et de celles du Hamas dans le sud.

http://www.guysen.com/articles.php?sid=5841

 

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