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mercredi, 04 juillet 2007

FESTIVAL ISRAELIEN

LE FESTIVAL A FAIT

 SALLE COMBLE

Pendant la semaine du Festival du cinéma israélien, Paris s’est mis au diapason de Tel-Aviv. Un cinéma qui reflète une société complexe et multiple, provocateur parfois, qui ne fait pas toujours l’unanimité auprès de la communauté juive de France.
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lus de cinq mille personnes ont défilé pour cette semaine du cinéma israélien. Dominique Erenfried, directrice du Gaumont-Marigan, et Charlie Zrihen, directeur du Festival, ont rempli leurs objectifs. Grâce à un bouche à oreille efficace, le quasi-silence de la presse nationale, toujours frileuse à l’égard d’Israël, n’aura pas empêché l’afflux des amateurs. « Les deux premiers jours, il n’y avait personne, mais très vite les salles se sont remplies », explique Charlie Zrihen. Et d’ajouter : « Le public, plus bourgeois et communautaire, est différent de celui du Cinéma des cinéastes où se déroulait le Festival jusqu’à cette année. Là-bas, c’est une salle d’art et d’essai. » Ceux-là ne sont pas toujours contents, parfois même ils sont scandalisés : les Juifs français n’aiment pas voir ce que renvoient certains films : homosexualité (The Bubble, d ’Eytan Fox), drogue (Frozen Days, de Danny Lerner, un film envoûtant), étoiles de David tatouées sur la poitrine (Pardons, d’Aloni Udi), agonie d’un cancer en direct (Mélanome mon amour, de David Ofek). Le cinéma israélien cristallise et exacerbe les problèmes d’une société en pleine crise et la tendance n’est pas au beau fixe. Il s’attaque aussi aux mythes fondateurs, comme le kibboutz à travers un film terriblement violent : Adama Meschuga, de Dror Shaul (« Terre folle »), mal traduit en anglais par Sweet Mud (« Douce Boue »), qui a déjà gagné trois prix : l’Ours de Cristal à Berlin, Prix du grand jury à Sundance et l’oscar du meilleur film israélien, ex-aequo avec Aviva mon amour. Réalités d’Israël et diaspora « La fracture entre Israël et les Juifs de France se creuse de plus en plus », constate David Benchetrit, cinéaste israélien à qui le Festival rendait hommage avec trois documentaires : Vent d’est, Samir, Le Voile et l’Exil. Vent d’est, dont le sous-titre est Chroniques marocaines, raconte l’arrivée des sépharades en Israël et le racisme dont ils ont été l’objet les premiers temps. « À l’issue de la projection à Paris, j’ai été agressé verbalement par une femme qui m’a reproché d’insulter Israël. » Avec le recul, David Benchetrit sourit : « Je ne devrais pas m’énerver. La communauté juive de France continue à idéaliser Israël malgré tout ce qui s’y  passe et le cinéma est en prise direct avec la réalité. Forcément, ils ne supportent pas le décalage. » En Israël, le public se regroupe dans un silence quasi religieux devant ses films. Dear Father est son dernier : il s’attaque à l’armée, mais il ne l’a pas apporté en France. Forgiveness (« Pardons »), au style baroque, mêle la guerre, la Shoah , dans un hôpital psychiatrique pour anciens déportés construit sur les ruines d’un village palestinien. « Les critiques en Israël étaient partagés, déclare le producteur David Silver. Certains ont dit que c’était le meilleur film, d’autres que c’était le pire. » En tous cas, il n’a pas fait l’ouverture du Festival comme prévu. Il a été remplacé par le très beau, et fort consensuel, Aviva mon amour, qui a gagné plusieurs prix au Festival de Jérusalem. Trois Mères, de Dina Zvi-Riklis, a fait l’unanimité, ainsi que le documentaire sur le  désengagement en 2005 : Tempête d’émotion, de Yaël Klopmann. Les enfants n’étaient pas en reste. Deux films magnifiques leur étaient consacrés : Petits Héros, de Itaï Lev, et Love and Dance, de Eitan Anner, avec la captivante comédienne Evgenia Dudina. Espérons que certains de ces chefs-d’oeuvre trouveront un distributeur car, malgré leur qualité, c’est une production qui reste marginale en France. Trois films seulement sont sortis du lot ces dernières années : Tu marcheras sur l’eau, Prendre femme et Une jeunesse comme aucune autre.

Hélène Schoumann

Source : www.tribunejuive.fr

08:10 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0)

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