Avertir le modérateur

vendredi, 13 juillet 2007

EDITO DE JEAN MICHEL CASA AMBASSADEUR DE FRANCE EN ISRAEL

EDITO: EXCLUSIF ISRAEL FRANCE L'AMBASSADEUR de FRANCE en ISRAEL JEAN-MICHEL CASA : le renouveau des bonnes relations France-Israël

Permalink Consulter les précédents éditos

medium_JEAN_MICHEL_CASA_PHOTO_ALAIN_AZRIA.jpgJean-Michel Casa, Ambassadeur de France en Israël : ” L’une des tâches de cette ambassade est que, sur la base de ce qui existe déjà, l’on puisse aller plus loin…”

jul11

Par Par Mati Ben-Avraham

D’une année à l’autre, le 14 juillet est une bonne occasion pour une mise en perspective des relations franco-israéliennes. L’actuel ambassadeur de France, Jean-Michel Casa, s’est prêté au jeu.

Mati Ben-Avraham : Mme Livni était, la semaine passée, à Paris. Vous avez assisté à ses différents entretiens au plus haut niveau de l’état français. Les familles des soldats enlevés voici un an ont été reçues à l’Elysée lundi, puis le lendemain au Quai d’Orsay. Le président Nicolas Sarkozy n’a pas hésité, devant ses hôtes, à qualifier le Hezbollah de mouvement terroriste. Tout ceci est interprété, ici, comme des signes d’une réorientation de la politique française au Proche-orient en général et vis-à-vis d’Israël en particulier. Alors, monsieur l’ambassadeur, réorientation ou nouvel équilibrage?

Jean-Michel Casa : Je vais me référer, tout d’abord, à la première partie de votre question. Je crois qu’il est très important, effectivement, que les trois familles des trois soldats capturés aient été reçues au meilleur niveau à Paris. Le président de la République tenait à les recevoir et en particulier, la famille du soldat Shalit, qui est un binational franco-israélien, pour témoigner à la fois de notre solidarité et des efforts que nous déployons pour obtenir sa libération. Cela dit, le président de la république – si je ne me trompe pas – à dit très exactement que le Hezbollah qui est un parti politique libanais, qui s’inscrivait dans le panorama politique libanais – et à ce titre serait invité prochainement à Paris dans le cadre de la réunion informelle qui aura lieu après le 14 juillet pour essayer de relancer le dialogue national libanais – et bien, ce qu’a dit le président c’est que nous souhaitions que le Hezbollah renonce aux actes terroristes, renonce à la pratique du terrorisme. Cela donne donc aussi un éclairage d’ensemble à la question que vous m’avez posée de l’orientation ou équilibrage. Je crois qu’il y a toujours de la part de la France, quels que soient ses responsables, un grand intérêt pour les questions de la région. Ne sommes-nous pas des voisins. Les problèmes de cette région nous affectent durablement. Alors, certainement par ce qui a pu être perçu, peut-être, comme un déséquilibre par les israéliens, il y a aujourd’hui, très clairement, la volonté de la part des autorités françaises – du président de la république, du ministre des Affaires étrangères – de parler à tout le monde, d’être écouté de tout le monde, de dispenser nos conseils, d’aider de manière peut être plus active à la reprise d’un processus de paix, d’amener un apaisement dans la région, que ce soit au Liban, dans la relation libano-israélienne, mais aussi dans la relation israélo-palestinienne. Je voudrais rappeler, à ce propos, que Mme Livni a été reçue avec beaucoup de chaleur à Paris, par le président de la république, par le ministre Bernard Kouchner. Les entretiens, auxquels j’ai participé, se sont particulièrement bien passés. Mais cette visite faisait suite aux visites d’autres dirigeants de la région, tel le président Mahmoud Abbas qui était à Paris quelques jours auparavant. Dans nos discussions avec nos amis israéliens, en particulier lors de la visite de Mme Livni – et j’insiste bien sur le terme ” amis israéliens ”, le président a rappelé qu’Israël est l’ami de la France – nous désirons en même temps tenir un langage franc, et dire à Israël que nous souhaitons, par exemple, tel ou tel geste dans tel ou tel domaine en direction des palestiniens, en particulier du président Abbas et du gouvernement de monsieur Fayed pour la reprise d’un processus de paix.

MBA : Passons au plan économique, pris dans son sens le plus large. Où en est-on et quels sont pour vous les créneaux les plus porteurs?

Jean-Michel Casa : Nous sommes dans une situation qui n’est pas mauvaise, avec des échanges significatifs. Un milliard d’euros d’échanges commerciaux, avec un léger excédent pour la France. Mais, on pourrait faire mieux, à la fois en termes d’échanges commerciaux, de coopération d’entreprises, de capital-risque, d’investissements français en Israël et israéliens en France. Il y a des investissements français en Israël. Je citerai Véolia, BNP-Paribas, Alstom mais on pourrait faire mieux, notamment dans les domaines des biens, des services. On pourrait aussi espérer plus d’investissements israéliens en France. Ils existent mais, par exemple, à la Bourse de Paris, la présence israélienne est très faible, les d’entreprises israéliennes sont encore très peu cotées sur nos marchés financiers. Il y a donc une marge d’amélioration, d’autant plus que nous avons affaire à deux économies puissantes, prospères. La France est un pays moteur en Europe. L’ouverture du marché français signifie une ouverture sur tout le marché européen, dans une zone libre de barrières, avec l’atout formidable que représente la France, qui a une très forte attractivité, qui est l’un des principaux terrains d’accueil des investissements étrangers. Il y a aussi le lien humain extraordinaire qui existe entre la France et Israël , qui ne se résume pas bien sûr à la présence des franco-israéliens ici et à l’importance de la communauté juive en France, mais dont il faut tenir compte. La France a la plus grande communauté juive du monde après les Etats-Unis, avec une proximité géographique très forte avec Israël, qui se double d’une proximité affective de par les familles qui vivent ici et là-bas. Dans la durée, il serait bien que tous ces liens humains formidables puissent se développer mais aussi se traduire en terme de développement des échanges, des investissements, de prospérité partagée. Grâce à l’accroissement de leur pouvoir d’achat, les israéliens se tournent de plus en plus vers des produits, disons plus sophistiqués que le marché français est à même de leur proposer. Mais c’est vrai aussi dans le domaine des machines, des travaux publics. Et il y a des possibilités de coopération formidables dans le domaine des hautes technologies où Israël est l’un des pays les plus avancés au monde, c’est bien connu, avec des pôles technologiques très performants et nous-mêmes, nous essayons de valoriser nos pôles de compétitivité. Nous avons d’excellents laboratoires, nous avons des universités de haut niveau et je suis sûr que, au-delà des coopérations qui existent déjà entre certains pôles technologiques français et des pôles israéliens tels le Technion de Haïfa, ou celui de l’Institut Weizman, je suis sûr donc que nous pouvons développer davantage les relations dans le domaine des nouvelles technologies de manière générale : les technologies de l’information, biotechnologies, nanotechnologies… Il y a là un domaine d’excellence où Israël et la France ne sont non pas concurrents, mais probablement tout à fait complémentaires. Je crois que l’une des tâches que doit se fixer cette ambassade est que, sur la base de ce qui existe déjà – et qui est bien – l’on puisse aller plus loin, et quelque chose qui soit à la hauteur à la fois de la qualité de nos relations politiques et des ambitions de notre relation.

MBA : Côté culturel, l’actualité est particulièrement bien fournie : inauguration du nouvel Institut, des manifestations multiples… Tout se passe comme si le culturel était devenu la locomotive des échanges franco-israéliens. A moins qu’il soit l’iceberg, la vitrine, c’est-à-dire ce que l’on est autorisé à voir dans ces échanges, la discrétion étant de rigueur sur d’autres plans.

Jean-Michel Casa : Non, non, ce n’est pas cela, ce n’est pas une vitrine, ni un iceberg! Simplement, la culture c’est quelque-chose qui se voit par définition, qui est populaire, qui intéresse les gens, qui parle aux gens, peut-être plus que les chiffres des échanges économiques. Et puis, je dirai qu’il y a aussi une vraie attraction, qui était là même au moment où les relations étaient moins chaleureuses entre la France et Israël. Il y a toujours eu un intérêt culturel commun très, très fort. Par exemple, nous avons toujours une très forte présence de touristes israéliens en France. Il y a un intérêt pour sa culture, pour ses musées, pour ses chansons et inversement, un intérêt des français pour la culture israélienne. Il suffit de voir le succès du film israélien en France, succès qui ne s’est jamais démentie au cours des années. Simplement, ce dont nous manquions, en Israël et en particulier à Tel-Aviv, la capitale culturelle du pays, l’une des capitales culturelles du monde, une ville qui a la juste réputation d’être en mouvement perpétuel, nous manquions donc d’un bel écrin, d’une belle vitrine pour la culture française. Désormais, nous l’avons avec le nouveau bâtiment qui est un choix politique, mais non un choix politique de choisir la culture au détriment d’autre chose, mais tout au contraire de prendre la culture pour instrument d’expression du rapprochement politique entre nos deux pays. C’est donc un choix très fort que d’acheter un bâtiment historique, dans le centre de Tel-Aviv, un bâtiment Bauhaus de très belle facture, de le rénover et d’en faire la vitrine des activités cultuelles françaises dans ce pays. L’inauguration a eu lieu il y a quinze jours, en fanfare dirai-je, dans le cadre de la fête de la musique. Je crois qu’elle a marqué le public israélien. Une très belle programmation est prévue pour les semaines et les mois qui viennent. Je pense à l’inauguration, le 13, d’une très belle exposition sur les Justes de France, qui vient du Mémorial de la Shoah à Paris, qui fera place à une très belle vidéo réalisée par Agnès Varda pour la cérémonie à la mémoire des Justes en janvier dernier, sous la présidence de Jacques Chirac, alors président de la république, et de Mme Simone Weil. Il y aura aussi des activités portant sur la musique, sur le cinéma où nous avons œuvré, cette année, à ce que les films israéliens, en fait des coproductions, soient présents à Cannes où ils ont connu le succès puisque la plupart d’entre eux ont été primés. Mais encore une fois, ce n’est pas un substitut mais, au contraire, quelque-chose d’emblématique dans nos relations que cette embellie de nos relations culturelles. Cela correspond à quelque-chose de très profond entre nos deux pays et en même temps, dans un contexte politique renouvelé, traduit une volonté d’aller plus loin. De la même manière, si l’on reste dans ce domaine, l’ouverture en septembre prochain d’un lycée franco-israélien, d’un embryon de lycée franco-israélien, traduit également la volonté de renouveler en quelque sorte ce qui a toujours existé, mais qui avait besoin de retrouver un nouveau souffle, c’est-à-dire les très anciennes relations entre la France et le peuple juif, entre la France et Israël, entre Israël et la Francophonie et de donner un nouvel élan à la fois, en Israël, à la francophonie et à la culture française.

MBA : Dernier point, les projets d’ici au 14 juillet 2008?

Jean-Michel Casa : Je crois que, de prime abord, nous devrons travailler à consolider ce qui existe. A réussir complètement le lancement du nouvel Institut. A réussir celui du lycée franco-israélien. Dans les nouveaux projets, il y a bien sûr le 60ème anniversaire de l’état d’Israël et nous souhaitons nous associer aux célébrations de cet évènement. Nous avons des projets au plan musical, comme par exemple produire en Israël un très bel Oratorio du musicien français Honegger, consacré au roi David. Nous espérons également monter, au musée d’Israël, une exposition de très belles œuvres, volées par les occupants nazis en France et récupérées après la guerre. Elles seront donc exposées pour la 1ère fois en Israël. Je crois que c’est très symbolique sur le plan de la mémoire, du rappel de ce que furent le nazisme et la Shoah. Et ce sera aussi une exposition artistique de très grande valeur. Et puis, nous comptons aussi, d’ici un an, inaugurer par des manifestations artistiques ou une soirée portes ouvertes au musée de Tel-Aviv, notre semestre de présidence de l’Union européenne et nous tenons à associer nos amis israéliens à cet évènement.

 http://www.israelvalley.com/edito/2007/07/11/11392/exclusif-israel-france-l-ambassadeur-de-france-en-israel-jean-michel-casa-le-renouveau-des-bonnes-relations-france-isrannl

 

 

00:45 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu