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samedi, 04 août 2007

DAMAS :AU RISQUE DE SE PERDRE ...

Damas : au risque de se perdre (info # 010408/7) [Analyse]

Par Jean Tsadik © Metula News Agency

 

Au sein de l’armée israélienne, on confirme le fait que les Syriens ont approché leurs missiles Scud de notre frontière, qu’ils ont augmenté sensiblement le rythme de leur production, et qu’en juin dernier, ils ont à nouveau procédé à des essais de tir du modèle "D", et que ces tests ont été concluants. Ces essais ont été conduits avec le support technique de spécialistes iraniens, que l’on rencontre en nombre en Syrie. Les missiles expérimentés possèdent une portée de l’ordre de 400 kilomètres et peuvent donc atteindre la presque totalité du territoire de l’Etat hébreu.

 

D’autre part, l’armée de Béchar Al Assad continue de recevoir des missiles antichars, antiaériens, ainsi que des engins terre-terre issus de la dernière génération de l’industrie de l’armement russe. Une partie de ces nouveaux arrivages est ventilée vers le Hezbollah au Liban, de même que des quantités importantes de roquettes plus rudimentaires. Ces dotations massives du Hezb, qui se produisent en contravention avec les résolutions du Conseil de Sécurité et sous le nez de ses observateurs dans la région, reflètent deux finalités distinctes, quoique complémentaires. Premièrement, elles permettent à Damas d’envisager ouvrir un second front contre Israël, en cas de confrontation directe, et deuxièmement, ces armes, aux mains des miliciens chiites, octroient aux Syriens la possibilité de déclencher, lorsqu’ils le désireront, la guerre civile au pays des cèdres, contre le gouvernement légal qui leur est hostile.

 

Officiellement, à la tête de l’establishment sécuritaire israélien, on se prétend incapable de discerner si l’armée syrienne, sur le Golan, est disposée en formation offensive ou défensive. Or cette analyse est capitale, puisqu’une armée organisée défensivement n’est pas en situation de déclencher une guerre globale.

 

Ce que l’on sait, c’est que la région d’environ 45 kilomètres qui sépare les hauteurs du Golan de la capitale syrienne fourmille de lanceurs de roquettes de 220 et 305 millimètres, des missiles précédemment cités, et que leurs servants – dont des milliers de commandos - s’entraînent d’arrache-pied à la guerre.

 

En cas de confrontation, et Damas n’en fait pas secret, sa tactique consisterait à arroser la région de Tel-Aviv, simultanément, de centaines de roquettes et de missiles divers, dont certains pourraient être porteurs d’ogives non conventionnelles de type bactériologique ou chimique. D’après les stratèges de Téhéran au service des Al Assad, les défenses israéliennes sophistiquées - les Khetz et les Patriot notamment – seraient incapables de faire face à une telle multitude.

 

Les Syriens se montrent également très actifs sur le terrain de l’intoxication stratégique. Ils soufflent en effet le chaud et le froid, s’exprimant en certaines occasions en faveur de négociations de paix, tandis qu’en d’autres, ils affirment que la confrontation armée est inévitable.

 

Certaines des annonces faites au titre de cette campagne d’intoxication sont tactiquement ineptes, à l’instar de celle faite au New York Sun par un cacique de la dictature alaouite, selon laquelle la Syrie allait, dans les prochains mois, se livrer à des opérations de guérilla sur le Golan. D’après ce porte-parole anonyme du Baath, Damas aurait créé à ce propos les Comités pour la libération des hauteurs du Golan. Cette force de volontaires, recrutée aux confins de la Turquie et parmi les réfugiés palestiniens, aurait pour mission d’effectuer des raids contre les implantations israéliennes et les positions de Tsahal sur le plateau. Elle devrait commencer à "sévir" dès octobre-novembre, au cas ou Israël n’aurait pas restitué le Golan auparavant.

 

A la Ména nous considérons ces menaces dénuées de toute logique militaire. Tout d’abord, parce que le Golan, un plateau d’une cinquantaine de kilomètres sur une largeur moyenne de 10, ne se prête pas aux actions de guérilla : la ligne de démarcation entre les deux armées y correspond, sur de larges sections, au relief naturel, avec des gorges, des falaises et des pentes abruptes, pour séparer les belligérants. De plus, cette zone, qui est déjà forment gardée, et qui dispose d’un no man’s land placé sous la supervision d’un force onusienne, est dépourvue de forêts et d’autres obstacles naturels favorables à la dissimulation de commandos. Les satellites israéliens permettent de distinguer pratiquement tout mouvement de personnes jusqu’à la capitale syrienne.

 

Mais les évidences de la nullité des effets de manche des Al Assad ne se trouvent pas dans l’impraticabilité tactique du projet annoncé au Sun, mais dans son invraisemblance stratégique. En effet, de telles opérations commando, si elles venaient à être tentées – qu’elles soient ou non couronnées de succès – transfèreraient à Jérusalem la légitimité politique nécessaire pour effectuer la riposte de son choix et à l’heure qu’elle aura choisie. Car la mince opportunité que possède Al Assad pour infliger des blessures douloureuses à Israël tient dans l’utilisation de l’effet de surprise : lancer, sans préavis, tous ses projectiles sur nos grandes concentrations urbaines. L’emploi des Comités pour la libération des hauteurs du Golan procurerait à l’Etat hébreu ce dont il a le plus besoin : le temps de rappeler et d’organiser ses réservistes et le prétexte d’écraser, une bonne fois pour toutes, la junte alaouite d’en face. Bref, cette fable de guérilla dans le Golan participe d’un non-sens, que les Syriens ne sont tout de même pas suffisamment stupides pour mettre en branle.

 

 

Le Golan et sa région

Source : Google Earth/NASA

 

Côté israélien, dans le doute des intentions réelles de Damas et devant la menace bien tangible, quant à elle, des préparatifs de guerre concertés en Syrie, en Iran et dans les rangs du Hezbollah, on se prépare aussi. Ehoud Barak, le ministre de la Défense, dirige la manœuvre ; il est, entre autres, en train de recréer de nouvelles divisions de réservistes. Cela mérite une courte explication : l’évolution des moyens de guerre moderne avait conduit à limiter le nombre d’hommes, d’avions, de chars, etc. directement impliqués dans un conflit. La guerre moderne fait s’opposer peu de soldats et de matériel, mais des gens extrêmement professionnels ainsi que des armes hyper sophistiquées et fort coûteuses. De fait, une guerre moderne, si ses principes étaient suivis, devrait opposer entre 10 000 et 30 000 militaires d’élite lors des batailles décisives. Plus, et cela gênerait leurs déplacements et leurs activités, sans ajouter aucune force de percussion à une armée. On est loin des dizaines de millions de soldats qui se sont entretués lors des deux grands conflits mondiaux. On est loin, même, de la taille que possédait Tsahal lors des conflits de 1967 et de Kippour.

 

Mais voilà que les ennemis d’Israël contreviennent à ce principe d’évolution, en abandonnant, dans une grande mesure, les armes sophistiquées pour leur préférer des moyens développés autour du premier tiers du XXème siècle, telles les Katiouchas et les roquettes. Or, on l’a vu durant la dernière campagne du Liban, l’hyper technologie, qui est faite pour se mesurer à d’autres hyper technologies, s’est trouvée fort dépourvue lorsqu’elle fut confrontée à la rusticité des Katiouchas, dont le Hezbollah disposait par milliers. Lors, comme nous l’avions expliqué durant le conflit, il aurait fallu à Israël qu’elle possède le recours de noyer le Liban-Sud sous ses cohortes et d’en extraire à l’ancienne les miliciens islamistes. Or ces forces de réserve, auxquelles on ne pensait plus jamais devoir recourir, n’étaient pas organisées, pas entraînées, pas disponibles, mal dotées etc.

 

C’est pour cette raison qu’Ehoud Barak bat le rappel des réservistes. Théoriquement, Israël devrait pouvoir en mobiliser et en équiper environ un million en cas de besoin, c’était le compte que l’on faisait à la fin des années soixante. Au ministère de la Défense, on explique ce revirement de doctrine, à l’aube de ce qui pourrait être un nouveau conflit crucial, en expliquant que "si les divisions de réservistes ne seront pas appelées à jouer un rôle prédominant dans la bataille principale, elles fourniront une plus value de sécurité au cas où quelque chose marcherait mal".

 

Mais Israël ne se contente pas de ce genre de réforme pour préparer sa défense. Ses unités multiplient les exercices ayant pour thèmes la prise de villages syriens et de la capitale des Al Assad. Les départements de recherche et d’application n’ont jamais été aussi occupés qu’actuellement. Ils mettent au point et intègrent des armes hyper sophistiquées de défense et d’attaque contre les objectifs situés en Syrie et en Iran. Sur le Golan, très pratiquement, où je suis allé faire un tour hier, Tsahal a réoccupé nombre des positions fortifiées dont elle dispose tout le long de la ligne d’armistice ; sans que l’on puisse discerner le moindre signe de fébrilité, on sent que la présence militaire s’est considérablement étoffée.

 

En fait, la période critique, durant laquelle le risque de conflit est le plus conséquent, s’est déplacée de cet été à octobre-novembre. Plus tôt, l’ennemi ne sera pas prêt. Plus tard, il lui faudrait combattre en hiver, et l’hiver présente toujours un désavantage pour l’armée qui attaque.

 

La guerre pourrait éclater dans trois cas de figures : 1. En cas d’opération occidentale contre l’Iran, la Syrie ouvrant un (deux ?) nouveau(x) front(s) pour diffuser la pression sur son allié. 2. La Syrie déclenchant un conflit, se voulant limité, afin de transférer au problème du Golan la pression énorme dont elle fait l’objet dans l’affaire Hariri, et, accessoirement, pour renverser la tentative démocratique au Liban et faire tomber ce pays dans le giron de l’alliance Téhéran-Damas. 3. Si l’état-major et, partant, le gouvernement israéliens acquièrent la certitude qu’une offensive ennemie est inévitable, Jérusalem prendrait l’initiative d’un conflit – comme en 1967 – afin de priver ses adversaires des avantages prodigués par l’effet de surprise.

 

Dans tous les cas, et c’est ce qui rend les provocations syriennes incompréhensibles, même si une attaque surprise au missile devait coûter la vie à 20 000 Israéliens, elle engendrerait des centaines de milliers de victimes en Syrie, la chute certaine de la dynastie des Al Assad, et, probablement, la prise de Damas par Tsahal, qui laisserait le reste du pays à l’anarchie ou aux bons soins de ses alliés occidentaux.

 

Et dans l’éventualité d’une intervention iranienne directe dans un conflit syro-israélien, il n’y aurait qu’à élargir la même équation au régime des mollahs : destruction par Israël et ses alliés des infrastructures nucléaire et militaire iraniennes. Anéantissement de l’armée perse et probable renversement du pouvoir théocratique. Dans le monde occidental ainsi que dans la plupart des capitales arabes, il y en a qui ne rêvent qu’à une chose : que les gouvernants de Téhéran et de Damas effectuent les erreurs dont il est question dans cet article.

    Source : www.menapress.com

 

 

 

17:10 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

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