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lundi, 06 août 2007

DECES DU CARDINAL LUTIGER

DECES DU CARDINAL LUSTIGER

 

Les réactions

NOUVELOBS.COM | 06.08.2007 | 08:25

 

 

Les réactions après l'annonce de la mort du cardinal Lustiger, ancien archevêque de Paris.

Nicolas Sarkozy : Il a fait part de sa "tristesse" et salué "une grande figure de la vie spirituelle, morale, intellectuelle et naturellement religieuse de notre pays (…). Jean-Marie Lustiger ne se donna jamais à moitié (...) Cardinal, il fut le relais inlassable de l'esprit de la génération de Jean Paul II, en particulier à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse à Paris en 1997, dont il fut l'artisan principal (…). Le parcours spirituel du Cardinal Lustiger restera à la fois un exemple et un grand mystère", a ajouté Nicolas Sarkozy (…). Je m'associe à la peine des catholiques de France, des religieux et des religieuses, des prêtres et des évêques, qui savent gré au Cardinal Lustiger d'avoir toujours cherché à conforter les valeurs morales, la force spirituelle et l'exigence intellectuelle du catholicisme français". (Communiqué, dimanche 5 août)

 

François Fillon, Premier ministre : "L'Eglise de France perd une de ses figures les plus marquantes des dernières décennies (…). Dans ses éminentes responsabilités épiscopales, le Cardinal Lustiger a contribué de manière déterminante au rayonnement de l'Eglise catholique, qu'il voulait ouverte au monde et aux hommes, et toujours en prise avec son temps". Il "salue la mémoire d'un homme d'Eglise qui, porté par son histoire et ses convictions, a considérablement enrichi le dialogue entre les religions. Dans ses relations avec les pouvoirs publics, enfin, le Cardinal Lustiger a su faire vivre une laïcité ouverte et respectueuse". (Communiqué, dimanche 5 août)


Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale : il salue "un homme d'ouverture, de culture, de dialogue et de tolérance (…). Sa voix portait bien au-delà des catholiques, car il a su être respectueux des croyances de chacun. C'était un homme de foi qui restera dans notre mémoire à tous". (Communiqué, dimanche 5 août)

 

François Bayrou, président du MoDem et député des Pyrénées-atlantiques : "Au-delà de ses hautes responsabilités spirituelles, une des plus hautes figures de l'humanisme français (…). Rigoureux dans sa pensée, intransigeant quand il le jugeait nécessaire, il était pour les croyants un point de repère". Mais "au-delà, pour tous ceux qui l'avaient rencontré ou entendu, il honorait notre pays, sa pensée et sa langue". (Déclaration à l'AFP, dimanche 5 août)

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Décès du cardinal Lustiger

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Le cardinal Lustiger
(Photo : Alain Azria)

Le cardinal Lustiger est mort dimanche à Paris, à l'âge de 80 ans, des suites d'une grave maladie. Archevêque de Paris pendant 24 ans, il avait quitté ses fonctions en février 2005, à l'âge de 78 ans. Jean-Marie Lustiger fut très marqué par le parcours singulier qui devait le porter à la tête de l'Eglise de France lui, le juif polonais né en France, converti au catholicisme et orphelin d'une mère déportée à Auschwitz. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a fait part de sa « tristesse » de voir partir « une grande figure de la vie spirituelle, morale, intellectuelle et naturellement religieuse de notre pays ». Les obsèques du cardinal Lustiger auront lieu vendredi à Notre-Dame de Paris.


Le cardinal Jean-Marie Lustiger est né à Paris le 17 septembre 1926 sous le nom d'Aaron Lustiger, dans une famille juive polonaise. C'est à l'âge de 14 ans, en 1940 qu'il se fait baptiser à Orléans, où ses parents l'ont mis à l'abri dès le début de la guerre.

A la Libération, Jean-Marie Lustiger entre au séminaire. Longtemps lié au milieu étudiant parisien, il passera dix années comme curé de paroisse à Paris avant d'être nommé, par Jean-Paul II, évêque d'Orléans.

En 1981, Mgr Lustiger devient archevêque de Paris. Elevé au rang de cardinal, puis élu à l'Académie Française, ce brillant intellectuel au caractère bien trempé, fut un temps cité comme candidat possible à la succession de Jean-Paul II.

Les deux hommes étaient très proches. Tous deux partageaient des conceptions identiques du rôle de l'Eglise au sein de la société dite post-moderne. Tous deux, surtout, avaient à coeur de voir le monde juif et chrétien se réconcilier au seuil du IIIe millénaire. Le cardinal Lustiger, par son histoire personnelle, fut un des hommes-clé de ce délicat dossier, car il voyait dans le christianisme l'accomplissement du judaïsme. Et c'est, dans cette continuité-là, qu'il avait choisi de construire son destin.



par Geneviève  Delrue

Article publié le 05/08/2007 Dernière mise à jour le 05/08/2007 à 21:18 TU

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Cardinal Lustiger
La photo du jour Cardinal Lustiger
Le Président français, Nicolas Sarkozy, a souhaité rendre hommage au Cardinal Lustiger, décédé ce dimanche. ''La France perd une grande figure de la vie spirituelle, morale, intellectuelle et naturellement religieuse de notre pays'' a déclaré le Président, en vacance au Etats-Unis

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Le cardinal Lustiger est mort

Celui qui, pendant un quart de siècle, a profondément transformé le visage du diocèse de Paris, s'est éteint dimanche à la Maison Médicale Jeanne-Garnier à Paris. C'est une figure de l'Église universelle qui disparaît. Ses obsèques seront célébrées vendredi 10 août au matin à la cathédrale Notre-Dame de Paris


Le cardinal Jean-Marie Lustiger en mai 2005 au Mémorial de la Shoah à Paris (photo Robine/AFP).


Si l’Église compte des grands cardinaux, le cardinal Jean-Marie Lustiger fut un grand cardinal. Il s’est éteint, dimanche 5 août à 19h30, à l’âge de 80 ans, des suites d’une longue maladie qu’il n’avait jamais cachée, un cancer. Il est décédé à la Maison Médicale Jeanne-Garnier, à Paris, un établissement de soins palliatifs dépendant de la fondation des Dames du Calvaire où il avait été admis le 23 avril.

"Les dernières semaines ont été plus particulièrement douloureuses et pénibles" pour le cardinal, écrit dans un communiqué l'actuel archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois, qui succéda à Mgr Lustiger en 2005 (lire la réaction de Mgr Vingt-Trois).

Mgr Vingt-Trois célèbrera lundi 6 août à 21h30 à Notre-Dame une messe "pour confier le cardinal à la miséricorde de Dieu". Ses obsèques seront célébrées vendredi 10 août à 10h à la cathédrale Notre-Dame de Paris et une chapelle ardente sera organisée la veille, de 9h à 22h, dans la cathédrale pour permettre "aux Parisiens et à ceux qui le voudront de prier près du cardinal ou de le saluer une dernière fois", selon l'archevêché.

Un homme qui ne laissait rien au hasard

Avec Jean-Marie Lustiger, l’Église universelle perd l’une de ses têtes pensantes et l’un de ses pasteurs les plus remarqués. Son âge ne lui permettait plus d’élire un pape – il avait été créé cardinal par Jean-Paul II en 1983, et fut l’un des électeurs de Benoît XVI –, mais sa notoriété mondiale, son destin particulier de juif converti au christianisme et sa puissance intellectuelle faisaient de lui l’un des hommes les plus influents de l’Église catholique.

À Rome, mais aussi ailleurs, sa parole était attendue, parfois crainte, toujours respectée. Il fut l’un des conseillers les plus écoutés du pape polonais, qui l’admirait personnellement. Il partageait également une haute amitié intellectuelle avec Joseph Ratzinger. Autant de raisons qui avaient donné à certains l’idée d’en faire un papabile, l’un de ces cardinaux jugés les plus aptes à exercer la fonction suprême.

Influence d’un homme qui ne laissait rien au hasard. Influence dont on lui reproche d’avoir usé efficacement pour le choix de son successeur au prestigieux archevêché de Paris. Le 11 février 2005, moins de deux mois avant sa mort, Jean-Paul II – c’est l’une de ses ultimes décisions de gouvernement – nomme effectivement un fidèle du cardinal Lustiger, Mgr André Vingt-Trois, qui avait été son bras droit à Paris pendant dix-huit ans. En curie romaine, cet acte avait été interprété comme un « passage en force ».

Son objectif, en effet, c’était l’Église !

Interrogé par La Croix, le cardinal Lustiger s’en est défendu avec véhémence : « Le pape a choisi librement, après mûre réflexion et selon la procédure habituelle, parmi plusieurs hommes possibles, dont Mgr André Vingt-Trois. » Reste que, à l’évidence, l’avis de ce cardinal à qui le pape vouait une confiance de frère, a dû peser. Confiance jamais déçue ni démentie, depuis le jour de 1981 où Jean-Paul II, conscient de l’enjeu capital de ce poste, avait prié une nuit entière avant d’en faire le successeur du cardinal François Marty.

Il arriva donc d’Orléans, où il avait accédé à l’épiscopat à peine un an plus tôt. Inclassable, déjà… Celui qui entrera à l’Académie française en 1995 a alors séduit toute une génération d’intellectuels de la gauche laïque par sa hauteur de vue. Inclassable, car il se méfiait tout autant des milieux classiques de l’Église, qu’il trouvait parfois étroits, des milieux charismatiques généreux mais pas toujours aiguisés intellectuellement à son goût, et des milieux progressistes qu’il a souvent combattus et qui le lui rendaient bien !

Personnalité forte, cet homme à part n’aura d’ailleurs jamais réussi à être élu à la présidence de la Conférence des évêques de France, tout en siégeant de droit – un privilège de l’archevêque de Paris – au conseil permanent, organe de gouvernement collégial de l’épiscopat. Et s’il a suscité de nombreux évêques – aujourd’hui, une vingtaine sont issus de Paris, et bien d’autres lui doivent leur nomination –, il n’a pas créé lui-même un « courant » au sein de l’épiscopat : là n’était pas son propos.

Son objectif, en effet, c’était l’Église ! Pas une Église timorée, en stagnation, qu’il fustigeait en privé, mais une Église du Christ, décomplexée, allant de l’avant. À cette fin, Jean-Marie Lustiger a exploité toutes les ressources de sa verve, prisée par les médias et appréciée lors de ces sermons brillants et sans notes qui l’ont d’abord fait connaître. Et dépensé toute son énergie, apparemment inépuisable. Difficile à dompter, même, tant les colères et le langage parfois cru de ce caractère trempé étaient redoutés par son entourage.

Politique de refondation

Pour l’Église toujours, cet homme qui aimait garder les mains libres a déployé une méthode peu collective. « La collégialité n’est pas l’esprit grégaire », lançait-il, cherchant à transformer Paris en laboratoire d’Église. Quitte à fâcher ses confrères évêques par un fonctionnement qu’ils pouvaient juger parallèle et « trop personnel ». Quitte à fonder volontairement ses propres instances à côté de ce qui existait déjà.

L’exemple le plus criant fut la formation, où il a beaucoup investi, pour les laïcs, les séminaristes et les prêtres. Alors qu’il était chancelier de l’Institut catholique de Paris, il a créé l’École Cathédrale, puis le Studium Notre-Dame, une troisième faculté de théologie à Paris pour laquelle il a obtenu la reconnaissance canonique romaine, en concurrence directe de la Catho et du Centre Sèvres des jésuites…

Cette politique de refondation n’était pas pour autant une course en solitaire. Elle est allée de pair, aspect moins connu de son œuvre, avec le recrutement de prêtres et de laïcs de haut niveau autour de lui. Il savait à la fois s’entourer et attirer des compétences par son charisme – on l’a vu pour les vocations –, manageant son diocèse de manière professionnelle, parfois abrupte, pour ce qui était des affaires du temps.

L’exemple de la mise en scène des JMJ de Paris est éloquent : il l’avait confiée notamment au scénographe Jacques Le Disez, parce qu’il avait pensé que la qualité des images retransmises par les télévisions dans un pays catholique mais très laïque était au moins aussi importante que l’événement lui-même.

Débatteur, fulgurant, manieur de paradoxes

Ce souci de l’image de l’Église n’était pas lié à un égocentrisme, mais à une haute conscience de « l’épaisseur historique des phénomènes spirituels ». Ainsi l’Église ne devait pas avoir peur, en certains cas, d’inventer une liturgie moderne – il aimait l’art contemporain – symbolique et adaptée à la scène publique et médiatique.

Cet homme d’action, s’il n’était pas un moine bâtisseur, fut un pasteur bâtisseur, obnubilé par le sens de l’Histoire et l’inscription des événements dans le temps et l’espace. Aimant provoquer et prendre des risques. Mais il fut aussi un homme de prière. Alors qu’il restait très discret sur sa vie intérieure, son entourage témoigne que le temps qu’il consacrait à Dieu était une priorité qui lui valait de refuser des engagements.

Pour le diocèse de Paris, il y a donc un avant et un après-Lustiger . Et la continuité de cet héritage est assurée par son successeur. Elle l’est moins, en revanche, pour la place publique, la vie médiatique et politique. Le cardinal Lustiger y aura pesé de tout son poids, incarnant là aussi une présence d’Église sur un mode nouveau.

Ce débatteur, fulgurant, manieur de paradoxes, surgissant souvent où on ne l’attendait pas, est difficilement remplaçable pour l’Église, notamment sur les plateaux de télévision ou les studios de radio, mais aussi dans les salons discrets du monde politique où il se rendait volontiers, quand on l’y invitait.

S’il n’était pas l’abbé Pierre, premier des sondages, le cardinal Lustiger restera un prélat qui aura compté dans la vie française de la fin du XXe siècle. N’hésitant jamais à intervenir sur les grandes questions de société ou internationales – il partit dire la messe de Noël à Sarajevo en 1993 –, on ne compte plus ses interviews dans toutes les formes et sensibilités de presse, parfois vigoureuses comme récemment sur l’islam (accusant le gouvernement français de vouloir en faire une « religion d’État »), il se sera toutefois relativement peu prononcé sur les questions de morale sexuelle. Il aura, certes, été l’un des premiers à rappeler publiquement que la doctrine catholique du moindre mal autorise l’usage du préservatif dans la lutte contre la pandémie du sida.

« Comment pourrais-je cesser d’être juif ? »

Mais ces questions, hormis la bioéthique, n’auront pas été son premier lieu. Marqué par la théologie de Hans Urs von Balthasar, sa principale préoccupation, y compris dans le champ public et culturel, aura plutôt été de faire « découvrir que la foi au Christ ne cesse d’inventer des manières nouvelles et plus belles de vivre la vie humaine » comme il le confiait à La Croix en 2001, après vingt ans de responsabilité à Paris.

Avec cette exigence : « Notre autorité ne consiste qu’à obéir au Christ. Ce n’est pas respecter autrui que de ne pas lui transmettre la parole de Dieu telle qu’elle nous est confiée. Révéler ainsi l’exigence de Dieu ne peut se faire que dans sa miséricorde. Mais cela signifie, ni complicité, ni complaisance. L’amour de l’Église ne se divise pas. Il ne faut pas chercher notre propre succès. Ne pas chercher à se faire aimer, mais aimer. »

Ceux qui l’auront approché auront toutefois été frappés par un dernier trait, peut-être le plus essentiel. La résurrection du Christ, cette Bonne Nouvelle qu’il prêchait, n’aura pas levé un drame qui subsistait en lui. Pessimisme d’une intelligence trop lucide, ou racines d’une histoire personnelle tourmentée ?

Jean-Marie Lustiger était né Aaron, jusqu’à ce 25 août 1940 où il reçut, à 14 ans, le baptême à Orléans. Sa mère est morte à Auschwitz, et l’un de ses grands-pères était rabbin en Pologne. « Comment pourrais-je cesser d’être juif ? » murmurait-il, toujours blessé d’aborder ce thème dont il détestait parler publiquement (pour en savoir plus, cliquez ici). 

Et cette vision tragique qui le tourmentait – il faut l’avoir vu célébrer l’Eucharistie à Jérusalem pour le réaliser – et dont il a peut-être aujourd’hui la clé : « La condition présente de l’histoire consiste en ce que l’accomplissement des promesses du Messie demeure caché. »

Jean-Marie GUENOIS    http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2310901&rubId=1098

 

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08:35 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

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