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dimanche, 12 août 2007

Revue de Presse du WE à partir d'articles du Figaro

Revue de Presse du WE à partir d'articles du Figaro

1 - Mystérieuse vague meurtrière en Algérie

http://www.lefigaro.fr/international/20070809.WWW00000026...

V.F. (lefigaro.fr) avec AFP.
Publié le 09 août 2007

La puissante déferlante qui a tué douze baigneurs sur une plage de l'ouest du pays suscite beaucoup d'interrogations.

Selon certains témoins, la vague ressemblait à un mini tsunami. Vendredi dernier, douze baigneurs ont été tués par une puissante déferlante qui a touché la plage de Mostaganem, dans l'ouest algérien. Mais ce n'est que cinq jours plus tard que la protection civile algérienne a communiqué l'information.

Qu'est ce qui a causé cette vague ? Pour le moment, aucune explication officielle n'a été donnée.

Si le centre de Strasbourg a relevé une secousse sismique à 21h08 le même jour, le Centre de recherche algérien d'astrophysique, lui, n'a rien enregistré. Cette absence d'enregistrement pourrait être due à un défaut de fonctionnement des instruments de détection du Centre. Selon le professeur Loth Bonairo, " il est difficile de parler de tsunami, car un tel raz-de-marée est beaucoup plus large, alors que la vague de Mostaganem a touché une seule plage, la plage dite du Petit port".

Des essais d'armes conventionnelles ?

Pour ce scientifique, spécialiste d'astronomie et de planétologie au Centre algérien de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG), la vague pourrait avoir été provoquée par une expérimentation d'armes conventionnelles en Méditerranée.

Le phénomène "pourrait avoir eu pour origine un essai scientifique et on peut supposer qu'il s'agit d'une expérience scientifique d'armes conventionnelles", a-t-il expliqué. Et d'ajouter que la France, l'Italie ou l'Espagne procèdent de temps à autre à ce type d'expérimentations.



2 - N'oublions pas que Varsovie, comme le ghetto, s'est insurgée aussi contre les nazis
.Publié le 09 août 2007


http://www.lefigaro.fr/debats/20070809.FIG000000005_n_oub...

Par Élisabeth G. Sledziewski, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Strasbourg (université Robert-Schuman).

Pendant toute une semaine, du samedi 28 juillet au dimanche 5 août, la capitale polonaise a célébré le 63e anniversaire du déclenchement de l'insurrection de Varsovie contre l'occupant nazi, le 1er août 1944. Commémoration solennelle, comme tous les ans depuis la fin du régime communiste qui l'avait si longtemps prohibé, puis toléré sur le tard : en honorant la mémoire des héros et des victimes de leur capitale insurgée, les citoyens de la Pologne démocratique ont dit non seulement leur piété envers les générations sacrifiées, mais aussi leur conscience d'avoir refermé l'abîme du malheur polonais et de s'être enfin réconciliés avec l'histoire.

Commémoration fervente, à laquelle la présence des derniers anciens combattants, désormais octogénaires ou nonagénaires et chaque année moins nombreux, donnait une exceptionnelle gravité. Difficile, toutefois, de ne pas noter le contraste entre ces belles cérémonies et l'atmosphère politique délétère d'une Pologne en proie à des dissensions et à des scandales ubuesques... tout simplement indignes de ceux qui ont versé leur sang pour sa liberté. Contraste pénible, aussi, entre la mobilisation des Varsoviens, la multiplicité, l'intensité émotionnelle des manifestations organisées pendant huit jours dans la capitale, et l'amnésie persistante dont fait l'objet l'insurrection de l'été 1944 dans le reste du monde, en France notamment.

Ayant souvent l'occasion de présenter au public cette page d'histoire, je remarque que nombre de nos concitoyens, quoique bien informés sur la Seconde Guerre mondiale, continuent de confondre l'insurrection de la capitale polonaise (du 1er août au 2 octobre 1944), contemporaine de la libération de Paris, Lyon et Marseille, avec le soulèvement des derniers habitants du ghetto, seize mois plus tôt, (du 19 avril au 16 mai 1943). Cette confusion s'inscrit à vrai dire dans une méconnaissance plus générale de ce que fut la guerre en Pologne, beaucoup de Français n'en retenant aujourd'hui qu'une seule dimension, l'extermination du peuple juif. Ignorance qui confine au déni de la réalité historique : l'écrasement des insurgés de 1944 par les nazis après presque cinq ans d'occupation barbare, la trahison cynique de l'ex-occupant puis " allié " stalinien. Comme si les horreurs de la Shoah dans la Pologne occupée et/ou annexée par le IIIe Reich annulaient le calvaire de l'ensemble de la nation polonaise, que Hitler avait entrepris de réduire en esclavage dès le 1er septembre 1939. Les Polonais ne comprennent pas ce déni et en souffrent. À l'heure où les relations franco-polonaises se dégèlent, dans le sillage de la visite de Nicolas Sarkozy à Varsovie et des gestes de bonne volonté échangés au sommet, il est urgent de réactiver la confiance entre nos deux peuples en dissipant ce grave malentendu.

Rappelons donc que l'insurrection déclenchée le mardi 1er août 1944 à 17 heures (" l'heure W " = l'heure du combat) le fut à l'initiative des chefs de la résistance polonaise, l'AK (Armée de l'intérieur, sous les ordres du gouvernement en exil à Londres). L'objectif était la libération de la capitale par les forces nationales avant l'arrivée, imminente, de l'Armée rouge. De son côté, radio Moscou encourageait le soulèvement, enjoignant au " peuple frère " de commencer le travail et lui promettant un prompt renfort. L'AK comptait plus de 50 000 hommes dans la région de Varsovie, les autres formations de la résistance, dont une petite armée communiste (AL), un millier. Leurs moyens étaient dérisoires : surtout des grenades et des cocktails Molotov, un fusil pour 25 hommes, un pistolet pour 50 hommes, quelques dizaines d'armes automatiques. On ne distribua même pas la moitié de ce pauvre arsenal, avec trois jours de munitions.

Après quelques succès remportés par surprise et avec le soutien massif des civils, les insurgés se sentirent trahis. L'artillerie soviétique, toute proche, s'était tue. Staline avait stoppé net le mouvement de ses troupes vers le centre-ville. Il les maintint l'arme au pied aux portes de Varsovie, fermant ses aérodromes pour empêcher tout secours des Alliés. Les nazis, eux, renforçaient leur potentiel terrestre et aérien. Dans la capitale prise au piège, le massacre dura soixante-trois jours. Les troupes SS se déchaînèrent contre les combattants et leurs blessés, mais aussi contre les civils, pratiquant des exécutions de masse comme dans le faubourg de Wola où, du 5 au 8 août, environ 60 000 personnes furent mitraillées ou brûlées dans les caves des immeubles. Sans ressources, abandonnée de tous, à l'exception de quelques héroïques pilotes de la RAF, l'insurrection capitula le 2 octobre. Ses survivants furent emmenés dans le Reich comme prisonniers de guerre. Les civils furent évacués de force puis parqués ou déportés. Sous les ruines de Varsovie détruite à 85 % et réduite, selon le voeu du Führer et au grand bénéfice de Staline, " à un point géographique ", on dénombra entre 200 000 et 250 000 morts.


3 - Musharraf désemparé face aux islamistes

ISABELLE LASSERRE (Avec AFP et Reuters).
Publié le 10 août 2007

http://www.lefigaro.fr/international/20070810.FIG00000012...

Arrivé au pouvoir en 1999, à l'issue d'un coup d'État, le général Pervez Musharraf, 63 ans, est contesté par les groupes islamistes mais aussi par le camp des laïcs.

Le président pakistanais a refusé une proposition de ses conseillers d'instaurer l'état d'urgence.

L'AMBIANCE, au Pakistan, est toujours aussi fébrile. Face à la contestation politique et à la recrudescence des attentats islamistes, le président Pervez Musharraf a consacré sa nuit de mercredi à jeudi à se demander s'il lui fallait instaurer l'état d'urgence dans son pays. Il y a finalement renoncé hier.

Pour justifier une telle mesure, ses conseillers invoquaient la nécessité de faire face à des " menaces intérieures et extérieures ". À " l'intérieur ", l'assaut donné en juillet par les soldats pakistanais aux fondamentalistes protalibans retranchés dans la Mosquée rouge d'Islamabad a été suivi par une vague d'attentats qui ont fait plus de 230 morts depuis un mois. À l'" extérieur ", les responsables américains laissent entendre depuis quelque temps qu'ils pourraient lancer des raids aériens ciblés contre des bases d'al-Qaida dans les zones tribales, au nord-ouest du pays, à la frontière avec l'Afghanistan. Depuis plusieurs semaines, les combats entre l'armée pakistanaise et les talibans ont redoublé d'intensité. Et Washington, qui tente de convaincre son allié clé dans la " guerre contre le terrorisme " de lancer une offensive massive et décisive dans les zones tribales, semble perdre patience.

Arrivé au pouvoir en 1999, à l'issue d'un coup d'État acclamé par la population, le général Pervez Musharraf, 63 ans, est en perte de vitesse. Il est contesté par les groupes islamistes, dont l'influence ne fait que grandir depuis leur percée aux élections de 2002, obtenue en exploitant le sentiment antiaméricain consécutif à l'intervention militaire en Afghanistan. Ces groupes le défient désormais ouvertement. Le président a de plus en plus de mal à répondre à la " guerre sainte " contre le pouvoir qu'ils ont décrétée cet été pour se venger de l'attaque sanglante contre la Mosquée rouge.

Popularité en chute libre

Mais aujourd'hui, Musharraf est contesté jusque dans les rangs de l'intelligentsia et des milieux laïcs. On lui reproche, entre autres choses, la trop grande domination exercée par l'institution militaire sur le pays et son incapacité à empêcher la reconstitution d'une base d'al-Qaida dans les zones tribales. Un récent sondage, réalisé par l'organisation américaine International Republican Institute, révèle que le taux de popularité du président s'est effondré, passant de 60 % d'opinions positives en juin 2006 à 34 % aujourd'hui.

Musharraf a surtout subi un sérieux revers le mois dernier, lorsque la Cour suprême du Pakistan a rétabli dans ses fonctions son président, le juge Iftikar Mohammed Chaudhry, qui avait été suspendu par le chef de l'État en février. Cette mesure avait provoqué d'importantes manifestations dans tout le pays, l'opposition et le monde judiciaire accusant le président pakistanais de vouloir écarter un magistrat qui risquait de compromettre sa réélection à la fin de l'année en voulant le contraindre de se conformer à la Constitution.

Car c'est bien là le problème. Musharraf a l'intention de briguer un nouveau mandat devant le Parlement sortant, qui lui est acquis, avant les législatives, prévues fin 2007 ou début 2008. Mais il aimerait aussi conserver la direction de l'armée, un élément clé du pouvoir au Pakistan. Or, le juge Chaudhry avait laissé entendre que la loi fondamentale obligeait le président sortant à abandonner, avant la fin 2007, sa casquette de chef des armées.

Pervez Musharraf, qui perd chaque année du terrain face aux islamistes et qui a déjà réchappé à plusieurs attentats, est à ce point affaibli qu'il ne peut plus guère espérer conserver longtemps le pouvoir seul. L'instauration de l'état d'urgence aurait pu lui permettre de passer en force, d'annuler les élections ou d'imposer un amendement à la Constitution pour lui permettre de se maintenir à la tête de l'armée.

Cette solution ayant été - au moins momentanément - écartée, reste l'autre, étudiée depuis de longues semaines : un partage du pouvoir avec l'ancien premier ministre Benazir Bhutto. Un accord qui pourrait permettre aux forces politiques modérées du Pakistan de s'unir pour tenter de battre les extrémistes aux prochaines élections.


4 - La colère de Tsahal contre les rabbins d'extrême droite

Jérusalem MARC HENRY.
Actualisé le 10 août 2007 : 07h37

http://www.lefigaro.fr/international/20070810.FIG00000014...


La polémique enfle en Israël après le refus de soldats religieux de participer à l'évacuation de colons de Hébron.

QUI, des rabbins ou des officiers, fait la loi au sein de l'armée israélienne ? La polémique agite Israël. Tout a commencé mardi, lorsque douze soldats ont refusé de participer à l'évacuation de colons qui squattaient deux maisons à Hébron, dans un ancien marché palestinien. Les insoumis ont expliqué qu'après avoir consulté leurs rabbins, ils ne pouvaient obéir à des ordres " contraires à la loi religieuse ". L'évacuation a bien eu lieu, malgré quelques échauffourées. Quant aux militaires récalcitrants, ils ont été condamnés à 28 jours de mise aux arrêts.

" Un pouvoir immoral "

Les esprits ne se sont pas calmés pour autant. Les hauts gradés, les éditorialistes et les responsables politiques de tout bord sont montés au créneau pour participer à des passes d'armes passionnées. La grande majorité a dénoncé l'influence exercée par de rabbins extrémistes, maîtres à penser d'une partie des jeunes colons. " Les soldats ne doivent recevoir d'ordres que de leurs commandants et de personne d'autre ", a lancé le ministre de la Défense, Ehoud Barak, lui-même un ancien général.

Plus explicites, les commentateurs ont dénoncé les rabbins d'extrême droite qui incitent leurs élèves à se rebeller. Nombre d'entre eux ne se font toutefois pas d'illusion sur l'impact de ces imprécations. Lors de l'évacuation de la bande de Gaza en 2005, des rabbins avaient déjà appelé les soldats à refuser d'obéir. À l'époque, l'état-major avait menacé de sévir. Mais aucune sanction n'a été prise, de même qu'aucun rabbin n'a été réellement inquiété après l'assassinat de Yitzhak Rabbin, en 1995, par un fanatique religieux.

Plus inquiétant encore : selon un sondage paru hier, pas moins d'un tiers des Israéliens trouvent justifié le refus d'obéissance des soldats à Hébron. Et du côté des rabbins extrémistes, on persiste et on signe. Dov Lior, président du conseil des rabbins de Judée-Samarie (Cisjordanie), a publié un édit religieux proclamant que la " participation directe ou indirecte à l'expulsion de juifs d'Eretz Israël (incluant les territoires occupés, NDLR) est contraire à la sainte Torah et personne ne doit prendre part à une telle mission ". Dans un communiqué, le conseil a justifié le refus d'obéissance à un " pouvoir mauvais et immoral ".

La polémique ne cesse d'enfler car les soldats sortis des Yéchivot (séminaires talmudiques) sont devenus ces dernières années un indispensable vivier pour l'armée. Très motivés, ces jeunes portant la " kippa " constituent aujourd'hui la moitié des élèves des écoles d'officiers et le gros des troupes au sein des unités d'élite. Au fil des ans, ils ont supplanté les militaires venus des kibboutzim, ces villages collectivistes symbole du " socialisme à l'israélienne " qui ont longtemps donné à l'armée l'essentiel de son encadrement.

Cette évolution préoccupe une partie de l'armée. Mais aucune alternative n'est en vue, d'autant que du côté des jeunes laïcs, le nombre de dispensés du service militaire ne fait qu'augmenter. " Tsahal devient l'armée de la moitié du peuple ", déplore Ehoud Barak. Un quart des jeunes Israéliens mâles de 18 ans, censés porter pendant trois ans l'uniforme, échappent au service militaire. Chez les filles, assujetties à deux années de service, le pourcentage frôle les 50 % ! Les chefs militaires pointent du doigt les rejetons de familles des quartiers chics de Tel-Aviv ou les milieux artistiques, chez qui ne pas faire son service serait très " tendance ".

Pour Barak, la seule solution est de ramener " le signe d'infamie de Caïn sur le front de ceux qui se font réformer ". À titre d'exemple, l'armée a décerné hier plus d'une centaine de médailles à des soldats pour leur conduite héroïque durant la guerre du Liban, histoire de donner l'exemple...



5 - Une nouvelle agression relance le débat sur l'islam aux Pays-Bas

LAURE MANDEVILLE.
Publié le 11 août 2007

http://www.lefigaro.fr/international/20070811.FIG00000058...


L'agression par des islamistes d'un jeune Iranien néerlandais qui venait de créer un comité d'apostats de l'islam fait resurgir les tensions.

IL y a quatre mois, le philosophe Afshin Ellian, Iranien néerlandais connu pour son combat contre les islamistes, recevait un appel de Jami Ehsan, 22 ans. Ce juvénile conseiller municipal du parti travailliste PvdA à Voorburg, en banlieue de La Haye, lui expliqua vouloir créer un comité d'apostats de l'islam, destiné à défendre " la liberté de religion " aux Pays-Bas. " C'est une activité dangereuse ", lui répondit Ellian qui, depuis l'assassinat du cinéaste Theo Van Gogh par un islamiste en 2004, est sous protection policière.

" Je sais, répondit Jami, mais c'est très important. Nous devons conquérir notre liberté de croire ou de ne pas croire, une liberté que nous refuse l'islam ! " Arrivé aux Pays-Bas à l'âge de 9 ans, éduqué par des parents iraniens modérés, le jeune garçon avait été foudroyé, à 16 ans, par la destruction des tours jumelles du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Sa première réaction fut de s'emparer d'un Coran pour comprendre pourquoi, au nom de l'islam, de telles attaques pouvaient être menées. Une fois le livre refermé, il abjurait sa religion. " C'est très intéressant, note Afshin Ellian, car l'assassin de Theo Van Gogh, Mouhamad Bouyeri, s'est radicalisé après le 11 Septembre, alors que chez Jami, c'est le contraire. Il incarne tous ces jeunes musulmans qui veulent échapper à la religion et à la tradition. Ils veulent être des laïques, pouvoir par exemple prendre femme parmi les chrétiens. Quand le 11 Septembre est arrivé, beaucoup d'Occidentaux ont dit : "Où sont les musulmans dans le débat ?* Le comité des apostats est la réponse de Jami à cette question. Une réponse qui concerne toute l'Europe, où il fait école. "

Le comité des ex-musulmans prévoit de tenir une conférence inaugurale en septembre. Mais entre-temps, Jami Ehsan a été violemment agressé samedi par trois hommes qui l'ont roué de coups. Deux d'entre eux seraient marocains et le troisième somalien, selon lui. Ils l'auraient traité de " sale juif " et de " sale homosexuel ", avant de prendre la fuite. Ehsan avait multiplié les déclarations publiques sur " l'islam totalement arriéré ". Victime de menaces téléphoniques, dont celle d'" être pendu ", il est maintenant sous haute protection.

À fleur de peau

L'affaire a provoqué de nouveaux remous dans une classe politique néerlandaise où les tensions liées à l'islam restent à fleur de peau, depuis l'assassinat du politicien Pim Fortuyn et du cinéaste Theo Van Gogh. Hier, dans le quotidien Volkskrank, le chef du Parti travailliste, Wouter Bos, répondait à Ehsan Jami - qui avait déploré le faible soutien de son parti - en rappelant que le PvdA était le seul " à prendre ouvertement position... en faveur du droit à abandonner sa religion, même s'il s'agit de la religion musulmane ". " Jami a parfaitement le droit de s'exprimer. Mais si on me demande s'il est nécessaire de faire des déclarations blessantes sur Mahomet pour plaider en faveur de l'apostasie, je réponds que non ", ajoutait-il.

Le populiste Geert Wilders, chef de file d'une formation d'extrême droite, a demandé " l'interdiction du Coran " aux Pays-Bas, suscitant un tollé. Hier, le Telegraaf signalait pourtant que le Conseil des musulmans avait proposé à Wilders un " dialogue constructif, afin de lutter contre la peur et la polarisation de la société néerlandaise ".


6 - Les obsèques solennelles du " cardinal juif "

SOPHIE DE RAVINEL.
Publié le 11 août 2007

http://www.lefigaro.fr/france/20070811.FIG000000596_les_o...


Monseigneur André Vingt-Trois, successeur du cardinal Lustiger, a dirigé la messe en son honneur. Il a rendu hommage à "la personnalité exceptionnelle" de l'ancien archevêque de Paris, saluant un "maître spirituel".

Plusieurs milliers de fidèles ont suivi les obsèques de l'ancien archevêque de Paris auxquelles ont assisté le président de la République et le chef du gouvernement.

" VOUS FÛTES, Jean-Marie, pendant un quart de siècle, une manière de miracle : l'incroyable survenu, l'invraisemblable manifesté, l'impossible existant ; vous fûtes le cardinal juif. " Du début de la cérémonie sur le parvis de la cathédrale, en présence de la communauté juive, jusqu'à ces derniers mots prononcés par l'académicien Maurice Druon, la célébration d'hier matin aura profondément reflété l'unité de la vie du cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger, " ce fils, non pas du hasard, mais de l'exception ".

C'est sous un ciel aussi gris que les pavés de Paris, et dans un froid d'automne, que les quelque deux mille fidèles rassemblés devant Notre-Dame ont suivi la longue procession des clercs, des séminaristes, de 500 prêtres, des 70 évêques et des 16 cardinaux venus participer à la messe de funérailles de l'ancien archevêque de Paris. Porté par six séminaristes du diocèse - en tête de la procession qui a effectué un très lent tour de la place récemment baptisée " Jean-Paul II " -, le cercueil a été déposé sur le parvis de la cathédrale afin que la communauté juive puisse rendre un dernier hommage à celui qui a voulu rester l'un des leurs. Sa soeur Arlette était arrivée quelques minutes auparavant, une petite femme digne et frêle vêtue de noir, soutenue par son cousin Arno Lustiger. À ses côtés aussi, Jonas Moses-Lustiger, petit-neveu du cardinal âgé de 16 ans, tout juste de retour d'un camp pour jeunes en Israël. Le président Nicolas Sarkozy - qui a voulu " s'associer à la peine de l'Église de France et des chrétiens " - ainsi que les ministres du gouvernement avaient aussi pris place aux côtés de quelques dizaines de personnes venues réciter en priant le kaddish des endeuillés. À l'exception de l'actuel archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, la procession catholique a laissé le cardinal avec les siens, entrant solennellement dans la cathédrale où n'avaient pu s'asseoir, faute de place, que quelques représentants des paroisses parisiennes et des communautés religieuses.

Dehors, les fidèles des deux confessions se sont recueillis ensemble, selon les dernières volontés exprimées par le cardinal Lustiger. Prenant la parole avec émotion, après avoir déposé sur le cercueil une coupe en terre cuite remplie d'un peu de sol de la Terre sainte, le jeune Jonas a lu quelques paroles adressées à son oncle. Il a souhaité lui dire " merci ", en évoquant sa dernière rencontre, " un des plus beaux moments de (sa) vie ". Le jeune homme avait demandé au cardinal malade ce qu'il pouvait faire pour lui et ce dernier lui avait répondu : " deux choses : prier pour moi et avoir une vie heureuse ".

" Le sens du courage, de la foi "

Après le kaddish, de jeunes prêtres parisiens ont ensuite acheminé le cercueil dans la cathédrale, devant l'autel. Le père Pascal Nègre, l'un d'entre eux, s'est dit " impressionné de porter celui qui n'a cessé de (les) porter spirituellement ". Les représentants de la communauté, la famille et les autorités politiques avaient rejoint les premiers rangs de la cathédrale alors qu'un siège d'honneur avait été installé pour le président Sarkozy, à quelques mètres du cardinal dont le cercueil était entouré de quatre chandelles et du cierge pascal. Ce cierge symbolisant, comme l'a affirmé l'actuel archevêque, " la lumière de la foi reçue à son baptême, cette lumière qui traverse notre nuit ". Sur le cercueil, avaient été déposées son aube et son étole de prêtre ainsi que son bâton d'évêque, symbole de sa mission épiscopale. " Il a redonné le sens du courage, de la foi et de la présence à l'Église qui est à Paris ", a dit de lui en aparté l'archevêque et cardinal de Vienne Christophe Schönborn. " Cette Église est un modèle pour l'Europe ", a-t-il ajouté alors que le cardinal archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, se disait " satisfait " de la venue du président. " On voit, a-t-il dit, que les catholiques comptent pour lui dans la société civile. C'est justice aussi, étant donné le travail accompli par le cardinal Lustiger en faveur du dialogue avec la société." Dans son homélie, Mgr Vingt-Trois a dit de lui qu'il avait partagé " profondément " avec Jean-Paul II " sa vision de l'homme dans le monde de ce temps ", loin " de se laisser enfermer dans le monde ecclésiastique ".

Tout au long de la cérémonie, les hymnes ont résonné, repris par l'assemblée, dans une ambiance profondément recueillie, y compris durant la très longue aspersion du corps par les prêtres munis d'un rameau de buis. Martin, un jeune choriste, s'est dit " fier d'être chrétien en participant à une cérémonie comme celle-ci " alors que dans la foule qui la suivait dehors sur grand écran, Marie-France affirmait vouloir conserver toute sa vie le souvenir de " son autorité naturelle, de ce regard profond porté sur chacun de nous ".

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