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mardi, 14 août 2007

ISRAEL C'EST NOUS.

ISRAËL C’EST NOUS

 

Entretien de Ruthie Blum avec Fiamma Nirenstein

Paru dans le Jerusalem Post

http://www.aish.com/jewishissues/mediaobjectivity/Israel_Is_Us.asp

Adaptation française de Sentinelle 5767 ©

 

Fiamma Nirenstein, journaliste italienne et experte du terrorisme mondial, veut que l’Europe perçoive  Israël comme un modèle à imiter.

 

Fiamma Nirenstein se précipite dans sa cuisine pour moudre du café italien avant de nous asseoir pour discuter de son dernier livre à succès, « Israele Siamo Noi » [Israel is Us; Israël c’est Nous ; Rizzoli Publishers, non encore traduit en anglais, et a fortiori pas en français, Ndt], dont la première édition s’est vendue en une semaine, et en est déjà à sa seconde édition. Sur la table, au milieu d’un monceau de papiers, un ordinateur portable avec au moins trois documents sur lesquels elle travaille simultanément : le premier est un article qu’elle doit terminer pour le soir même pour répondre à la date limite du quotidien milanais « Il Giornale » ; le second, une conférence qu’elle prépare pour son voyage à venir à Rome ; et le troisième est une entrée sur son « blog » populaire, www.fiammanirenstein.com

La musique du pot de café bouillonnant est accompagnée du refrain répété « d’Outlook Express » lui signalant qu’elle a reçu un nouveau courriel, et de la sonnerie de ses téléphones fixe et mobile. 

"Pronto," répond-elle à chacun, Presque simultanément, parlant à l’un des interlocuteurs en italien et à l’autre en hébreu. Elle fait cela en m’escortant vers le salon et en me faisant signe de m’asseoir sur le canapé. Le salon – salle à manger, spacieux et ensoleillé, pourrait aussi bien être une bibliothèque multilingue d’études du Moyen-Orient, pour tous les livres sur le sujet alignés sur les murs, et les douzaines de livres supplémentaires empilés bien haut sur d’autres surfaces – dont pour bon nombre, elle est soit l’auteur, soit le co-auteur, ou une contributrice.

Etant donné le décor de la pièce, elle pourrait aussi bien être située à Florence, où Nirenstein est née et a grandi ; A Rome, où elle vit et travaille (et rend visite à son fils âgé de 25 ans, Binyamin) 15 jours par mois ; ou bien en Toscane, où elle passe ses étés. La vue panoramique sur la Cité Sainte depuis les fenêtres vitrées du sol au plafond est la révélation du lieu du foyer de Nirenstein à Jérusalem – qu’elle partage avec son mari israélien, Ofer Eshed, caméraman pour une télévision d’informations.

 

« Israël est un pays de héros » déclare Nirenstein dans un anglais teinté d’italien. « Mon livre essaie de détruire les mythes diffamatoires perpétrés sur son caractère soi-disant colonialiste ou « d’Etat d’apartheid » d’un côté, et sur les terroristes décrits comme des militants combattant pour la liberté de l‘autre ».

Nirenstein fait cela, explique-t-elle, en disséquant ce qu’elle appelle « les mots malsains » qui ont infiltré le langage et la conscience d’une Europe de plus en plus antisémite – termes qu’elle et un groupe d’universitaires italiens prévoient de rassembler dans un glossaire, « parce qu’un tel abus de langage empêche la possibilité même de comprendre ce que Israël est vraiment ».

Elle en vient à sa passion pour Israël – et à sa familiarité avec les distorsions conceptuelles caractéristiques des « idéologies autocratiques » - honnêtement. Fille d’un historien de l’Holocauste, et longtemps correspondant du journal « Al Hamishmar », Aharon « Nir » Nirenstein (qui vint de Pologne en Palestine en 1936, et alla en Italie en 1945 avec la Brigade Juive [composante des troupes de libération anglaises, Ndt], et de la journaliste du « Corriere della Sera », Wanda Lattes, Nirenstein fut une ardente communiste dans sa jeunesse. Et, de même que le sionisme faisait partie et était une parcelle de son éducation, de même, dit-elle, elle fut entraînée dans la « corruption mentale » qui a conduit sa génération à considérer les semblables de Che Guevara comme une source d’inspiration, en attribuant les maux de la planète au « capitalisme impérialiste ».

Nirenstein, qui a fait des reportages sur Israël pour l’édition italienne et les media d’émissions pendant près de deux décennies, après avoir été une éditorialiste internationale pendant des années, est une version européenne des « Néocons » [Courant de pensée politique de Droite, créé par Léo Strauss, philosophe allemand émigré aux USA, situé d’abord à Gauche, Ndt]. Son voyage sur le spectre politique – comme celui de ses pairs américains – commença en réponse au climat radical des années 1960 dans son propre pays. A l’opposé des siens, cependant, Nirenstein était atteinte d’une autre complication : se placer à côte de quoi que ce soit ressemblant à l’aile Droite dans l’Italie d’après la Seconde Guerre Mondiale signifiait s’aligner avec les fascistes.

Pourtant Nirenstein affirme : «Vous ne pouvez pas fuir la réalité indéfiniment. En définitive, vous devez savoir ce qui est légitime en termes de valeurs, et avoir le courage de les défendre »

Pour elle, cet effort a pris la forme d’examiner, de rapporter, et d’écrire de façon extensive sur le terrorisme – et de défendre Israël face à lui. «Cela a un prix, bien sûr», dit-elle, en allusion aux gardes du corps qui l’accueillent à l’aéroport à chaque fois qu’elle atterrit en Italie, et font la navette de lieu en lieu pendant qu’elle y demeure.

Pendant la dernière campagne de promotion de son livre – un appel aux Européens pour imiter la démocratie israélienne – Nirenstein dit qu’elle a été satisfaite de la réception positive dont il a bénéficié, mais elle est loin d’être optimiste. Haussant les épaules et souriant d’un air narquois, elle soupire : «Je crains que l’Europe ne se réveille que si des évènements terribles surviennent, de ceux qu’aucun d’entre nous ne souhaite pour nous-mêmes ou pour quelqu’un d’autre ».

 

Ruthie Blum (RB) : Pourquoi est-il significatif que votre livre ait reçu tant d’attention dans la presse italienne dominante ?

Fiamma Nirenstein (FN) : Mes huit précédents livres ont aussi reçu une couverture large, mais ce qui est significatif dans ce cas, ce sont les titres. «Israël, un modèle pour chacun d’entre nous» et «Israël : un modèle pour la démocratie». J’ai eu le sentiment que ce livre a libéré un bouchon dans l’opinion publique européenne. Beaucoup de gens m’ont approchée et m’ont murmuré dans l’oreille : «Je suis avec vous».

 

RB : Cela signifie-t-il que l’attitude générale en Europe change ?

FN : L’attitude en Europe est terrible. C’est un public qui admire le Secrétaire Général de l’U.E. Javier Solana parce qu’il dit aux Américains que nous devons être prêts à passer un accord avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Les Américains et les Israéliens peuvent bien savoir que le monde ne leur porte pas de sympathie. Mais ils ne comprennent pas à quelle profondeur l’absence de conscience européenne du terrorisme plonge, ni la profondeur du rejet du mot « guerre ».

La guerre pour les Européens, quel que soit le contexte, est une abomination, et a été telle depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Pour les Européens, celui qui conduit une guerre est un criminel.  Même ceux qui disposent d’un point de vue plus sophistiqué partent toujours de ce point. Voyez-vous, Israël est le pays du monde le plus couvert par la presse, et pourtant celui sur lequel on en connaît le moins. C’est pourquoi j’ai écrit ce livre. J’ai essayé d’y décrire ce que Israël est; ce que sa guerre signifie en vérité, comment il est possible d’être à la fois en guerre et une démocratie ; et le plus important, comment Israël est l’avant – garde des pays occidentaux. Ce sont des points cruciaux à transmettre aux Européens, pour qui la démocratie et la guerre ne vont tout simplement pas ensemble.

 

RB : Même si la Deuxième Guerre mondiale a sauvé la démocratie européenne ?

FN : il y a beaucoup de révisionnisme en cours en Europe sur l’intervention américaine dans la 2ème Guerre Mondiale -  jusqu’à la considérer comme impérialiste. Des Européens considèrent la démocratie comme leur invention, mais l’histoire a démontré comment ils l’ont toujours trahie. Confrontons cela : l’Europe est le berceau de toutes les idéologies autocratiques de notre époque – fascisme, communisme. Il existe une réelle fascination en Europe avec les autocraties et les idéologies qui s’affirment.

J’aperçois les germes dangereux d’une culture de la violence en Europe, inspirée du modèle islamique – exactement la façon dont ma génération a été inspirée par Che Guevara [chef de guérilla marxiste]

 

RB : Voulez-vous dire alors, que le nazisme était le produit naturel ou logique de l’Europe ?

FN : Ce que je dis, c’est qu’il existe une maladie en Europe qui y a toujours existé – maladie dont l’un des principaux symptômes est l’antisémitisme. 

 

RB : Est-ce que le tabou contre son expression d’après la 2ème Guerre Mondiale a expiré ?

FN : Bien, l’antisémitisme aujourd’hui en Europe est très élevé, et il a pris une ascension encore plus aiguë depuis la deuxième guerre du Liban. Selon les statistiques, les incidents antisémites se sont multipliés dans toute l’Europe.

 

RB : Pas seulement ceux perpétrés par des Musulmans ?

FN : Pas seulement par des Musulmans. Il existe des mouvements néonazis, néofascistes, et aussi gauchistes altermondialistes qui sont très antisémites – même s’ils ne le reconnaîtront jamais. Ils appellent cela de l’anti-impérialisme, et disent qu’il s’agit d’une simple critique de l’Etat d’Israël. Même si vous observez le « deux poids –deux mesures » en ce qui concerne les droits civils, vous vous rendez compte qu’ils sont faussés. Vous venez d’une culture des droits civils, qui sont devenus dénaturés par les communistes, qui se sont emparés de tous les droits civils pour eux-mêmes, et les ont déniés aux autres. Pendant la Guerre Froide, les droits civils sont devenus la médaille pour cheminer vers le communisme. C’était de cette manière que les communistes voyaient le tiers monde et les pays arabes. Ainsi, des gouvernements terroristes, autocratiques, fascistes, comme ceux des pays arabes, sont devenus récipiendaires des droits civils, bien qu’ils ne les respectent pas du tout.

 

RB : Vous avez aussi été une féministe [quand vous avez assisté à la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre Mondiale] N’y avez-vous pas vu des formes de liberté, à la floraison permise pour les femmes ?

FN : Oui, mais c’est plus compliqué que cela. Je me souviens d’une incroyable confusion qui a créé l’impossibilité de vivre une vie de couple heureuse, et beaucoup ont divorcé. Nous pensions que l’amour et la passion étaient exactement la même chose. Aussi, quand la passion pâlissait, nous allions simplement au divorce. Nous avions des enfants ici et là, de différents mariages. Nous avons créé des situations très difficiles à gérer. Nous avons rendu nos vies très difficiles. Et tout ce qui a émergé de tout cela, ça a été un terrible égoïsme. Les couples en Europe maintenant, en particulier en Italie, ont rarement plus d'un enfant. Dans le même temps, les immigrants en ont beaucoup.

 

RB : Ce qui nous amène à la question de la démographie …le mot à la mode en Israël, qui a encadré le débat depuis 1967. Qu’en est-il de la démographie en Europe ?

FN : J’ai lu que l’Autriche – l’un des pays les plus conservateurs en terme de mode de vie et de comportement publics – aura dans peu d’années une minorité blanche chrétienne. Incroyable…!

 

RB : Vous dites que des gens vous murmurent à l’oreille qu’ils sont avec vous. Le livre doit avoir touché une corde sensible.

FN : Les Italiens sont bien plus modérés que d’autres Européens, en ce sens qu’ils expriment leurs opinions. C’est une chose qui rend la discussion au moins possible. D’un autre côté, n’oubliez pas qu’un tiers de la communauté juive d’Europe a été déportée pendant la guerre, et l’Italie n’a pas fait exception. Elle a eu des lois raciales exactement comme celles d’Allemagne. De plus, aujourd’hui, l’Italie a une vaste petite bourgeoisie politiquement correcte et opportuniste.

L’hégémonie est quelque chose qui règne encore totalement. En Italie, comme dans le reste de l’Europe, ce qui domine ce sont les media politiquement corrects. Aussi peut-être que les Italiens ne sont pas agressifs dans une discussion; peut-être sont-ils polis et civilisés. Mais quand vous êtes assis à un dîner auprès d’eux, leur hypothèse fondamentale est qu'Israël a tort et les Palestiniens ont raison. Et que le terrorisme est un phénomène mineur qui fait pâle figue en comparaison de la domination du capitalisme.

 

RB : Bien qu’ils aient été témoins du carnage provoqué par la violence de l’islam radical ? Et bien qu’ils aient vu un certain comportement de la part d’immigrants dans leurs pays ? Cela n’a-t-il pas provoqué un retour de bâton raciste de la part de beaucoup d’Européens ?

FN : Bien sûr, il existe une vraie tendance vers ce que j’appelle un racisme démocratique. De fait, j’ai écrit un livre avec ce titre quand ce phénomène dangereux a commencé. Et il est dangereux, parce que l’élite intellectuelle n’a pas convenablement exploré la question, puisque le politiquement correct leur interdit de le faire. Ainsi, ce qu’ils disent c’est que : «Ces immigrants sont bienvenus ici. Nous avons besoin d’une société multiculturelle. Le terrorisme et les madrassas qui éduquent dans ce sens sont un phénomène mineur. L’islam est l’une des trois religions monothéistes».

De l’autre côté, il y a des excès de langage de la part des gens ordinaires, allant jusqu’à : «Nous ne pouvons les supporter davantage. Nos rues ne sont pas sûres. Ils volent notre argent. Ils prennent nos emplois”. Ce qui est injuste bien sûr. Et voilà pourquoi l’absence de pont intellectuel entre ces deux positions est dangereux. Il est temps d’en créer un, parce que si nous ne le faisons pas, l’excès de langage deviendra un violent hurlement de foule.

 

RB : Comment ce vide intellectuel peut-il être comblé ?

FN : Par exemple en disant aux immigrants : "Si vous venez dans notre pays, vous n’épouserez pas quatre femmes: vous n’en épouserez qu’une seule".

Je veux dire, voyez-vous, que l’Italie est un pays dans lequel des femmes se sont battues depuis des siècles pour la liberté – et maintenant vous avez des femmes vivant dans des foyers avec d’autres femmes, sujettes à des crimes d’honneur et à des excisions ou à des infibulations [l’auteur écrit des « circoncisions féminines », Ndt].

Tout cela est dû à l’idée du multiculturalisme.

 

RB : Le but de votre livre est de dire à tous ceux qui croient dans les valeurs libérales [au sens de libertés fondamentales de pensée, d’expression…Ndt] qu’Israël est un modèle auquel il faut s’identifier, et imiter ?

FN : Oui. Et cesser de prêter tant de considération aux allégations de corruption et autres attaques contre Israël. La démocratie implique la circulation de l’information qui expose chacun. En Israël, comme partout ailleurs, la nature humaine reste ce qu’elle est. Quand on me demande quelles erreurs j’accepte qu'Israël a pu commettre, je réponds qu'Israël a commis beaucoup de fautes, mais dans la plupart des cas, ce sont des fautes politiques. On peut argumenter pour savoir s’il était bon ou pas de se retirer de Gaza. Ma propre opinion sur la question a changé en passant, parce que au départ je pensais que c’était une bonne idée, mais maintenant que j’en ai vu les résultats, je déclare : « Mea culpa, mea culpa ». Je crois ne pas être seule sans ce domaine. 

 

RB : La réponse à votre livre n’est-elle pas une indication de ce que les Européens commencent à saisir ce dont vous parlez ?

FN : Non. Je crains qu’ils ne se réveillent que si de terribles évènements surviennent, de ceux qu’aucun de nous ne souhaiterait pour nous-mêmes ou pour quiconque. Ayant dit cela, il existe un certain niveau de conscience de ce que les jihadistes islamistes ne haïssent pas seulement Israël, mais aussi le reste du monde occidental. Ahmadinejad a ses missiles Shihab-3 pointés sur des capitales européennes – ce qu’ils réalisent dans une certaine mesure. Mais de nouveau, les choses ne vont pas vraiment mieux.

Ce qui a dominé la vie européenne, c’est la paresse d’un côté, et la solitude de l’autre. Il n’y a pas le type de solidarité qui existe en Israël – où chacun a quelque chose à dire à l’autre – même si c’est fait de façon « hutzpedik » [insolente et plus ou moins déplacée, en Yiddish, Ndt]. En Israël, il existe un sens de la communication – et de se trouver sur le même bateau. C’est quelque chose que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. C’est un pays plein de solidarités.

D’un côté, il est vrai que les gens commencent à sentir que l’Islam radical est contre la démocratie. De l’autre, il n’est pas sûr que ce sentiment se développe davantage. Voyez-vous, il y a une complète rupture qui se produit. Pour me servir de mes étudiants comme exemple, ils disent : «Il est vrai que nous représentons une culture supérieure du fait des droits civils, des droits des femmes et de la liberté et de la démocratie. Mais justement parce que nous sommes supérieurs, c’est à nous de trouver le chemin d’un accord».

Quand vous leur répondez : "Mais ils ne veulent pas d’un accord. Ils font une révolution. Pensez à Ahmadinejad. Il ne veut pas d’accord. C’est un révolutionnaire. C’est sa revolution", ils vous rétorquent "C’est impossible".

 

Mais ce n’est pas seulement l’Europe qui ne comprend pas cela. Je crains qu'Israël lui-même ne comprenne pas cela de la manière où cela devrait être compris. Israël est au cœur de la plus grande aventure non seulement de ce siècle, mais de ce millénaire.

 

Israel Is Us
by Ruthie Blum

http://www.aish.com/jewishissues/mediaobjectivity/Israel_Is_Us.asp

 

Italian journalist and global terrorism expert Fiamma Nirenstein wants Europe to view Israel as a model for emulation.

Fiamma Nirenstein rushes into her kitchen to brew some Italian coffee before we sit down to discuss her latest best-seller, Israele Siamo Noi [Israel Is Us; Rizzoli Publishers, not yet been translated into English], which sold out in its first week and is already on its second printing. On the table, amid a mound of newspapers, is a laptop with at least three documents on which she is working simultaneously: one, an article she needs to finish by evening to meet her deadline for the Milan-based daily, Il Giornale; another, a lecture she is preparing for her upcoming trip to Rome; yet another an entry for her popular blog, www.fiammanirenstein.com.

The music of the bubbling espresso pot is accompanied by the repeated Outlook Express jingle signaling she has new mail and the ring of her home and mobile phones.

"Pronto," she answers each, practically simultaneously, talking to one caller in Italian and the other in Hebrew. This she does while ushering me into the salon and gesturing that I take a seat on the couch. The spacious, sunny living-and-dining room may as well be a multilingual Mideast studies library, for all the books on the subject lining the walls, and the dozens more piled high on other surfaces -- a number of which she herself has either authored, co-authored or contributed to.

Given the room's decor, it may as well be located in Florence, where Nirenstein was born and raised; in Rome, where she lives and works (and visits her 25-year-old son, Binyamin) half of every month; or in Tuscany, where she spends her summers. The panoramic view of the Holy City from the floor-to-ceiling windows is the only give-away to the location of Nirenstein's home in Jerusalem -- which she shares with her Israeli husband, Ofer Eshed, a TV news cameraman.

"Israel is a country of heroes," Nirenstein says in Italian-accented English. "My book tries to destroy the vile myths perpetrated about its being 'colonialist' or an 'apartheid state' on the one hand, and about terrorists 'being militiamen fighting for freedom' on the other."

Nirenstein does this, she explains, by dissecting what she calls the "sick words" that have infiltrated the language and consciousness of an increasingly anti-Semitic Europe -- terms she and a group of Italian academics plan on collecting for a glossary, "because such word abuse prevents even the possibility of understanding what Israel is all about."

She comes by her passion for Israel -- and familiarity with the conceptual distortions characteristic of "autocratic ideologies" -- honestly. The daughter of Holocaust historian and long-time Al Hamishmar correspondent Aharon "Nir" Nirenstein (who came to Palestine in 1936 from Poland, and went to Italy in 1945 with the Jewish Brigade) and Corriere della Sera journalist Wanda Lattes, Nirenstein was an ardent communist in her youth. And, just as Zionism was part and parcel of her upbringing, so too, she says, was she caught up in the "mental corruption" that caused her generation to look to the likes of Che Guevara for inspiration, while attributing the world's ills to "capitalist imperialism."

Nirenstein, who has been reporting from Israel for the Italian print and broadcast media for nearly two decades, after years of being an international columnist, is a European version of a neocon. Her journey across the political spectrum -- like that of her American counterparts -- began as a response to the radical climate of the 1960s in her own country. Unlike theirs, however, Nirenstein's was paved with an added complication: To side with anything resembling the right wing in post-World War II Italy meant aligning with the fascists.

Still, Nirenstein asserts, "You cannot run away from reality indefinitely. Ultimately, you have to know what's right in terms of values, and be courageous about standing up for them."

For her, this endeavor has taken the form of examining, reporting on and writing extensively about terrorism -- and defending Israel in the face of it. "This costs something, of course," she says, alluding to the bodyguards who pick her up from the airport every time she lands in Italy, and shuttle her from place to place throughout her stay there.

During her most recent stint to promote her book -- an appeal to Europeans to emulate Israeli democracy -- Nirenstein says she was pleased about the positive reception it received, but stops short of being optimistic. Shrugging and smiling wryly, she sighs: "I'm afraid Europe will only wake up if terrible things happen that none of us would wish on ourselves or on anybody else."

Ruthie Blum (RB): Why is it significant that your book has received so much attention in the mainstream Italian press?

Fiamma Nirenstein (FN): My previous eight books have also been given extensive coverage, but what's significant in this case are the headlines. "Israel: A model for all of us," and "Israel: A model for democracy." I got the sense that this book released a cork in European public opinion. Many people have approached me and whispered in my ear, "I am with you."

RB: Does this mean that the general attitude in Europe is changing?

FN: The attitude in Europe is terrible. It is a public who admires [EU Secretary-General Javier] Solana for telling the Americans that we must be ready to make an agreement with Iranian President Mahmoud Ahmadinejad. Americans and Israelis may know that the world is unsympathetic to them. But they don't understand how deep the lack of European understanding of terrorism goes, nor how deep the rejection of the word "war."

War to Europeans, regardless of the context, is anathema and has been since World War II. For Europeans, whoever wages a war is a criminal. Even those with a more sophisticated point of view always start from this point. You see, Israel is the country in the world most covered by the press, yet about which the least is known. This is why I wrote the book. In it, I try to describe what Israel is; what its war is all about; how it is possible to be at war and a democracy at the same time; and most importantly, how Israel is the avant-garde of the Western countries. These are crucial points to convey to Europeans, for whom democracy and war simply do not go together.

RB: Even though World War II saved European democracy?

FN: There is a lot of revisionism going on now in Europe about the American intervention in WWII -- even as far as to view it as imperialistic. Europeans consider democracy to be their invention, but history has demonstrated how they betray her all the time. Let's face it: Europe is the cradle of all the autocratic ideologies of our time -- fascism, communism. There is a real fascination in Europe with assertive autocracies and ideologies.

I see the dangerous seeds of a culture of violence in Europe being inspired by the Islamic model -- exactly the way that my generation was inspired by [Marxist guerrilla leader] Che Guevara.

RB: Are you saying, then, that Nazism was a natural or logical product of Europe?

FN: What I'm saying is that there is an illness in Europe that's always been there -- one whose main symptom is anti-Semitism.

RB: Has the post-WWII taboo against expressing it expired?

FN: Well, anti-Semitism in Europe today is very high, and has taken an even sharper rise since the Second War in Lebanon. According to statistics, anti-Semitic incidents all over Europe have multiplied.

RB: Not only those perpetrated by Muslims?

FN: Not only by Muslims. There are neo-Nazi, neo-Fascist and also leftist global movements that are very anti- Semitic -- though they would never acknowledge it. They call it anti-imperialism, and say it's simply criticism of the State of Israel. But if you look at the double standards with regard to civil rights, you know they are being false. We come from a culture of civil rights, which became totally distorted by the communists, who took all of the civil rights for themselves and denied them to others. During the Cold War, civil rights became the medal you received for being on your way to communism. That was the way the communists saw the Third World and Arab countries. So terrorist, autocratic, fascist governments, like the Arab ones, became recipients of civil rights, though they were not upholding them at all.

RB: You were also a feminist. [When you witnessed the reconstruction of Europe after World War II] did you not see forms of freedom for women being allowed to blossom?

Yes, but it's more complicated than that. I remember an incredible confusion that created the impossibility of living a happy couple life, and much divorce. We thought that love and passion were exactly the same thing. So, when passion became pale, we simply got divorced. We had children here and there from different marriages. We created situations that were very hard to manage. We made our lives very difficult. And what emerged from all that was a terrible selfishness. Couples in Europe now, particularly in Italy, rarely have more than one child. Meanwhile, the immigrants are having many.

RB: Which brings us to the issue of demography -- the buzz-word in Israel that has been framing the debate since 1967. What about the demographics in Europe?

FN: I read that Austria -- one of the most conservative countries in terms of public life and behavior -- in a few years will have a white Christian minority. Incredible.

RB: You say that people whisper in your ear about being on your side. The book must have touched a nerve.

FN: The Italians are much milder than other Europeans in the way they express their views. This is something that makes the discussion at least possible. On the other hand, don't forget that a third of European Jewry was deported during the war, and Italy was no exception. It had racial laws exactly like those of Germany. Furthermore, today Italy has a large, opportunistic, politically correct petit bourgeoisie.

Hegemony is something that still almost completely reigns. In Italy, as in the rest of Europe, what dominates is a politically correct media. So maybe the Italians are not aggressive in an argument; maybe they are polite and civilized. But when you sit at a dinner party with them, their basic assumption is that Israel is wrong and the Palestinians are right. And that terrorism is a minor phenomenon which pales in comparison to the domination of capitalism.

RB: In spite of their witnessing the carnage produced by radical Islamic violence? And in spite of their seeing certain behavior on the part of immigrants to their countries? Has this not created a racist backlash on the part of many Europeans?

FN: Of course, there is a quiet tendency to what I call "democratic racism." In fact, I wrote a book with this title when this dangerous phenomenon started. And it is dangerous because the intellectual elite have not been elaborating the issue properly, since political correctness forbids them from doing so. So, what they say is, "These immigrants are welcome here. We need to have a multicultural society. Terrorism and the madrassas that educate to it are a minor phenomenon. Islam is one of the three monotheistic religions."

On the other hand, there is mumbling on the part of ordinary people to the effect that, "We can't stand them any more. Our streets aren't safe. They steal our money. They take our jobs." Which is unjust, of course. And which is why the absence of an intellectual bridge between these two positions is dangerous. It's about time that we created one, because if we don't, the mumbling will become a violent mob shout.

RB: How can this intellectual void be filled?

FN: For example, by telling immigrants, "If you come to our country, you won't marry four women; you will marry only one."

I mean, you know, Italy is a country in which women have been fighting for centuries for freedom -- and now you have women living in homes with other wives, and subject to honor killings and female circumcisions. Which is all due to this ill idea of multiculturalism.

RB: The aim of your book is to tell anybody who believes in liberal values that Israel is a model to identify with and emulate?

FN: Yes. And to stop paying so much heed to all the corruption allegations and other assaults against Israel. Democracy involves the circulation of information that exposes everybody. In Israel, as everywhere else, human nature is what it is. When I'm asked which errors I admit to Israel's having committed, I say that Israel has made many mistakes, but for the most part, they are political ones. One can argue about whether it was right or wrong to withdraw from Gaza. My own opinion on that has changed, by the way, because originally I thought it was a good idea, but now that I have seen the results, I say, "Mea culpa, mea culpa." I think I'm not alone in that.

RB: Isn't the response to your book an indication that Europeans are beginning to grasp what you're talking about?

FN: No. I'm afraid they'll only wake up if terrible things happen that none of us would wish on ourselves or on anybody else. Having said that, there is some level of awareness that the Islamist jihadists hate not only Israel, but also the rest of the Western world. Ahmadinejad has his Shihab-3 missiles pointed at European capitals -- which they realize to some extent. But still, things are not really getting better.

What has dominated European life is laziness on the one hand, and loneliness on the other. There isn't the kind of solidarity that exists in Israel -- where everybody has something to say to everybody else -- even if it's done in a hutzpadik manner. In Israel, there is a sense of communication -- and of being in the same boat. This is something not found anywhere else. It is a country full of solidarity.

On the one hand it's true that people are starting to sense that radical Islam is against democracy. On the other, it's not clear whether this feeling will develop any further. You see, there is a complete disconnect going on. Using my students as an example: They say, "It's true that we are a superior culture because of civil rights and women's rights and freedom and democracy. But, precisely because we are superior, it is we who have to find a way to an agreement."

When you tell them, "But they don't want an agreement. They are a revolution. Think about Ahmadinejad. He doesn't want an agreement. He's a revolutionary. It's his revolution," they say, "This is impossible!"

But it's not only Europe that doesn't understand this. I fear that Israel doesn't understand this about itself the way it should. Israel is at the heart of the greatest adventure not only of this century, but of this millennium.

 

Reprinted with permission from the Jerusalem Post.

 

 

 

 

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