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dimanche, 09 septembre 2007

LE MARTYRE DES COPTES D’EGYPTE ET L’ATTAQUE DE BAMHA

LE MARTYRE DES COPTES D’EGYPTE ET L’ATTAQUE DE BAMHA

 

Texte issu du Blog Presque rien sur presque tout » du Gai Luron

 

Une fois n’est pas coutume : je voudrais attirer l’attention sur un drame dont on parle peu, pour différentes raisons, mais qui n’en est pas moins réel. Il s’agit de la situation des chrétiens d’Egypte, et plus particulièrement de celle des Coptes. Oh, bien sûr, je le sais, les Coptes ne bénéficient guère de la sympathie régulièrement accordée aux « damnés de la terre », ils ne sont ni noirs, ni musulmans, ni Arabes, ni colonisés par de méchants Occidentaux. A l’écart de la carte des indignations habituelles, ils n’en vivent pas moins un calvaire quotidien, dont les médias occidentaux, tétanisés à la pensée d’être accusés de favoriser le « choc des civilisations », ne relatent que les soubresauts les plus visibles et les moins dissimulables ; chrétiens de surcroît, ils se retrouvent définitivement bannis de la compassion universelle, que l’on préfère réserver aux sympathiques Palestiniens, fussent-ils terroristes, ou bourreaux de leurs propres enfants pour parader devant les télévisions du monde entier.

Mais trêve de polémique et narrons les faits. Un copte, qu’est-ce que c’est ? « copte » c’est le même mot qu’« égyptien », ou plutôt, c’est l’abréviation consonantique du mot « égyptien » ; autant dire que Copte et Egyptien c’est exactement la même chose ; ou plutôt, ce le fut. Originellement, les Coptes désignent donc les habitants de l’Egypte avant que les Arabo-musulmans ne viennent les envahir, lesquels Arabo-musulmans détournèrent le terme de copte pour désigner non plus la population égyptienne, mais les chrétiens ayant résisté aux conversions forcées. Ainsi, par une évolution historique étrange, le mot de copte a perdu son sens classique, à savoir la désignation de la population égyptienne, descendant des empires antiques, pour se réduire à un sens religieux, celui de la résistance chrétienne aux conversions forcées à l’islam. Par cette mutation de sens, le terme de « copte » porte en lui, depuis l’invasion arabo-musulmane, l’idée de résistance et d’insoumission.

Pour plus de précisions historiques, je renvoie au bel ouvrage de Mahmoud Zibawi, Les Coptes, l’Eglise du peuple des pharaons (1), ainsi qu’à la somme monumentale de M. Zaki, universitaire à Paris X, Le long calvaire des Coptes d’Egypte (2).

Ces Coptes, qui sont les occupants originels de l’Egypte, se trouvent ainsi soumis, depuis des siècles, avec des hauts et des bas, à toutes les humiliations et atrocités que l’on fait subir à un peuple occupé, sans que nul s’en préoccupe. Si la première partie du XXe siècle a connu une cohabitation pacifique entre musulmans et chrétiens, leurs relations se sont fortement détériorées depuis quelques décennies, ainsi que le résume le docteur N., médecin à la clinique Saint-Marc :

« Etre copte aujourd’hui en Egypte, c’est très difficile. J’ai grandi, main dans la main, avec mes amis musulmans. Mais, depuis quelques années, tout a changé ici. Les Frères musulmans, théoriquement interdits, n’ont jamais été aussi puissants. Ils prêchent dans les mosquées des quartiers populaires. Ils montent la tête des jeunes contre nous. Ils veulent notre mort, ils oublient que nous, les Coptes, on était sur cette terre avant eux ! » (3).

En 2006, un certain émoi avait été suscité par l’attaque simultanée de trois églises, à Alexandrie, que le gouvernement avait évidemment pris soin de minimiser. Pourtant…

"14 avril, 8 h 30. L’office se termine dans l’église Mar Girgis, dans le quartier d’al-Hadra. Mahamoud Abdel Raziq, 25 ans, schizophrène sous traitement, brandit dans ses mains deux longs couteaux aux lames aiguisées. Il entre dans l’église en hurlant : « Il n’y a de dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète ! ». Il frappe et tue sur le coup un fidèle de 78 ans, Nushi Attas Girgis. Il frappe encore et blesse légèrement trois autres personnes. Deux autres églises sont également attaquées au même instant. Le ministère de l’Intérieur tente de minimiser les faits en publiant un communiqué laconique, que les fidèles coptes perçoivent comme une humiliation supplémentaire : une simple attaque due à un « déséquilibré mental ». Pourtant, peu avant, la version de la police était autre : « Trois hommes ont été arrêtés lors d’agressions presque simultanées - dont une a toutefois été déjouée par les forces de l’ordre - dans trois églises. 17 personnes blessées, 1 morte... »

Trois églises attaquées le même jour, à la même heure… Pour un prélat copte, l’explication est limpide :

« Il s’agit d’un plan terroriste visant toutes les églises, à l’approche de Pâques. » (4).

Ce genre d’agression n’est guère exceptionnel ; en 2000, le village d’Al-Kochech avait vu la mort de 20 coptes, attaqués sauvagement suite à une « véritable chasse à l’homme » (5), sous le regard narquois de la police, qui n’avait pas bougé. Et plus la pensée musulmane intégriste pénètre la société égyptienne, plus les Coptes font les frais de ces déferlements de violence haineuse. Certains intellectuels libéraux égyptiens condamnent, certes, le déferlement de la pensée wahhabite, ainsi qu’en témoignent les réactions du journal, Masri-Al-Yom, à la suite de l’attentat de Charm-El-Cheikh :

« Nous méritons tous ce qui s’est passé à Charm el-Cheikh car nous avons gardé le silence lorsque la pensée wahhabite s’est infiltrée en Egypte. » (6).

Mais si la dénonciation d’une telle pensée commence à voir le jour, peu nombreux sont ceux qui osent rappeler le calvaire quotidien des Coptes, et qui rappellent le mot d’ordre des Frères musulmans, peu susceptible de favoriser un vivre-ensemble harmonieux :

« Nous voulons l’individu musulman, puis, la famille musulmane, puis le peuple musulman, puis, le gouvernement musulman, puis, enfin, la nation musulmane. »

Des Frères musulmans qui parviennent à être à la fois interdits officiellement et confortablement représentés au parlement…

Si je rédige ce message aujourd’hui, ce n’est pas pour rappeler des événements tragiques, dont la presse française ne se fait que fort modérément l’écho, mais c’est pour signaler qu’une agression particulièrement odieuse a eu lieu, très récemment, sans que nul s’en émeuve. Le 11 mai 2007, dans le petit village de Bamha, ont éclaté des heurts qui ont blessé gravement onze personnes (onze Coptes) et détruit le village. A l’origine de ce désastre, une rumeur mensongère : les chrétiens n’ayant pas l’autorisation administrative de construire des églises dans leur propre pays, fût-ce à leurs frais, ils doivent se réunir dans des bâtiments privés, afin de célébrer le culte ; une rumeur d’agrandissement du dit bâtiment a été relayée par des musulmans et transformée en prétendue volonté de construire une église, nonobstant l’interdiction administrative. C’en était trop pour nos sympathiques amis, et, à la sortie de la mosquée, armés de couteaux et de bâtons, ils se sont rués sur les Coptes, pour leur faire payer l’insupportable atteinte à la grandeur du Prophète. De surcroît, ce village étant très pauvre, les maisons étaient faites de bois et de paille, et 25 d’entre elles ont été incendiées, ce qui laisse de nombreuses familles à la rue.

On peut avoir une idée assez précise de la violence et de la haine de ces attaques lorsqu’on lit les procès-verbaux :

« Cinquante-neuf personnes, toutes musulmanes, ont été interpellées suite à des heurts, vendredi, entre musulmans et Coptes (chrétiens d’Egypte), au sud du Caire, a-t-on appris samedi, de source sécuritaire. Actuellement interrogées par les services de sécurité, elles devraient être accusées d’« incitation à la violence, menace à l’ordre public, atteinte à la propriété privée et tentative d’homicide », a précisé cette source à l’AFP. » (7).

Alors, excédés par ces pratiques, les Coptes de France ont décidé de manifester, le samedi 2 juin, à Paris.

· Bien sûr, les médias n’en ont pas parlé.

· Bien sûr, la presse n’a pas relayé leur souffrance : ce ne sont que des chrétiens…

· Bien sûr, rien ne sera modifié dans l’immédiat.

· Bien sûr, cela ne changera rien au poids des Frères musulmans en Egypte.

« [Leur nombre] est estimé à deux millions, bien que les Frères estiment qu’ils ont le double, voire le triple, de sympathisants. Loin d’être des pestiférés, ils s’affichent en Egypte à la tête de nombreux syndicats professionnels, martèlent leurs idées, avec des références permanentes à la réforme et à la démocratie. » (8).

Mais les Coptes français ont montré qu’ils existaient, et surtout, ils ont rappelé qu’en Egypte, dans ce pays prétendument modéré, la sainte indignation occidentale semblait s’évanouir lorsque les martyrs n’étaient pas du bon côté de la carte binaire des opprimés…

© Presque rien sur presque tout

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Notes

(1) Mahmoud Zibawi, Les Coptes, l’Eglise du peuple des pharaons, Table-Ronde, 2006.

(2) Magdi Zaki, Le long calvaire des coptes d’Egypte, éditions de Paris, 2004.

(3) Le Figaro Magazine, 20 mai 2006.

(4) Ibid.

(5) Le Figaro, 24 octobre 2005.

(6) Cité par Libération, 3 août 2005.

(7) La Croix, 12 mai 2007.

(8) Libération, 3 septembre 2005.

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[Texte aimablement signalé par Roseline L.]

Mis en ligne le 04 septembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

14:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

curieux comme les assassins musulmans sont immediatements consideres commes des malades mentaux...


l'islam rendrait-il fou ?

Écrit par : marchai | dimanche, 09 septembre 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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