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vendredi, 14 septembre 2007

Décès de Jacques Martin


Par Par Florence BIEDERMANN AFP - Vendredi 14 septembre, 14h34

PARIS (AFP) - L'animateur Jacques Martin , qui avait fait souffler un vent d'impertinence à la télévision avec son émission "Le petit rapporteur", est décédé vendredi à l'âge de 74 ans à Biarritz, où il vivait retiré, à demi-paralysé à la suite d'un accident cérébral.

Une pluie d'hommages s'est abattue sur cette figure incontournable du paysage audiovisuel français pendant plus de trente ans, avec une belle unanimité pour relever son impertinence, son culot, et son talent. Les télévisions ont bouleversé leurs programmes pour lui faire une dernière place.

La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel a rendu hommage à un "esprit libre, impertinent, très drôle et bourré de talents".

"Jacques avait un talent extravagant. C'était un être complexe et attachant. +Le petit rapporteur+ a été l'invention d'un ton nouveau à la télévision", a souligné son complice de l'époque Stéphane Collaro.

"C'était un artiste complet. Il savait tout faire et avait tous les dons: il savait danser, faire des claquettes, jouer la comédie, chanter, écrire... C'était le roi de l'improvisation", souligne Philippe Bouvard, animateur des "Grosse Têtes" sur France 2.

"Je veux distraire, être populaire sans être populeux", expliquait Jacques Martin.

Car cet amuseur était un homme de grande culture, passionné d'art lyrique, d'opérette et de Jean Genet, et un grand amateur de cuisine --son grand-père a travaillé comme chef à la cour du tsar de Russie Nicolas II.

Derrière l'animateur sous les projecteurs se cachait un personnage plus complexe, soulignent nombre de ses proches. "Cet esprit bon enfant, l'envie de rire de tout, c'était sa nature qui contrebalançait un déchirement profond. Il était très introspectif et inquiet", souligne Stéphane Collaro. "Il ne savait pas être heureux", enchaîne Philippe Bouvard.

Jacques Martin était père de huit enfants, nés de quatre unions différentes, dont celle, en 1984, avec Cécilia Ciganer-Albeniz, future Cécilia Sarkozy, avec laquelle il a eu deux filles, Judith et Jeanne-Marie.

Il est né le 22 juin 1933 à Lyon, d'un père industriel qui meurt lorsqu'il a 5 ans. Il passe plusieurs années --malheureuses-- dans un collège tenu par des Dominicains, avant de monter à Paris à l'âge de 15 ans pour devenir comédien.

Il suit les cours de Charles Dullin puis enchaîne les petits boulots. Il fait ensuite de la radio, se produit à Bobino, compose une comédie musicale, "Petitpatapon".

En 1975, il lance sur TF1, chaîne encore publique, l'émission dominicale qui deviendra l'un des plus grands succès de l'histoire de la télévision: "Le petit rapporteur". Satirique et insolente, l'émission brocarde avec férocité la classe politique, bien avant "Les Guignols", pendant ses 18 mois d'existence.

Puis il passe sur Antenne 2: "Dimanche Martin", "L'Ecole des fans", où des enfants viennent chanter les succès du chanteur invité.

Victime d'un accident cérébral au printemps 1998 qui le laisse à moitié paralysé, il voit son contrat avec France 2 s'arrêter à l'été. Il participe occasionnellement à une émission radiophonique avec Laurent Ruquier, qui avait démarré à ses côtés, avant de vivre complètement retiré à Biarritz.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20070914/tcu-medias-audiovisuel-deces-prev-7b903d2_1.html 

 

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Son nom est synonyme, pour des millions de Français, de dimanches après-midi devant la télévision. Il est l'homme qui faisait chanter les petits et les seniors à l'heure où les familles quittent la table. Figure incontournable du petit écran depuis près de trente ans, Jacques Martin est mort, vendredi 14 septembre à Biarritz, à l'âge de 74 ans.

L'animateur de "L'Ecole des fans" et d'autres émissions très populaires aimait à répéter : "Je suis un comédien qui a rencontré la télévision." Comédien, il l'a été, jouant Les Femmes savantes ou Le Barbier de Séville, mais il était aussi chanteur et écrivain. "Mon vrai métier, c'est l'écriture", aimait-il à dire. Bref, un homme qui eut un parcours sinueux de "promeneur curieux et gourmand".

Fils d'un industriel lyonnais, Jacques Martin abandonne le bord du Rhône et les études pour courir à Paris et devenir l'élève de Charles Dullin en 1949. Quelques mois plus tard, il fonce au Conservatoire, dont il part très vite pour aller jouer Ruy Blas devant des scolaires. Livreur en lingerie féminine le matin, gardien-assistant au Théâtre des Mathurins l'après-midi, figurant au Français le soir, il découvre la vie, croise Marcel Jouhandeau et Albert Camus. Un passage sur les planches du théâtre aux armées durant vingt-trois mois complète sa formation.

Comédien ou chanteur sur les scènes d'opéra-comique, Jacques Martin hésite encore. Puis c'est la rencontre avec Jean Yanne derrière les micros d'Europe 1. Le "littéraire" et le "grossier" s'associent pour le plaisir des auditeurs. Le duo a trouvé le ton et les mots qui font mouche.

Adieu les planches et direction les studios. Jacques Martin fréquente France-Inter, RTL, puis se produit à Bobino, où il chante et parodie. L'époque est à la création, il improvise et compose même une comédie musicale intitulée Petipatapon.

Puis il rejoint la télévision en 1973 pour présenter l'émission "Midi-Magazine", avant de lancer "Le Petit Rapporteur", journal non conformiste sur TF1. Et les dimanches midi en compagnie de Jacques Martin, Pierre Desproges ou Stéphane Collaro deviennent un plaisir avec cette émission satirique hautement corrosive qui transforme les téléspectateurs en chanteurs de La Pêche aux moules et Mademoiselle Angèle.

"LE JOURNAL LE PLUS AMUSANT DE FRANCE"

En 1974, Valery Giscard d'Estaing déclare : "C'est le journal le plus amusant de France, mais je déconseille à mes ministres d'y participer." Résultat : 28 millions de téléspectateurs en 1976.

Devenu producteur, l'amuseur se fait plus sage avec des émissions comme "Bon dimanche" puis "Dimanche Martin". Il officie au Théâtre de l'Empire, faisant défiler indifféremment groupes de rock et orchestres de chambre, pour plaire au public, son credo depuis son plus jeune âge. "C'est d'abord le public de cette salle que je veux satisfaire, explique-t-il. C'est un vrai public qui limite mon droit à l'erreur, me donne rythme et souffle." Pour ce public, pour tous ses fans, il multiplie les interventions, s'offre le luxe d'une tirade sur Jonathan Swift, se moque, pousse la chansonnette ou entame La Belle Hélène. Victime en 1998 d'une attaque qui le laisse partiellement paralysée, il prend sa retraite de la télévision. Il n'y est revenu qu'en 2003, invité par Laurent Ruquier pour un hommage à son ami Jean Yanne, mort une semaine auparavant.

Jacques Martin avait épousé en 1984 Cécilia Ciganer-Albeniz, future épouse de Nicolas Sarkozy, avec laquelle il a eu deux filles, Judith et Jeanne-Marie. Il s'était remarié en 1992 avec Céline Boisson, dont il s'est séparé au printemps 2007. La ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, lui a rendu hommage, en saluant un "esprit libre, impertinent, très drôle et bourré de talents".

Serge Bolloch
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20:10 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

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