Avertir le modérateur

lundi, 24 septembre 2007

Affaire A-Dura : la requête du juge Laurence Trébucq (1ère de 2 parties)(info # 012409/7) [Analyse]

Affaire A-Dura : la requête du juge Laurence Trébucq (1ère de 2 parties)(info # 012409/7)[Analyse]

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency


La tentative de France 2 et de Charles Enderlin d’instrumentaliser la justice française dans l’Affaire A-Dura est en train de commencer à leur exploser à la figure. Leur stratégie juridique, qui consistait à poursuivre quatre sites Internet en diffamation, pour avoir diffusé sur le Web des articles faisant partie de notre enquête, ou pour avoir repris à leur compte les conclusions d’icelle, est en train de faire long feu.

 

L’idée des parties civiles (FR2 et Enderlin) consistait à sortir blanchis de notre accusation d’avoir mis en scène un soi-disant acte de guerre – l’assassinat de Mohamed A-Dura – et d’avoir ainsi contribué, dans une large mesure, à allumer le soulèvement armé de la seconde Intifada, ainsi que des actes de violence antisémites extrêmes aux quatre coins de la planète, sans avoir à aborder le fond de l’affaire.

 

En entamant des procédures en diffamation contre ces sites et leurs animateurs, les parties civiles (intimés en appel) pensaient pouvoir retrouver leur virginité sans avoir à se confronter aux experts de l’armée israélienne ayant conduit la 1ère enquête, aux journalistes auteurs de l’enquête de la Ména, aux experts médicaux, balisticiens, aux spécialistes de reportages de guerre, aux soldats accusés par eux d’avoir commis l’assassinat, aux autres journalistes présents sur la scène, le 30 septembre 2000 et qui n’ont rien vu de l’assassinat. Enderlin et France 2, basant leur passage en force sur leur réputation en France et sur la sympathie acquise de tous les media généralistes de l’Hexagone, espéraient même pouvoir s’en tirer sans que Charles Enderlin, le contempteur d’Israël dans cette controverse, et Talal Abou Rahma, l’unique témoin, le scénariste et le chef cameraman n’aient à se présenter devant la justice et à répondre à ses questions.

 

Suite à la décision rendue le 19 octobre 2006 par la 17ème Chambre du Tribunal correctionnel de Paris, présidée par le juge Joël Boyer, contre Philippe Karsenty, la chaîne-phare du service public et son correspondant immutable à Jérusalem songèrent, sans doute, avoir eu gain de cause.

 

Cela permit aussi au Nouvel Observateur d’exulter "Charles Enderlin n'a pas truqué d'images", au Figaro de lancer "France 2 est blanchie pour l'image choc de l'Intifada", et à FR2 de crier victoire au cours d’un Journal Télévisé.

 

Bien entendu, il n’y avait aucun rapport de cause à effet entre la condamnation de Karsenty pour diffamation - il s’était, sur son agence-web de "notation des medias", publiquement identifié avec les conclusions de la Ména et accusait FR2 et Enderlin, en conséquence, d’imposture [voir le texte incriminé par les intimés] et le blanchiment des auteurs de la mise en scène.

 

Afin de prononcer la diffamation, dans sa décision, le tribunal présidé par le juge Boyer reprochait à Karsenty de ne pas avoir suffisamment pris ses distances avec les conclusions de notre enquête. De plus, il mettait en doute la qualité de ladite enquête, bien qu’il ne l’ait jamais consultée dans le cadre de sa procédure, et arguait, comme preuve de ses doutes, que l’Etat d’Israël, et la 1ère concernée, Tsahal, n’avaient pas repris nos conclusions.

 

A l’occasion de l’appel interjeté par Karsenty, les parties civiles/intimés sont en train de s’apercevoir, à leurs dépends, qu’il est téméraire d’instrumentaliser la justice. Le 19 septembre dernier, en effet, la Cour d’appel de Paris, présidée par Madame Laurence Trébucq, créait la surprise en demandant à FR2 et à son journaliste de présenter l’entièreté des 27 minutes d’images tournées par leur cameraman Talal Abou Rahma, le 30 septembre 2000, au carrefour de Nétzarim. La cour prévoit de visionner ces rushes lors de son audience du 14 novembre prochain.

 

En réclamant ces rushes, que la chaîne TV française refuse de rendre publics depuis sept ans, Laurence Trébucq a fait sauter la stratégie des imposteurs. Le procès Karsenty, faisant fi des intentions de ses initiateurs, risque désormais de se mêler du fond de l’Affaire. Car si la décision du 19 octobre de l’an dernier ne donnait aucune indication quant à l’existence ou non d’une imposture, le visionnage public des rushes peut, quant à lui, prouver définitivement que les intimés ont bel et bien commis, puis défendu, une mise en scène.

 

Encore faut-il, pour parvenir à cette démonstration, que les avocats de l’appelant et les juges se cantonnent précisément dans l’exercice du droit, et qu’ils déterminent distinctement ce qu’ils cherchent en visionnant les images de Talal Abou Rahma. Il s’agit, pour Me Marc Lévy, l’avocat de Karsenty, de mettre en lumière les inepties de la décision du juge Boyer pour la faire annuler.

 

Cela ne semble pas très difficile a priori, mais il faut être rigoureux et ne pas s’éloigner de la discussion de droit. A ce titre, la présentation de la lettre, datée du 10 courant, du porte-parole de Tsahal au président de France-Télévisions, devrait déjà suffire. L’armée israélienne y précise que ses propres conclusions sont proches de la thèse de la mise en scène. Tsahal déclare également qu’elle a, dans le cadre de son enquête, à de nombreuses reprises, demandé le concours de FR2 qui le lui a toujours refusé. Voilà qui tranche le sujet de l’intérêt ou du désintéressement de Tsahal pour la Controverse de Nétzarim, et qui oblitère la décision de l’instance précédente.

 

 

Le point de droit de M. Bartoli

 

Qu’en est-il du plat de résistance, des rushes ? – La Ména a prêté l’oreille au commentaire de l’avocat général Antoine Bartoli à leur sujet. Nous en avons pris connaissance dans le très bon compte-rendu d’audience préparé par Mademoiselle Véronique Chemla pour nos confrères de Guysen.

 

L’avocat général avait susurré le point de droit suivant : "Sont poursuivis les propos imputés à Philippe Karsenty, pas les rushes. Pour apprécier ses affirmations (notamment dans son communiqué de presse du 22 novembre 2004. Note de Véronique Chemla), il faut se placer au moment où ses propos ont été tenus, sans avoir connaissance des rushes. Qu’apporterait l’expertise technique en matière de diffamation ?".

 

Il est impératif de répondre à cette interrogation : la décision-Boyer reproche à Karsenty d’avoir fait sienne notre argumentation aboutissant à la mise en cause de FR2 et d’Enderlin. Or, la critique et l’examen du contenu et du rôle prépondérant des rushes dans l’Affaire fait partie intégrante de notre enquête ; on la retrouve ainsi dans de nombreux articles antérieurs au 22 novembre 2004, et Karsenty en avait certainement connaissance lorsqu’il a exprimé ses convictions.

 

Pour le démontrer, je fais particulièrement allusion à l’article de la Ména intitulé L'affaire A-Dura : Conclusion dramatique, datant du 24 octobre 2004, soit près d’un mois avant la parution du texte de Karsenty. Dans cet article, nous dévoilions le contenu des 27 minutes de rushes, forts du témoignage de notre camarade Luc Rosenzweig, qui avait été admis par FR2 à les visionner, le 22 octobre 2004, en compagnie des deux autres grands journalistes français, Daniel Leconte et Denis Jeambar, ainsi que de Mlle Chabot et du Conseiller à la présidence de France-Télévisions d’alors, Didier Epelbaum.

 

L’article de la Mena en question ne laisse subsister aucun doute quant au contenu des rushes et à la signification factuelle et juridique des mises en scène dont ils recèlent. On établira subséquemment, au-delà de toute discussion possible, qu’au moment de décider d’accuser les intimés de forfaiture, ainsi que Mlle Chabot, pour Philippe Karsenty, les faits se profilaient de la façon suivante : "Une polémique oppose France 2 et l’agence de presse israélienne MENA - Metula News Agency - qui accuse la chaîne française d’avoir diffusé un faux", et Karsenty connaît et revient, dans son texte du 22 novembre, crédit à l’appui, sur des points importants de notre argumentation.

 

En conséquence de ce qui précède, et pour répondre à l’interrogation légitime de M. Antoine Bartoli, en nous replaçant le 22 novembre 2004, force lui est de conclure avec nous, que Philippe Karsenty avait une connaissance circonstanciée du contenu des rushes, et que leur visionnage n’est donc pas à exclure par la Cour d’appel. Ladite cour pourra se persuader de ma raison lorsqu’elle regardera les rushes qu’elle a désormais demandés à voir : si leur contenu ne correspond pas à ce que nous avions décrit dans notre article, Luc Rosenzweig est un menteur et la Ména, une agence aux propos effectivement péremptoires. Si ce n’est pas le cas, Karsenty connaissait le contenu des rushes et sa portée au moment où il a accusé les intimés.

 

 

La portée des rushes, en droit

 

Les 27 minutes des rushes filmés par Talal Abou Rahma, d’après Daniel Leconte, contiennent au moins 24 minutes de saynètes jouées. Sur le reste, il ne peut pas se prononcer de manière catégorique. Ce qui nous avait surpris dans la remarque de cet ancien récipiendaire du Prix Albert Londres, c’était qu’il était disposé, ne serait-ce qu’à considérer la véracité potentielle de la saynète de l’"assassinat" de Mohamed, figurant sur la même bobine du même cameraman, qui a complaisamment filmé "au moins 24 minutes" de mises en scène.

 

En sa qualité de journaliste expérimenté, je prétends quant à moi que le jugement de Leconte est déontologiquement incompréhensible ; que, dans un cas comme celui-ci, le journaliste consciencieux, le rédacteur en chef responsable, jettera le film au panier et vilipendera vertement le faux reporter. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait la CNN, lorsque Talal Abou Rahma leur proposa sa story, avant de se retourner vers Enderlin.

 

Mais en droit, le fait que les rushes contiennent des scènes apparemment jouées, si elles ternissent pour sûr la crédibilité de leur auteur et de leur diffuseur, ne signifie pas pour autant que ces scènes – ou certaines d’entre elles – ne retracent pas un événement réel.

 

C’est là qu’il convient de ne pas faire l’amalgame entre la justice immanente et le droit. Parfois, ils ne font pas bon ménage. Ceci considéré, les conclusions de la Ména, à propos de l’existence de mises en scène sur la bande de Rahma, sont les suivantes :

 

1.      Elles rendent le doute exprimé par Karsenty légitime, doute supplémenté par le fait que FR2 a caché les rushes durant sept ans, qu’elle a refusé d’ouvrir un débat public sur l’authenticité du reportage, qu’elle a insulté les journalistes et les experts ayant conclu à la mise en scène, et, finalement, poursuivi en justice ceux qui ont diffusé les éléments de leur conviction. Devant la présence des saynètes dans les rushes, la charte de journalistes de FR2, pour ne citer qu’elle, prévoit une attitude exactement contraire de la part des responsables de l’information.

 

2.      Les 55 secondes (sur 27 minutes) relatifs à l’"assassinat" de Mohamed ne sont pas des rushes : ce sont des images montées, entre lesquelles leur(s) réalisateur(s) a/ont inséré des plans fixes et des plans intercalaires, destinés, surtout, à dissimuler au téléspectateur que l’enfant bouge et regarde le cameramen de longues secondes après avoir été tué sur le coup, comme le prétend Jamal A-Dura.

 

Les analyses à ce propos, réalisées par la Ména et disponibles gratuitement sur le site Internet de l’agence, devraient éclairer les juges de la Cour d’appel quant à l’authenticité des images diffusées par France 2, dans le monde entier et sans contrepartie. Si la cour décide de confier les 55 secondes à des experts neutres, ceux-ci aboutiront invariablement aux conclusions techniques que nous avions présentées dans l’article Controverse de Nétzarim : des preuves, encore des preuves !photographies à l’appui.

 

3.      Il suffira, de même, à l’assistant technique du tribunal, de passer les 55 secondes au ralenti, pour que toutes les personnes présentes remarquent le signe V, que le cameraman (très probablement Abou Rahma) fait avec ses doigts devant l’objectif. Ce V, bien marqué, signifie deux, deuxième prise, en situation de terrain, pour distinguer les prises lors du montage. La présidente Laurence Trébucq, qui semble dotée d’une sérieuse dose de bon sens, ne manquera probablement pas de se demander comment les employés de France 2 ont-ils fait pour filmer à deux reprises une scène d’assassinat… authentique.



A suivre…

 

 WWW.MENAPRESS.COM

Metula News

Agency © 

21:16 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu