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samedi, 06 octobre 2007

Le KKL et le droit israélien : plaidoyer pour notre terre ?

Le KKL et le droit israélien : plaidoyer pour notre terre ?

Cette semaine, nous souhaiterions attirer l'attention de nos lecteurs sur une question fondamentale concernant la propriété de la terre en Israël. En effet le KKL (Keren Kayemeth Leisraël - Fond national juif) se verra peut être contraint de vendre des terres en sa possession à des acquéreurs non-juifs au motif de l'égalité entre tous les citoyens, quelle que soit leur religion, et quelle que soit leur motivation...

Avons-nous quelque chose encore à apprendre sur le sionisme et ses fondamentaux ? La réponse est tristement positive. Suite à la pétition rédigée par Adel Ka 'adan, un citoyen arabe israélien, et adressée à la Haute Cour de Justice, affirmant qu'il y avait ''violation de la loi fondamentale, à savoir de la dignité et de la liberté humaine'', l'autorité judiciaire, après avoir examiné ses réclamations, a pris parti pour le pétitionnaire.
La Haute Cour a en effet déclaré que l'Administration de la Terre d'Israël (ATI) ne pouvait confier la gestion d'une terre de l'Etat à un organisme qui ne traitait pas les citoyens de façon égalitaire, bien que le terrain en question fasse partie de ceux achetés par des donateurs juifs dans les années 1950…

Aujourd'hui, la situation est complexe, voire critique. Le conseiller juridique du gouvernement, Meny Mazuz, prenant ainsi fait et cause pour les pétitionnaires, a en effet déclaré que l'ATI était désormais ''obligée de prendre en compte le principe d'égalité pour les terres qu'elle administre, y compris pour les terres du KKL''. Le KKL est désormais tenu de travailler ''en accord avec les intérêts de l'Etat'', comme si ces derniers n'étaient plus en phase avec l'idée même du sionisme telle qu'elle fonde le développement d'Israël depuis le début du 20ème siècle.

Le KKL doit désormais satisfaire d'une part le principe d'égalité entre tous les citoyens israéliens, et d'autre part continuer de jouer un rôle historique de gardien des terres ''achetées par et pour les personnes juives''…

Il semble donc que la remise en question par des hautes autorités de l'Etat d' Israël comme ''foyer national juif'' est, une fois de plus, à l'ordre du jour. En 1901, le Cinquième Congrès Sioniste réuni à Bâle, proclamait bien la création du KKL dont la mission était d'acheter des terres en Eretz Israël (Terre d'Israël) au moyen de dons versés par des personnes ou des communautés juives du monde entier.
En 1948, le KKL détenait déjà près d'un million de ''dounams'' (100 000 hectares) de terres qui rassemblaient 230 localités. C'est bien sur la base des terres acquises par le KKL que l'Etat d'Israël a été créé.

Alors que l'on reproche parfois aux médias israéliens une vision ''complotrice de l'histoire'', voire de développer une certaine paranoïa, il faut s'interroger sur la ''conscience historique'' des plus hautes instances juridiques israéliennes, et rappeler par exemple que le KKL avait été conçu comme une organisation chargée de répondre aux refus politiques, juridiques et religieux de voir se développer une présence juive ou ''non arabe'' en Palestine…

Conçu à l'origine comme une institution au service de la défense et du développement du sionisme, il convient de rappeler que le KKL est progressivement devenu une institution dont l'utilité est reconnue au-delà des frontières d'Israël ; en 2004, les Nations-Unies ont octroyé au KKL le statut d'organisation non gouvernementale. En effet, le KKL est une des toutes premières organisations écologiques du monde, principalement parce que sa vocation est de protéger la nature et l'environnement.

Réputée dans le monde entier pour la qualité de ses études sur la préservation des ressources en eau et la lutte contre la désertification par exemple, la recherche israélienne est particulièrement suivie par les experts internationaux à l'heure où la question du réchauffement climatique défraie la chronique. A ce titre, le KKL s'est récemment engagé dans la création d'une fondation internationale de recherche sur l'eau, en collaboration avec les États-Unis, le Canada, l'Australie, l'Espagne et l'Italie. Le KKL finance également des études approfondies sur quelques-unes des menaces écologiques qui frappent l'agriculture et la végétation naturelle ou " importée " : l'ophelimus maskelli, un insecte qui cause des ravages aux eucalyptus, portant gravement atteinte à l'industrie du bois , ou le matsucoccus josephi qui s'attaque, quant à lui, aux pins d'Alep.

Autre programme de recherche du KKL : les risques liés à l'introduction et à l'éventuelle prolifération agressive de souches végétales étrangères dans des écosystèmes qu'il s'agit de préserver à long terme. De très nombreuses études sont ainsi consacrées à l'exploitation forestière et à la gestion des territoires incendiés…

Le KKL est aujourd'hui un des organismes les plus impliqués dans la défense de la planète. Nous croyons que le KKL peut continuer à mener de front plusieurs missions. Plus que jamais, et à propos d'une cause aussi importante et aussi juste que celle de la libération des trois soldats d'Israël retenus depuis seize mois par le Hamas et le Hezbollah, le KKL pourrait porter la parole d'un gouvernement qui n'a jamais réussi à se faire entendre sur le sujet.

Ce soir, nos pensées vont vers Guilad Shalit, Eldad Reguev et Ehoud Goldwasser. Nos pensées vont vers leurs familles désespérées. Nos pensées s'adressent à tous ceux qui oseront demain dire leur révolte de voir leur liberté entravée. Car il n'y a pas d'autre cause, il n'y a pas d'autre combat.

 
Guy Senbel.

www.guysen.com 

16:43 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

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