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dimanche, 11 novembre 2007

L’antisémitisme est-il une maladie mentale en France ?

L’antisémitisme est-il une maladie mentale en France ?

Yaël König

 

Sébastien Selam est disc jockey. « Di Jè », comme on dit dans les milieux branchés.

À 23 ans, Il jouit déjà d'une certaine notoriété. Il anime de nombreuses soirées, mixe dans les boîtes huppées de la capitale, comme les Bains Douches ou le Queen. Les journaux l’encensent, sa réputation dépasse les frontières, on le sollicite sur la Côte d’Azur, en Europe, et même au-delà.

Sébastien est heureux ; il vit sa passion et sa passion le fait vivre.

L’argent ne le rend pas arrogant et n’altère aucunement sa mémoire. Sébastien travaille d’arrache-pied pour devenir cette star naissante de la musique. Dans le privé c’est un garçon souriant, serviable, attentif.

Le jeune homme habite avec Juliette, sa mère, dans une cité de la rue Louis Blanc, dans le dixième arrondissement de Paris. Son père est mort depuis longtemps, laissant à sa femme deux garçons à élever.

Depuis qu’il a l’âge de raison, Sébastien s’est promis de prendre soin de Juliette, de la gâter, de lui rendre au centuple les soins et l’amour qu’elle ne cesse de lui prodiguer. Grâce au succès du DJ, la situation matérielle des Selam s’améliore.

Bientôt le frère de Sébastien se marie. La soirée que lui concocte Sébastien restera gravée dans les mémoires tant il a mis de cœur et de talent à l’animer. Du bonheur en myriades, des cascades de musiques dynamiques et joyeuses. Pour la dernière fois, mais nul ne le sait…

De quoi oublier la mine renfrognée et agressive d’Adel Amastaibou, son voisin. Adel a le même âge que Sébastien, ils se connaissent depuis toujours. Même génération, même lieu de vie : mais là s’arrêtent les ressemblances.

Adel Amastaibou ne connaît pas le sens du mot travail. Il est violent. Il a déjà été arrêté à plusieurs reprises. Il gagne, en dealant de la cocaïne, bien plus que le smic, ce qui lui laisse tout loisir pour traîner, regarder les autres avec haine et se laisser corrompre par les incitations islamistes nauséabondes et dangereuses.

Cela l’amène à se déchaîner, quelques mois avant "l'affaire Sellam" en agressant et injuriant un rabbin qui avait l’outrecuidance de passer dans « sa » rue : « T’es un rabbin toi, regarde ton gros nez de Juif, vous êtes tous des fils de p…, regarde ce gros berger allemand, il va te mordre les fesses, ça te rappelle quelque chose ? On va te faire la peau… ».

Le Procureur de la République requiert alors contre Adel Amastaibou. Au procès en Correctionnelle, les magistrats le déclarent coupable. Personne n’émet l’excuse fallacieuse de la folie, denrée de grand secours pour ceux qui veulent nier ou masquer les délits commis sous la bannière islamo-antijuive.


Le 19 novembre 2003 dans l’après-midi, Adel rencontre Sébastien dans l’escalier et lui lance : « Je vais te tuer, toi et ta famille. »

Qu’auriez-vous fait à la place du DJ ? Auriez-vous seulement cru à la menace ? Il est vrai qu’en 2003, et depuis des années, le racisme antijuif se déchaînait : des Juifs agressés, des synagogues brûlées, des bouffées de haine violemment exprimées… mais tout de même, c’était en France !

La France est un pays aimé des Juifs depuis toujours, malgré tout. Mais la France aime-t-elle encore ses Juifs, apeurée, influencée qu’elle est par les assertions racistes à flux tendu ?

Sébastien continue à vivre tranquillement le dernier après-midi de sa courte vie. Peut-être un peu inquiet ? Nul ne le saura. Il doit penser aux injures d’Amastaibou qui vont crescendo, aux poulets égorgés que sa mère trouve devant leur porte palière ; sinistres avertissements…

Mais Sébastien ne sait pas reconnaître le mal absolu. Son plaisir c’est la musique ; sa feuille de route c’est le bonheur.

Le soir de ce même jour le jeune homme descend dans le sous-sol de l’immeuble. Adel y est déjà, qui l’attend. Il a piégé Sébastien.

Il le torture, l’exécute. Nous avons vu des photos. L’horreur, indicible.

Amastaibou a-t-il eu des complices pour guetter, prévenir ? La question n’est encore pas résolue.

Après ce crime l’assassin déclare aux services de police : « Je suis content s’il est mort, cet enc… de bâtard, s’il est mort je suis trop content, ce p… de Juif, sale Juif… »

À ces mots terrifiants, le gardien de la paix qui a enregistré la déposition d’Amastaibou ajoute ce commentaire spontané : « Amastaibou, le sourire aux lèvres, se dit pleinement satisfait de son acte. »

En tout cas à nos yeux de citoyens confiants, l’affaire est entendue ; nous avons là des aveux ; le dossier est clair et solide. Justice va être faite. Justice, non vengeance.

Sauf que.

Sauf que la Justice française refuse d’entendre Adel le criminel, le considérant d’emblée comme fou. La messe est dite.

Madame le juge d’instruction Sonnois délivre une ordonnance de non-lieu dès le 24 novembre 2003, au vu d’une, et d’une seule, expertise psychiatrique.

Est-ce à dire qu’un antijuif assassin est automatiquement considéré par la justice de notre pays comme un fou ? Pratique… Pas de jugement, un peu de perlimpinpin pour alimenter cette thèse et bientôt on ressort libre… À vomir !

Mais le pire, si l’on peut dire, reste à venir.

Quelques mois après cette barbarie Madame Nathalie Becache, vice-procureur de la République à Paris, déclarait au défenseur de la famille Selam : « Le Ministère de l’intérieur avait décidé de poser pudiquement une chape de plomb sur le dossier Selam. »

Gravissime ! Pourquoi cette décision ? Un Français juif qui meurt assassiné, est-ce donc d’un degré inférieur sur l’échelle des crimes qu’un Français protestant, catholique ou athée, sans parler des Français musulmans, qui ont de suite droit aux coups de gong des médias ?

Il est incroyable de constater que par la suite, pendant toute la durée de l’instruction, des médecins de l’unité psychiatrique abritant Amastaibou délivreront des certificats lui permettant de ne pas assister aux interrogatoires ! Commode !

Son psychiatre référent attestait même : « Je soussignée Docteur Magali Bodon Bruzel certifie que monsieur Amastaibou Adel, né le 1er août 1983, est hospitalisé actuellement dans notre unité. Son état de santé ne lui permet pas de se rendre à l’audience prévue le 24 février 2004 à la Cour d’Appel de Paris. L’hospitalisation est susceptible de se prolonger plusieurs semaines, voire plusieurs mois ».

Et hop, circulez, y’a rien à voir ! Et rien à dire, même si l’indignation nous prend à constater que pendant toutes ces années d’instruction, la famille Selam et ses anciens avocats n’ont jamais pu voir l’assassin, n’ont jamais pu constater son état de santé réel ! Si ce n’est pas du confort offert au meurtrier, qu’est-ce que c’est ?

Ainsi donc il semble qu’il n’y aura pas de procès pénal pour l’assassin de Sébastien Selam.

Et que Juliette se débrouille avec ça ! Elle n’avait qu’à ne pas être juive !

Juliette qui a l’audace de solliciter de la ville de Paris l’octroi d’un logement social afin de ne pas rencontrer l’assassin de son fils dans l’immeuble, afin de ne plus avoir sous les yeux les auréoles sombres qu’a laissées sur le sol le sang de son enfant…

Juliette qui, à l’heure où paraît cet article, presque exactement quatre ans jour pour jour après la mise à mort de Sébastien, n’a toujours pas été relogée !

Et le pire n’étant jamais en reste, il est un fait lamentable dans les suites de cet assassinat monstrueux. L’ordonnance de non-lieu du 8 août 2006 au bénéfice d’Amastaibou, (pour trouble mental sur le fondement de l’article 122-1 du Code pénal,) ordonnance rendue par la nouvelle juge d’instruction madame Isabelle Minguet, n’a jamais été délivrée à la famille Selam, la privant ainsi de tout appel possible !

C’est là que Primo a tout lieu d’être fier, ou simplement content d’exister.

En effet, en 2005, un jeune avocat nous contacte après avoir pris connaissance de nos articles concernant l’affaire Ilan Halimi. Nous le rencontrons ; il a la fougue de la jeunesse, la passion de son métier, la foi en la justice. Il est intelligent, tenace, efficace.

Axel Metzker, car c’est de lui qu’il s’agit, est mis au courant par nos soins de l’affaire Selam. Nous voudrions agir, aider Madame Selam, mais nous ne savons comment nous y prendre. Maître Metzker rencontre Juliette Selam et se met immédiatement au travail.

Après des recherches acharnées, d’innombrables appels au cours desquels il est souvent considéré comme un empêcheur d’entériner les erreurs, il découvre que les expertises psychiatriques effectuées par la suite n’étant pas conformes au principe d’impartialité et de rigueur, il est fort probable que l’assassin de Sébastien est un simulateur.

Nous affirmons ici avec Maître Metzker qu’un individu qui prémédite, revendique et assume un crime ne peut être soustrait à la sanction pénale qu’il mérite. Ou alors, serait-ce différent lorsque la victime est juive, tuée parce que juive ?

D’autre part, Axel Metzker déniche, dans les archives du tribunal, deux enveloppes cachetées non délivrées à Madame Selam au motif : « Pas de destinataire à l’adresse indiquée ». Ça alors !

Qui a apporté ces enveloppes et s’en est retourné sans les livrer ? Qui aurait constaté que nul n’habitait à cette adresse, alors que les Selam y vivent depuis de nombreuses années et sont connus de tous ?

Ces courriers devaient porter à la connaissance de Juliette Selam que l’assassin de son fils bénéficiait d’un non-lieu. Elle aurait pu alors interjeter appel dans le délai légal. Mais ces enveloppes sont bien vite retournées au chaud de l’indifférence générale, et Juliette Selam n’avait plus d’autre choix que celui de se taire.

Depuis, la Poste a reconnu son erreur et s’en est excusée ; mais plainte a été déposée contre elle.

Grâce à l’opiniâtreté et à la compétence de Maître Metzker, Madame Selam a enfin pu, en juin dernier, faire appel de l’ordonnance de non-lieu rendue à l’époque du meurtre de son fils. Enfin la justice redresse les épaules !

En plein procès du jeune schizophrène meurtrier de deux infirmières paloises, on apprend des médias que les non-lieux accordés par la justice de notre pays pour maladie mentale deviennent de plus en plus rares. Ah bon ?

S’en réjouir ou le déplorer n’est pas ici notre propos. Mais s’étonner qu’un meurtrier antijuif soit soustrait à la justice sous cette fallacieuse raison, s’étonner et demander réparation, là oui, c’est ce que nous réclamons, ici, maintenant, plus fort que jamais !

Et aujourd’hui même, pendant que l’auteur de ces lignes luttait contre l’écœurement dû à ces ignominies, un appel téléphonique de l’avocat lui apprenait qu’une audience a été fixée devant la chambre d’instruction du Tribunal de Grande instance de Paris le 22 novembre prochain.

Première étape, enfin, vers la réhabilitation d’une vérité malmenée ?

Aujourd’hui nous voulons savoir si Amastaibou a eu des complices, nous voulons savoir où il se trouve, nous voulons que justice soit faite.

Nous voulons retrouver notre fierté et notre confiance en la justice de notre pays, nous voulons aussi qu’enfin les pouvoirs publics attribuent à Juliette Selam le logement qu’elle espère depuis trop longtemps ; qu’elle puisse vivre son deuil sans frémir au moindre battement de la porte de l’immeuble en imaginant que c’est Adel, le voisin de toujours, celui qui a défiguré et assassiné son fils, qui rentre chez lui pour une soirée tranquille...

Pendant qu’au cimetière Sébastien a froid, si froid, et qu’il se désole de n’avoir pu empêcher le meurtre d’Ilan Halimi, son frère en souffrance…

Yaël König © Primo, 9 novembre 2007

http://www.primo-europe.org/




09:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Alain,

L'antisémitisme est-il une maladie mentale ? Ne criez pas trop aux loups, personne ne vous croira quand il rentreront dans la bergerie. Tenez, je vous recommande vivement le livre de Guillaume Weill-Raynal, qui parle des " nouveaux désinformateurs ", c'est un must, une sélection des dossiers les plus importants, une plongée dans l'univers de la manipulation des masses. Pensez aux affaires halimi, RER D, incendie du centre social juif,etc... Qu'en pensez vous ?

A+

Écrit par : A2N | dimanche, 11 novembre 2007

Bizarre votre réaction : "ne criez pas trop au loup" : les fausses rumeurs doivent selon vous transformer toutes les vraies injustices en simples rumeurs? De toutes façons, ces Juifs ils en font toujours trop, c'est bien connu ! On la connaît votre stratégie du profil bas : elle n'est pas plus efficace, on le sait bien, que la dénonciation courageuse des dénis de justice et des actes antisémites, qui l'emportent de loin, nous le savons bien, sur les coups montés (voyez les Rapports annuels du Conseil national consultatif des droits de l'homme sur la montée de l'antisémitisme dans notre pays depuis la seconde intifada). Alors avant de préconiser le trouillomètre à zéro comme vous le faites (sans signature, en voilà du courage ! ) réfléchissez à ceci : non il n'y a pas de politique de l'autruche qui marche ! J-A-M-A-I-S !

Nadia L.

Écrit par : nadia | lundi, 12 novembre 2007

Bonjour,

Je fais partie d'une association luttant contre les abus psychiatriques. Aujourd'hui, lors d'un cas comme le votre, ce sont les "experts" psychiatres qui jugent la folie du criminel. Ce n'est pas le travail d'un psychiatre de juger mais plutôt celui de la justice. Je considère que les psychiatres ne doivent pas avoir leur mot à dire lors d'un tel procès.
Les seules "solutions" que l'on proposent en psychiatrie sont soit la camisole chimique ou les électrochocs. Les psychotropes prescrits sont extrèmement dangereux et peuvent mener au suicide. D'ailleurs, la plupart des grands criminels sortent de psychiatrie comme par exemple la femme qui a jeté sa fille de 9 ans par la fenêtre à Fleurs. Elle avait été hospitalisée en psychiatrie et mise sous antidépresseurs. Les criminels comme Amastaibou ne doivent pas être traités en psychiatrie.
Je tenais à féliciter Axel Metzker pour son déterminisme à faire respecter la loi.
Cordialement,
Mylène Escudier.

Écrit par : Mylène E. | mardi, 13 novembre 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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