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vendredi, 16 novembre 2007

Rêveurs contre réalistes

Rêveurs contre réalistes


Par Caroline B. Glick


http://www.jewishworldreview.com/1107/glick111607.php3


Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

 




A la veille du “sommet de la paix” de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice à Annapolis, le château de cartes politique qu’est le gouvernement Kadima du Premier Ministre Ehud Olmert est prêt à s’effondrer.


Olmert doit sa majorité parlementaire et sa coalition de gouvernement à deux partis de l’aile Droite – le parti sépharade Shas, et Yisrael Beitenou, parti des immigrants russes. Aujourd’hui, tous les deux sont sous forte pression du Likoud et de leurs propres électeurs pour quitter le gouvernement, en s’opposant au projet d’Olmert d’offrir des concessions massives aux Palestiniens à Annapolis. S’ils quittent sa coalition, Olmert ira à Annapolis sans une majorité de gouvernement. En ce qui concerne la sécurité nationale d’Israël, plus vite le gouvernement tombera, mieux ce sera.


Le gouvernement conduit par Kadima a été un désastre national. Kadima est un parti de rêveurs. Il a été établi par les rêveurs qu ont poussé au retrait d’Israël de Gaza il y a deux ans. Avec l’assistance active des media israéliens pleins d’illusions, lors de l’élection de 2006, Kadima a pu cacher les conséquences sinistres de ce retrait aux électeurs jusqu’après les élections.


Alors que le public a avalé les promesses de Kadima de paix et de prospérité, Gaza s’est transformé de nuisance tactique en une menace stratégique. Alors que les chefs de Kadima promettaient au pays un gouvernement responsable et honnête, des terroristes d’Iran, du Liban, de Syrie et d’Egypte se sont introduits à Gaza. Des armements modernes, de l’argent, et du matériel d’endoctrinement ont afflué librement à travers la frontière entre l’Egypte et Gaza, que les chefs de Kadima – contre l’opposition déclarée de Tsahal – ont ordonnée à Tsahal d’évacuer. Les implantations israéliennes détruites ont été transformées en bases de formation au terrorisme, et en rampes de lancement pour les attaques à la roquette et au mortier contre le Negev occidental.


Puisque le lancement d’une opération terrestre majeure contre Gaza impliquerait la reconnaissance du fait que le retrait a été une erreur colossale, le gouvernement a refusé d’agir au cours des deux années écoulées. Comme Kadima s’accroche à ses illusions, quelques 40.000 Israéliens sous le feu des roquettes et des mortiers sont assaillis par la réalité : ils ont été abandonnés par leur gouvernement qui refuse de les défendre. Refusant de mourir pour les illusions du gouvernement, quelques 50 % des habitants de Sderot ont déjà fui leurs foyers. 


Dans le même temps, alors que l’armée de 15.000 hommes du Hamas, entraînés par les Iraniens, formée après le retrait de 2005, améliore ses arsenaux de roquettes et de mortiers et augmente leur portée, quelques 250.000 autres Israéliens – résidents d’Ashkelon, de Kyriat Gat, Netivot et Ashdod observent cela en s’inquiétant d’être les prochains en ligne de mire.


Plutôt que de faire face à l’échec de leur stratégie de grand retrait de Gaza, avant les élections de l’an dernier, les chefs de Kadima ont annoncé leur prochain grand plan. Ils ont appelé à un retrait israélien de Judée et de Samarie et de parties de Jérusalem. De fait, dans les premiers mois de leur mandat, Olmert et ses collègues étaient si occupés à harceler les pionniers et à construire des murs entre quartiers à Jérusalem  qu’ils n’ont pas vu venir la guerre. Ainsi, ils ont été pris par surprise quand le 12 juillet 2006, dix jours après que le Hamas et le Fatah aient attaqué depuis Gaza et enlevé le caporal Guilad Shalit, le Hezbollah a attaqué au Nord – en enlevant les réservistes de Tsahal Eldad Regev et Ehud Goldwasser, et en bombardant les communautés du Nord de roquettes Katyousha.


En réagissant à la campagne du Hezbollah, ceux de Kadima ont gardé leur penchant pour l’illusion.

Plutôt que de mener une guerre réelle  contre les ennemis d’Israël, ils ont décidé de mener une guerre imaginaire.


Dans leurs déposition devant la commission Winograd, les membres dirigeants du cabinet et les commandants de Tsahal ont témoigné que pendant les réunions du gouvernement suivant les deux jours des attaques du Hezbollah, ils ne pensaient pas qu’Israël était en guerre.


Apparemment, ils n’ont jamais réalisé. Les décisions du gouvernement pendant la guerre ne prennent leur sens que si on les considère comme les mouvements d’un gouvernement refusant de reconnaître la réalité. Son refus d’appeler les réservistes ; son insistance pour ne pas lancer une offensive terrestre jusqu’à ce que le Conseil de Sécurité de l’ONU ait déjà adopté une résolution de cessez le feu ; sa décision de ne pas bombarder les cibles du Hezbollah en Syrie ; son refus de déclarer l’Etat d’urgence et d’évacuer les résidents du Nord, et son insistance pour déclarer qu’Israël avait atteint tous ses objectifs, tout ne cela ne prend sens que dans le contexte d’une campagne gouvernementale ignorant la réalité.


Et maintenant, avec la commission Winograd sur le point de publier son rapport final, plutôt que de faire face au naufrage de leur dernier échec, les chefs de Kadima vont vers leur prochain échec aux pourparlers de paix d’Annapolis avec Rice. Les chefs de Kadima nous promettent que nous n’avons rien à craindre. Qu’ils ont tiré les leçons du retrait de Gaza.


Malheureusement, il semble qu’ils ont appris les mauvaises leçons. La décision de retrait de Gaza a été fondée sur la perception qu’il n’y avait pas de chefs palestiniens voulant faire la paix avec l’Etat juif. Au lieu de combattre jusqu’à la victoire, et permettre ainsi à une direction palestinienne pacifique d’émerger, Israël a choisi de lâcher et de fuir.


Loin d’apprendre que lâcher et fuir est une mauvaise stratégie, les chefs de Kadima l’ont adoptée. Ce qu’ils ont appris de Gaza, c’est qu’ils avaient tort de reconnaître qu’il n’y avait pas de chefs palestiniens intéressés à faire la paix avec Israël. Aussi, plutôt que de répéter cette « erreur », ils ont inventé la fiction du chef du Fatah et président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas = dirigeant crédible.


Si les chefs de Kadima sont autorisés à aller de l’avant dans les pourparlers de « paix » avec leur partenaire palestinien de fiction, la conséquence sera la transformation de la Judée, de la Samarie et de parties de Jérusalem en une deuxième Gaza. Et voilà quelque chose qu’Israël ne peut pas permettre. Alors que l’Etat terroriste de Gaza menace directement 250.000 Israéliens, l’Etat terroriste en Judée, en Samarie et à Jérusalem placerait des millions de gens sous ses réseaux. Chaque grande ville est à portée de tir des roquettes dans ces zones. Jérusalem divisée deviendrait inhabitable pour les Juifs.


Malheureusement, les chefs de Kadima ne s’en soucient guère. Ce qui est important pour eux, selon les termes de la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni, c’est de « créer des processus ».


Livni semble-t-il, a pris le rôle de principal défenseur de la nouvelle grande stratégie du gouvernement. Parlant à la Knesset cette semaine, elle a proclamé qu’il n’y a absolument rien à craindre. Les concessions d’Israël ne seront mises en application que quand les Palestiniens combattront le terrorisme. Bien sûr, en donnant son accord pour conduire des négociations, Israël a cédé sur sa position antérieure affirmant que rien ne pouvait se discuter tant que les Palestiniens ne combattraient pas le terrorisme.


De même Olmert, selon la répétition actuelle de la myopie stratégique de Kadima, démontre qu’il n’a rien retenu du Liban. Là-bas, il décida de lancer une contre-offensive sans accepter qu’Israël était en guerre. Puis il passa les cinq semaines suivantes à conduire des stratégies politiques qui avaient pour objectif de forcer la réalité à se plier à son imagination.


Aujourd’hui, comme alors, Olmert va de l’avant dans des négociations avec Abbas et Rice sans aucune considération pour leurs conséquences. De fait, comme Livni, il nie qu’il puisse y avoir des conséquences. Il refuse d’envisager les effets de son soutien à Abbas – un chef sans partisans, qui a déjà perdu une élection contre le Hamas en 2006, et a abandonné Gaza au Hamas en 2007. Il pense que le fait d’offrir Jérusalem, la Judée et la Samarie au chef d’une société qui refuse le droit à l’existence d’Israël, ne coûte rien.


Bien sûr, ce n’est pas le cas. Sa volonté d’offrir de telles concessions énormes a encore davantage radicalisé son interlocuteur dénué de pouvoir. De plus, la volonté d’Olmert d’accepter Abbas comme partenaire de négociation et d’adhérer au fantasme que son groupe, le Fatah, est quelque chose d’autre qu’une organisation terroriste, a eu de sinistres conséquences dans les relations d’Israël avec les USA. Saisissant la volonté d’Israël de traiter avec des ennemis irréconciliables, Rice a invité le dictateur syrien Bashar Assad à envoyer un représentant à Annapolis. Là-bas, le partenaire mineur de l’Iran dans le développement des armes nucléaires exigera qu’Israël cède les Hauteurs du Golan à son armée entraînée par les Iraniens.


Sur cette toile de fond, sous la conduite du chef du Likoud, Benyamin Netanyahou, mercredi dernier, les opposants politiques d’Olmert ont commencé leur offensive contre le gouvernement Olmert – Livni. D’abord, la Knesset a décidé de commencer à contrôler la capacité d’Olmert de concéder Jérusalem. A une immense majorité, ses membres ont approuvé – lors d’un vote préliminaire – la motion du membre de la Knesset (MK) Gideon Sa'ar du Likoud, exigeant une approbation des deux tiers de la Knesset pour tout plan limitant la souveraineté d’Israël sur Jérusalem.


Rejoints par des MK des partis Kadima, du Shas et Yisrael Beitenu, Netanyahou et ses collègues du Likoud sont allés en reconnaissance dans la cité de David. Là, nichés entre le Mont du Temple et la vallée du Cédron, les Parlementaires ont fait le serment de bloquer toute concession sur Jérusalem.


Comme on pouvait s’y attendre, assis parmi les politiciens qui font leur politique sur la réalité, les représentants du Shas et d’Yisrael Beitenu semblaient un peu embarrassés. Ils étaient là, annonçant qu’ils rejetteraient la nouvelle stratégie politique illusoire du bateau amiral, tout en lui permettant de l’exécuter en restant au gouvernement.


Et voilà le nœud de l’affaire. Il semblerait que Shas et Ysrael Beteinu n’aient pas encore décidé où ils se tiennent sur le spectre réalité / illusion. Yishai et Lieberman [respectivement chefs du Shas et d’Ysrael Beteinu, Ndt] croient apparemment qu’en niant simplement les dangers évidents par eux-mêmes de la stratégie politique de Kadima, ils seront immunisés contre la critique quand cette politique échouera. Mais leurs électeurs ne sont pas dupes si facilement.


Lundi dernier, Netanyahou et Sa’ar ont rendu visite au chef spirituel du Shas, le rabbin Ovadia Yossef, pour lui faire comprendre les dangers présents, et le convaincre de retirer Shas du gouvernement. Alors qu’ils sortaient de la maison du rabbin, un jeune électeur du Shas s’approcha de Netanyahou et demanda : « Pourquoi le Shas est-il encore dans le gouvernement ? ».


Les deux partis proclament qu’ils vont quitter le gouvernement s’il provoque des torts à Israël de quelque manière. Mais bien sûr, il cause déjà du tort à Israël. Du point de vue de la sécurité, les décisions du gouvernement de libérer des terroristes de prison ; d’accorder la « clémence » à des terroristes recherchés ; d’entraver les opérations anti-terroristes de Tsahal ; et de continuer de ne rien faire à Gaza ‘dans l’intérêt du processus de paix’, tout cela met en danger le pays.


Et puis il y a le dommage symbolique. En annonçant un gel de toute activité de construction juive en Judée et en Samarie, le gouvernement a effectivement déclaré que les Juifs n’ont pas de droits sur la Judée et la Samarie. En donnant leur accord pour discuter de concessions territoriales massives à Jérusalem, le gouvernement a effectivement  fourni aux Palestiniens un droit de veto sur la souveraineté israélienne dans la ville.


Au cours des trois années écoulées, les chefs de Kadima ont introduit chaque année une nouvelle « grande stratégie » pour résoudre les malheurs d’Israël. Dans chaque cas, après que leur grande stratégie se soit effondrée, avant que le pays ne puisse les obliger à payer le prix de leur idiotie, ils se avancés vers leur nouvelle grande stratégie qui s’est alors effondrée.


La seule manière d’empêcher Kadima d’aller de l’avant avec sa stratégie la plus dangereuse jusqu’à e jour, c’est de faire tomber le gouvernement en obligeant Ysrael Beteinu et le Shas à quitter la coalition. Ils sentent le vent du boulet. Mais il faut qu’il laisse plusieurs traces.

 

Contribuant à la JWR, Caroline B. Glick est membre senior pour le Moyen Orient du “Center for Security Policy” [Centre pour la Politique de Sécurité] à Washington, DC et rédacteur en chef adjoint du « Jerusalem Post ».

22:15 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

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