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jeudi, 29 novembre 2007

Le 29 novembre doit-il être un jour de fête ?

Le 29 novembre doit-il être

un jour de fête ?


Par Caroline B. Glick


http://www.jewishworldreview.com/1107/glick112807.php3


Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

 


Il y a un peu de poésie perverse dans le fait que la conférence d’Annapolis se tienne la même semaine que le 60ème anniversaire de la résolution de l’Assemblée Générale  de l’ONU recommandant que le Mandat britannique sur la Palestine donne lieu à une partition entre un Etat juif et un Etat arabe.

Ce que la confluence des évènements permet de montrer, c’est combien peu de choses ont changé en 60 ans.


Aussi bien la résolution de l’ONU en 1947 que la conférence d’Annapolis sont consacrées à la charge d’obliger le Peuple juif à compromettre ses droits, par une soumission pour se concilier les voisins d’Israël, qui maintiennent encore après 60 ans leur refus d’accepter le droit du Peuple juif à la souveraineté sur sa terre. Et toutes deux sont présentées comme des réussites diplomatiques par le gouvernement israélien. 


Le gouvernement Olmert, soutenu par les media de Gauche israéliens, a présenté la décision des Etats arabes et musulmans, comme l’Arabie saoudite, la Syrie, le Pakistan et l’Indonésie - qui n’acceptent pas le droit d’Israël à l’existence – de participer à la conférence d’Annapolis comme une percée majeure. Mais c’est une absurdité. Les représentants de ces Etats utiliseront la plateforme fournie par l’Amérique pour condamner Israël, exactement comme ils utilisent toute autre plateforme internationale pour ce faire.


De même, le gouvernement Olmert, soutenu par les medias de Gauche d’Israël, célèbre la résolution de 1947 de l’ONU, comme si c’était le fondement de la légitimité internationale d’Israël. Non seulement cela est faux, mais avec les années, la perception qu’Israël doit sa légitimité à cette résolution de l’ONU a eu un effet corrosif  sur la capacité d’Israël à conduire une politique étrangère d’une manière qui fasse avancer son intérêt national. L’effet est évident dans la conduite de la politique étrangère du gouvernement Olmert.


Le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté la résolution 181. Comme résolution de l’Assemblée Générale, la 181 n’avait pas force de loi internationale. Le fondement légal international de l’Etat juif a été le Mandat sur la Palestine de 1922 de la Ligue des Nations, qui a chargé le gouvernement britannique d’administrer la zone désignée comme le futur Etat juif.


De fait, si elle a produit quelque chose, la résolution 181 a cherché à légitimer des décisions illégales prises par les Britanniques tout au long de son mandat. Comme le Mandat de la Ligue des Nations le stipulait clairement, la Grande Bretagne était supposée gérer le territoire de la Palestine mandataire, et encourager l’établissement d’un Etat juif qui remplacerait finalement le gouvernement mandataire britannique. Pourtant, pratiquement depuis le début, les Britanniques firent juste le contraire. Ils établirent le royaume hachémite de Transjordanie sur la plus grande partie du pays destiné à l’Etat juif. De plus, ils prirent toutes les mesures possibles pour empêcher les Juifs d’établir un Etat sur le reste du territoire. Ils bloquèrent l’immigration juive, et limitèrent les droits de Juifs d’acheter et d’aménager la terre à une petite portion du territoire – qu’ils pensaient être trop petite pour soutenir un Etat souverain.


C’est à cause de l’échec britannique visant à détruire le sionisme et à empêcher la population juive d’établir leur Etat que le plan de Partition de l’ONU a été introduit. C'est-à-dire que, loin de fonder un Etat juif, la 181 acceptait simplement une entité nationale déjà existante. En dépit des plus grands efforts de la Grande Bretagne, les Juifs avaient déjà établi leur Etat en 1947. Il aurait existé même si la résolution n’avait pas été adoptée.


Malheureusement, plutôt que de reconnaître le vrai fondement légal d’Israël et à travers lui, ses propres droits sur la Judée, la Samarie et Jérusalem, Israël agit comme si ses frontières légales étaient déterminées par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Sa gratitude mal placée envers l’ONU a entraîné les gouvernements israéliens successifs à ignorer et à minimiser le mauvais traitement d’Israël par l’ONU.


Pendant les 40 dernières années, loin de rester fidèle à la haute opinion d’Israël sur le sujet, l’ONU a été le principal moteur derrière la campagne de refus du droit d’Israël à l’existence. L’ONU a relégué Israël au statut de citoyen de seconde classe, souffrant de discrimination systématique dans tout le système de l’ONU. Le traitement inique de l’ONU place celle-ci en violation de l’affirmation de sa propre Charte stipulant que tout Etat doit être traité avec équité. Et de fait, cela a corrompu l’organisation au-delà de toute réparation possible.


Si l’on en revient à 1975, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Chaim Herzog se dressa devant l’Assemblée Générale et déchira la résolution intrinsèquement antisémite assimilant le sionisme à une forme de racisme. Mais au cours des 15 dernières années, la capacité d’Israël à se dresser face à la discrimination de l’ONU s’est érodée. Cette érosion de la capacité d’Israël à reconnaître l’agressivité de l’ONU comme telle a été creusée à de nouvelles profondeurs sous le gouvernement Olmert. Loin de placer à l’ONU de côté, le Premier Ministre Ehud Olmert et la ministre des affaires étrangère Tzipi Livni ont adopté l’organisme hostile, et lui ont conféré le pouvoir de déterminer leur politique internationale sur les trois menaces les plus importantes pour la sécurité nationale d’Israël : le programme d’armes nucléaires de l’Iran ; la puissance du Hezbollah au Liban ; et le terrorisme palestinien et sa guerre politique contre l’Etat juif.


Depuis que le programme nucléaire de l’Iran a été dénoncé pour la première fois en 2002, Israël a soutenu les efforts des USA pour prendre en charge la menace à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU. A la lumière du soutien chinois et russe à l’Iran, cette politique n’a jamais eu aucun sens. Et pourtant, alors que l’Iran a encore progressé plus que jamais vers de installations nucléaires, depuis cinq ans, Israël a subordonné ses efforts pour empêcher la progression nucléaire de l’Iran à un organisme qui est institutionnellement incapable de faire quoi que ce soit pour empêcher l’Iran d’obtenir la bombe.


Pendant la guerre avec le Hezbollah en 2006, le conseil de Sécurité de l ONU a conduit la charge pour condamner Israël. Pourtant, plutôt que de laisser de côté l’organisme hostile, le gouvernement Olmert choisit de lui conférer encore plus de pouvoir. Le Conseil de Sécurité, qui tenait quotidiennement des sessions spéciales pour attaquer Israël et l’accuser de crimes de guerre, a été autorisé à poser les termes du cessez-le-feu. Et Israël adopta la résolution de cessez-le-feu qui permettait au Hezbollah de se réarmer et d’affirmer son contrôle non seulement sur le Sud Liban, mais au Nord de la rivière Litani.


Israël poussa aussi avec enthousiasme à l’expansion de la force de la FINUL au Sud Liban, sous le contrôle de laquelle le Hezbollah a été autorisé à réarmer, et Israël a été empêché de mener des actions militaires pour neutraliser la menace croissante contre son territoire.


Et enfin il y a les Palestiniens. Le jour où Israël fête le 60ème anniversaire de la résolution 181, l’ONU portera le deuil au cours d’une journée officielle de solidarité avec le peuple palestinien. De fait, l’ONU marquera l’anniversaire en adoptant une douzaine de résolutions condamnant Israël – la plupart rédigées par les mêmes pays que ceux ayant envoyé des représentants à Annapolis pour condamner Israël.


Comme avec l’Iran et le Hezbollah, de même avec les Palestiniens, le gouvernement Olmert a répondu à la radicalisation croissante de la société palestinienne par l’expansion de l’autorité de l’ONU sur le conflit. Cela n’est jamais plus apparent que dans la promotion par le gouvernement de l’UNWRA (Agence de l’ONU pour les Réfugiés Palestiniens).


Après que le Hamas ait remporté les élections palestiniennes en janvier 2006, Israël a appelé la communauté internationale à augmenter son soutien financier à l’UNWRA. Celle-ci, qui gère les camps de réfugiés palestiniens, a permis que ces camps soient utilisés comme des bases terroristes. Le seul objectif de l’UNWRA est de perpétuer la détresse des soi-disant réfugiés palestiniens et de leurs descendants, en les empêchant d’être réinstallés de façon permanente dans les pays où ils ont vécu pendant quatre générations. Et pourtant, le gouvernement est devenu l’une des avocats les plus fervents de ces agences.


Le gouvernement Olmert dénigre ses critiques qui soulignent que la conférence d’Annapolis est dommageable pour la sécurité nationale d’Israël comme opposée à la paix. Dans la même veine, il attaque les partisans d’Israël qui critiquent l’ONU pour sa stratégie politique anti-israélienne. Le 18 novembre, des experts juridiques internationaux, des législateurs américains et des diplomates israéliens en retraite se sont réunis à New York pour une conférence intitulée : « Piratage des droits de l’homme : la diabolisation d’Israël par les Nations Unies », parrainée par le‘Touro College’, ‘The Hudson Institute’ [l’un des plus anciens et prestigieux centres de réflexion stratégique aux USA], et l’Association Américaine des Avocats et Juristes Juifs. Le seul défenseur de l’ONU à ce conclave était l’ambassadeur adjoint à l’ONU Daniel Carmon.


Carmon minimisa l’effet du traitement discriminatoire d’Israël par l’ONU comme seulement déplaisant, et soutint l’utilité de l’ONU avec l’Iran, les Palestiniens et le Liban. Il réprimanda les défenseurs d’Israël pour s’attaquer à l’ONU, et fit en général tout son possible pour démoraliser l’auditoire.


Comme Esther Kandel, une militante juive qui a participé à un groupe de pression au congrès américain pour interrompre le financement de l’UNWRA, du fait de son soutien au terrorisme, l’a déclaré à la revue ‘Jewish Week’ : « Il n’est pas utile, quand nous travaillons à informer les membres du congrès sur la fraude et la malignité de l’UNWRA, d’avoir un représentant d’Israël qui dise que l’UNWRA est une bonne chose. Je me sens minée et coulée par le gouvernement d’Israël sur ce problème ».


Le problème auquel les partisans d’Israël sont confrontés pour s’opposer au gouvernement Olmert est le même que celui éprouvé par les Israéliens qui comprennent combien la politique étrangère du gouvernement est dangereuse et autodestructrice. Dans les deux cas, ces mêmes officiels aveugles qui croient qu’ils ont accompli quelque chose de grand quand des Etats arabes et islamiques ont accepté de siéger à la même table que les Israéliens, mais en condamnant en face à face l’Etat juif : ces officiels qui considèrent une résolution légale insignifiante et faillie comme un grand succès diplomatique, dictent la loi.


Jusqu’à ce qu’Israël ait des dirigeants qui mènent une politique étrangère fondée sur la reconnaissance de la réalité et la célébration des réalisations du
Peuple juif pour bâtir un Etat sûr, les partisans d’Israël continueront d’être déconcertés par le gouvernement israélien, et le peuple israélien d’être agressé et humilié.


JWR contributor Caroline B. Glick is the senior Middle East Fellow at the Center for Security Policy in Washington, DC and the deputy managing editor of The Jerusalem Post.

 

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