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jeudi, 27 décembre 2007

ATOME IRANIEN

"Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde" (Albert Camus)     Atome iranien : la très dangereuse escalade de Poutine (info # 012612/7) [Analyse] Par Jean Tsadik © Metula News Agency   Le ciel du Moyen-Orient s’est assombri d’un seul coup, ce mercredi, lorsque l’agence de presse officielle de la République Islamique d’Iran, Fars, a annoncé que la Russie s’apprêtait à livrer au régime du président Ahmadinejad son système de missiles antiaériens S-300.   Cette décision, d’une portée stratégique absolument considérable, est la conséquence directe de la réussite du raid aérien israélien contre des cibles situées en Syrie, dans la nuit du 5 au 6 septembre dernier.   La Ména avait largement analysé cet incident, concluant que le ciel syrien était désormais ouvert aux raids des appareils du He’l Avir (IAF), et, sur une portée autrement plus significative, que les installations nucléaires et de missiles balistiques iraniennes, protégées par des missiles de la même génération technologique russe, se trouvaient sans défense face à une hypothétique attaque américaine ou israélienne.   De Métula, nous annoncions que les ingénieurs russes avaient du pain sur la planche afin de trouver les failles électroniques que les Israéliens avaient exploitées dans le système Pantsyr, qui défendait les usines d’armement de destruction massive et de lancement de Scud construites par la dictature de Damas.   Ce soir, c’est la douche froide ! Les ayatollahs n’avaient visiblement pas le temps d’attendre les progrès des scientifiques russes, tandis que leurs réalisations dans le domaine nucléaire se trouvent à la merci d’une décision opérationnelle de Washington, de Jérusalem, et, peut-être, de l’Union Européenne.   Ce qui surprend, c’est la décision de Vladimir Poutine de faire bénéficier la république théocratique chiite du fleuron de sa technologie. Ce faisant, après avoir livré, il y a exactement neuf jours, le premier chargement de combustible nucléaire au réacteur de Bushehr, le président russe propulse à un degré critique, à la fois le risque de conflit entre l’Occident et Téhéran, et le niveau de destruction qu’engendrerait une telle confrontation.   Expliquons nous : le S-300 est un système de défense antiaérien à longue portée - en tous points remarquable -. Il s’agit d’une émulation d’un concept soviétique, développé à l’époque pour la défense contre-avions. Mais le S-300 qui va être livré à l’Iran est maintenant devenu un ensemble capable également d’intercepter des munitions tirées à partir des aéronefs, ainsi que des missiles de croisière et même des missiles balistiques.   Seule, à l’Ouest, la dernière version du Patriot américain possède, en théorie, des capacités similaires, mais nombre d’experts considèrent que la plus récente mouture du S-300 lui est supérieure. A noter que les Patriot à disposition de l’armée israélienne procèdent d’une version plus ancienne qui ne saurait soutenir la comparaison du dernier S-300.   On ne dispose pas de tous les renseignements concernant le système spécifique appelé à protéger les installations stratégiques iraniennes. Ce qui est certain, c’est que ces missiles, d’un poids environnant les 1500 kg, sont scellés, et qu’ainsi, ils ne nécessitent aucun entretien durant leur temps de vie. Ils sont embarqués à la verticale, prêts à être catapultés, sur des camions, ce qui réduit le temps de préparation au tir à moins de cinq minutes.   Les radars du S-300 sont capables de repérer des dizaines de cibles, simultanément, à 250 ou 300 kilomètres de distance, suivant la version promise aux ayatollahs, et peuvent – très probablement – engager jusqu’à 12 cibles par camion transporteur-lanceur. Ces derniers étant capables de lancer un missile toutes les 3 secondes.   Lien vers un petit film montrant des S-300 à l’entraînement [1]   Le radar de contrôle mobile – Flap Lid - est prévu pour gérer les tirs de 12 camions simultanément. Il peut diriger deux missile vers chaque cible se déplaçant à Mach 2.5 (deux fois et demi le mur du son) ou à Mach 8.5.   Dans sa version "chasseur de missiles", le S-300 est équipé du radar 64N6 BIG BIRD, destiné à repérer un missile balistique volant à 10 000 km/h, à une distance de 1000 kilomètres. Et un missile de croisière, à une distance d’au moins 300 kilomètres.   De nombreux pays, dont l’Algérie, la Chine, la Libye, la Syrie, Chypre, et même les USA (pour pratiquer à une évaluation du système) ont acquis des S-300 par le passé, et certains Etats les produisent même sous licence. Mais, que l’on ne s’y trompe pas, les capacités de ces anciens modèles ne sont en rien comparables à l’équipement qui va être livré à l’Iran.   L’augmentation du risque et de l’intensité d’un conflit avec l’Iran, que j’ai mentionnée préalablement, découle de la nécessité d’utiliser des armes de destruction massive, et non plus des bombardiers et des missiles classiques, pour être sûr de transpercer l’obstacle constitué par le S-300.   Si l’on prend au sérieux l’engagement du président US George W. Bush, d’empêcher les Iraniens de se doter de l’arme atomique, il va devoir considérer cette éventualité.   En fait, d’un point de vue tactique, et pour réduire les risques tout en détruisant l’industrie nucléaire et militaire perse, il faudrait intervenir sans tarder, avant que les S-300 ne deviennent opérationnels. Reste qu’avec le rapport soumis récemment par les agences de renseignement américaines, selon lesquelles l’Iran a stoppé son programme nucléaire, Bush a les mains liées. Dans les conditions instaurées par ce rapport public, une participation de l’US Air Force à un raid surprise est hautement improbable.   Cette situation, très inconfortable, suscitée par la décision de Vladimir Poutine, place assurément le gouvernement de Jérusalem devant un dilemme auquel il ne s’attendait pas : faute d’intervenir dans les semaines à venir, l’Etat hébreu perdra probablement la capacité de neutraliser, par des méthodes classiques, la menace perse.   Ajoutez à la migraine d’Ehoud Barak, que la Syrie a déjà fait savoir aux Russes qu’elle désirait également se procurer les mêmes S-300 que les ayatollahs, et vous obtiendrez une image à peu près fidèle du poids des décisions stratégiques que l’establishment israélien de la défense, et son chef, sont en train d’analyser.   Quant à nos amis de la CIA et consorts, ils pourraient peut-être se poser la question de savoir pourquoi Téhéran a décidé de débourser des milliards de dollars pour protéger les installations participant d’un programme nucléaire "gelé". Mais, en fin de cause, les questionnements en retard des "chouchous" américains ne présentent pas un très grand intérêt ; hors celui de relever que l’établissement et la diffusion publique de ce rapport politique inepte place les USA, Israël et le monde devant un péril dont la dimension augmente de jour en jour.   Le régime qui menace régulièrement d’anéantir Israël vient de commander à une superpuissance irresponsable, un bouclier qui peut lui permettre de confectionner sereinement des bombes atomiques ainsi que les véhicules pour les emporter. Une fois de plus, le peuple le plus menacé de la terre va devoir faire ses choix seul. A la différence près avec le passé, que, possédant un Etat et une technologie de pointe, Israël n’est pas privée de recours devant une menace d’extermination de ce genre et de cette ampleur.     Note :   [1] Pour visionner le film sans interruptions, appuyez sur la touche " (pause) des commandes du film, jusqu’à ce que la bande de chargement ait atteint l’extrémité droite. Ensuite appuyez sur > (play).    

Metula News Agency © 

03:40 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

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