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lundi, 25 février 2008

Les femmes et les enfants d’abord (info # 012502/8) [Analyse]

Les femmes et les enfants d’abord (info # 012502/8) [Analyse]

 

Par Sami El Soudi à Sdérot © Metula News Agency

 

 

 

Lundi de tous les dangers dans la bande de Gaza et dans le Néguev occidental, suite à la chaîne humaine que le Hamas est en train de préparer afin de protester contre la fermeture des points de passage israéliens. La manifestation est censée débuter sur le coup de 10h 30 (9h 30 à Paris. Ndr.) et se poursuivre durant la journée.

 

 

 

Selon les responsables du Mouvement de la Résistance Islamique (Hamas), il ne devrait pas y avoir de friction entre les militants palestiniens et les forces de sécurité israéliennes – police et armée – car le cortège de contestation est prévu sur la voie Saladin (Salah El Din). Or cette artère de communication, qui traverse la bande dans toute sa longueur, est globalement éloignée de la frontière israélienne. Ceci, hormis au nord, dans la région de Bet Hanoun et du poste d’Erez, et au sud, à proximité de Rafah.

 

 

 

Toujours d’après le gouvernement du califat islamique, la protestation ne serait pas de son fait mais de celui d’une organisation spontanée contre le boycott de Gaza. Revendication peu crédible, car depuis samedi, et ce lundi matin a fortiori, ce sont les radios et les télévisions, entièrement noyautées par le Hamas, qui appellent à "prendre d’assaut la frontière de l’occupant sioniste, comme on avait détruit le mur en béton de Rafah" (la frontière égyptienne).

 

 

 

Ce que les islamistes organisent, pour commencer, c’est une chaîne humaine de 40 000 civils, se tenant par la main, - femmes entre femmes, hommes entre eux –, à raison de mille personnes par kilomètre.

 

 

 

Bien entendu, à longueurs d’heures, les media audiovisuels retransmettent les discours enflammés des leaders du califat, qui accusent les Israéliens de la pénurie de nourriture, d’essence pour les voitures et de médicaments. Les malades meurent dans les hôpitaux, faute de recevoir les soins adéquats, à en croire Hanya et ses acolytes.

 

 

 

En fait, et pour leur plus grand malheur, les Israéliens n’ont jamais cessé de contrôler parfaitement l’approvisionnement de Gaza : ils assurent la fourniture de toutes les denrées de base et de tout le matériel nécessaire aux hôpitaux. De plus, l’électricité filaire, couvrant 75% des besoins de la bande, est fournie en plein. Elle est originaire de la centrale d’Ashkelon, qui, avec Sdérot, représente la cible préférentielle des Qassam intégristes. Quelqu’un a-t-il parlé de tentatives à répétition d’automutilation ?

 

 

 

De plus, Israël transfère suffisamment de gazole pour fabriquer localement 15% des besoins électriques supplémentaires, au lieu des 20% habituels. 5 à 6% de ces besoins étant couverts traditionnellement par les Egyptiens.

 

 

 

L’Etat hébreu pourvoit aussi à tout le diesel nécessaire pour alimenter les véhicules d’urgence – ambulance et pompiers -. En outre, et en dépit du blocus imposé, des dizaines de blessés graves et de malades franchissent chaque jour la frontière pour être soignés dans les cliniques israéliennes. Ce qui manque, c’est l’essence pour les voitures particulières et une partie des fourgonnettes des miliciens lanceurs de Qassam, ainsi que les produits de luxe, comme les cigarettes.

 

 

 

La volonté du gouvernement hiérosolomytain est parfaitement reproduite dans la réalité : on ne crève pas de faim à Gaza, ni d’autre chose, mais cela ne rigole pas. Ce n’est pas uniquement de la faute des sionistes, puisque les miliciens islamistes ont, depuis longtemps, rasé ou brûlé tous les débits de boissons alcoolisées – il y a danger de mort à se trouver dans la rue gazaouite une bouteille de bière à la main -, les cafés Internet, les bibliothèques prêtant des livres païens et les centres de sport, de billard et de réunion.

 

 

 

La télévision est réservée aux programmes austères, à l’enseignement du Coran et à la propagande contre les infidèles, les étrangers, Mahmoud Abbas et les Israéliens. En outre, le Hamas empêchant les ouvriers de Gaza de travailler en Israël, et le blocus, les paysans et les ateliers d’exporter leur production, la population vit sans le sous, presque exclusivement de l’aide en provenance… des pays étrangers et non-croyants.

 

 

 

Bref, la misère noire règne à Gaza, mais pas la famine, et les services indispensables à la population sont normalement assurés. Cela fait qu’une multitude de jeunes gens oisifs, privés d’objectifs personnels, persuadés que leur mal-être provient des mesures prises par les monstres juifs et leurs Pygmalions occidentaux, sont prêts à faire de grosses bêtises pour faire parler d’eux. Ils servent ainsi de matière première aux chefs du califat, très occupés, quant à eux, qui passent tout leur temps à chercher de nouveaux moyens de victimiser leurs administrés, de démoniser les Israéliens et d’affaiblir leur capacité mentale de résistance.     

 

 

 

De nombreux journalistes étrangers réalisent des entrevues de proximité à Gaza, encourageant les interviewés à établir des listes des privations qu’ils endurent, et les laissant accuser Israël de tous leurs maux. Ces journalistes, français en tête, évoluent dans la bande pour traiter exclusivement des conséquences de l’embargo, sans jamais se risquer à interroger leurs locuteurs quant à sa cause.

 

 

 

Il faudrait, pour que cela devienne du vrai journalisme, demander aux Gazaouis s’ils savent que les restrictions sont la conséquence directe des bombardements quotidiens de roquettes sur les civils israéliens, et qu’il suffirait que ces bombardements cessent pour que le blocus soit levé. Mais la presque totalité des reporters de passage à Gaza s’abstiennent de poser cette question, participant ainsi à l’effort de guerre psychologique voulu par les intégristes.

 

 

 

La tentative d’aujourd’hui du Hamas de "briser le blocus" est tactiquement intéressante. Au fil des heures, la manifestation risque de se focaliser le long de la frontière, et on pourrait voir des milliers de femmes et de jeunes tenter de passer en force en Israël. A Sdérot, où j’ai pris mes quartiers avec Ilan Tsadik, on craint que, dans l’après-midi, une foule de civils essaient de franchir le grillage. Il est vrai que si, dans le même temps, les miliciens lançaient trois ou quatre Qassam et ouvraient le feu à proximité de l’armée israélienne, on risquerait l’hécatombe.

 

 

 

C’est précisément ce qu’espèrent les chefs du califat : plus il y aura de morts arabes à la fin de cette journée et plus leur "victoire" serait grande. Au cas où on pourrait montrer les photos de centaines d’enfants et de femmes de Gaza tués par les forces de sécurité de l’"occupant", l’image d’Israël et sa justification à maintenir les sanctions en prendraient un sérieux coup sur la scène internationale. Il est vrai que, cible de la désinformation quotidienne par ses journalistes, la majeure partie de l’opinion publique des pays civilisés ignore totalement se qui se déroule véritablement dans notre région, c’est d’ailleurs pour compenser cette lacune que nous avons créé la Ména.

 

 

 

D’autre part, si, à l’instar de l’armée égyptienne, Tsahal se montrait incapable de contenir la foule sans recourir à un massacre, ou pire pour elle, si une quantité non négligeable de Gazaouis parvenait à passer en Israël, on parlerait alors d’une authentique victoire de la tactique intégriste. Une tactique qui, dès demain, deviendrait stratégie : si les Israéliens se montrent, en effet, incapables de gérer une poussée générée par un groupe important de civils arabes, on verrait, la semaine prochaine, 500 000 Gazaouis marcher sur le point de passage de Kerem Shalom, un million de Cisjordaniens sur Jérusalem, et tous les chiites du Liban sur Métula.

 

 

 

Israël joue donc gros et elle le sait, comme nous l’a précisé un colonel, ce matin, dans un café de Sdérot. C’est pourquoi elle a pris les devants, mobilisant des forces considérables, appelant 4 000 policiers à la rescousse, établissant des nids de mitrailleuses et même une batterie d’artillerie.

 

 

 

Notre tactique sera simple, explique le colonel Nathan, un barbu de moins de trente ans, elle se définit par paliers : "premièrement, nous espérons que le Hamas tiendra parole, et que ses policiers ne laisseront pas les manifestants quitter la route Salah El Din. Ensuite, "poursuit le gradé", s’ils s’approchent réellement de la frontière, nous tenterons de les repousser avec des armes non létales qui nous ont été fournies. Si, malgré cela, la progression se poursuit, ou si des coups de feu émanaient de la foule, nous essaierions de tirer dans les jambes des agresseurs".

 

 

 

L’officiel supérieur fait mine de s’arrêter de parler. Nous attendons un moment. Pas longtemps. "Et si cela ne suffit toujours pas ?", fait Ilan Tsadik, interrompant le silence. Nathan est gêné, il réfléchit, puis lâche : "nous tenterons par tous les moyens de ne pas en arriver là, sachant fort bien que l’ennemi espère une boucherie, mais si c’était néanmoins le cas, je peux vous assurer qu’aucun groupe significatif de militants intégristes ne franchira notre frontière". Puis, après un nouveau temps d’arrêt : "l’enjeu est bien trop important".

 

 

 

 

 

Metula News

 

Agency © 

 

11:06 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

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