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vendredi, 29 février 2008

Le monde de Sdérot: par Guy Senbel

 

 

 

 Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur Sdérot, petite ville israélienne située dans le Néguev occidental, non loin de Gaza, d’où furent évacués quelques milliers de Juifs qui y habitaient depuis trente ans. Depuis ce que l’on appelle pudiquement le désengagement de la bande de Gaza, au cours de l’été 2005, les tirs de roquettes Qassam sur la petite ville de Sdérot sont quotidiens, et ils font des victimes. Sdérot soigne ses blessés, et enterre ses morts. Dans le monde de Sdérot, Sdérot vit l’enfer. Qui le sait, et qui en parle ?

Les tirs de missiles sur Sdérot et la région du Néguev occidental sont la preuve du refus d’extrémistes palestiniens d’accepter l’existence d’Israël. Sdérot est le symbole de la difficulté de cohabiter avec des voisins encore très hostiles, qui ne veulent rien d’autre que la fin de l’Etat juif.

Telles sont les motivations des lanceurs de missiles. Détruire Israël, en commençant par une guerre d’usure sur Sdérot. Sur ce point, il n’y a pas de polémique possible. Cette semaine, des missiles ont aussi touché Ashqelon. Demain, ils frapperont Ashdod. Mais qui le sait, et qui en parle ?

Chaque jour, ces gens-là progressent dans leurs objectifs. Mercredi 27 février, l’un des trente missiles tirés sur Sdérot a tué un homme, Roni Yihia (Z’L). Agé de 47 ans, père de quatre enfants, Roni Yihia (Z’L) habitait le village de Bitkha, près d’Ofakim. Jeudi 28 février plus de quarante missiles ont été tirés sur Sdérot et ses environs.

Le monde de Sdérot est un monde entouré des Qassam lancés de Khan Younès, Djebalia, Shifa ou Guivala. A la mairie, une exposition permanente de missiles lancés sur la ville. Dans les rues, les traces d’explosion sont la mémoire immédiate du monde de Sdérot.

Parler du monde de Sdérot, plaider sa cause, c’est plaider contre une injustice. Il ne faudrait pas interpréter cette défense comme une adhésion idéologique à un nationalisme droitier, mais au contraire comme l’expression d’un combat pour une cause universelle, celle de vivre dans la paix et la sécurité.

Ils sont rares pourtant ceux qui abordent le sujet, sans doute parce que le monde de Sdérot trouble la représentation communément admise des conflits dans la région ; dans le monde de Sdérot, Israël n’est pas l’agresseur. Ils sont rares les courageux à dénoncer les tirs de Qassam, et à plaider la cause de Sdérot.

Avant son élection, et après, Nicolas Sarkozy a parlé de Sdérot, du Hamas, des Qassam, des morts, des blessés et des traumatisés. Il a rappelé qu’il serait intransigeant sur les questions relatives à la sécurité de l’Etat juif, il a dit qu’il ne serrerait pas la main de ceux qui veulent l’anéantissement d’Israël.

Les polémiques multiples qui concourent à orienter vers le bas la popularité du Président français occultent parfois des déclarations sincères. Fallait-il entretenir la controverse au sujet de l’enseignement de la Shoah aux enfants de dix ans et ne pas souligner par exemple son intérêt pour Sdérot ou sa condamnation des tirs de Qassam ? Nicolas Sarkozy a ouvert une nouvelle page dans l’histoire des relations franco-israéliennes. Bien d’autres initiatives encore sont à inscrire à son actif.

Plus que jamais, on lui reproche son style, ses mots crus, son désir de plaire, son allant. Nicolas Sarkozy incarne la République, mais il n’est pas une statue. Il avait promis qu’il ne décevrait pas, voilà que l’on traque chacun de ses actes. Les hommes politiques qui agissent doivent certainement s’habituer à l’idée qu’ils seront durablement impopulaires. Ne pas entreprendre, ou agir dans l’ombre, voilà qui entretient le mystère et nourrit l’aura des dirigeants. Les critiques à son endroit montrent peut-être aussi le refus du « public » de s’habituer à un nouveau type de comportement politique, moins mythique et plus spectaculaire sans doute.

Nicolas Sarkozy affirme chaque fois que l’occasion se présente son engagement et les « efforts de la France » pour la libération du soldat franco-israélien. Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, Eldad Reguev et Ehoud Goldwasser. Nous pensons à leurs familles, à leurs doutes et à leurs espoirs. Ce soir, nous pensons à la femme et aux quatre enfants de Roni Yihia (Z’L), tué dans le monde de Sdérot.


A la semaine prochaine,

Guy Senbel

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08:06 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

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