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jeudi, 20 mars 2008

Israël/ Tsunami diplomatique

 

http://michelgurfinkiel.com/articles/162-Isral-Tsunami-diplomatique.html



Que le plan Baker gouverne aujourd'hui la politique américaine au Proche et au Moyen-Orient, c'est une évidence.

PAR MICHEL GURFINKIEL.

La presse israélienne parle d'un "tsunami diplomatique". En l'espace de quelques jours, Jérusalem va en effet recevoir la chancelière allemande Angela Merkel, accompagnée de huit de ses ministres, le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, John McCain, le ministre russe des Affaires étrangères Serge Lavrov, le vice-président américain Dick Cheney et enfin, sous réserve de confirmation, le ministre britannique des Affaires étrangères David Milibrand. Tant de visites, à un tel niveau et en si peu de temps, cela ne s'était jamais vu. Mais comme on le sait, qui trop embrasse mal étreint.

La visite qui devrait susciter le moins de problème, c'est évidemment celle de John McCain. Le candidat républicain vient en Israël pour renforcer son image, déjà excellente, auprès des électeurs juifs américains,  et plus particulièrement pour séduire ceux qui ont toujours voté démocrate mais hésitent aujourd'hui devant une éventuelle candidature Barack Hussein Obama. Selon certains sondages, près de 40 % des Juifs américains seraient d'ores et déjà décidés à soutenir McCain, et 20 % de plus pourraient suivre.

La visite d'Etat d'Angela Merkel se déroulera également dans une atmosphère confiante. La chancelière sera invitée, honneur exceptionnel, à prononcer un discours devant la Knesseth. Elle le mérite : cette fille de l'ex-Allemagne de l'Est a mieux tiré la leçon de l'histoire que beaucoup de ses pairs de la ci-devant Allemagne de l'Ouest. Elle ne cesse de dire, à la différence de son ancien mentor au sein du parti chrétien démocrate,  Helmut Kohl, que la réconciliation israélo-allemande ou le temps qui passe ne diminuent ni la responsabilité de la nation allemande envers le peuple juif, ni son devoir moral de soutenir l'Etat d'Israël. Et à la différence de son prédécesseur social-démocrate à la Chancellerie, Helmut Schröder, elle évite de réprimander  Israël sans cesse, sans retenue, ou sans réflexion préalable à propos des « implantations » et autres localités de Judée et de Samarie.

Toutefois, on peut s'interroger sur la conférence internationale pour la paix au Proche-Orient que son gouvernement compte organiser au mois de juin prochain à Berlin. Destiné en principe à relancer les négociations israélo-palestiniennes dans le cadre de la « feuille de route », coprésidé par l'ancien premier ministre britannique Tony Blair, cet événement apparaît à certains observateurs comme une manœuvre dirigée contre la France de Nicolas Sarkozy, qui entretient des ambitions analogues. Il est à craindre qu'il ne soit, en dépit de la bonne volonté de Merkel, l'occasion de surenchères et de dérives diverses au détriment l'Etat juif et de sa sécurité.

Les visites des ministres russe et britannique des Affaires étrangères ne devraient pas revêtir de signification particulière, soit que les intéressés fassent la leçon à Jérusalem, soit qu'ils protestent de leur détermination à combattre le terrorisme, ou à s'opposer à une éventuelle menace iranienne. Dans les deux cas, les Israéliens connaissent la chanson et sont avertis de la duplicité de leurs interlocuteurs.

Reste Dick Cheney. Le vice-président des Etats-Unis a été depuis 2001 l'ami le plus vigilant d'Israël au sein de l'administration George W. Bush. Quel est le sens de son voyage actuel, qui doit le mener en Israël, mais aussi dans les Territoires palestiniens, en Arabie Saoudite, à Oman et en Turquie ? Agit-il au nom du seul président Bush, en vue de promouvoir une paix bénéficiable à tous à travers une alliance pro-américaine au Proche-Orient ? Ou a-t-il été contraint, pour des raisons de haute politique, d'endosser le plan James Baker, cette œuvre collective de l'aile anti-israélienne de l'administration rendue publique en novembre 2006, qui prône un compromis historique avec l'islam intégriste (dans ses variantes sunnite ou chiite) et une mise au pas définitive de l'Etat juif ?

Que le plan Baker gouverne aujourd'hui la politique américaine au Proche et au Moyen-Orient, c'est une évidence. Voici quelques mois, un rapport quasi-hallucinogène de la CIA, endossé dans une conférence de presse par un Bush au bord de la crise de nerfs, affirmait que l'Iran avait interrompu son effort nucléaire militaire dès 2003 (ce qui infirmererait toutes les déclarations officielles américaines, européennes, russes, ou même de l'Agence internationale de l'énergie atomique - AIEA - sur ce sujet dans les années 2003-2007). Et l'autre semaine, l président iranien Mahmoud Ahmadinejad en personne effectuait une visite d'Etat à Bagdad, à l'invitation d'un gouvernement irakien qui n'existe que par la présence militaire américaine dans ce pays.

Mais sur le terrain, infernale surprise, les Etats-Unis ont gagné la guerre. En Afghanistan, ils ont écrasé en 2007 l'offensive générale par laquelle les talibans voulaient reconquérir le pays. En Irak, un général d'exception,  David Petraeus, a pacifié 90 % du territoire. En d'autres termes, pactiser avec l'ennemi ne sert à rien. D'où la nécessité de redoubler de pressions sur ces Israéliens et ces Juifs que Baker, dès 1992, se proposait textuellement de « niquer » (en américain : « Fuck the Jews »).

Il serait triste que Cheney en soit réduit aujourd'hui à soutenir le contraire même de sa propre politique. Et qu'Israël n'ait pas la force de patienter, face aux Etats-Unis, un peu plus de huit mois. Jusqu'à la présidentielle de novembre 2008.

© Michel Gurfinkiel, 2008

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07:54 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

c'est à vomir de constater à quel point les gouvernements ne se soucient que de leurs images et du nombre de voies que ca rapporte, le tout sur le malheur des gens, surtout les USA et Israel, mais l'allemagne et la France essaient de prendre exemple, dégoutant.

Écrit par : kiss | jeudi, 20 mars 2008

fuck israel

Écrit par : gilles | jeudi, 27 mars 2008

Les commentaires sont fermés.

 
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