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lundi, 24 mars 2008

L’Irak, les Palestiniens et le débat politique

Caroline Glick , JERUSALEM POST                                           20 mars 2008

 


http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1205420743238&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

 


Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

 

 

La visite du Vice Président des USA Richard Cheney en Irak pour le cinquième anniversaire de l’opération « Liberté en Irak » a reçu une maigre couverture dans les media. Pourtant, elle pourrait être considérée dans l’histoire comme un moment clé dans la transformation de l’Irak de l’après Saddam en un phare de la démocratie et de la liberté dans le monde arabe.

 


Quelques heures après le départ de Cheney, le conseil de la présidence irakienne a annoncé qu’il avait approuvé la loi des élections provinciales du Parlement irakien. Cette loi longtemps attendue facilitera le développement de l’Irak en un Etat fédéral, et cimentera ainsi le progrès politique issu du peuple : il a permis de grands pas en avant l’an dernier grâce à la campagne révisée des USA dite de « contre insurrection » ou « montée en puissance ».

 


Cinq ans après l’invasion de l’Irak, alors qu’une majorité d’Américains sont convaincus que cette décision était mauvaise, il est bon de rappeler que la décision d’aller en guerre en Irak fut extrêmement populaire. En Mars 2003, 72 % des Américains soutenaient la décision de Bush d’envahir le pays et de renverser le régime de Saddam Hussein. De plus, le soutien public à une action militaire contre l’Irak n’a pas été un phénomène éphémère ou simplement fonction d’un bellicisme suivant le 11 septembre 2001. 

 


Depuis l’Opération  “Tempête du désert” en 1991, les Américains percevaient dans leur majorité l’Irak comme un pays hostile, et Saddam Hussein était spécialement considéré, à juste titre, comme un ennemi des USA. Pendant les années 1990, il existait un soutien bipartisan [Démocrate et Républicain, Ndt] pour un changement du régime en Irak, et de fait, ce changement de régime était la politique déclarée de l’administration Clinton. Le président Bill Clinton lui-même était prêt à aller en guerre contre l’Irak en 1998, quand Saddam suspendit les inspections d’armes par l’ONU dans le pays. 

 


En même temps, le soutien à une action militaire pour faire avancer un changement de régime en Irak a toujours été controversé. Même après les attaques du 11 septembre, et dans la précession de l’invasion de l’Irak dirigée par les USA, le débat public battait son plein. Les opposants à cette stratégie, à cheval sur la division bipartisane, critiquaient franchement la décision, même quand le soutien public à l’invasion était majoritaire.

 


Après que l’insurrection irakienne ait commencé à pleine puissance en 2004, la teneur du débat public sur la campagne d’Irak devint stridente, et en grande partie sans liaison avec les questions politiques soulevées par l’insurrection. Plutôt que de discuter comment améliorer la situation dans le pays, les opposants à la guerre consacrèrent leur énergie à diaboliser Bush et les partisans de la guerre, à l’intérieur et en dehors de l’administration. Le débat qui s’ensuivit n’était pas lié à qui il fallait vaincre, mais plutôt à qui l’on devait reprocher le chaos croissant où s’enfonçait l’Irak.

 

Le débat progressa de cette manière pendant trois longues années au cours desquelles les opposants à la guerre diabolisèrent le président George W. Bush et ses partisans, et pendant trois ans, ceux en faveur de la guerre cherchèrent à minimiser l’importance de l’insurrection dans l’espoir qu’en déniant sa force, ils pourraient en quelque sorte faire qu’elle n’existait pas.

 


La stratégie militaire qu’ils choisirent pour s’opposer à l’insurrection était fondée sur leurs propres dénégations de sa puissance. Les forces des USA étaient stationnées dans de grandes bases en dehors des centres de population, et ne faisaient connaître leur présence que lorsqu’ils partaient sur des opérations spécifiques fondées sur des renseignements précis. L’espoir était qu’avec une « faible empreinte », personne ne remarquerait qu’ils étaient là et qu’on les laisserait tranquilles. Bien sûr, la conséquence de cette stratégie était que les USA cédaient surtout des quartiers de villages et de villes irakiens aux insurgés, et les forces militaires irakiennes qu’ils entraînaient n’avaient aucune raison de les prendre au sérieux.

 


Comme Bush l’a remarqué dans son discours pour le cinquième anniversaire de l’opération “Liberté en Irak”, la décision de changer la stratégie des USA en Irak est née du désespoir. Fin de 2006, avec la victoire Démocrate au Congrès, il n’était tout simplement plus possible de cacher le fait que les USA cédaient le pays aux jihadistes.

 


Selon ses termes : « il y a un peu plus d’un an, le combat en Irak était hésitant. Des éléments extrémistes réussissaient par leurs efforts à faire plonger l’Irak dans le chaos. Ils avaient établi des abris sûrs dans de nombreuses parties du pays. Ils créaient des divisions parmi les Irakiens suivant des séparations sectaires. Et leur stratégie d’utilisation de la violence en Irak pour provoquer des divisions en Amérique fonctionnait – comme les pressions montées à Washington pour un retrait avant que le travail ne fût achevé ».

 


Pour Bush alors, la décision de parier pour la montée en puissance a été la conséquence d’une vraie crainte de ce que sa décision la plus importante comme Président ne parte en fumée. Pour les partisans de la guerre, la nécessité de la montée en puissance – qui adoptait une doctrine classique de contre insurrection en faisant sortir les forces des USA hors des grandes bases, et dans les centres de population, pour se gagner la confiance du public et le mobiliser pour aider à débusquer les insurgés – était dictée par leur besoin de maintenir leur propre crédibilité. Comme Bush, ils avaient mis en jeu leur propre réputation sur la guerre en Irak. Ils comprenaient que le déni n’était plus une option. Pour maintenir leur crédibilité, les USA devaient vraiment s’engager dans un long et difficile effort. 

 


Le général David Petreaus, qui commande les forces de la  coalition en Irak, a souvent prévenu que le succès militaire n’est pas une stratégie à long terme pour stabiliser le pays. Sans prêter à discussion, le fait que sans succès militaire, qui jusqu’à présent a permis à quelques 62 % des Irakiens de dire qu’ils considèrent comme bonne leur situation sécuritaire, il n’y aurait aucun moyen pour l’Irak de se stabiliser politiquement.

 


Le fait que le peuple irakien aujourd’hui se sente optimiste sur l’avenir du pays est une conséquence de la nouvelle stratégie de montée en puissance des USA. La raison pour laquelle les Irakiens veulent faire les choix difficiles nécessaires à faciliter la stabilité politique à long terme de l’Irak, et la libéralisation d’un Etat multiethnique, c’est qu’aujourd’hui ils croient que les USA ne les abandonneront pas aux caprices de leurs voisins en Iran, en Turquie, et en Arabie saoudite, et aux milices shiites et aux cellules d’al Qaïda en Irak.

 


Les courants positifs observés aujourd’hui en Irak sont à tout le moins apparents s’ils sont observés en comparaison avec la situation au sein de l’Autorité palestinienne.

 


Alors que le soutien des Irakiens aux attaques contre les forces des USA a constamment décliné au cours de l’an passé, à l’AP, le soutien aux attaques contre des Israéliens se situe à un maximum dans le temps. De même, alors que le soutien shiite aux milices shiites est descendu de 36 % au printemps dernier à 22 % aujourd’hui, et le soutien parmi les sunnites pour les « groupes de vigilance » anti-al Qaïda se maintient à 73 %, le soutien pour les terroristes chez les Palestiniens est constamment croissant : 84 % de soutien des Palestiniens pour le massacre  ce mois-ci d’étudiants d’une yeshiva à Jérusalem ; 64 % des Palestiniens soutiennent la campagne de tirs de missiles contre le Sud d’Israël

 


En Irak, le Conseil de la présidence a été contraint par le USA d’accepter la loi d’élection provinciale pour stabiliser le pays. La loi est le résultat d’une initiative populaire des irakiens eux-mêmes. A l’opposé, dans la société palestinienne, les dirigeants luttent pour le soutien public en accroissant leur radicalisme. Le chef du Fatah et président de l’AP, Mahmoud Abbas tente aujourd’hui de gagner le soutien publique en adoptant une politique ouvertement hostile à Israël, et fondée sur le rejet de la coexistence pacifique entre Israël et un futur Etat palestinien.

 


Cette semaine, le Jerusalem Post a rapporté qu’Abbas a approuvé un plan pour appeler les soi-disant réfugiés palestiniens à assiéger les frontières d’Israël avec le Liban, Gaza, la Syrie et la Jordanie le jour du 60ème anniversaire d’Israël en mai. Le plan appelle aussi les Américains, les Européens et les Canadiens d’ascendance palestinienne, à converger sur Israël par air et par mer ce jour-là, pour tenter d’obliger Israël à accepter dans le pays des millions d’Arabes nés à l’étranger.

 


Ce plan montre clairement qu’en ce qui concerne les fins de partie, Abbas voit un futur sans Israël, qui comporte peu de différence avec le but stratégique du Hamas de détruire l’Etat juif. Sans surprise donc, Abbas et ses associés du Fatah intensifient leurs efforts pour réinstaller un gouvernement Fatah - Hamas à travers la Judée, la Samarie et Gaza, avant le sommet de la Ligue Arabe en Syrie, programmé le 29 mars.

 


Au milieu de tout cela, le Congrès des USA, contrôlé par le Parti Démocrate, a approuvé une demande de l’administration Bush de transfert de 150 millions de $ au trésor de l’AP. Cette décision est un reflet du soutien bipartisan dont bénéficient les efforts de l’administration Bush pour superviser les négociations entre le gouvernement Olmert-Livni-Barak et Abbas en vue de l’établissement d’un Etat palestinien en Judée, Samarie, Gaza et à Jérusalem d’ici la fin de l’année.

 


La racine de la grande disparité entre la volonté de Bush de parier sur la montée en puissance pour empêcher un échec en Irak, et son absence de volonté de modifier le cours de sa politique envers les Palestiniens, alors qu’il est clair que sa stratégie d’établissement d’un Etat palestinien renforce uniquement les jihadistes, se trouve dans l’absence d’un débat public à Washington sur la faisabilité de la stratégie palestinienne des USA. Le fait qu’au cours des quinze dernières années, depuis que les USA ont d’abord adopté l’OLP comme partenaire de paix pour Israël, il n’y ait eu aucun débat politique significatif aux USA concernant la pertinence d’une stratégie de compromission avec les Palestiniens, en faisant pression sur Israël pour ne pas se défendre contre des attaques, et conférer du pouvoir aux Palestiniens avec une assistance financière et une formation militaire.

 


Bien sûr, il en est de même pour Israël. On ne sait pas si les Américains ont empêché les dirigeants israéliens d’accepter que le modèle à deux Etats soit un modèle défaillant, ou si les dirigeants israéliens ont convaincu les Américains de rejeter l’échec du modèle. Il est probable que tous ont contribué à la politique actuelle de paralysie à Jérusalem, de même qu’à Washington.

 


Ce qui est clair, c’est qu’en l’absence d’un tel débat, à l’opposé de la situation en Irak, aucun bloc significatif de décideurs politiques ou de politiciens à Washington ne ressent qu’il puisse exister un risque d’échec de cette stratégie politique. Par conséquent, année après année, les USA promeuvent une politique qui n’a aucune chance de succès. Et année après année, alors que les Palestiniens deviennent de plus en plus partisans du jihad, les officiels de l’administration rendent de plus en plus absurdes des déclarations sur le besoin de leur conférer davantage de pouvoir. Ainsi, c’est cette semaine que l’ambassadeur des USA Richard Jones a déclaré au ‘Post’  que les Juifs n’auront qu’à quitter Jérusalem parce que les Américains s’opposent à la construction de quartiers juifs au-delà des lignes de l’armistice de 1949 dans la ville, et les jeunes familles ne peuvent accéder à un logement de plus en plus coûteux dans la ville.

 


La tentative de progrès de la démocratie en Irak est la conséquence d’un débat démocratique et engagé en Amérique qui a obligé le peuple à prendre des décisions, et l’administration à se confronter à la réalité.

 


De même, c’est du fait de l’absence d’un tel débat sur l’échec des tentatives de compromission des USA avec les Palestiniens que les forces du terrorisme et de la tyrannie sont en progression à Ramallah et à Gaza, alors qu’Israël débat stupidement sur la question de savoir si les résidents du Sud devront encore vivre sous des attaques quotidiennes de missiles dans leur salons et leurs jardins d’enfants, et de massacres dans leurs écoles, ou si l’on peut faire quelque chose de durable à ce sujet.

 

12:32 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

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