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mercredi, 28 mai 2008

URGENCE HUMANITAIRE : LA SOLUTION DES "casques rouges" à l'ONU

______________________________ nicole guedj ______________________________
Ancienne Secrétaire d’Etat aux droits des victimes et présidente de la fondation Casques rouges

Banda Aceh, 26 décembre 2004 : le Tsunami en Asie du Sud-est a entraîné la mort de 280 000 personnes et la disparition de plus de 130 000 individus. Privées de vivres et d’eau potable, les populations vivaient dans des conditions sanitaires des plus déplorables. Le territoire, resté pendant des semaines dépourvu d’électricité et de moyens de communication, s’est retrouvé isolé. Pourtant, grâce à la diffusion en boucle, d’images du désastre sur l’ensemble des chaînes de télévision, l’opinion publique internationale s’est largement impliquée pour venir en aide aux victimes. Campagne de levée de fonds sur les écrans du monde entier, SMS militants, dons en ligne, l’utilisation des nouvelles technologies a permis de sensibiliser chaque citoyen, à la nécessité de se mobiliser en faveur de l’action humanitaire. Grâce aux 13 milliards de dollars récoltés, les acteurs de la crise ont pu acheminer leur matériel de première urgence et procéder à la reconstruction du pays dévasté par la catastrophe.

Cette prise de conscience collective a marqué un tournant dans l’histoire de la solidarité entre les peuples. Depuis, chaque membre de la communauté internationale a à cœur d’assumer la « responsabilité de protéger », principe reconnu un an après par les Nations-Unies. Et pendant le Tsunami, les ONG et les Etats se sont efforcés d’honorer cette responsabilité envoyant tous azimuts des milliers d’hommes et des tonnes de matériels pour assister, tant bien que mal, les populations sinistrées. Malgré la bonne volonté générale, le manque d’organisation et de coordination des secours a empêché d’atteindre les objectifs d’efficacité exigés.

Face à ce bilan, seule une « force internationale humanitaire de réaction rapide », gérée par l’ONU, et permettant de mutualiser les ressources humaines et matérielles de chaque organisation, aurait permis de réagir, dans l’urgence, à l’ampleur d’une telle crise. Si l’on est en mesure d’envoyer des centaines de soldats et une logistique de taille, en quelques semaines, pour maintenir la paix sur une zone de guerre, c’est également à l’échelle des Nations-Unies qu’il faut penser l’organisation des secours aux victimes de catastrophes naturelles. C’est pourquoi, Secrétaire d’Etat aux droits des victimes en 2004, j’ai proposé la création de « Casques Rouges », « frères humanitaires » des Casques bleus. Ce projet a été soutenu par la France et accepté, alors, par le Secrétaire Général de l’ONU.

Dotée d’un Etat Major renforcé, il s’agirait pour cette force d’analyser en continu les risques potentiels de catastrophes et de pré-identifier les moyens humains et logistiques existants sur chaque continent, pour être capable d’intervenir dans l’urgence. Envoyés dans les premières 24 heures d’une crise, les « Casques Rouges » auraient pour mission de faire un état des lieux de la situation, pour ensuite solliciter l’aide internationale nécessaire à la prise en charge des victimes. Une fois déployée, celle-ci serait coordonnée par des spécialistes de l’action humanitaire. Regroupés sous une seule et même bannière, des pompiers, médecins, logisticiens, ingénieurs, géologues, professionnels de la sécurité…, ayant une parfaite connaissance du terrain, s’attacheraient à organiser précisément l’action des équipes de secours, pour optimiser l’investissement de chacun. Et pour faciliter le travail des ONG mobilisées, les « Casques Rouges » leur mettraient à disposition une flotte logistique, déjà pré-positionnée à proximité. Ainsi, nous pourrions compter sur des hélicoptères, des hôpitaux mobiles, des conteneurs de télécommunications, des outils de traitement de l’eau, toujours pour répondre efficacement aux exigences d’une catastrophe. Au final, il s’agirait de proposer à la grande famille des humanitaires, d’unir ses forces et ses moyens autour d’un unique organe international, habilité à opérer dans n’importe quelle région du monde.

Rangoun, 3 mai 2008 : Selon la junte birmane, le cyclone Nargis aurait fait plus de 130 000 morts et disparus. Les Nations Unies, quant à elles, parlent de 1,5 million de sinistrés. Et ces chiffres sont certainement encore sous-estimés. En moins de quelques heures, les principales infrastructures des régions de l’Irrawaddy et de l’ancienne capitale ont été détruites. Alors que l’ONU tente de négocier l’entrée de ses équipes dans un pays réfractaire à l’apport de toutes aides étrangères, que les ONG essaient d’acheminer des bâches, de l’eau, des tentes et de la nourriture, pour secourir la population, laissée pour l’heure à l’abandon, les « Casques Rouges » se seraient justement attachés, au préalable, à prévoir l’organisation d’une opération de secours en Myanmar.

Et c’est justement sur cette question cruciale que se porte aujourd’hui l’attention du monde entier. Alors que chaque jour, le nombre de morts ne cesse de croître, la junte birmane au pouvoir s’offre le luxe de n’accepter qu’au compte-gouttes, l’aide internationale. Pour les Etats-Unis, ce sera un avion de vivres et 250 000 dollars, pour la France, seulement 200 000 euro, par contre pour la Chine, l’Inde, la Thaïlande, le Bangladesh et Singapour, quelques dizaines d’hommes seront autorisés à pénétrer sur le royaume birman. Et qu’en est-il pour les Nations-Unies, censés représenter 192 pays et porter ainsi d’une seule voix, la volonté de la communauté internationale de venir en aide aux populations dévastées ? Ce ne sera que cinq jours après l’avènement de Nargis, que l’ONU réussira à faire parvenir en Birmanie de la nourriture et du matériel de secours. Alors qu’un deuxième cyclone menace la région, les équipes, elles, sont encore pour la plupart en attente de visas. Si nous pouvions imaginer que les dictateurs birmans s’opposeraient farouchement à l’intervention de tel ou tel pays à l’intérieur de leurs frontières, nous aurions pu croire, en revanche, que l’entrée des Nations-Unies aurait été largement plus simple, de par sa position de neutralité. Mais encore une fois, la réalité a démontré le contraire car en matière d’action humanitaire, la représentation onusienne reste très disparate, et il existe presque autant d’interlocuteurs au sein de cette institution que nous pouvons trouver de pays, prêts à aider la Birmanie.

Il est donc temps de créer un unique organe de gestion de l’aide humanitaire, qui serait le premier point d’entrée des gouvernements en difficulté, après le déclenchement d’une catastrophe naturelle. Ainsi, cette structure, reconnue par tous, aurait la légitimité de réagir sur tous les théâtres de crise, puis d’emporter derrière elle, les forces et les moyens nécessaires à leur bonne résolution. Pour les pays en crise, cela représenterait un certain gage de confiance car la responsabilité serait portée par une seule entité, s’engageant à respecter un cadre de coopération fixé préalablement. Et pour les pays solidaires, il serait bien plus aisé de répondre précisément à des besoins évalués par l’ONU, puis d’intervenir conjointement sous la direction d’un Etat-major international, plutôt que d’entrer dans des négociations insensées, soumis à des enjeux politiques et diplomatiques, pour porter naturellement assistance à personne en danger.

Aujourd’hui, la machine de l’ONU dispose de Casques Bleus pour réagir aux conflits armés, d’un Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (UNHCR), d’une agence dédiée à la santé, d’une autre aux enfants… Jurons que l’acharnement de la nature déchainée forcera les hommes à créer, demain, des « Casques Rouges » dédiés à la prise en charge spécifique des catastrophes naturelles majeures.

Sichuan, 12 mai 2008 : un tremblement de terre d’une magnitude de 7,9 sur l’échelle de Richter a provoqué 50 000 morts et 40 000 disparus…

 

Réagissez à ce article à l’adresse suivante :

http://www.lemeilleurdesmondes.org/A_chaud_Nicole_Guedj_P...

 

Plus d’informations : www.casques-rouges.org

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lundi, 26 mai 2008

Sarkozy : La France ne négociera pas avec le Hamas .A l’occasion du 60e anniversaire de l’Etat d’Israël, un grand rassemblement pour la paix a eu lieu dans les jardins du Trocadéro à Paris.

Sarkozy : La France ne négociera pas avec le Hamas
26/05/08
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- - Thème: France/Israël


 

 

A l’occasion du 60e anniversaire de l’Etat d’Israël, un grand rassemblement pour la paix a eu lieu dans les jardins du Trocadéro à Paris. Accompagné de la ministre israélienne des Affaires étrangères qu’il avait reçu un peu plus tôt, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a souhaité témoigner de son amitié envers Israël aux 20 000 personnes présentes.
« Partageons le bonheur de voir l'amitié retrouvée entre nos deux pays », a déclaré Tsipi Livni, qui a salué "le président Sarkozy, qui représente avec tant de courage les valeurs du monde libre".
En l'absence de Bernard Kouchner, c'est Rama Yade, la secrétaire d'État aux Droits de l'homme, qui a prononcé un discours sur l'amitié franco-israélienne, rappelant la position de la France sur le droit d'Israël à vivre «dans la paix et la sécurité», et le droit des Palestiniens à un État souverain. Juste avant, Bertrand Delanoë a longuement salué l'amitié franco-israélienne, annonçant même la création d'une place Ben-Gourion, le fondateur d'Israël, et Theodor-Herzl, le théoricien du sionisme.
De son côté, le président du CRIF a parlé d’un « événement majeur pour nous, communauté juive de France qui, même et surtout dans les moments difficiles, vibre à l'unisson de l'Etat d'Israël. »
Nicolas Sarkozy doit effectuer une visite officielle en Israël le 22 juin prochain. Dans son entretien avec Tsipi Livni, Nicolas Sarkozy a assuré son interlocutrice que la France n’aurait pas de contact avec le Hamas, estimant que « la rencontre entre l'émissaire français et les représentants du Hamas était une erreur ». « La France ne négociera pas avec le Hamas », a-t-il affirmé.
Nous publions ci-contre l’intégralité du discours de Richard Prasquier, prononcé lors de cette grande soirée : http://www.crif.org/uploads/articles/fichiers/discours_RC_mai2008.pdf

 

 
Dans le même dossier   
 
Lectures
La force de Machal : témoignages des volontaires étrangers de la guerre d’indépendance
 
Revue de presse
Les soixante ans d’Israël
 
Parcours de vie

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vendredi, 23 mai 2008

Le grand rabbin Sitruk: «Pour un retour sans conditions préalables du Consistoire Central au sein du CRIF»

23/05/08
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- - Thème: Religion

 

 

 

L’élection du Grand rabbin de France aura lieu, on le sait, le 22 juin prochain. C’est un moment très attendu pour la communauté juive comme pour la communauté nationale. Une fois n’est pas coutume, le CRIF et les Amis du CRIF, par le biais de leurs « Grands rendez-vous », ont demandé aux deux candidats, Joseph Sitruk et Gilles Bernheim, de venir exposer leurs programmes et de répondre aux questions de dirigeants communautaires.
La première de ces deux importantes réunions a eu lieu le jeudi 22 mai au Centre Rachi où le CRIF recevait l’actuel Grand rabbin de France, candidat à sa propre réélection. Le Grand rabbin de la synagogue de la Victoire s’exprimera, lui, le jeudi 5 juin au Centre Communautaire de Paris.
Accueilli par le président du CRIF, Richard Prasquier, par ailleurs, président de l’association des amis du CRIF, Jean-Pierre Allali, Meyer Habib, Nathalie Cohen-Beizermann, Raoul Ghozlan, membres du Bureau Exécutif, et par Haïm Musicant, directeur général du CRIF, le Grand rabbin Sitruk a voulu, d’entrée de jeu, affirmer qu’il ne pratiquerait pas la langue de bois. Revenant sur le dramatique accident vasculaire auquel il a été confronté il y a quelques années, il a expliqué que le prénom Haïm qu’il a ajouté à Yossef au sortir de cette épreuve, lui a été suggéré par le célèbre kabbaliste Yitzhak Kadouri, décédé depuis en janvier dernier. « Yossef Haïm » se traduit littéralement par « Il ajoute la vie », une expression pour le moins symbolique. Le Grand rabbin, qui reconnaît sa dette à l’égard de sa communauté et qui poursuit sa rééducation, considère qu’il n’a pas encore achevé sa mission. Cela ne n’empêche pas de penser à sa succession. Dans cet esprit, il compte mettre en place un Collège rabbinique dans lequel, tout naturellement, ce successeur sera choisi. Pour l’heure, dans la continuité de ce qu’il estime avoir déjà accompli, le Grand rabbin voudrait « consolider et innover ». Un slogan a été choisi : « Être Juif en France, demain » et trois défis devront être relevés : l’Unité, l’Ouverture, la Transmission. Pour cela, un outil : le PAC : Plan d’Action Communautaire et une volonté, celle d’utiliser au mieux, dans les actions à mener, les nouvelles technologies d’information et de communication. Dans la pratique, le Grand rabbin a donné quelques exemples de lignes d’action : prendre en compte la réalité des enfants issus de couples mixtes, aller à la rencontre des petites communautés, notamment en organisant 1000 conférences annuelles à travers le pays, créer un sigle labellisé de cacheroute et, dans ce domaine sensible, se soucier du rapport « qualité-prix ».
Après une intervention liminaire, le Grand rabbin Sitruk a répondu sans détours aux questions de l’assistance. Au nom du CRIF, mais aussi de la Wizo et de l’association « Noa, osons-le dire » qui s’occupe de femmes victimes de violences conjugales, Nathalie Cohen-Beizerman, membre du Bureau Exécutif du CRIF et présidente de la Wizo a interrogé le Grand rabbin sur le « guet », que des maris récalcitrants refusent souvent de donner, sur les enfants issus de mariages mixtes et sur une affaire récente de violence conjugale. Secrétaire général des Amis du CRIF, Joël Amar, a demandé des précisions sur le Collège rabbinique à venir, Jean-Yves Coronel, citant une Responsa du Vaad Poskim Halacha du Rabbinical Council of America, a demandé s’il fallait interdire en milieu juif, l’usage du tabac. Très intéressé, le Grand rabbin a promis d’étudier avec sérieux la question. Vice-président du CRIF, Meyer Habib a interrogé Joseph Sitruk sur l’éventualité d’une réintégration, sans conditions préalables, du Consistoire Central au sein du CRIF. Très encourageante, la réponse a été sans ambages : « Oui, si je suis élu ». Maurice Biederman, évoquant un pamphlet hostile au Grand rabbin Bernheim, a demandé si Joseph Sitruk est favorable au dialogue judéo-chrétien. Réponse positive là aussi. J.P. Amoyelle, analysant un récent sondage, s’est inquiété de la présence d’un tiers des enfants juifs dans des écoles catholiques. Une solution, pour le Grand rabbin, parmi d’autres : rendre l’école juive moins coûteuse. André Dehry a suggéré d’imposer aux élèves rabbins du Séminaire de préparer simultanément quelques unités de valeurs à la Sorbonne. Le Grand rabbin y est favorable. M. Ohana est revenu à la forte mobilisation du public français et du président Mitterrand en 1989 lors des événements de Carpentras, événements sur lesquels, Joseph Sitruk, déjà en poste à l’époque, a donné plusieurs précisions. Une soirée très réussie.
Photo : © 2008 Alain Azria

www.crif.org

 

 

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mercredi, 21 mai 2008

ADIEU, MR KATZ.PAR MICHEL GURFINKIEL

http://michelgurfinkiel.com/articles/168-Isral-Adieu,-Mr-Katz.html

ADIEU, MR KATZ


C'est l'un des fondateurs d'Israël. Et l'un de ses meilleurs géopoliticiens. Il vient de s'éteindre, à 93 ans.

PAR MICHEL GURFINKIEL

Shmuel Katz, homme politique, journaliste, historien, s'est éteint à Tel-Aviv le vendredi 9 mai. Au lendemain des festivités du soixantième anniversaire de l'Etat d'Israël. Ses amis et ses disciples voudront y voir un symbole.

Il avait quatre-vingt-treize ans. C'était l'un des derniers représentants d'une génération exceptionnelle : celle des fondateurs de l'Etat. Essayons de nous représenter ce que cela peut signifier. Les parents de Katz avaient fui la Lituanie, alors province russe, et ses pogromes, pour l'Afrique du Sud, alors dominion britannique, et donc terre de droit et de tolérance. Mais dans les années 1930, le racisme et l'antisémitisme montent dans ce pays comme dans le reste du monde : la ségrégation entre Blancs et Noirs s'alourdit, et les Juifs sont de moins en moins tenus pour des Blancs. En 1935, alors qu'Hitler a pris le pouvoir en Allemagne, une loi du parlement du Cap met pratiquement fin à toute immigration juive. L'extrême-droite blanche milite pour des mesures plus radicales : selon elle, les Juifs ayant acquis la nationalité sud-africaine devraient perdre le droit de vote, voire même être expulsés.

En droit international, il existe alors un ultime refuge : le Foyer national juif de Palestine, institué par la Société des Nations et administré par la Grande-Bretagne. Mais en fait, les Britanniques sont en train de trahir leurs obligations. Le Livre Blanc de 1939 fermera le Foyer national aux Juifs européens ou extra-européens, au moment même où fuir devient, pour eux, une question de vie ou de mort. Mieux : avec ce même Livre Blanc, les Britanniques, peuple d'élite, sûr de lui-même, dominateur, et pétri de bonne conscience – self-righteousness -, instaureront en Palestine une politique analogue à l'apartheid sud-africain : par décret du roi d'Angleterre, les Juifs n'auront plus le droit d'acheter des terres que dans 5 % de ce qui est, juridiquement, leur patrie.

Les dirigeants et militants sionistes sont horrifiés. Mais que faire ? La plupart d'entre eux ont trop conscience de leur faiblesse. Ils décident de protester contre la nouvelle politique britannique. Mais ils n'osent envisager une rébellion. Un seul leader sioniste passe outre : Vladimir Zeev Jabotinsky. Il fait remarquer qu'une telle insurrection serait conforme à l'esprit même de la civilisation anglo-saxonne, où il a toujours été légitime, depuis le XIIe siècle et jusqu'à la Révolution américaine, en passant par la République de Cromwell et la Glorieuse Révolution anglaise de 1688, de se révolter au nom du droit.

Katz rejoint Jabotinsky, dont il sera bientôt le secrétaire. Sa qualité de citoyen de l'Empire britannique lui permettant d'immigrer en Palestine, il fait partie, dans les années 1940, de l'état-major de l'Irgoun. Il échappe cependant aux services secrets britanniques. Sa ruse : il écrit pour le Daily Express, un quotidien conservateur, des articles au vitriol en faveur de la Résistance juive. Les policiers britanniques ne peuvent pas imaginer qu'un intellectuel fasse ce qu'il dise et participe concrètement à la cause qu'il défend de façon aussi explicite.

On connaît la suite. Israël accède à l'indépendance en  1948. La gauche y est au pouvoir jusqu'en 1977. Pour Katz et ses semblables, c'est la traversée du désert. Puis le Likoud, héritier de l'Irgoun, l'emporte. Katz travaille quelques mois pour Menahem Begin. Avant de se retirer pour se consacrer uniquement à la réflexion et à l'histoire. Nous avons été des centaines et des milliers à découvrir la géopolitique d'Israël dans ses livres, ses articles, ses conversations où le réalisme et la litote anglo-saxonnes se mélangeait miraculeusement aux valeurs juives.

Il avait gardé, jusqu'au bout, une entière vivacité d'esprit. Voici deux mois, il publiait son dernier livre, l'histoire de la famille Aaronsohn qui, pendant la Première Guerre mondiale, avait mis sur pied un réseau d'espionnage en faveur des Britanniques, le Nili, afin de hâter la fin de l'occupation turque en Eretz-Israël. Son œuvre majeure, Lone Wolf (Le loup solitaire), une biographie en deux volumes de Jabotinsky, était parue douze plus tôt, en 1996, quand il avait soixante-dix-huit ans.

© Michel Gurfinkiel, 2008


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mardi, 20 mai 2008

Primo et le Canari dans la mine.(Histoire d'une folle semaine)

Primo et le Canari dans la mine
(Histoire d'une folle semaine)

Février 2006, un meurtre particulièrement horrible vient bouleverser la société française : Ilan Halimi est enlevé, torturé et mis à mort.

Primo est particulièrement saisi par l’importance des témoignages durant cette période. Sous l’impulsion d’un membre de notre association, Yaël König, par ailleurs éditrice, nous écrivons un livre qu'elle édite (Editions Yago), le Canari dans la mine.

L’équipe Primo s’est mobilisée pour l’écriture du livre, sa vente et sa distribution. 11.000 euros ont pu être ainsi récoltés. La réponse des internautes a été magnifique et nous voulons vous en remercier.

Fidèle à nos exigences de transparence avec vous tous qui nous lisez, nous avions dès le début annoncé que les recettes de la vente du livre seraient affectées à une œuvre travaillant pour la paix et la réconciliation.


Léa Sangler, Joëlle Chemla, David König, Josiane Sberro, Liliane Messika,
François Zimeray, Maha, Jean-Pierre Chemla, Guila, Joe Toledano, Elie Roubah

Vous connaissez la suite. Sinon, vous pouvez la consulter ici.

Depuis, Primo n’a eu de cesse depuis de travailler à la venue de nos amies de l'Ecole Hattie Friedland, Gilah TATAR YITSHAK et Maha ABU KTESH. Après plusieurs mois d’effort, notre petite équipe a pu accueillir les deux directrices, toutes les deux israéliennes, l’une juive, l’autre arabe, pour une semaine de folie.

L’organisation d’une telle semaine dépassait de loin nos possibilités financières. Quelques amis nous ont aidés. Nous remercions Claude Baruch qui a financé une grande partie du voyage. Léa Sangler, artiste peintre, a trouvé la salle. D'autres amis nous ont aidés, soutenus. La mobilisation de tous les instants d'une toute petite équipe a vu la consécration de ses efforts et lui a permis de goûter à des moments d’une fraternité exceptionnelle.

Histoire d’une folle semaine

10 avril 2008 : dès vingt heures nous sommes à l'aéroport. Comme toujours pour les avions en provenance d'Israël, l'heure d’atterrissage est approximative. Au bout de trois heures, les premiers passagers accèdent à la sortie. Bouquets de fleurs en mains, nous guettons pour tenter d'apercevoir Guila et Maha sans les avoir jamais vues. Les questions se bousculent. Saurons-nous les reconnaître? Comment sont-elles? Qui sont-elles?

Les passagères attendues sont les deux directrices de l'école Hattie Friedland, de Jérusalem. Guila est juive. Maha est arabe. Elles sont les invitées de Primo et des Editions Yago. Elles viennent recevoir le « Prix Yago-Primo » pour le travail pédagogique et éducatif exemplaire de leur établissement.

Une longue préparation

Cette arrivée est pour l'équipe de Primo le couronnement de dix-huit mois de travail acharné. Trouver les fonds, monter des dossiers, trouver une salle, s'occuper des invitations, essayer d'intéresser des journalistes. Et chacun dans la petite équipe a pris sa part.

Il a fallu monter un dossier auprès des services de communication de l'Hôtel de Ville de Paris. En effet, la Mairie ayant accepté d’être partenaire de l’opération, Primo espérait présenter aux médias cette école pas comme les autres dans une salle officielle.

Mais de promesse en tergiversation, tous les organismes et politiques qui trouvaient « formidaaaable » notre initiative ont déclaré forfait. Qu’importe, l'opération a été montée et financée avec les maigres moyens dont nous disposions.

Mais il reste à payer l'hôtel, le séjour, les voyages de nos deux amies. France Israël Dijon leur organise une conférence en Bourgogne. Elles découvrent une province française ou des bénévoles les accueillent pour une journée magnifique à leurs yeux.

Le reste des dépenses sera en partie couvert par notre trésorerie. Car nous avons refusé d'amputer la somme récoltée par la vente du livre pour financer cette opération. C'était pour nous une simple question de dignité.

Un emploi du temps chargé

Dès leur arrivée, Guila et Maha, les deux directrices sont happées par un réseau de relations, resté absent et silencieux jusque-là. Elles courent d'invitation en réunion.

Trois temps forts de ce périple.

L'école Hattie Friedland dépend de l'Alliance Israélite Universelle, fondation internationalement reconnue pour son action culturelle dans les pays sous-développés.


Conférence à Dijon le 12 avril puis rencontre à l'AIU le 14 avril avec Eva Labi, Gilah YITSHAK, Maha ABU KTESH

Maha et Guila sont reçues dans l'une des écoles de l'AIU en région parisienne. Outre les élèves juifs de cette école, une classe d'un lycée professionnel de l'Education nationale, accompagnée d'une professeur franco-marocaine les accueille. La rencontre et le repas partagé vont bien plus loin qu’une simple réunion.

Au siège social de l'AIU, le staff se présente à nos invitées. Au cours de la visite de l'imposante bibliothèque, elles découvrent dans les archives les premières photos de leur école de Jérusalem. Une copie de cet émouvant dossier leur sera remis au départ.

Le soir même, pour clore cette journée bien remplie, M. Enten, directeur du cinéma l'Atalante à Maisons Laffitte nous ouvre ses portes. Annulant le film du jour, il nous permet de projeter celui d'Elie Roubah "N'est pas sourd celui qu'on croit" sur l'école Hattie Friedland, en présence d'un public nombreux.

Projection suivie d'un débat sans concession avec la salle. Jacques Myard, député-maire de la commune, présent ce soir là, repart enchanté, dit-il, de la qualité de la rencontre et de l'échange. Promesse est échangée entre Primo et lui de reprendre le dialogue à d’autres occasions.


Michel Enten, Elie Roubah, Jacques Myard, Guila, Josiane Sberro, Maha,
après la projection du film au cinéma L'Atalante, à Maisons Laffitte

La soirée Yago-Primo

Mardi est la grande journée de remise du prix. L'équipe de Primo s'active. Les postes sont répartis, notre infatigable secrétaire, Joëlle, veille au grain et amortit les chocs.


On met la dernière main au programme et on prépare le chèque
Liliane Messika, notre porte-parole, Pierre Lefebvre, Elie Roubah (de dos), Maha et Guila, Jean-Pierre Chemla

Dans les Salons du Cercle Républicain, la soirée commence par une immense bonne surprise: alors qu’on s’apprête à excuser l’absence de François Zimeray, en déplacement en Asie, l’ambassadeur de France pour les Droits de l'Homme vient prendre place parmi nous malgré les milliers de kilomètres parcourus le jour même.

Avec sa simplicité habituelle , il s'adresse à l'assistance :


François Zimeray, Ambassadeur pour les Droits de l'Homme

"C'est un privilège pour moi de participer à cette manifestation et je saisis l'occasion de le dire, car PRIMO depuis des années a mené des actions simplement justes, dans lesquelles je me suis reconnu. Dans les positions que j'ai prises ou que j'ai pu prendre, je n'ai jamais eu la sensation d'être pour un camp contre l'autre; et j'ai reconnu cette sensibilité dans votre association.

C'est suffisamment rare dans les moments passionnels que nous traversons pour mériter d'être reconnu. Plus on s'éloigne du cœur du conflit, plus ce conflit est passionnel. Ilan Halimi est mort ici, pas là-bas. Il y a ici des exacerbations qui ajoutent de l'huile sur le feu. Il faut encourager ceux qui maintiennent le fil du dialogue et se battre contre ceux qui veulent faire de ce conflit une ligne de front. Il y a deux aspects remarquables dans votre entreprise:

- L'Education, quand je vois ce qui se faisait et ce que vous avez mis en lumière!
- L'Enfance, la tolérance, vous ne pouviez mieux trouver que ces deux femmes pour remettre ce prix
"

Une belle ovation sanctionne sa fidélité à sa parole et sa modeste simplicité. Discours et paroles de paix se succèdent : Didier Bourg, président de la Fraternité musulmane contre l'antisémitisme, l'Amitié Judéo-noire avec Bernice Dubois qui représentait Nduwa Guershon, le Général Darmon.


Didier Bourg, président de la Fraternité Musulmane contre l'antisémitisme, Bernadette Capdevielle et François Zimeray au premier plan

Le chèque officiel d’une valeur de 11 000 € est remis aux directrices ainsi que plusieurs exemplaires d’un CD inédit : un dictionnaire de langue des signes interactif en plusieurs Langues des Signes européennes.

Eh oui, les langues des signes sont différentes dans chaque pays ! Il y a là de quoi équiper dix postes de travail au sein de l'école.

L'équipe de Primo n’a jamais pu jouir de quelques instants de joie et d'échanges, voire d'un simple dîner au restaurant avec ses invitées. Peu importe : notre équipe est heureuse d'avoir permis à nombre d'institutions et de structures de bénéficier de la présence de nos deux amies. C'est ainsi que nous concevons le rôle de notre association : tisser des liens et bâtir des ponts.

Maintes fois, nous avons demandé à Maha et Guila si elles voulaient se reposer. Mais elles semblaient galvanisées jour après jour par les rencontres qui étaient organisées pour elles.


Après la cérémonie, joyeuse tout de même, la détente

Du concret

Ce voyage aura plusieurs suites. Tout d'abord, nous n'oublierons pas l'école Hattie Friedland et suivrons nos deux directrices et leurs élèves, avec un projet de voyage des élèves eux-mêmes en France. De plus, nous restons en contact avec elles pour qu'elles puissent nous présenter leurs futurs programmes.

Plusieurs institutions pour sourds et malentendants en France ont décidé de nouer des liens avec elles. Nous laissons ces relations se tisser.

L'essentiel est de commencer. Voilà du travail "à la Primo". Pas de grandes annonces, pas de scoops, pas de grandes déclarations mais un engagement au quotidien, sans réclamer aucun honneur. C’est ainsi que nous concevons notre engagement bénévole.

Plus de 11.000 euros représentent peu au regard des besoins de cette institution.

Cette somme sera utilisée pour financer deux actions précises : une formation inter-culturelle, en lien avec le Ministère israélien et un programme de leçons de tournage au sein de l'école (lire).

Grâce au cinéma, à l’éducation à l’image, la classe de jeunes sourds israéliens et arabes parvient à dépasser son identité de malentendants, à surmonter les difficultés liées à son lieu d'origine. Elle maîtrise la définition d'un scénario, les processus par lesquels il prend forme et la façon dont il se concrétise dans le tournage du film lui-même.

Maha, David König, des Editions Yago, Guiha et Josiane Sberro, vice-présidente de Primo

La route sera longue

Si nous devions comparer le conflit israélo-palestinien à un désert, l’école Hattie Friedland représenterait une oasis, comme il en existe quelques-unes, mais beaucoup trop rares.

Et une oasis, c’est fait pour s’y arrêter, s’y reposer, se rafraîchir et réfléchir au désert qui l’entoure.

A Primo, nous savons bien qu’à ce jour, c’est le désert qui est commun et les oasis des exceptions. Nous ne tomberons pas dans l’angélisme dans lesquels d’autres se sont perdus.

Le livre que nous avons écrit, grâce à l'engagement des Editions Yago, à l’origine de cette belle soirée, était un constat implacable et sans concession. Nous demeurons persuadés que ce conflit ne présente pas la symétrie qu’on voudrait lui prêter. Nous sommes surtout certains qu’on ne parvient pas à la paix en renonçant à ses convictions.

Demain, nous reprenons notre chemin à travers le désert. Nous reprendrons notre combat contre la bêtise, la mauvaise foi et la désinformation. Nous restons résolument aux côtés du peuple d’Israël, le seul protagoniste à jouer vraiment sa survie.

Mais nous garderons, dans un coin de notre mémoire, le regard et le sourire de Guila et Maha comme la projection de ce que nous voulons pour les enfants de ce Proche Orient pour l'heure tourmenté.

Au final, le séjour fut riche, actif, réjouissant et parfaitement utile. Chez Primo, nous sommes fiers et heureux du résultat de cette épopée : un petit signe de paix qui a pris sens autour de Guila et Maha.

Mais nous sommes également fiers d'avoir réussi tout cela de la même manière que nous avons créé Primo en décembre 2002 : indépendants, libres de toute structure et institution.

Primo, c'est cela : la clarté, la transparence dans toutes nos actions, qu'elles soient rédactionnelles ou pragmatiques, comme ce fut le cas ici.

Primo c'est aussi vous qui nous lisez, jour après jour et qui faites de notre site un des lieux de référence dans la lutte contre la pensée unique, dans l'insoumission affirmée aux dogmes établis.

Merci à vous tous et en avant toujours pour de nouveaux combats.

© Primo, 25 avril 2008

Merci au photographe de la soirée, Alain Azria et à ceux qui ont su saisir quelques moments de bonheur, Monique Thébaut, Raoul Sberro, Jean-Michel Peretz


07:42 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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