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lundi, 21 juillet 2008

Un 'docteur' dans votre poche.

 

Judy Siegel-Itzkovich , JERUSALEM POST                                                                                         Jul. 19, 2008


 

http://www.jpost.com /servlet/Satellite?cid=1215331023346&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

 

 

Adaptation française du Dr Simon Pilczer ©

 



Imaginez - un jour dans un avenir pas si lointain – que vous êtes tombé et vous êtes cassé une jambe sur le trottoir désert d’une ville inconnue – avec uniquement un téléphone cellulaire en poche. Pas de souci ! La mé decine électronique viendra à votre secours.

 


Appuyez sur un bouton pour appeler votre mutuelle santé, qui saura avec une exactitude de tête d’épingle, par repérage GPS, le lieu précis où vous êtes localisé. Peut-être votre téléphone sera aussi en mesure de transmettre votre pression artérielle, votre pouls et les autres signes vitaux. Un représentant vous assurera, trouvera une clinique de soins d’urgences à proximité, arrangera votre couverture des frais, appellera une ambulance et demandera l’autorisation de donner au médecin sur place l’accès à votre dossier médical électronique.

 


Bien que l’infrastructure d’une telle révolution ne soit pas encore en place dans le monde occidental, la technologie pour la réaliser – et bien plus encore – existe déjà potentiellement. La question est de savoir si le Ministère de la S anté, les hôpitaux, les assureurs et les facultés de médecine sont déjà prêtes pour elle. Ce sont eux qui en Israël et à l’étranger, devront décider bientôt s’ils sont intéressés dans l’investissement de sommes importantes dans les logiciels, le matériel informatique et l’infrastructure qui améliorera de façon indiscutable les soins et sauvera des vies.

 


L’une des quelques personnes qui tâtent le pouls de ces développements étonnants ne fait pas partie des ministères de la santé ou de la Science et de la Technologie, mais de TEREM, le réseau privé de cliniques de soins urgents dont le siège est à Jérusalem. Le Dr. Nahum Kovalski, un chirurgien urologiste né et formé au Canada, qui commença par un diplôme dans les ordinateurs avant même de songer à étudier la Médecine, poursuit ces développements chaque jour depuis le siège de TEREM dans le quartier Romema de la capitale. Kovalski, adjoint au directeur de TEREM le Dr Joe Djemal, déclare dans un entretien au ‘Jerusalem Post’ qu’il consacre au moins une heure par=2 0jour à passer Internet au peigne fin pour trouver les informations les plus récentes sur la technologie qui peut être appliquée à la révolution médicale électronique.

 


Lors d’un congrès récent de trois jours à Eilat sur les communications, Kovalski a emballé les 250 participants avec une conférence et une présentation PowerPoint sur ce qui va advenir, et le Dr. Brendon Stewart-Freedman, un spécialiste de la Médecine Générale et directeur de la clinique Tayelet (Arnona) de TEREM, a parlé de la façon dont cette technologie – qui effraie beaucoup de gens – pourrait affecter la relation médecin-patient.

 


La question des dossiers médicaux électroniques uniformes – qui simplifierait grandement le traitement de patients aussi bien dans les centres de traitement d’urgence et les hôpitaux, et apporterait une information médicale vitale telle que les alle rgies aux antibiotiques ou les radiographies et dossiers médicaux déjà réalisés – est le sujet de controverses, remarque Kovalski.

 

« Les systèmes médicaux en Grande Bretagne et au Canada y investissent une fortune, mais il y a une forte résistance parmi certains médecins et patients, et il reste un long chemin avant que nous y parvenions, de même qu’il existe des problèmes techniques et de protection de la vie privée ».

 

Kovalski et ses collègues de TEREM ont déjà introduit un peu cette technologie dans leur clinique, dont les radiographies digitalisées et un système informant automatiquement les médecins quand les images sont prêtes.

 


« Dans notre précédente clinique dans un poste du ‘Magen David Adom’, quand une radiographie était prête, le film était déposé sur une table et le médecin concerné l’examinait. Mais dans notre nouvelle clinique principale, il y a de longs couloirs, de sorte que les médecins ne savent pas si une radiographie est disponible », dit-il. « Nous avons mis en place un système avec un écran d’ordinateur, et quand la radiographie est prête, le nom du médecin qui l’a prescrite apparaît. Si elle n’est pas examinée dans les 15 minutes, l’écran se modifie en une seule couleur, puisse passe au rouge ».

 


Dans son bureau, Kovalski utilise un ordinateur dote d’une tablette avec écran tactile, sur lequel il attache un clavier en caoutchouc. Ce médecin orthodoxe moderne a aussi un téléphone Nokia spécial coûtant 4.500 shekels (~ 850 € ou 1300 $) et appelé HTC Tytan2 Tilt, qu’il utilise même le Shabbat. L’appareil charge des radiographies digitalisées et des électrocardiogrammes que le personnel de TEREM lui envoie pour une consultation urgente.

 


« J’ai été l’un des premiers en Israël à recevoir ce modèle », dit-il. « Il dispose d’un clavier, d’un grand écran qui s’incline comme un mini ordinateur portable, de la connexion wi-fi, de l’hébreu, d’une caméra intégrée, et de la manipulation de l’image sur une touche de l’écran ». Les membres de sa communauté à la synagogue ne sont plus surpris de la voir le tapoter en cas d’urgence.

 


Stewart-Freedman, avec son approche et son travail moins technologiques en tant que médecin libéral des services de santé des mutuelles ‘Clalit’, n’aime pas le fait que de nombreux médecins soient si occupés à intégrer du texte dans les dossiers sur leur ordinateur pendant les consultations, si bien qu’ils regardent à peine leurs patients dans les yeux. B Cela provoque de la frustration chez les patients, qui ressentent qu’ils sont devenus presque invisibles. Ils pensent que le médecin ne leur prête pas une attention personnelle. « Pour faire changer cela à sa consultation, il a taillé un orifice rectangulaire dans son bureau, installé une vitre, et enfoncé un ordinateur incliné en dessous, de façon à pouvoir regarder ses patients tout en entrant ses données via le clavier tiré de sous le bureau.

 


« Je n’ai pas vu un tel dispositif ailleurs, mais  je crois que cela peut apporter une révolution dans la communication avec les patients », a souligné le spécialiste de Médecine Générale né en Grande Bretagne. « Vous pouvez perdre la forêt pour des arbres isolés avec la technologie » ajoute Kovalski, « mais vous pouvez faire des changements mineurs pour transformer son usage. La technologie ne devrait pas se mettre en travers de la Médecine ».

 


Stewart-Freedman est préoccupé par l’incompatibilité des dossiers médicaux. Les dossiers sur papier remontant à des décennies ne peuvent pas être digitalisés même en les scannant, et sont abandonnés à la détérioration aux archives, remarque-t-il. Des dossiers médicaux digitalisés rassemblés ces dernières années sont stockés séparément  par chaque organisme assureur de santé, et ils ne sont pas accessibles aux hôpitaux qui ne sont pas la propriété de ces organismes, ou par les cliniques détenues par d’autres assureurs. « Le ministre de la santé n’a pas insisté là-dessus. Vous pouvez facilement changer de compagnie de téléphone portable, mais si vous changez de compagnie d’assurance santé, ou consultez dans une installation de santé en dehors de cet organisme, vous ne pouvez pas transférer automatiquement votre dossier. Il vaudrait mieux que la Knesset adopte une loi ».

 


Beaucoup de médecins encouragent déjà leurs patients à con server leurs antécédents médicaux personnels sur un ordinateur. Google et Microsoft investissent d’énormes montants pour apporter des services de dossiers médicaux basés sur Internet pour la population mondiale.

 


La sauvegarde de la vie privée est une question majeure, mais Kovalski déclare : « il y a une décennie, on a dit que la banque en ligne ne réussirait pas parce que personne n’aurait confiance en elle ; vous pouvez en apprendre plus sur les habitudes d’une personne et ses maladies à partir de données financières qu’à partir d’enregistrements médicaux. Les données financières sont une fenêtre sur l’âme. Si vous apprenez qu’une personne a utilisé sa carte de crédit pour acheter un antibiotique spécifique, vous pouvez bien plus facilement en conclure qu’il (elle) a contracté une maladie sexuellement transmissible. Le danger existe que quelqu’un puisse s’introduire dans vos enregistrements électroniques et y trouve des choses. Mais nous sommes confrontés à ces dangers chaque jour ».

 


Non seulement le stockage, mais aussi la manipulation de données visuelles et textuelles sera révolutionnée par les ordinateurs, prédisent les docteurs de TEREM. Déjà, l’ingénierie industrielle et les chercheurs en gestion de l’Université Ben Gourion du Neguev ont développé un système de reconnaissance par geste de la main qui permet aux médecins de manipuler des images digitalisées pendant des interventions médicales, y compris la chirurgie, en faisant des signes plutôt qu’en touchant un écran, un clavier ou une souris ; testé récemment dans un hôpital à Washington D.C., le système Gestix peut réduire la diffusion d’infections mortelles.

 


Le principal chercheur, le Dr Juan Wachs, a remarqué : « Une interface stérile homme-machine est d’une importance suprême parce qu’elle est le moyen par lequel le chirurgien contrôle l’information médicale, en évitant la contamination des patients, de la salle d’op érations et des autres chirurgiens. Cela pourrait remplacer les écrans tactiles utilisés aujourd’hui, qui doivent être scellés pour prévenir la diffusion de contaminants, et requiert des surfaces lisses qui doivent être très soigneusement nettoyées après chaque intervention – mais parfois ne le sont pas. Avec des taux d’infection dans les hôpitaux américains aujourd’hui à des niveaux élevés de façon inacceptable, notre système offre une alternative potentielle ».

 


Kovalski prédit que dans l’avenir prévisible, les patients se verront remettre un « bracelet » électronique de faible coût, avec les données digitalisées de leur nom et antécédents médicaux, et partout où ils iront dans une clinique ou un hôpital, des écrans livreront et présenteront au personnel médical l’information nécessaire pour les traiter, avec les maladies médicales en cours, les médicaments pris pour des affections chroniques et les allergies aux antibiotiques ; cela dit-il, réduira considérablement les erreurs médicales.

 


Les prescriptions deviendront de plus en plus informatisées. Chaque jour, les médecins de Terem-Tayelet peuvent cliquer sur un diagnostic et se voir proposer les médicaments pertinents disponibles.

 


« Dans nos cliniques de soins urgents, nous disposons de 50 médicaments de base que nous utilisons tout le temps », dit Kowalski. « Comme médecins, l’écriture manuelle est un gros problème, les prescriptions sur ordinateur sont bien meilleures. Nous imprimons un autocollant, le plaçons sur le papier, puis le médecin signe son nom sur chacun des deux ».

 


Des fiches d’explication peuvent être données aux patients sur la manière de prendre soin d’eux-mêmes après la sortie, quels problèmes surveiller et quand revenir – amélioration sur les quelques phrases gribouillées par le médecin sur les compte-rendu de sortie. Des ordinateurs dotés d’une forte puissance, tenus à la main, emportés partout par les médecins et les infirmières, et nettoyés régulièrement à l’alcool pour prévenir la diffusion de l’infection seront indubitablement utilisés en routine ; « Le médecin se déplacera avec, et n’aura pas besoin de demander de quel patient il s’agit, parce qu’u identifiant par radio-fréquence sur le bracelet au poignet apportera une identification instantanée » dit Kovalski. 

 


Consulter votre médecin référent ou obtenir une information de suivi par e-mail se met déjà en place, mais  Stewart-Freedman pense que la plupart des médecins n’aiment pas cela, parce qu’ils ne sont pas payés pour le faire. Cependant, si un paiement est arrangé via les organismes de santé, cela pourrait devenir très populaire ».

 

Une importante étude britannique a démontré que des patients se présentant avec des motifs variés acceptent volontiers de payer plus s’ils bénéficient de

la continuité des soins d’un médecin ; ils sont aussi prêts à payer un supplément pour avoir un examen physique complet », ajoute Stewart-Freedman, qui remarque que les Israéliens peuvent être un peu différents, de sorte qu’une telle étude devrait être réalisée ici.

 


Une étape plus avancée dans la révolution médicale électronique serait la notification par téléphone cellulaire, qui vous prévient quand votre pression artérielle ou votre glycémie sont trop élevées, et vous rappelle votre prochain rendez-vous  pour une coloscopie  ou une mammographie. Les organismes payeurs et le ministère de la santé seront facilement en mesure de  tracer l’utilisation médicale, et de notifier si, par exemple, trop de radiographies ou trop peu de vaccinations pour le bébé sont faites en un certain lieu. Cela épargnera de l’argent et des vies.

 


« Nous avons fini d’apprendre comment collecter les données » conclut Kovalski, « et nous entrons maintenant dans la phase où nous apprenons à partir de ces données. Avec une analyse avancée des données, nous serons capables d’observer les courants médicaux qui étaient simplement invisibles avant. Nous serons finalement capables de commencer à planifier des services de santé fondés sur des faits plutôt que sur des impressions personnelles ».

 

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