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mardi, 12 août 2008

Débardeurs avec inscriptions antisémites en vente dans une boutique à Paris

Par Pierre-Marie GIRAUD AFP -

PARIS (AFP) - Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après la mise en vente dans une boutique parisienne de débardeurs pour femme sur lesquels était reproduite l'inscription "Entrée du parc interdite aux juifs", recopiée intégralement d'un panneau d'interdiction nazie visant les juifs du ghetto de Lodz (Pologne) en 1940.

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Ces débardeurs en laine, gris ou vert bouteille, portant les inscriptions en allemand "Juden eintritt in die parkanlagen verboten" et en polonais "Zydom wstep do parku wzbroniony (bien wzbroniony)", étaient disponibles mardi matin dans une boutique de vêtements et de maroquinerie féminine bon marché dans le quartier de Belleville (XIXe arrondissement).

L'enquête, confiée mardi aux policiers de la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP), a été ouverte après une plainte du Bureau national de vigilance à la personne (BNVCA).

Prévenu par son président, Sammy Ghozlan, un journaliste de l'AFP s'est rendu sur place.

Il a pu voir à l'intérieur de cette boutique, sur un portant, cinq débardeurs pour femme portant ces inscriptions qui reproduisent au mot près les panneaux de 1940 interdisant aux juifs du ghetto de Lodz (Pologne) de pénétrer dans les parcs de la ville.

Ces débardeurs, vendus avec un tee-shirt au prix de 18 euros, portaient une étiquette de la marque "Introfancy IF" avec la mention "Nought restrict" mais aucune indication quant à l'origine du pays de fabrication.

Sorti un instant pour téléphoner, le journaliste de l'AFP a constaté en revenant quelques minutes plus tard que les débardeurs avaient disparu. Interrogée, une des trois vendeuses présentes a assuré qu'ils venaient d'être achetés par un "gros client": elle a affirmé ne pas connaître la signification des inscriptions sur ces vêtements.

Sammy Ghozlan, qui a déposé plainte au commissariat du XIXe arrondissement après avoir appris dimanche l'existence de ces débardeurs par une habitante de l'arrondissement, demande "l'interpellation du commerçant, la saisie du stock des vêtements incriminés, la fermeture du magasin, l'identification et l'interpellation du fabricant, du grossiste et de l'importateur éventuel".

Pour lui, l'apparition de ces vêtements "est d'autant plus troublante qu'elle se produit dans cet arrondissement de Paris où se situe le Parc des Buttes-Chaumont dont les juifs se plaignent fréquemment d'être les victimes de bandes de délinquants antisémites". Trois personnes, dont deux des agresseurs présumés du jeune juif Rudy H., 17 ans, roué de coups le 21 juin dans ce quartier, ont été mises en examen le 10 juillet.

Un exemplaire de ce vêtement a été remis à la police.

Pour Haïm Musicant, directeur général du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), qui espère voir l'enquête aboutir rapidement, cette affaire est "lamentable". A sa connaissance, a-t-il dit à l'AFP, c'est la première fois qu'une telle affaire se produit en France.

Premier grand ghetto crée par les nazis dès le printemps 1940 en Pologne, le ghetto de Lodz fut un important centre industriel d'approvisionnement de l'Allemagne et de son armée en fournitures et équipements. La ville de Lodz, important centre textile, comptait avant guerre près de 700.000 habitants, dont 233.000 juifs.

Ce ghetto fut le dernier en Pologne a être liquidé: quelque 95 % des 200.000 juifs qui y étaient enfermés périrent dans les camps d'extermination.

21:04 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

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