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samedi, 27 juin 2009

Shalit bientôt transféré en Egypte, dans le cadre d’un accord plus large (info # 012606/9) [Scoop] Par Sami El Soudi © Metula News Agency


En fin de matinée de ce vendredi, l’un des leaders les plus importants de l’Autorité Palestinienne m’a interpelé afin de me faire savoir que, sauf imprévu de dernière minute, Guilad Shalit allait être transféré en Egypte par le Hamas.

Le transfert est "une question d’heures ou de quelques jours", m’a confié mon interlocuteur, fervent lecteur de la Ména.

Ce briefing vient confirmer des rumeurs qui circulaient ces derniers jours, et qui prenaient leur source auprès de diplomates européens et de hauts fonctionnaires égyptiens.

Dans un premier temps, Israël libérera de ses prisons un certain nombre de détenus "non problématiques" de l’organisation islamiste. Il s’agit de mineurs, de femmes, de parlementaires et d’ex-ministres, que l’Etat hébreu a appréhendés lors de diverses interventions de ses commandos en Cisjordanie.

Ces libérations font partie de l’accord, elles viennent aussi signaler, par des faits, l’adhésion d’Israël aux termes qui ont été conclus.

Ces relaxes ont d’ailleurs déjà débuté, toujours selon des sources palestiniennes. Cette semaine, Jérusalem a, par exemple, relâché l’ancien porte-parole Hamas du Conseil législatif palestinien, le cheikh Aziz Dweik. Dweik a passé trois ans dans les geôles israéliennes.

Lors d’une seconde phase, le caporal Shalit sera remis par la Résistance Islamique aux services de renseignement égyptiens, dont le patron, le général Omar Soliman, jouit de l’entière confiance des politiques et des militaires hébreux.

L’actuel otage sera installé dans un complexe appartenant au renseignement du pays du Nil, "où il sera traité comme un hôte et non comme un prisonnier", d’après mon informateur. Il pourra recevoir la visite des ses parents, du personnel diplomatique israélien en poste au Caire, ainsi que de médecins de son pays.

Toutefois, il ne pourra quitter sa résidence cairote que lorsque le Hamas et Israël seront tombés d’accord sur l’identité des détenus islamistes devant être remis en liberté dans le cadre de l’échange, et lorsque l’échange aura pratiquement lieu.

Ce deal, sujet exclusif de la récente rencontre Barak-Moubarak dans la capitale égyptienne, ne concerne pas uniquement le troc des prisonniers. Il s’inscrit dans le cadre d’une très vaste initiative incluant le Hamas, l’Autorité Palestinienne, Israël, l’Egypte, la Syrie, les Etats-Unis, et, indirectement, l’Iran, l’un des deux sponsors de l’organisation de Mashal et Hanya.

Pour la première fois, Damas a joué un rôle positif pour parvenir à une entente, utilisant son influence sur la direction internationale du Hamas qu’il héberge.

C’est l’ex-président Jimmy Carter, qui avait été officieusement chargé par Barack Obama de négocier avec Béchar Al Assad.

La Syrie a déjà touché les dividendes de sa bonne volonté, puisque Washington a renvoyé son ambassadeur à Damas la semaine dernière, alors que la représentation US dans cette ville ne comptait plus d’ambassadeur depuis l’assassinat de Rafic Hariri, en février 2005.

L’accord conclu prévoit l’instauration d’un organe de contrôle conjoint pour Gaza, qui réunira l’Autorité Palestinienne et le Hamas. Le dernier mot, en théorie, appartiendrait à l’AP.

L’organisation terroriste islamiste a toutefois obtenu, lors des négociations, que ce ne soit pas Salam Fayyad, notre 1er ministre, qui soit en charge de l’organe de contrôle pour l’AP, mais, directement, le Président Mahmoud Abbas.

Les islamistes et leurs commanditaires ont émis cette exigence, considérant que Fayyad est un trop ardent partisan d’une coordination sécuritaire pleine et complète avec les Israéliens.

En principe, cette hydre a deux têtes pour gouverner Gaza n’aurait aucune chance de régner sans s’entre-dévorer dans l’heure. Mais les Américains et les Egyptiens, à la base de cette tentative, comptent sur le fait que – comme nous l’avons décrit à maintes reprises dans ces colonnes – le Hamas, à Gaza, trône sur un tas de ruines et sur une population traumatisée, qui s’éloigne chaque jour un peu plus de ses valeurs.

A Damas et à Téhéran, on a fini par saisir que, faute des moyens promis par les pays donateurs, et faute de l’acceptation d’Israël de laisser transiter les matériaux de construction nécessaires à la restauration de la Bande, le règne du califat n’avait non seulement aucun intérêt, mais, de plus, il allait avoir des effets négatifs sur la popularité et l’acceptation de leurs protégés.

C’est l’endroit, dans cet article, de répéter que, dans la situation sécuritaire qui prévaut après Plomb fondu, les milices d’Hanya ne disposent plus des moyens de terroriser les agglomérations israéliennes qui les entourent.

Privé de cette fonction terroriste, le Hamas n’a plus de bonne raison de régner à Gaza et d’endosser le malheur et la stagnation de la population.

Le deal consiste donc à permettre la reconstruction de la Bande, à la condition expresse que celle-ci se fasse sous l’autorité et au crédit d’Abbas, et non à la gloire d’Hanya et de l’islam conquérant.

Si le Hamas passe effectivement la main, il mettra ainsi un terme à deux années de fermeture des frontières de la Bande par Israël et l’Egypte, mais il espère aussi sortir de l’isolement international dans lequel il est assez strictement tenu.

Hanya aurait reçu des promesses officieuses dans ce sens de la part d’Obama, qui lui ont été apportées par Carter, qui est également venu offrir ses bons offices à Gaza.

Ces évolutions majeures s’inscrivent dans l’optique du nouveau président US, qui entend promouvoir son plan de paix dans la région, et qui a compris – ce que nous n’avons cessé également de répéter depuis des années – que, faute d’une refonte Hamas-Fatah au sein du mouvement palestinien, avec claire prédominance Fath’, aucune négociation déterminante avec Jérusalem n’était envisageable.

C’est dans le cadre de la volonté et des pressions washingtoniennes qu’il convient de replacer les déclarations faites par Khaled Mashal, selon lesquelles le Hamas envisageait maintenant l’éventualité d’un accord de paix avec l’entité sioniste, et non plus uniquement, d’une impraticable trêve à long terme.

Pendant ce temps, Obama fait des appels du pied aux membres de l’Axe du mal de Bush, en exhibant, à bon compte, son "intransigeance" à l’égard d’Israël. C’est ainsi que le président étasunien a fait annuler la réunion qui devait se tenir à Paris, entre son envoyé spécial George Mitchell et le 1er ministre Netanyahu.

Explications fournies par la Maison Blanche : cette rencontre était inutile, puisque Jérusalem refuse toujours de geler totalement l’expansion des implantations.

En vérité, cela n’a aucune importance, et le meeting aura lieu avec Ehoud Barak, dans quelques jours à Washington. Mais cela fait dire à Khaled Mashal, "qu’il accueille favorablement la nouvelle approche du Président Obama au Moyen-Orient".

Si on met bout a bout l’affirmation sur l’éventualité d’une paix, que Mashal a prononcée à trois occasions différentes, le discours de Netanyahu à l’Université Bar-Ilan, acceptant le principe d’un Etat palestinien, et le récent rappel effectué par le négociateur Fatah Saëb Erekat, l’on obtient les pièces d’un puzzle qui pourraient, théoriquement, pour la première fois, s’imbriquer les unes dans les autres.

Sans que personne ne le lui demande, Erekat a, en effet, rappelé que, lors des négociations avec le gouvernement Olmert, ce dernier avait proposé un échange de territoires entre son pays et le futur Etat palestinien. A suivre cette offre, Israël nous transférerait des territoires qu’il contrôle, d’une superficie équivalent à celle des grosses concentrations d’implantations, qu’il pourrait conséquemment conserver.

A l’époque, le leadership de l’AP s’était soigneusement gardé de répondre à cette proposition, car Ehoud Olmert n’était pas dans une situation politique domestique où il aurait pu imposer ce compromis.

Dans la nouvelle constellation politique, avec le Likoud à la tête de l’entité sioniste et les travaillistes dans sa coalition, l’hypothèse de travail Olmert devient très intéressante.

Les développements dont je parle dans ce papier aident à saisir la ferveur exceptionnelle des manifestations qui viennent de se tenir à l’occasion des trois ans de détention de Guilad Shalit. On entrevoit probablement mieux ainsi les pressions publiques orchestrées par la famille du caporal otage sur le cabinet Netanyahu. Il s’agit pour elle de s’assurer que le gouvernement en question ne puisse plus sortir de l’accord qui s’est tissé, et qu’il ne se montre pas trop regardant lorsqu’il s’agira de relaxer des terroristes du Hamas dont les mains sont couvertes de sang.

D’autre part, et pour conclure, il faut encore remarquer que l’Etat hébreu a démantelé des dizaines de check-post en Cisjordanie, dont certains que son armée jugeait "stratégiques". A la Moukata de Ramallah, siège du gouvernement de l’AP, on considère que ce geste prépondérant est autant destiné à apaiser la Maison Blanche, qu’à soutenir Salam Fayyad, tandis qu’il lui est demandé de ne pas participer à la gestion de la Bande de Gaza.

Derrière les grandes manœuvres qui se déroulent apparaissent la lueur initiale d’intérêts concordants au Moyen-Orient ; une encore pâle lumière d’un espoir timide et très incertain. Mais d’un espoir tout de même.    

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