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mardi, 21 juillet 2009

Au nom de tous les miens : le témoignage d’Izio Rosenman, rescapé de Buchenwald, lors de la cérémonie du 19 juillet à Paris

20/07/09
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- - Thème: Shoah

 

_0278_Izio_Rosenman (6).JPGNous commémorons aujourd’hui la rafle du Vel d’hiv du 16 juillet 1942 et avant de parler au nom des enfants survivants de Buchenwald, je voudrais rappeler le souvenir de ces enfants qui sont partis du Vélodrome d’hiver vers leur mort.
Nous sommes, à juste titre, révoltés par la souffrance et la mort des enfants dans le monde, hier comme aujourd’hui. Car il n’est rien de plus injuste, rien de plus insupportable. Et, faut-il le rappeler, un million et demi d’enfants juifs ont été assassinés par les nazis et leurs complices.
J’avais dix ans à mon arrivée en France le 6 juin 1945, à Ecouis dans l’Eure, en provenance de Buchenwald.
Nous étions 426 jeunes rescapés.
Nous avions été déportés à Buchenwald, après être passés par des ghettos, des camps de travail, des camps de concentration, des camps d’extermination.
Nous étions de faux jeunes, nous étions devenus adultes trop tôt, des vieux.
Nous avions fait l’expérience de la haine dirigée contre nous, avant même d’arriver dans les camps, dans les pays où nous avions vécu.
Nous avions fait  l’expérience du rejet,
De la souffrance physique et morale,
Nous avions subi des violences, assisté à des scènes de violence,
Nous avions fréquenté la mort,
Nous avions vu nos proches mourir,
Nous avions fait l’expérience de la faim, du froid, et  celle de l’abandon.
Et souvent celle de la solitude.
Car la plus part d’entre nous (sauf moi) avaient perdu la majeure partie de leur famille nucléaire. Le plus jeune d’entre nous avait 8 ans, le plus vieux sans doute plus de 20 ans ; nous avions appris à survivre dans le danger et l’adversité.
En arrivant de Buchenwald en France nous étions un groupe composite :
Nous étions de nationalités différentes, de langues différentes, de milieux culturels ou politiques différents : il y avait parmi nous des Hongrois, des Polonais, des Roumains, des Tchèques. Il y en avait de très religieux, d’autres qui étaient sionistes, d’autres encore communistes, ou qui appartenaient à des familles qui l’avaient été.
Il a fallu prendre en compte toute cette diversité pour que nous puissions vivre ensemble, dans les maisons d’enfants où on nous avait placés, pour pouvoir nous laisser nous épanouir, selon nos possibilités, et nous intégrer dans la petite société que nous formions avec nos éducateurs, puis dans la société environnante, la société française pour ceux d’entre nous, une petite minorité, qui avaient décidé de rester en France.
Il est difficile de se mettre dans la tête d’un enfant rescapé, ancien déporté ou ancien enfant caché. Il est difficile d’imaginer la somme de souffrances endurées, et leur effet destructeur.
Cet enfant rescapé avait perdu ses parents, sa fratrie, ses amis. Fondamentalement sa relation aux adultes avait été transformée : ils n’étaient plus ceux qui le protégeaient, ils étaient devenus, comme d’autres, des menaces pour lui, pour ce qu’il lui restait : parfois une couverture, un morceau de pain à garder. D’où des comportements qu’il est difficile de comprendre aujourd’hui.
Il fallait se reconstruire, se construire, retrouver la confiance en l’homme, en l’adulte, en l’éducateur qui nous guidait, ou l’instituteur qui nous enseignait.
Il fallait réapprendre à être enfant ou adolescent.
Il a fallu réapprendre à jouer, à rire, et aussi à pleurer.
Les maisons de l’OSE, pour nous, celles de l’OPEJ, de la CCE, pour d’autres, ont été ce lieu d’accueil et de reconstruction.
Plus de 60 ans après, je voudrais réaffirmer ma reconnaissance à la République, pour nous avoir accueillis. Il est vrai que cela n’avait pas été facile. Pour que l’on nous accepte en France il avait fallu une campagne de presse pour nous, les interventions de l’OSE auprès du gouvernement français, et aussi l’intervention de Geneviève de Gaulle- Anthonioz, nièce du Général de Gaulle, résistante de la première heure, puis déportée au camp de Ravensbrück.
On comprend que cela n’ait pas été facile. La France, elle-même sortait exsangue de l’occupation nazie ; elle était encore en reconstruction ; il y avait des cartes d’alimentation ; bref la vie était difficile pour tout le monde. Nous n’étions pas des rapatriés, car nous n’étions pas Français, nous étions des Étrangers, des enfants étrangers que la France a accepté d’accueillir.
Le Comité Intergouvernemental pour les Réfugiés, nous a confié à l’OSE, œuvre de Secours aux Enfants.
L’OSE, qui s’était occupé de près de 10 000 enfants juifs pendant la guerre, avait ouvert après la Libération une douzaine de maisons d’enfants, pour les mille à deux mille enfants qu’elle avait en charge. Elles fonctionnaient grâce à l’aide des pouvoirs publics et du JOINT, cette organisation juive américaine, qui avait déjà assuré par ses versements la survie des enfants cachés pendant la guerre. Le personnel administratif, éducatif ou autre était d’un dévouement extraordinaire que je veux ici rappeler et saluer, et pour lequel je veux les remercier en mon nom et celui de mes camarades, car c’est grâce à eux, il faut le rappeler, que nous avons pu reprendre pied dans la vie, nous reconstruire, apprendre des métiers et construire des familles.
Aujourd’hui encore l’OSE et d’autres ONG juives ou non juives qui se consacrent à l’enfance restent au service de l’intégrité et de la dignité des enfants.
60 ans plus tard y a-t-il une leçon à tirer pour les survivants de ce passé tragique ? Pour moi il y en a une qui s’appelle vigilance et solidarité.
En tant que Juifs nous devons rester fidèles à Hillel l’Ancien, un sage du Talmud qui a vécu au temps de Jésus. Il disait :
Im ein ani li, mi li ?
Si je ne m’occupe pas de moi-même, qui s’en occupera ?
Mais si je ne m’intéresse qu’à moi, alors qui suis-je ?
Et si ce n’est maintenant alors quand ?
Et en tant que citoyen je voudrais ici rappeler les paroles exemplaires du Pasteur Martin Niemöller, qui avait crée l’Eglise confessante, seule église allemande anti-nazie et qui fut arrêté en 1937, transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau, avant d’être libéré par les Alliés. Il a écrit :
Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose.
Alors oui, une leçon, une tache pour les rescapés, aujourd’hui, pour les enfants déportés ou enfants cachés, pour tous :
Vigilance, mais aussi solidarité, avec les exclus, les discriminés, les menacés, les rejetés, comme nous l’avons été nous-mêmes, justement nous qui pendant la Shoah n’avons pas toujours bénéficié de cette solidarité. Mais je pense aussi aux trop rares enfants juifs qui ont pu sortir du Vel d’Hiv grâce à une main tendue, être sauvés parce qu’ils ont bénéficié de cette solidarité, comme tant d’autres juifs jeunes ou non qui ont bénéficié de l’aide de la population française, à l’encontre de la volonté du gouvernement de Vichy.
Izio ROSENMAN, directeur de recherches au CNRS, rescapé de Buchenwald,
Photo : Alain Azria
Témoignage de Sarah Lichtsztejn-Montard, rescapée de la rafle du Vel d’Hiv
20/07/09
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- - Thème: Shoah

 

 

J’avais onze ans et demi le 3 septembre 1939, lorsque la guerre a éclaté, amenant son lot de contraintes: rationnement de la nourriture ; distribution de masques à gaz contenus dans des cylindres  métalliques munis d’une bandoulière que l’on transportait même pour aller à l’école ; descente dans les abris dès que les sirènes hurlaient pour annoncer une alerte aérienne.
Le 1er octobre, je suis entrée en sixième au Lycée de Jeunes Filles du Cours de Vincennes (devenu par la suite Lycée Hélène Boucher), dans le XXe arrondissement de Paris.
Par crainte des  bombardements, mes parents m’ont envoyée, en janvier 1940, sur la Côte d’Azur, dans une maison de l’OSE.
Dès les premiers mois d’Occupation, les nazis ont multiplié les mesures à l’encontre des Juifs, aidés par le gouvernement de Vichy dont le Chef, le Maréchal Pétain, allait au devant de leurs demandes.
Et nous en arrivons au 16 juillet 1942.
La veille, le 15 juillet, dernier jour de classe, une camarade juive me dit: « Mes parents connaissent un Commissaire de Police qui les a prévenus d’une arrestation massive de femmes, d’enfants, de vieillards pour les jours prochains. Nous quittons notre appartement et tu ferais bien de dire à ta mère d’en faire autant ».
_0296_Sarah Montard.JPGLe soir, je raconte cela à ma mère qui ne veut pas le croire : « En France ! Arrêter des femmes et des enfants, ce n’est pas possible ! ».
Elle se méfie pourtant car elle a connu les pogroms  de Russie et de Pologne. Elle me dit de me coucher et qu’elle restera assise sur une chaise toute la nuit et que si l’on frappe à la porte, elle ne répondra pas ; nous nous sauverons par la fenêtre de la cuisine qui donne sur une petite cour et là, nous demanderons du secours.
Nous habitions un rez-de-chaussée au fond d’une cour dans la rue des Pyrénées, XXe arrondissement.
Mon père n’habitait plus avec nous. Il avait été arrêté lors d’une rafle en juillet 1941 et interné au camp de Pithiviers dont il s’était évadé en septembre. Depuis, il se cachait dans une chambre pas très loin de chez nous.
Comme une enfant que j’étais (j’avais quatorze ans), je me couche et m’endors. Ma mère est assise sur sa chaise, mais à l’aube, elle s’assoupit et quand on cogne dans la porte à 6h du matin, elle se réveille en sursaut : « Qu’est-ce que c’est ? – Police, ouvrez, lui répond-on ».
Elle ouvre la porte et entre un inspecteur en civil, portant imperméable et chapeau mou, en plein mois de juillet, comme dans les films policiers américains d’avant-guerre ; il est suivi par un gardien de la paix en uniforme.
« Vous êtes bien Madame Lichtsztejn ? demande-t-il  - Oui, réponds ma mère –Et la petite jeune fille, là ? – C’est ma fille  - Tiens ! Elle n’est pas sur ma liste ». Et il me rajoute sur la liste.
Ma mère le supplie : « Pourquoi l’avez-vous rajoutée ? Laissez-là partir, ce n’est qu’une enfant ! ». Elle s’est presque mise à genoux devant lui ; j’avais honte. Mais il ne s’est pas laissé fléchir. « Madame, a-t-il dit, si vous faites du scandale, j’appelle Police Secours ! ». J’étais terrorisée ; j’avais dans la tête l’image du sinistre ‘panier à salade’ grillagé dans lequel on transportait les voleurs et les criminels.
Nous n’avons plus rien dit. Ma mère a préparé une valise avec quelques vêtements chauds. J’ai mis mon manteau de lainage bleu sur le bras. Je ne portais pas l’étoile jaune sur ma robe, mais sur le manteau plié, oui. Et nous sommes sortis dans la cour, après que cet inspecteur zélé a posé les scellés sur la porte. Là, d’autres juifs de l’immeuble étaient rassemblés, six ou sept en tout. Maigre butin !
Puis nous sortons dans la rue et là, mon enfance a ‘basculé’.
De toutes les rues avoisinantes arrivent des familles entières portant de gros baluchons et même des matelas d’enfant sur le dos. Les parents, pâles et hagards, ne disent rien. Agrippés à leurs mains, les petits enfants pleurent.
Et tout ce petit monde, très pauvre, à la limite de la misère, est encadré par des policiers,  comme si ces innocents étaient des voleurs, des assassins!
Mon cœur se serre. Je suis paralysée par la peur qui ne me quitte plus. J’entre dans le monde cruel des grandes personnes.
Il me semble que ce jour-là je n’ai vu que quelques regards compatissants ; Les gens, pour la plupart, nous regardaient avec indifférence (ils avaient peur, peut-être ?). J’ai vu des petites lueurs de satisfaction dans les yeux de certains : « Enfin, on nous débarrasse de ces sales juifs ! »
On nous rassemble d’abord dans un garage situé au coin de la rue des Pyrénées et de la rue de Belleville. Après environ une heure, on nous fait monter dans un autobus à gazogène, un autobus de ligne. Les policiers entassent les valises sur la plate-forme et nous poussent à l’intérieur avec rudesse. Nous sommes debout, serrés les uns contre les autres.  Il fait très chaud.
L’autobus descend la rue de Belleville et, tout à coup, j’aperçois sur le trottoir une camarade de classe qui regarde passer l’autobus avec tristesse. Comme je suis écrasée entre deux adultes, elle ne me voit pas. C’est alors que je ressens cruellement l’injustice de mon sort. Elle est debout sur le trottoir, sous un soleil magnifique, attristée mais ‘libre’, tandis que moi, je suis prisonnière alors que je n’ai rien fait d’autre que de naître, de naître ‘’juive’’.
Nous traversons Paris et je dois dire que ce jour-là, je n’ai vu aucun soldat allemand dans les rues ; ils avaient dû recevoir un mot d’ordre.
‘C’est uniquement la police française qui arrête les juifs’.
Nous arrivons rue Nélaton, devant le Vélodrome d’Hiver où les autobus se succèdent et déversent leur cargaison humaine. Ma mère veut m’entraîner de l’autre côté de la rue, mais un policier lui demande : «  Où allez-vous comme ça, avec votre valise ? – Au café en face, ma fille n’a pas encore déjeuné  - Bon, je vous accompagne ».  Il est resté devant la porte du café qui existe toujours rue Nélaton. Puis, il nous a raccompagnées jusqu’au grand portail du Vel d’Hiv. Des agents nous poussent à l’intérieur où un immense brouhaha nous accueille. Il est près de 9h et nous sommes environ 4 à 5 mille personnes, avons-nous su par la suite.
Le bâtiment est surmonté d’une immense verrière peinte en bleu, selon les consignes de la Défense Passive. Ce bleu inondé de soleil donne une lumière glauque sous laquelle les gens apparaissent comme des fantômes verdâtres.
Les adultes sont entassés sur les gradins avec leurs valises, silencieux pour la plupart. Les enfants courent et chahutent ou pleurent. Des infirmières de la Croix Rouge circulent et donnent du lait aux tout-petits car personne n’a emporté de provisions.
Ce fameux Vel d’Hiv, qui était un lieu de détente, de réjouissances, s’est d’un seul coup transformé en un lieu de cauchemar.
Les quelques toilettes existantes ont tout de suite été bouchées et débordent. Les enfants font leurs besoins un peu partout, certains adultes également. L’odeur devient insupportable !
Deux femmes viennent de se retrouver et se racontent en pleurant ce qu’elles ont vu : une mère s’est jetée par la fenêtre du troisième étage avec ses deux enfants, on a tiré sur une femme qui tentait de s’enfuir, la blessant à la jambe… Je suis de plus en plus épouvantée.
Vers 5h de l’après-midi, nous voyons arriver des fauteuils roulants dans lesquels sont assis des paralysés, des amputés, et aussi des civières portant des grabataires, des moribonds.
Ma mère me dit : «  On nous a menti. Lorsque nous avons demandé aux policiers ce que l’on allait faire de nous, ils ont répondu qu’on nous enverrait travailler en Allemagne. Bon ! Je pensais que les enfants iraient à l’école pendant que les parents travailleraient, mais là, non ! Ils ne peuvent pas  employer des handicapés et des mourants. Il se prépare quelque chose de très mauvais. Il faut qu’on sorte d’ici. Tu t’évaderas la première et ensuite je m’évaderai aussi ».
Elle me donne ma carte d’alimentation et 100francs –une grosse somme à l’époque- et me pousse vers le grand portail. Je reste sur le pas, intimidée, puis j’essaie de sortir, mais on me repousse à chaque fois.
Tous les habitants de la rue sont aux fenêtres et à 3mètres de la porte, une petite foule s’est agglutinée. Je jette un coup d’œil sur maman qui me regarde d’un air suppliant ; alors je me lance. Le dos rasant le mur, je me glisse derrière un policier et marche à reculons vers la foule, comme si j’en sortais. L’agent m’interpelle : « Vous là, qu’est-ce que vous voulez ? – Je ne suis pas juive (c’est tout ce que je trouve à dire !), je suis venue voir quelqu’un. – Foutez-moi le camp, vous reviendrez demain ».
Je ne demande pas mon reste, je lance un bref regard à ma mère qui  sourit, soulagée, puis je pars, mon manteau sur le bras. J’ai envie de courir mais je me force à marcher lentement ; si je cours, on va m’attraper ou peut-être me tirer dessus ?
J’ai le cœur lourd d’avoir laissé maman. Je ne sais pas si je la reverrai.
Au bout de la rue, deux agents font barrage. J’ai peur en avançant, mais ils me laissent passer. Je me suis plus tard demandé si celui qui m’avait dit de foutre le camp m’avait vraiment crue, et j’ai vite compris que non. Comment aurait-il pu croire une fille en robe d’été avec un manteau sur le bras, en plein mois de juillet ? Et les deux du bout de la rue, ils auraient dû me demander un justificatif de domicile. Ces trois policiers-la, je leur dois la vie.
Je marche et je marche, et je me trompe de chemin. A la fin, j’arrive à une station de métro, mais j’hésite à prendre un ticket avec mon billet de 100francs – ils vont se demander comment une fille si jeune a tant d’argent-, finalement je me décide et monte dans le métro.
Ma mère m’avait dit d’aller chez des amis non juifs habitant boulevard Saint-Jacques.
En descendant à la station Glacière, je vois maman qui sort de la même rame ; elle avait réussi à s’évader 20minutes après moi.
Nous courons toutes les deux jusque chez nos amis qui referment la porte derrière nous en pleurant.
Ces personnes auraient mérité de figurer sur la liste des Justes de France, de même que mérite d’être rappelée la souffrance des enfants qui, comme mes petits cousins, sont devenus orphelins après l’arrestation de leurs parents, jamais revenus.
Au bout de deux années de « relative liberté », errant de cachette en cachette, nous avons été dénoncées et déportées à Auschwitz par le convoi n°75 du 30 mai 1944.
Sarah Lichtsztejn-Montard
Photo : D.R. et Alain Azria

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