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mardi, 21 juillet 2009

Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français - Richard Prasquier : « Des aspirations communes portées par les leçons d’une histoire partagée»


20/07/09
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- - Thème: Crif


 

Dimanche 19 juillet 2009, s’est déroulé la cérémonie annuelle, dans le cadre de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France. Cette année, la Commission du Souvenir du CRIF, en accord avec le Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants a proposé comme thème le sauvetage et l’accueil des enfants juifs rescapés de la Shoah. Il cadrait avec le thème du concours National  de la Déportation et de la Résistance : « L’enfant dans le système concentrationnaire nazi ».
La première invitée à prendre la parole fut Sarah Montard qui, à l’âge de 14 ans était, avec sa mère, victime de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942. Dans son émouvant témoignage, elle a raconté son évasion et le fait d’avoir été cachée par une famille française qui aurait méritée la distinction de Justes de France. Hélas, suite à une dénonciation, Sarah et sa mère seront déportées à Auschwitz le 30mai 1944 par le convoi 75.
Jean-François Guthman, Président de l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants) a évoqué, après un historique exhaustif, l’action de l’OSE pour recueillir des enfants juifs, dont un grand nombre d’orphelins de parents exterminés dans les camps. Il a mentionné les actions de sauvetage en saluant Georges Loinger. Enfin, il a mentionné les enfants juifs rescapés de Buchenwald.
L’un de ces enfants, justement, aujourd’hui une personnalité connue du monde intellectuel juif, Izio Rosenmann, a livré un témoignage dont l’émotion a saisi l’assistance. Il a brossé la topologie des lieux d’accueil, rendant hommage non seulement aux institutions et à tous ceux qui y oeuvraient mais également à la République qui a aidé un grand nombre d’enfants à se reconstruire. Pour Izio Rosenman, l’une des leçons à tirer de cette page d’histoire est le devoir de vigilance d’une part avec l’obligation morale de défendre les enfants qui souffrent partout dans le monde.
Les prières, dites par les Rabbins, Olivier Kaufmann et Alain Goldmann et le dépôt des gerbes par un nombre de personnalités, ont été suivies par la Sonnerie aux Morts, la Minute de silence et la Marseillaise.
C’est également du sauvetage des enfants juifs qu’il était question dans l’exposé de Florence Taubman, pasteur, Présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France. Elle a évoqué les liens existants entre des autorités religieuses hostiles à la politique de spoliations et de déportations de l’Etat Français et des réseaux de résistance tels le réseau Garel ou le réseau Marcel. Florence Taubman a parlé de cette conscience qui a dicté aux nombreux Français des actes de solidarité avec les Juifs dans une France occupée.
Ce fut le tour du jeune lauréat du Concours National de la Déportation et de la Résistance, Abdéraouf Zerarka qui, avec six de ses camarades du Collège Chappe dans le 19e, a fait un travail sur le vécu de l’ancienne déportée, Ida Grynspan, présente en ce jour, auteur, avec le regretté Bertrand Poirot-Delpech, de l’Académie Française, d’un ouvrage biographique dont il s’est inspiré. « Notre comportement de futur adulte, a-t-il dit, dépend de la manière dont on a été élevé et de la relation qu’on a avec l’Autre, quelles que soient sa couleur de peau, son appartenance ou sa confession ».
Avec le discours de Richard Prasquier le ton est devenu plus circonstanciel. Le Président du CRIF a parlé de « la honte que nos devons tous assumer. Tous à l’exception des victimes et des enfants des victimes (…) à l’exception des héros et des Justes ». Il a évoqué « le contrat civil de notre pays » que tout groupe doit respecter. Pour Richard Prasquier la citoyenneté française se sont des aspirations communes portées par les leçons d’une histoire partagée. Citoyen français, il a fait part de son sentiment naturel d’appartenir à ce peuple juif dont Israël est le territoire historique. Il a évoqué le silence sur les massacres et les déportations de Juifs en Europe. Mais également le silence autour des survivants, rescapés des camps. Ce silence qu’il faut rompre en toute circonstance et qui plus est lorsqu’il s’agit d’évoquer un acte criminel commis il y a trois ans contre un jeune homme torturé puis assassiné. « Il était juif », a souligné Richard Prasquier en stigmatisant le préjugé antisémite présent dans nos cités : « Cette commémoration n’a pas de sens si nous n’y pensons pas aujourd’hui ».
Le président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, David de Rothschild, est revenu sur l’évocation des crimes commis par le gouvernement de Vichy. Il a rendu hommage aux Justes de France.
Cet hommage aux Justes mais plus généralement à la population française était au centre de l’intervention non écrite faite par la Présidente d’Honneur de l’Union des Déportés d’Auschwitz, Mme Simone Veil. Dans son propos, elle a fait un rappel historique sur la conduite des Etats européens envers les Juifs, citant la conduite exemplaire du Danemark. Mais elle a tenu à souligner, que même des Français, ne manifestant pas pour les Juifs une sympathie particulière, certains étant franchement antisémites, avaient sauvé des vies. L’Etat français ce n’était pas la France. Il faut savoir nuancer ses jugements.
In fine, selon le protocole, la parole a été donnée au nouveau Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, M. Hubert Falco qui s’est déclaré être touché par les propos de Simone Veil. Et s’il il a condamné les comportements de la police aux ordres de Vichy, il a évoqué ceux des fonctionnaires qui avaient évité des déportations. En écho au témoignage d’Izio Rosenman, il a déclaré : « Aujourd’hui nous pensons au destin de tous les enfants restés seuls, livrés à eux-mêmes et à l’apprentissage de la survie, alors que leurs parents étaient acheminés vers la solution finale ». Il a dit en conclusion : « A tous les Justes, à leurs familles, je veux dire que jamais la France n’oubliera leur geste, je veux dire que jamais la France n’oubliera leur sursaut d’humanité ».
La cérémonie annuelle commémorant la rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942, a réuni, autour des anciens déportés et témoins de la rafle, un grand nombre de personnalités en leurs fonctions et qualités, parmi lesquelles : Gérard Larcher, Danièle Hoffman Rispal, les ambassadeurs Daniel Shek et David Kornbluth. Des élus et hommes et femmes politiques : Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo, Pierre Aidenbaum, Jean Tibéri, Serge Blisko, Jean-Michel Rosenfeld. Nicole Guedj, Lyne Cohen-Solal, Martine Billard, Dominique Bertinotti, Liliane Capel, Catherine Vieu-Charrier. Joël Mergui représentait le Consistoire ; monseigneur André Vingt-Trois représentait l’Archevêché de Paris. Marek Halter était également dans l’assistance.  A cela s’ajoutèrent les représentants des autorités militaires, du corps préfectoral, des membres d’associations juives dont les Fils et Filles des Déportés Juifs de France, des membres du CRIF et de la Commission du Souvenir du CRIF, qui a regretté l’absence de Henry Bulawko, l’un des initiateurs de cette cérémonie.
Claude HAMPEL,
Président délégué de la Commission du Souvenir du CRIF
Jacqueline Keller,
Vice-Présidente de la Commission du Souvenir du CRIF
Photo : © 2009 Alain Azria
WWW.CRIF.ORG

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