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lundi, 09 juillet 2007

Le dialogue inter-libanais de la Celle St Cloud

Le dialogue inter- libanais de La Celle St Cloud, ou quand la politique new look du Quai d’Orsay déroule ses tapis persans

 Marc Brzustowski, le 8 juillet 2007

Depuis la fin du mois de mai dernier, les initiatives diplomatiques françaises n’ont eu de cesse de dérouler des tapis rouges sous les pieds du Hezbollah, dans sa longue marche vers la conquête du pouvoir à Beyrouth. Le nouveau Ministère des Affaires étrangères sous la direction de Bernard Kouchner n’a fait que répondre avec toujours plus de déférence aux ultimatums de l’opposition libanaise pro-syrienne dont le « Parti de Dieu » est le fer de lance. Les discussions inter- libanaises du Château de la Celle St Cloud apparaissent comme le moment d’apogée dans cette reconnaissance officielle de l’utilisation au forcing du terrorisme comme mode de consécration légitime en diplomatie :

 

Depuis quelques temps, en effet, le Président Michel Lahoud tempête et menace : si une solution n’était pas trouvée à la crise libanaise, le 15 juillet, il autoriserait cette opposition pro-irano-syrienne menée par la milice shi’ite, avec le concours du groupe Amal de Nabih Berri, mais aussi les Chrétiens de Michel Aoun, à constituer un « gouvernement bis », parallèle à celui de Fouad Siniora, regroupant Sunnites, Druzes et Chrétiens maronites. Le 15 juillet coïncide également avec la mise en œuvre par le Conseil de Sécurité de l’ONU, d’une nouvelle étape vers le Tribunal International devant déterminer les responsabilités dans l’assassinat de Rafic Hariri. Autant dire que, pour Damas, il s’agit d’une date-butoir, à partir de laquelle tous les coups seront permis. C’est donc sur cette journée-charnière que la politique étrangère française s’est alignée et calée pour résoudre, d’un coup d’un seul, tous les défis qui pavent le chemin de Damas, clé de résolution de la crise libanaise…

 

Le seul risque de « rupture » qu’encoure la diplomatie française avec son passé, est celui qui menace la chaîne de décision et les rapports de forces dans le Liban sous tutelles concurrentes et impitoyables : les Forces libanaises, composées à 40% d’officiers shi’ites, pourraient adopter une prudente neutralité, laissant alors grand ouvert le portail vers l’accession au pouvoir des plus déterminés, après une période, plus ou moins longue, de guerre civile.

 

Le Hezbollah s’y prépare ardemment, si l’on en croit la presse arabe et iranienne synthétisée par MEMRI (http://memri.org/bin/latestnews.cgi?ID=SD164807). Elle surentraîne ses séides dans la plaine de la Beqaa et envoie sans discontinuer les plus affûtés d’entre eux parfaire leur formation en guérilla dans les camps de la Force Quds en Iran, dont les officiers sont les spécialistes du lavage de cerveaux, étape élémentaire pour la mise au point des bombes humaines.

 

La montée des marches au pas cadensé des menaces et du crime :

 

Si l’on suit, page après page, l’agenda observé par le Quai d’Orsay, depuis cette période, l’opposition pro-syrienne a obtenu la part belle dans cette écoute attentive des revendications du camp anti-occidental libanais :

 

•         le lundi 28 mai, le Général Michel Aoun, était reçu durant 45 minutes par Bernard Kouchner.. Il passait à Paris pour présenter et signer son livre : « Général Aoun, une certaine vision du Liban », écrit par Frédéric Domont, correspondant de RFI au Liban. Le 31 mai, Aoun était présent au Palais des Congrès de Paris, pour un rassemblement avec ses partisans en France.

•         Le lendemain de sa visite au nouveau Ministre des Affaires étrangères, le, 29 mai, ce dernier recevait une autre demande expresse du député du Hezbollah de Bint Jbeil (fief hezbollahni du Sud-Liban, théâtre central durant la dernière guerre avec Israël), Hassan (Sayed Mohammed Hussein) Fadlallah. Lui aussi souhaitait « discuter avec les autorités » françaises des « issues possibles » à la crise inter- libanaise. Inutile de préciser que le Quai s’empressa de lui retourner un avis favorable. Ce n’était, à peine deux jours plus tard, que pour mieux pousser son fameux cri de guerre : « mort à l’Amérique », à Berne, devant le très attentif ambassadeur suisse, intrigué par le sens de cette rhétorique. Evidemment, avec ce petit rien de bonnes manières châtiées que lui enseignent ses invites renouvelées sous les ores des différents ministères et ambassades :

 

« Les États-Unis jouent un rôle dommageable au Liban, en faisant la <I style="mso-bidi-font-style: normal">promotion du chaos et de la discorde et ainsi limitent les solutions potentielles », -avait-t-il alors déclaré, riant déjà sous djellabah-, suite à une réunion avec l'ambassadeur suisse François Barras avec lequel il avait discuté des dernières évolutions de la scène politique libanaise et de l'initiative de Berne pour promouvoir un dialogue entre les Libanais » (Libnanews, 31 mai 2007)

 

Un premier projet visant à organiser le dialogue inter- libanais, accueilli à la Celle Saint-Cloud, voit le jour : il est d’abord fixé entre le 29 juin et le 1er juillet. Mais, quelques jours après cette annonce, Damas impose sa marque à cette initiative : elle se solde, le 13 juin par une fin de non-recevoir : l’assassinat du député anti-syrien Walid Eido. Paris affiche alors le sentiment de comprendre, une première fois, qu’il peut recevoir et rassembler sous ses bons offices, tous les dialogues et tous les intermédiaires qu’il voudra. Les « Parrains » iraniens et syriens ne manqueront pas de répondre à sa généreuse sollicitude, pour pousser vers une résolution qui ne puisse qu’être conforme à leur propre vision de l’avenir du Liban. Si l’on a bien entendu Fadlallah, ceux qui font la promotion du chaos ne peuvent être les voisins bienveillants de ce pays du Cèdre, souverain et indépendant. Mais par là, il annonçait un autre projet parallèle : celui de faire du Liban un nouvel Irak à gérer pour les Occidentaux, la France aux premières loges...

 

Cette fois, Paris annule (en fait, reporte) tout. Jean-Claude Cousseran, prévu pour être sur le départ vers Damas, fait ses valises diplomatiques pour Paris. Au préalable, il devait rencontrer le vice-président Farouk Chareh et le ministre des Affaires étrangères Walid Al Moallem, pour s’entretenir avec eux de la situation au Liban. Il n’en sera rien.

 

On s’est alors interrogé sur les motivations de ce changement de programme. En l’absence de réponse claire, on pouvait émettre des hypothèses. Parmi celles-ci, certains ont estimé que « la diplomatie française » avait signé « <I style="mso-bidi-font-style: normal">son premier échec sous l’ère Sarkozy ». D’autres ont évoqué « une prudence sur- mesurée qui a poussé Paris à renoncer à sa médiation, <I style="mso-bidi-font-style: normal">de peur d’un échec ».

 

Reste la dernière hypothèse, la plus probable : les rapports des services de renseignements et des diplomates convergent vers un seul constat : « <I style="mso-bidi-font-style: normal">la Syrie joue son va-tout et ne permettra pas au Libanais de se réconcilier ». D’où les événements de Nahr El-Bared ; d’où aussi les renforts des positions des factions palestiniennes liées à Damas ; d’où également le coup d’Etat du Hamas à Gaza (avec toutes ses retombées sur l’ensemble de la région) ; et d’où la poursuite des assassinats au Liban. Ces rapports, désormais entre les mains de toutes les chancelleries, devant le Conseil de sécurité de l’ONU et devant la Ligue arabe, condamnent la Syrie et attestent de sa détermination à mettre en échec toute médiation inter- libanaise. D’où l’annulation de la conférence de Paris. La décision a été prise, soulignons-le, après une rencontre tenue au Maroc entre Cousseran et le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal.

 

Quant à l’annulation de la visite de Cousseran à Damas, l’hypothèse la plus probable porte sur « <I style="mso-bidi-font-style: normal">le refus de la France de se faire humilier gratuitement par la Syrie ».

--

Dans la même veine, Albert Soued écrivait, le jour même de l’assassinat de Walid Eido, ce texte envoyé à plus de 2000 correspondants :

 

« Sous l'influence du quai d'Orsay, le trio Sarkosy-Fillon-Kouchner vient de commettre sa première bévue au Moyen Orient. Dans sa grande générosité, il a invité un groupe terroriste à une réunion sur le Liban à Paris. Le résultat ne s'est pas fait attendre. Au bout de 48 h un attentat à Beyrouth du type "Hariri" a fauché une dizaine de vies, dont celle du député anti-syrien Walid Eido et son fils. Le trio Iran-Syrie-Hezbollah (Iran commanditaire, Syrie commandité, Hezbollah petite main) poursuit ses éliminations ciblées, après une trêve. Son but est d'obtenir au parlement libanais le quorum pour bloquer les décisions prises à l'encontre de la Syrie et refaire du Liban un satellite de fait. Le trio infernal n'a pas trouvé mieux comme solution que d'éliminer physiquement et progressivement le groupe anti-syrien au Parlement, le groupe du 14 mars. (1)- Le quai d'Orsay lui a donné le feu vert.

C'est ce qu'on appelle le changement dans la continuité. »

 

Albert Soued- 13/06/07

(1) déjà 3 assassinats, il ne reste plus que 2 autres députés à assassiner, pour réduire le nombre de la majorité anti-syrienne à 65 députés et la rendre impuissante.

 

Suite à cette interprétation par Albert Soued du message de Damas, on aurait pu croire qu'il y aurait une inclination gouvernementale à détecter lucidement le genre de "diplomatie" terroriste à laquelle se heurte en dansant la St Guy, cette politique étrangère faite d'amnistie, d'amnésie d'une fois sur l'autre, d'apeasement et disons-le, de diplomatie du Turban à l'égard des Mollahs. L’avertissement damascène n’a collé au palais de la chancellerie que le temps d’une quinzaine de jours, avant qu’elle ne reprenne langue et se lance à nouveau dans la belle ouvrage. La voilà persuadée réussir, cette fois, sa broderie, avec un peu de persévérance et de sens de la persuasion. Bernard Kouchner se changerait en animateur bienveillant des sessions d’entretiens entre les 14 différents partis, à l’issue duquel brain storming, toutes les menaces fratricides se lèveraient pour que sous les lampions du 14 juillet des solutions inouïes commencent enfin à poindre. Le French Doctor ferait aux différentes familles libanaises irréconciliables, le coup des « Etats Généraux » ou conférences de consensus qui ont tant réussi à son ancienne égérie, Ségolène Royale ; et, de jury en jury, pas à pas, la loi et l’ordre juste, le sens du compromis reprendraient leurs droits au Liban. Exit, les dates-butoirs et tous ces ultimatum qui ne sont qu’autant de barrières psychologiques limitant l’innovation à la Française, la dynamique de groupes spontanée des Libanais  !

 

Tout le monde a intérêt, au Liban en particulier, à faire comme si. Le Hezbollah fait en sorte d'être considéré comme incontournable, apparemment "pacifié", mais réarme à tout-va, joue parfaitement, sur le plan politique, son rôle de "minorité de blocage", lorsqu'à chaque proposition, un incident survient, dans lequel, bien entendu, il ne se trouve être absolument pour rien! On aura entretemps inventé d'autres milices pour faire le sale boulot à sa place. Parfois Assad s'en mêle directement. Comme cette annonce (http://lebnanews.com/Newlib/content/view/543/32/) qui n’a effarouché personne, parmi les invités au bal de la République, que l’armée syrienne s’enfonçait dans une bande de 3 kms à l’intérieur de la Beqaa, confisquée au Liban souverain. Et ça marche! Personne ne bronche! Ni Ban Ki Moon, ni Kouchner, ni Rice, ni personne !

 

Suite aux infos de Lebnanews, il n'y a eu à cette heure, aucune réaction sensée quant à ce qui constituerait une violation de souveraineté, une provocation ouverte de la part de la Syrie. Nouvel ultimatum, qui, si le Liban avait jamais été souverai, aurait valu Casus beli.

 

Le matin du 8 juillet encore, Dennis Ross, ex-médiateur d'Oslo envisageait la possibilité d'une guerre entre Israël et la Syrie (Ynet).

 

Israël est trop fréquemment aux abonnés absents pour cause de crise de leadership, mais se sait à deux doigts de la guerre à l’une ou plusieurs de ses frontières en même temps. Nos institutions Juives ont du mal à se positionner s’il s’agit d’un Etat supposé être protégé par la France. Elles "déploreront" la présence du Hezbollah et demeureront dans le flou "diplomatiquement correct" ; pendant ce temps, tranquillement, les Etats-voyous prennent leurs marques et imposent leur cadence. Le "loup" est depuis longtemps au milieu de la bergerie, mais attendons qu'il nous envoie une invitation au festin en bonne et due forme! Sans réaction appropriée d'aucune sorte. "Wait and See"! Nous vivons dans la bulle d'illusion qu'en France, un vent de réforme soufflerait favorablement pour tenir plus solidement les rênes que par le passé, avoir la franchise de ses "convictions". Nicolas Sarkozy, bien avant que d’annoncer sa candidature, n’avait-il pas été beaucoup plus franc, beaucoup plus loin encore qu’un Jacques Chirac inhabituellement sévère, ce 14 juillet 2006, à l’encontre du Hezbollah « irresponsable », que son dauphin n’hésitait pas à traiter de « Terroriste », l’appelant, pour une fois, par son nom. Mais c’était avant, à une époque où il était encore question qu’on ne nous « mentirait pas », qu'on ne "nous décevrait pas" !

 

Il serait temps que nous décillions les yeux. Si nous ne nous faisons pas un peu violence, qui le fera? Eux, assurément

09:05 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

AZMI BISHARA SUITE

L'ancien député Azmi Bishara, en fuite depuis les accusations à son encontre d'espionnage au profit du Hezbollah, a déclaré qu'un retrait d'Israël sur les frontières de 1967 était possible grâce aux efforts de certains membres de la gauche israélienne soutenant cette initiative.

WWW.GUYSEN.COM 

07:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

LE CAS AZMI BISHARA

Dimanche 29 avril 2007

Israël/ Le cas Azmi Bishara

"Tout Arabe est chez lui dans le monde arabe tout entier". C'est ce qu'affirme l'ex-député arabe israélien Azmi Bishara dans une interview diffusée par Al-Jazeera. Mais les juifs, eux, n'ont qu'Israël...

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Catégorie : Stratégie

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PARmedium_Michel_Gurfinkiel_Photo_Alain_Azria.2.jpg Michel Gurfinkiel.

Vous voulez comprendre quelque chose au conflit israélo-palestinien ? Intéressez-vous au cas d’Azmi Bishara.

Né en 1956 à Nazareth, ce citoyen israélien appartient à la minorité arabe chrétienne. Il effectue ses études secondaires au lycée baptiste de sa ville natale. En 1974, il s’inscrit à l’Université hébraïque de Jérusalem. Proche du parti communiste israélien, comme la plupart des Arabes israéliens chrétiens à cette époque, il effectue ensuite des études de second et troisième cycle en Allemagne de l’Est, pays qui ne reconnaît pas Israël et qui coordonne en grande partie les activités anti-israéliennes du bloc soviétique, y compris les opérations terroristes. En 1986, il obtient un doctorat de philosophie à l’université Humboldt de Berlin-Est, qui est alors l’un des bastions intellectuels du totalitarisme communiste. Cela ne l’empêche nullement de revenir en Israël, pour y mener une carrière universitaire à deux volets : chercheur à l’Institut Van Leer, l’équivalent israélien du CNRS, et doyen de la faculté de philosophie et des études culturelles à l’université palestinienne de Birzeit, en Cisjordanie.

En 1996, il est élu député au parlement israélien, la Knesseth, sur la liste nationaliste arabe Balad, d’inspiration nassérienne. Aucune instance officielle israélienne ne s’oppose à cette élection pour des motifs de sécurité nationale. Il est réélu à quatre reprises : en 1999, en 2001, en 2003 et en 2006. En 1999, il fait même acte de candidature au poste de premier ministre. Sa ligne politique ? Un rejet catégorique de l’Etat d’Israël en tant que tel et de ses institutions, un soutien systématique au nationalisme palestinien et au nationalisme arabe, un militantisme incessant pour la transformation d’Israël en un Etat binational judéo-arabe destiné à se dissoudre dans une Grande Palestine arabe. En revanche, pas le moindre soutien à ses frères arabes chrétiens israéliens (notamment quand les musulmans de Nazareth tentent de construire une mosquée géante en face de la Basilique catholique de l’Annonciation) ou aux Palestiniens chrétiens (soumis à des persécutions incessantes et contraints à l’exil après l’instauration de l’Etat autonome palestinien en 1994).

En 2001, Bishara se rend en Syrie, pays avec lequel Israël est en guerre de jure et de facto. Il y rencontre le président Bashar el-Assad, et y fait l’éloge du Hezbollah, l’organisation terroriste et collaborationniste qui quadrille la communauté chiite libanaise pour le compte de Téhéran et Damas. Le gouvernement israélien – alors dirigé par Ariel Sharon – ordonne une enquête. Elle se concluera par un non-lieu. Mais la Knesseth votera une nouvelle loi interdisant à ses membres tout contact non missionné avec des Etats ennemis.

Pendant la guerre de l’été 2006 entre Israël et le Hezbollah, Bishara prend bruyamment parti pour ce dernier. En septembre 2006, il se rend en Syrie en compagnie de deux autres députés arabes israéliens : il met publiquement en garde ses interlocuteurs contre une nouvelle guerre qu’Israël déclencherait pour « rétablir sa capacité de dissuasion militaire ». Il se rend ensuite au Liban, où il affirme que « le Hezbollah a stimulé l’esprit de résistance du peuple arabe ». Cette fois, les autorités israéliennes déclenchent des poursuites, notamment en invoquant la loi de 2001.

Bishara prend peur. Il quitte Israël en avril 2007. Le 22 avril, il fait parvenir à la Knesseth sa démission, par l’intermédiaire de l’ambassade israélienne au Caire.

Ce qui ressort de ces données, c’est l’image – peu reluisante – d’un homme à qui une démocratie, Israël,  aura permis de mener sa vie et sa carrière à sa guise, et qui n’aura eu de cesse de la combattre, de la diffamer et finalement de la trahir.

Mais l’essentiel, le plus révélateur, est dans l’interview que Bishara, après sa fuite, donne le 18 avril dernier à Al Jazeera, le CNN arabe basé au Qatar. Il y déclare qu’il a « grandi au cœur de la culture arabe », qu’il a « des amis dans tout le monde arabe », qu’il n’a « aucune identité israélienne » et que « les ennemis d’Israël ne seront jamais ses ennemis ». En clair, il n’y aurait  pas, selon lui, de conflit israélo-palestinien – il ne prononce pas une seule fois le mot de « Palestine » - , mais plutôt un conflit global entre Israël et l’ensemble d’un monde ou d’une nation arabe, dont il serait, en dépit de son passeport israélien,  un citoyen et un combattant .

Dont acte. Si Israël s’était créé aux dépens d’une nation palestinienne, il lui devrait des réparations et devrait accepter, au minimum, un partage territorial sur un pied d’égalité. Mais si la nation  palestinienne n’existe pas, et si le conflit se situe, comme le dit Bishara, entre Israël et la nation arabe tout entière, on entre dans une logique totalement différente, celle d’un tout petit Etat qui défend sa survie face à ensemble géopolitique infiniment plus grand. Et qui, dès lors, a le droit d’exiger un espace territorial minimum, un pré carré : la Terre d'Israël historique.

Interrogé en 1937 par une commission d’enquête britannique sur la Palestine, Vladimir Jabotinsky avait déclaré que les revendications d’un  monde arabe déjà pourvu de nombreux Etats étaient sans doute respectables en soi, mais qu’elles apparaissaient, quand on les comparait à celle d’un peuple juif sans Etat, comme « les revendications de l’appétit » face à « celles de la faim ». Soixante-dix ans plus tard, Bishara confirme ce point de vue.

http://michelgurfinkiel.com/articles/117-Isral-Le-cas-Azmi-Bishara.html 

07:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

CONTRIBUTEURS SPECIALISES

Contributeurs Spécialisés
Les sites de Socrate et de Galilée n'auraient pas eu 'le plus fort taux de visites', Mme Boutin !
« Christine Boutin rendant George Bush responsable des attentats du 11-Septembre ? Pour le collectif ReOpen911, pas de doute. Sur son site Internet, qui exhume une vidéo de novembre 2006, les tenants de la théorie "conspirationniste" des attentats de New York et Washington vont plus loin, affirmant : "Le gouvernement français, représenté par Christine Boutin, envisage la responsabilité de G.W. Bush dans les attentats du 11 septembre 2001." » ("Le Monde"). Imaginez un instant l'incident diplomatique entre la France et les Etats-Unis, qu'eût causé la révélation que l'an dernier, au plus fort de l'affaire 'Clearstream', un membre républicain du Congrès avait confié aux médias qu'il était possible, voire hautement probable, que Nicolas Sarkozy avait un compte occulte dans cette banque d'affaires ! (Menahem Macina).
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1. De quoi s’agit-il ?

D’un bref extrait d'une vidéo qui figure sur le site de DailyMotion, sous le titre suivant : « La ministre Boutin et le 11 septembre - Vidéo de ReOpen911 ».

 

 

La vidéo s’ouvre sur ces phrases racoleuses, disposées comme suit :

 

« Le gouvernement français

représenté par Christine Boutin,

ministre du logement et de la ville

envisage la responsabilité de G.W. Bush

Dans les attentats du 11 septembre 2001. »

 

Et elle se clôt sur les propos suivants (même disposition) :

 

Pour la première fois

une personnalité au pouvoir

brise le silence.

D’autres viendront bientôt dénoncer ce scandale qui est

à l’origine de plusieurs guerres

et [de] plus d’un million de morts.

Faites comme le gouvernement français.

Venez vous informer sur

ReOpen911.info.

 

  • Ce document a causé une telle émotion chez certains de nos collègues responsables de site, que l'un d'entre eux a même pris l'initiative d'une pétition demandant la démission de Madame Boutin.
  • Qu'en est-il réellement ?
  • La chose est-elle avérée ? Et si c'est le cas, qu'y a-t-il lieu de faire? C'est ce que je vais essayer de tirer au clair, ci-après.

 

En fait, cette vidéo tronquée est une charge qui s’apparente à une manipulation. Comme le démontrent les journalistes du Monde, Oriane Raffin et Benoît Vitkine, dans un article intitulé "Christine Boutin rattrapée par ses propos controversés sur le 11-Septembre", mis en ligne le 5 juillet, il s’agit d’un extrait, soigneusement tronqué, d’une longue interview de Christine Boutin, qui figure sur le site de Karl Zéro. Précision que se garde de mentionner celui qui a mis en ligne la vidéo sur DailyMotion : l’interview en question a eu lieu en novembre 2006, et donc, comme le rappelle l’article du Monde, à une époque où Mme « Boutin n'était pas encore ministre de la ville et du logement ». C’est donc un anachronisme et une désinformation que d’affirmer, comme le fait le texte cité ci-dessus, que « le gouvernement français » est « représenté par Christine Boutin, ministre du logement et de la ville ».

L’article du Monde précise encore que l’interview s’est déroulée « en compagnie de deux blogueurs, Natasha Quester-Semeon et Atmoh, représentant de ReOpen 911 et membre du collectif Jeudi Noir ».

 

 

Suite à l’émotion (somme toute bien compréhensible, au vu des éléments à leur disposition) qui s’est emparée de plusieurs collègues responsables de sites et/ou de blogues, j'ai cru utile de mettre les choses en perspective et de les ramener à leurs justes proportions, en transcrivant, ci-dessous, le passage de cette interview, qui a trait à la thèse conspirationniste, selon laquelle G.W. Bush et son entourage auraient provoqué les attentats du 11 septembre, afin d’avoir les coudées franches pour leurs "projets bellicistes", au Moyen-Orient. Cette transcription ne se limite pas à la version tronquée mise en ligne sur DailyMotion, mais reprend l’intégralité de l’échange entre Ch. Boutin et Atmoh sur ce sujet. J'ai ajouté les phrases escamotées dans la version tronquée qui circule largement sur le Net.

 

Je fais suivre ce texte d’un bref commentaire de mon cru. Comme le dit Mme Boutin, les internautes se feront leur propre opinion sur ce non-événement, qui, selon moi, fera long feu, mais dont, à ce qu’il me semble, l’image de Mme Boutin ne sortira pas indemne.

 

 

2. Que dit exactement Christine Boutin ?
(En bleu, ce qui a été escamoté dans la vidéo tronquée)

Karl Zéro à Atmoh :

 

« Atmoh, [tu vas nous parler de l’] Islam et le 11 septembre, je pense ».

 

Atmoh (qui entrouvre sa veste, sous laquelle on aperçoit la tenue orange des détenus islamistes de Guantanamo) :

 

« Oui, Tu vois, je sors juste de Guantanamo. Pourquoi Guantanamo ? En fait, ils sont venus me chercher parce que j’avais un site où je montrais un petit peu une autre explication de l’information sur les attentats du 11 septembre [2001]. C’est-à-dire, avec pas mal de documents – je ne sais pas si c’est la faute à ces dossiers, en tout cas, il s’agit vraiment de montrer que le dossier du 11 septembre, c’est la fin de la démocratie, avec un Etat qui intervient pour favoriser des attentats sur son propre sol. Bon, c’est pas nouveau, si on regarde dans les archives des Etats-Unis, il y a l’opération Northwoods, où justement c’était prévu par la CIA de fabriquer ça pour aller à Cuba, et, en l’occurrence, pour le 11 septembre, Bush s’arrange pour qu’il y ait des attentats, puis aller en Afghanistan, puis en Iraq, comme par hasard, où c’est une catastrophe. Donc alors là [il s’adresse à Ch. Boutin], je voulais juste te demander un petit peu ton avis sur le gouvernement Bush et sa liaison [lire : "sa relation"] avec la menace de [lire : qu’il fait peser sur] la démocratie ; et puis, peut-être plus précisément, est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats ? »

 

Christine Boutin :

 

« Je pense que c’est possible… »

 

Atmoh

 

« D’accord. »

 

Christine Boutin :

 

« Je pense que c’est possible, et je le suppose d’autant plus que je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui sont, euh… qui ont le plus [grand] taux de visites…

 

Atmoh

 

« Incroyable… C’est incroyable. »

 

Christine Boutin :

 

« Et donc je me dis – moi qui suis très sensibilisée aux problèmes des nouvelles technologies de l’information et de la communication -, je me dis que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. Donc, je ne te dis pas que j’adhère formellement à cette posture, mais je m’interroge un petit peu sur cette question. »

 

En outre, comme le précise l'article du Le Monde, « plus loin, la ministre explique aussi que "c'est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée".

 

 

3. Mon commentaire et mon appréciation

(dont j’endosse seul la responsabilité)

Le chef de Cabinet de Mme Boutin a beau jeu de dédouaner sa ministre, en excipant de l’avant-dernière phrase de celle-ci : 

 

« Donc, je ne te dis pas que j’adhère formellement à cette posture, mais je m’interroge un petit peu sur cette question ».

 

Il n’en reste pas moins que, lorsqu’on lui demandait si elle ne pensait pas que

 

« Bush [pouvait] être à l’origine de ces attentats »,

 

Mme Boutin répondait sans ambiguïté :

 

« Je pense que c’est possible… »

 

 

Mais il y a pire. Non seulement Mme Boutin persiste et signe, mais elle le fait en des termes époustouflants, dont nous allons voir que, si on les prenait au sérieux, c’est tout un monde – que l’on croyait enfoui - de chasses aux sorcières, de procès d’inquisition et d’accusations de meurtres rituels, qui acquerrait, a posteriori, un statut d’honorabilité, dont les pires perpétrateurs de ces exactions, n’avaient eux-mêmes sans doute pas rêvé. Qu’on en juge (les enrichissements typographiques sont de moi) :

 

« …je le suppose d’autant plus que je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites… qui ont le plus [fort] taux de visites Et donc je me dis que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. »

 

Faut-il voir, dans cette candide (?) profession de foi de la très catholique Mme Boutin, une lointaine réminiscence du "Vox populi, vox Dei" - La voix du peuple (= celle des sites qui ont le plus fort taux de visites !) est la voix de Dieu ?

 

A ce compte, sans parler de Socrate, et pour nous limiter aux calomnies qui ont tant coûté au peuple juif :

 

·         Les Juifs ont, à n’en pas douter, empoisonné les puits et répandu la peste noire au Moyen-Âge, puisque des populaces l’ont cru (outre qu'ils ont massacré le plus de "coupables" qu’ils ont pu).

·         Quoiqu’ils s’en défendent comme des beaux diables, c’est l’évidence même que les Juifs projettent de dominer le monde, comme l’affirment les "Protocoles des Sages de Sion", à l’authenticité desquels des millions de gens croient sans hésiter.

·         Et même si, grâce à leur or et à leurs complicités occultes avec les Francs-maçons et des Grands de ce monde, les Juifs ont réussi à jeter le doute sur la culpabilité d’Alfred Dreyfus, des millions de gens ont cru - et nombre de nos contemporains croient encore - que cet officier juif a bel et bien trahi la France.

·         Etc. Etc.

 

A la lumière de son argumentation rapportée ci-dessus, on peut douter que Mme Boutin aurait eu la moyenne à l’épreuve de dissertation française du baccalauréat, si le sujet avait été le suivant :

 

"La vérité des faits est-elle fonction de ce que croient un très grand nombre de gens, ou se peut-il qu’un petit nombre de personnes, voire une seule, aient raison contre l’immense majorité de leurs contemporains ?"

 

J’entends d’ici celles et ceux qui soufflent la formule magique (ils ont raison, mais on ne souffle durant un examen !) :

 

« Eppure, se muove – Et pourtant, elle tourne ! »,

 

phrase attribuée à Galileo Galilei, emprisonné pour avoir osé professer, face à des centaines de clercs et de théologiens de son époque, et contre la croyance fidéiste d'une immense majorité de croyants incultes, le contraire de ce que dit littéralement l’Ecriture. Il affirmait, en effet - à juste titre, mais, hélas pour lui, très en avance sur le calendrier et sur la science de son temps -, que c’est la terre qui tourne autour du soleil, et non l’inverse.

 

Menahem Macina

Mis en ligne le 8 juillet 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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dimanche, 08 juillet 2007

Le Hezbollah convié à Paris .

 
Le Hezbollah convié à Paris
2007-07-06 11:57:00

L'annonce faite à Beyrouth par l'émissaire français Jean-Claude Cousseran de la tenue d'une réunion interlibanaise à Paris "en présence de deux représentants de chaque partie et de Bernard Kouchner, qui tentera de jouer un rôle de modérateur entre les parties libanaises" a suscité l'émoi de la communauté juive de France.

Cette réunion (initiée par le Ministère des Affaires Étrangères français) qui devrait se dérouler à La Celle Saint Cloud du14 au 17 juillet convie en effet des représentants du Hezbollah, dirigé par Hassan Nasrallah.

Une présence intolérable selon le CRIF :

"Le CRIF prend acte de la participation de représentants du Hezbollah à la réunion interlibanaise [...].
S'élevant "vivement contre le fait que cette présence donne une quelconque légitimité à un mouvement qui s'est caractérisé par des attentats meurtriers, dont des soldats français ont été également les victimes par le passé, et par des émissions violemment antisémites, transmises par sa chaîne de télévision Al Manar", le CRIF rappelle que "le Hezbollah a enlevé deux soldats en territoire israélien en juillet 2006, et qu'il refuse de livrer toute information sur leur sort, au mépris des conventions internationales, et de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l'ONU".

Au cours d'un point de presse donné par le porte-parole de la présidence de la République, M. David Martinon, le président Nicolas Sarkozy a précisé qu'il était fermement engagé pour la réussite de la réunion de La Celle-Saint-Cloud le 14 juillet courant.

Selon l'Orient du Jour, interrogé sur la présence d'un représentant du Hezbollah à cette réunion et sur une éventuelle rencontre avec N.Sarkozy à l'Élysée, le porte-parole a indiqué que " si l'objectif d'une telle rencontre est d'aboutir à un gouvernement d'union nationale, il faudra forcément que le Hezbollah soit présent en France aux côtés des autres participants libanais ".
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