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lundi, 04 juin 2007

GUERRE ET BUTIN DE GUERRE

 

medium_frnacois_celier1.2.jpgGuerre et butin de guerre

 

© Chronique de la guerre métaphysique François Celier (1)

Le sujet de cette chronique fait suite à mes réflexions scénaristiques antérieures de politique-fiction concernant « Les dhimmis de demain ».

L’islamisme ayant déclaré la guerre à l’Occident le 11 septembre 2001, ce dernier est amené à le combattre sur tous les fronts, à connaître la force agressive et protéiforme de ces nombreux groupes de soldats de Dieu militants et radicaux qui essaiment le monde.

Par ailleurs, les populations occidentales, déclarées infidèles (les kafirs), ne doivent pas ignorer que cette jihad islamique est également déclarée à tous les musulmans réticents à cette idéologie guerrière puisée dans le coran.

En fait, cet assaut simultané fait partie d’une stratégie globale d’intimidation et de chantages, exercé sur les pays occidentaux tout autant qu’à l’immense communauté des croyants mahométans qui forment l’Oumma (1milliard 200 millions de musulmans).

L’objectif étant d’affaiblir ces deux populations, d’une part celle de soumettre la civilisation judéo-chrétienne et d’autre part, d’entraîner une partie de l’Oumma dans la grande djihad.

Il faut savoir qu’environ dix pour cent de celle-ci représenterait 120 millions de moudjahidins réservistes dévoués aux armées islamistes.

La stratégie de ce vaste dessein militaire dirigé contre l’Occident des mécréants et le monde des musulmans lambda, passif ou pusillanime, est celui des super croyants islamistes (ce qui reflète les conflits de la  fitna ou lutte intra musulmane).

Il est temps que l’ensemble de l’Occident prenne cette réalité en compte, d’oublier les périphrases diplomatiques et les langages d’esquive hypocritement biaisés.

Il est temps de parler ouvertement en termes de géostratégie militaires.

Nous sommes en guerre.

Cette attaque islamiste dite « Guerre Sainte » millésimée, qui se répète d’âge en âge, prend source et inspiration dans le Haut Moyen-Âge. Elle est puissamment réactualisée de nos jours avec l’ajout des techniques de la mort industrielle. C’est d’ailleurs l’un des sombres talents qu’il faut reconnaître aux leaders islamistes : répandre le culte de la mort comme thérapie extrême des frustrations et des haines accumulées au XXème, permettant de surcroît l’assouvissement de toutes les convoitises.

Ce talent s’exerce selon l’expérience ancestrale des razzias d’antan, réadaptées au goût du jour. Il s’agit d’appliquer quelques principes simples : commerce des armes pour tuer ; de fausses trêves pour tromper, de la drogue pour annihiler ; du terrorisme pour soumettre ; de l’engrossement des étrangères (dont les fils deviennent musulmans) pour supplanter les infidèles et, par-dessus tout, promouvoir l’art de la tromperie.

A ce propos, la Bible nous rappelle que le père du mensonge se nomme le diable.

Fanatiques tueurs au nom d’un Allah qui les dédouane, les islamistes sont d’habiles exploitants de la crédulité, de l’ignorance et de l’amollissement de leurs adversaires.

Ils usent de l’art de la ruse et du double langage, recommandé dans leur Manuel de guerre coranique.

Leurs idéologues cultivés, mais peu compétents en sciences et en technologie, savent piller le savoir faire des occidentaux. Enrichis d’une manne « sulfureuse » d’hydrocarbure, ils troquent leurs millions de barils de pétrole qui jaillissent de leurs déserts arides contre des armes conventionnelles toujours plus sophistiquées créés par leurs naïfs et avides vendeurs occidentaux. Le temps les pressant, ils s’acharnent à acquérir, quel qu’en soit le prix, des armes de destructions massives, y compris thermonucléaires.

Pillards et usurpateurs ils furent, pillards et imposteurs ils demeurent, avec l’assentiment scripturaire de leur Dieu des déserts d’Arabie et la caution de l’exemplarité du Prophète.

Etant donné le caractère de verticalité religieuse du conflit, il faut que l’Occident judéo-chrétien consulte et applique sérieusement son propre Manuel de guerre métaphysique : La Bible … De nos jours, si la stratégie militaire d’un Charles Martel paraît inadéquate, son courage de bouter les Islamistes hors de France l’est toujours.

Concernant l’espace européen, Mouammar Khadafi, guide de la Révolution libyenne, déclara à Tombouctou, le 10 avril 2006 (diffusé par Al-Jazeera) :

" Tous les peuples doivent être musulmans. Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu'Allah nous accordera une grande victoire en Europe :

Sans épées, sans fusils, sans conquêtes. Les 50 millions de musulmans d'Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie , nation musulmane, et va permettre son entrée dans l'Union européenne.

Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L'Europe subit notre prosélytisme, tout comme l'Amérique. Elles ont le choix de devenir musulmanes, ou de déclarer la guerre aux musulmans ''.

L’Europe se doit de réagir clairement contre cette guerre en pointillés, rampante, chuchotée, vociférante et explosive, fomentée par des agresseurs qui méprisent la vie humaine (de même que la leur), qui ne distinguent pas les civils des combattants et qui pratiquent d’innombrables assassinats tout en scandant des injonctions coraniques meurtrières.

Indifférents au prix de la vie, surexcités de violences illimitées, tels des hordes barbaresques, ils ont tous les attributs de l’intolérable pour susciter la révolte et le sursaut des occidentaux !

La volonté islamiste d’anéantir d’innombrables vies innocentes pour justifier sa prééminence et sa suprématie illustre la réalité pathologique de sa paranoïa, religieuse et criminogène. Cette armée de mercenaires mystiques comprend la valeur de plusieurs divisions disparates (apparemment) sous uniformes hétéroclites.

Elle se compose d’un grand nombre d’escadrons de tueurs, de commandos de légionnaires de la foi (les plus féroces) bien entraînés et aguerris ; de technocrates de la finance, de la propagande, de la désinformation et surtout, cette armée dispose d’unités suicidaires composées de chouhada (martyrs), leurs bombes humaines.

Ces islamikazes sont de pieux criminels consacrés au culte du Dieu de la Mort , l’ennemie ultime du genre humain. Ne tenant pas à célébrer solitairement leurs offices funèbres, ils s’appliquent à partager leurs « valeur suicidaire » chahidienne avec le plus grand nombre d’êtres humains infidèles.

Adeptes du néant, ils portent dans leurs esprits sous influence, une haine mortifère qui n’est autre que celle du Satan biblique. Ainsi, ils peuvent dépecer, décapiter, lapider et torturer en toute impunité morale, étant dédouanés par l’aval de la djihad au nom d’Allah.

Leur unique obsession consiste à imposer par malignité et force brutale, le rêve d’un immense empire mahométan avant la fin du temps des nations onusiennes.

En réalité, les actes barbares de leur jihad irrationnelle les démasquent de plus en plus aux yeux des nations. Ils révèlent le vrai visage d’un islamisme fataliste, désespéré de s’être égaré, en faillite d’humanité.

Cependant, que les occidentaux y prennent garde, nul diplomate ou politicien s’estimant  aviser ne peut prétendre acheter la paix et la stabilité d’un tel adversaire, en déni d’humanité ; ni obtenir d’utopiques trêves, qui ne sont que leurres historiques. Cela ne ferait que précipiter une dhimmitude généralisée, sous la férule d’une archaïque et cruelle Sharia, totalement  incompatible avec les Droits de l’homme civilisé.

La crainte qui se fait jour dans les populations européennes, repose sur l’obsrvation d’un demi-siècle de déficit de volonté de leurs dirigeants. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ces derniers, bâbord et tribord confondus, ont trop souvent manifestés faiblesses, démissions et défaites.

A quand le sursaut attendu ?

Etant donné la situation périlleuse dans laquelle se trouve l’Occident, les géopoliticiens, les cadres des armées, les stratèges les plus imaginatifs, devraient adjoindrent à leurs analyses les hommes de foi judéo-chrétienne…

Ils devraient se concerter ensemble dans un même Etat Major, dans un même quartier général.

Je suis persuadé que le temps est venu pour que des hommes de foi biblique soient consultés. Sans avoir le statut ou la stature des prophètes de jadis, ils connaissent l’Histoire des conflits métaphysiques antérieurs décrits dans les Ecritures. Ils sont capables de discerner les œuvres irrationnelles de l’Adversaire et d’apporter la profondeur de champ historique de leur Conseil (qui fait défaut chez les analystes militaires, si brillants soient-ils).

Les membres de cet Etat-major « élargi » auront à évaluer de concert tous les paramètres du conflit, l’usage des armes offensives et défensives à utiliser, les formes de combats, l’anticipation des ruses adverses et combattre d’une stratégie couvrant tous les aspects des combats. Ils doivent connaître le potentiel de nuisance de ces nouveaux Sarrazins salafistes ; leur nombre, leur organigramme et leurs desseins ; le recrutement par conscription de  moudjahidins mystiques qu’ils peuvent délibérément puiser au sein de l’Oumma  au nom d’une cause sacrée ; leurs capacités opérationnelles (technicité et moyens) de destructions partielles ou massives, la localisation de leurs agents infiltrés à tous les niveaux, leurs rapidité d’intervention et d’adaptation à toute contre-offensive...

De même, il conviendra de connaître les antécédents, les profils et la notoriété de leurs chefs et des idéologues ; de leurs tribuns charismatiques ou leurs codes de transmission. Leurs milliers de mollahs et d’oulémas pourraient-ils s’interconnecter –analogiquement- par « synapses » de versets coraniques ?

Il faudra découvrir les éminences grises méconnues de l’armée du dieu salafiste qui, chaque vendredi testent depuis des décades dans les mosquées et les madrasas, et chaque jour, dans les chancelleries, les ONG, les agences de presse des médias, le monde de la finance, le monde des hommes de l’ombre et des Instances Internationales, pour évaluer l’entendement et la capacité de réaction des occidentaux.

Patients, les islamistes observent, s’arment, s’entraînent dur et s’aguerrissent.

Sans craintes et sans relâche, ils étudient et expérimentent de nouvelles techniques de combat.

Par ailleurs, ils s’enrichissent de nouveaux trafics et peaufinent leurs stratégies.

Les Cheikhs, les mollahs et les imams (prêcheurs, recruteurs et mentors) naviguent dans l’Océan de l’Oumma et la noyautent en profondeur. Elle recèle un si grand gisement de conscrits militants, de moudjahidins, de chouhada et d’Ansar salafistes (incorruptibles partisans du Prophète)…

Jusqu’à ce qu’advint l’électrochoc du massacre de trois mille innocents, le 11 septembre 2001, il était difficile d’imaginer pour les occidentaux (et les Américains en particulier entachés d’erreurs géopolitiques et de collusions mercantiles avec leurs futurs ennemis) la puissance et la fascination criminogène qu’exerçait le fantôme de Mahomet, ainsi que le pouvoir de ses commandements djihadistes repris à la lettre.

Les sentences de ses sourates tueuses hantent depuis l’enfance les esprits adultes des assemblées soumises. C’est là un mystère effrayant relevant du Mal radical. L’ingérence de cet esprit malfaisant est inspirée par Satan (…) et ses jenouns assassins.

C’est ce même esprit du national-socialiste nazi qui imprégnait le Mein Kampf en augurant la deuxième guerre mondiale par une même engeance anti judéo-chrétienne.

Une grande question se pose de nos jours : comment libérer les mentalités européennes relativement anesthésiées depuis soixante ans ? Comment réanimer des millions d’âmes congelées ? Un électrochoc cent fois plus spectaculaire que celui du World Trade Center ?

Par ailleurs, combien de temps et de milliers de morts faudra-t-il à l’Oumma pour entreprendre de se guérir de l’empoisonnement islamiste de plus d’un milliard de ses fidèles ?

Une saine et salutaire information de la réalité du péril qui la menace, entreprise par des réformateurs, islamologues et historiens courageux, pourrait la désenvoûter.

Cela nécessitera la rééducation scolaire, religieusement réformée et politiquement humaniste, des populations musulmanes pour l’affranchir des mains des mollahs radicaux et fanatiques.

Quand aux européens, mis en demeure d’affronter une configuration conflictuelle majeure, outre une information publique objective, il ne lui resterait que l’option militaire d’une contre-offensive, par des semonces guerrières, des menaces financières effectives, une politique combative par décrets et lois d’exception intelligemment appliquées, s’appuyant sur des  armées réorganisées en conséquence, privilégiant un effort d’imagination stratégique dans les Etats-majors, amenant la prise en compte de la dimension irrationnelle du conflit.

Malgré ses déboires actuels en politique intérieure et son manque de vision prospective, l’Etat d’Israël par la force de son destin singulier, et son allié Américain par son caractère humaniste et patriotique, ont le courage, l’expérience et les moyens de contrer les assauts islamistes. Bien que décriés par la plupart des nations européennes et onusiennes, déjà plus ou moins soumises et sous-influence (pétrolière notamment).

Toujours est-il qu’Israël et les USA sont en première ligne de la guerre du XXIème siècle.

Le premier par destinée et le second, repentis de ses erreurs d’avant le 11 septembre 2001, paient de leur sang et de leurs deniers le tribut des prémisses d’une confrontation totalitaire.

Néanmoins, un espoir subsiste d’éviter le grand clash de la troisième guerre mondiale.

Porteur d’une espérance inattendue, il provient d’un mouvement de musulmans éclairés allant dans le sens des Droits de l'Homme et d'un rapprochement avec le monde occidental.

En effet, ce mouvement international s’enhardit à demander (non sans risques de fatwas) un renoncement du djihad, de la dhimmitude et de la charia (codifiée par les cinq madhabs). Il n’hésite pas à parler des contradictions qui existent entre Charia et Déclaration des Droits de l’Homme de 1948.

Ces musulmans éclairés ou ex-musulmans laïcisés savent que pour être civilisés et cultivés, il faut disposer d’une éducation moderne conforme. Or, n’apprendre que le Coran pas cœur n’aide pas les enfants à entrer en science et en modernité.

Les religieux de l’Islam orthodoxe s’opposent à beaucoup de choses : contre la modernité en général, contre la libération de la femme, contre toute autre éducation que la leur, contre l’évolution de leurs sociétés, contre la science, contre la liberté d’expression et d’opinion. Chaque vendredi, ils prêchent la haine, la mort et la violence à l’encontre des « infidèles ».

Tout musulman doué de moralité et de bon sens devrait se révolter contre le pouvoir des religieux. Il devrait refuser d’être sous leur contrôle et de n’être que des sujets soumis entre leurs mains. Ils préconisent de disqualifier les prêcheurs d’erreurs doctrinales, de mensonges démagogiques et de haine. En nombre croissant, ils se libèrent peu à peu de leur emprise et veulent garantir un futur à leurs enfants, sur terre, car le ciel est patient, il peut attendre…

Ce serait là quelques bons fruits du butin de la guerre au coeur de l’Oumma…

Le butin de la guerre.

A toute guerre, un butin de vainqueur, des vaincus ruinés. Notion traditionnelle ? Immorale ? Pas tout à fait si, pour les vainqueurs, le butin représente une valeur autre que de celle de l’or, de l’argent, des terres, des biens immobiliers, des esclaves, du pouvoir de dominer et se parer vaniteusement des lauriers de la gloire.

Il serait même l’antinomie du butin traditionnel des razzias perpétrées jadis à coups de cimeterres, avec la mort en prime et la dhimmitude, y compris le déshonneur et la perte de tous leurs biens, pour survivre.

Or, un verset coranique exhorte les combattants pour l’islam à mourir dans ce but :

"Que ceux qui sacrifient la vie d'ici-bas à la vie future combattent dans la voie de Dieu ; qu'ils succombent ou qu'ils soient vainqueurs, nous leur donnerons une récompense généreuse". Sourate IV verset 76.

Depuis les origines, l’histoire et la grandeur des héros de l’islam militant sont glorifiées sur des bases « idéologiquement terroristes », institutionnalisées pérennes et inamovibles.

Sans avoir à remonter aux razzias du Prophètes et de ses compagnons, quatre siècles plus tard, ce principe fut établi par la secte des Assassins, fondée par Sayyidna Hasan Bin Sabbah  (1034 - 1124), fils d'Ali, né à Kom, converti à la foi des Ismaéliens, surnommé "le vieux de la Montagne ".

Plus près de notre époque, dans la même filiation, il y eut la Secte des Frères Musulmans, fondée en 1928 par l’égyptien al-Ikhouan ul-Muslimine, reconduits en 1938 par Abd el-Rahman el-Banna (grand-père de l’actuel Tariq Ramadan) avec son fameux  « Jihad » qui devint « L’industrie de la mort ». Un véritable culte s’ensuivit qualifié de martyrologie idéale pour la confrérie fascisante des « Troupes de Dieu » :

« Dieu donne à une nation qui perfectionne l’industrie de la mort et qui sait mourir noblement, une vie fière en ce monde et la grâce éternelle dans la vie future ».

Par la suite il y eut les Factions du Hezbollah chiite fondamentaliste, puis le Fatah (groupe terroriste créé en 1957 par des Palestiniens en exil au Koweït, avec Yasser Arafat à sa tête). Le mouvement concurrentiel du Hamas vint de l'Al-Moujamma al-Islami, créé en Israël, en 1978, par le Cheikh Ahmed Yassine, repris par Harakat al-muqawama al-Islamiya, en 1987. Ensuite ce fut Al Qaeda ("la base") datant de 1988. Ce dernier puisa son idéologie de la Secte des Frères Musulmans préconisant le grand djihad Islamique. Ses Factions sont formées du Bataillon Al-Aksa (Q.G. implanté en Jordanie) ; du Djihad Islamique Irakien (mouvement terroriste chiite, très actif dans le sud de l'Irak, parrainé et financé par les services secrets iraniens pour déstabiliser le gouvernement irakien) ; le Djihad Islamique Libanais avec Q.G. à Douris au Liban ; l’Escadron Djihad Islamique (assimilée à l'organisation du Fatah et Q.G. à Bagdad) ; la Faction Cheikh Obeid Al-Aziz Oda (Q.G. à Gaza), soutenue par l’Iran et la Syrie  ; ainsi que la Faction Ahmed Mohana, dont le Q.G. se trouve en Syrie et en Egypte (2)

En rapport avec la notion de butin spirituel précédemment amorcée, celui-ci pourrait  s’appliquer aux antagonismes contemporains, tels que celui des islamistes guerroyants contre les occidentaux. En effet, selon la Bible , voici l’enseignement qui en découle :

 « C’était sur le butin pris à la guerre qu’ils les avaient consacrés pour l’entretien de la maison de l’Eternel » (1Chro. 26 :27).

En langage clair, la « maison de Dieu » s’édifie et s’entretien avec le produit de nos conflits, de nos luttes, de nos épreuves et de nos victoires sur nos adversités. Autrement dit sur un plan métaphysique, il y a un combat de la foi judéo-chrétienne face aux épreuves de la vie, d’une part, et l’Ijtihad des musulmans, qui serait un effort individuel d’interprétation des préceptes religieux chargé d’édifier de fidèle.

Cette pratique est tout à fait distincte de celle du  jihad guerrier à la gloire d’Allah.

De même que Dieu est « Esprit », la « maison spirituelle » biblique est une métaphorique illustration représentée par le peuple de ses fidèles ancrés dans la foi. Toute personne animée d’espérance en Dieu est une pierre vivante de l’édifice spirituel qui la compose.

Analogiquement, quiconque est inspiré d’une conviction d’honnête justice (par exemple) est une pierre vivante du corps social, national et patriotique, par son combat pour la liberté des siens et son pays. Autrement dit, sur le plan d’une réalité citoyenne, le butin citoyen de ses actes de bravoure fait de ce combattant une pierre vivante honorable.

Sur le plan ontologique, le principe du combat judéo-chrétien révèle le butin spirituel de chaque combattant de la foi, contraint à guerroyer. Il doit alors se revêtir des armes de l’esprit, ce qui lui est explicitement recommandé dans une lettre de Paul aux Ephésiens :

« Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.

C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; revêtez la cuirasse de la justice ; mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix ; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin ; prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’esprit, qui est la parole de Dieu » (chap. 6 : 11à 17).

Il en est de même sur le plan d’une réalité « terre à terre » des affrontements d’hommes, des luttes défensives et offensives, entreprises avec courage. Un butin matérialisé (médailles, distinctions, avancements est autres reconnaissances de ses actes) sera la gratification pour le devoir accompli, avec la reconnaissance des siens et de son pays.

Lors d’une bataille à risques encourus, des actes héroïques à l’épreuve du feu (ou par ses écrits, ses communications médiatiques courageuses), chacun peut prendre la mesure de sa force de caractère, de la fermeté de ses convictions d’équité et d’éthique, de sa valeur de courage et de résistance. Par là même, il s’enrichit intimement et contribue à l’édification de sa propre  maison humaine en ayant mis à l’abri sa famille et sa postérité.

Il convient donc de distinguer un butin « profane » et un butin « spirituel », des butins islamistes, de mercenaires, de pillards et de criminels assoiffés de convoitises.

Pour conclure cette réflexion ancienne de plusieurs millénaires, la Torah dit avec précision :

« Et j’ai établi un lieu à mon peuple Israël, et je le planterai, et il habitera chez lui, et ne sera plus agité ; et les fils d’iniquité ne le consumeront plus comme au commencement, et depuis les jours où j’ai établi des juges sur mon peuple Israël. Et je subjuguerai tous tes ennemis ; et je t’annonce que l’Eternel te bâtira une maison ». (1 Chro 17 : 9-10). 

Cette citation peut susciter de nombreuses réflexions, notamment pour nos amis israéliens à l’égard de leurs autorités politiques décevantes, de leurs intellectuels anti-sionistes et de leurs journalistes désinformateurs lorsqu’ils agissent en hors la foi de leurs pères. Elle s’adresse aux juifs en général, mais aussi aux amis qui s’y associent tels que d’innombrables judéo-chrétiens (dont je suis) en paroles et en actes.

De même, aux amis musulmans engagés dans le courageux combat de la réformation de l’islam. Je leur rappelle volontiers cette autre parole de Dieu dite par son prophète Esaïe (Chap.19. 23-24) pour les fortifier :

«Le temps viendra où j’unirai l’Égypte, l’Assyrie (représentant les nations arabes entourant Israël) et Israël. Ils feront une alliance ensemble... et je dirai, Bénis soient l’Égypte mon peuple et l’Assyrie, oeuvre de mes mains, Israël mon héritage. Et je ferai d’eux ensemble une bénédiction sur la terre ».

François Celier, 1 juin 2007                             (1) Ecrivain. Scénariste. Conférencier. Converti au judéo-christianisme en 1972. Pasteur/Evangéliste depuis 1976. Fondateur du mouvement Friends of Jesus the Jew. Essai : Le choc des religions (2005) Ed. Presses de la Renaissance. Roman « Pieds nus dans les étoiles » France-Europe Editions.  (2) D’après Charles-Emmanuel Guérin, Analyste Stratégique - Consultant – Officier de Sécurité, dont j’ai trouvé opportun son complément informatif :  «Les islamistes du monde entier ont tous quelque chose, avec seulement des différences mineures. Certains luttent pour la radicalisation de l'Islam dans un pays donné (GSPC en Algérie, Tribunaux islamiques en Somalie, etc.), d'autre pour créer un État musulman au profit d'un autre pays (Liban, Phillipinnes, Tchéchénie, Érythrée, Israël, Kosovo, etc.), alors que d'autres luttent pour le rétablissement de l'empire islamique (Al-Qaïda, Frères musulmans, parti Baath, etc.). Les buts qui viennent juste d'êtres mentionnés sont leurs objectifs à cours terme. Leur objectif à long terme, lui, est le même pour tous : soumettre la terre à l'Islam et anéantir toutes les autres croyances. Des moudjahidins soudanais ont été retrouvés aussi loin que l'Algérie, la Bosnie , la Tchéchénie et l'Afghanistan. Des moudjahidins « palestiniens » ont été capturés au Kosovo, des moudjahidins détenant des passeports français en Afghanistan, des moudjahidins détenant des passeports britanniques en Irak, et des moudjahidins détenant des passeports états-uniens en Somalie. Des djihadistes iraniens opèrent au Liban et des djihadistes syriens font de même en Irak. Nous regardons toutes ces guerres comme des conflits séparés, mais eux, ils les regardent comme les différents fronts d'une guerre sainte globale ».

Photo:Alain Azria

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jeudi, 31 mai 2007

LU SUR LE FORUM LETTRE A BAYROU

A faire diffuser

 

 

 

 

 

 

 

 

Lu sur le forum du figaro : LETTRE A BAYROU

 

Monsieur Bayrou,

Ce midi, en déjeunant, j'ai entendu à la radio une nouvelle qui m'a fait sursauter.
Vous avez désigné, pour représenter le modem aux législatives, dans une circonscription de Seine Saint Denis, l'ancien judoka djamel Bourras.
Naturellement vous êtes libre de désigner qui bon vous semble.
Il me parait cependant nécessaire de vous rappeler que M. Bourras a pris fait et cause pour Dieudonné à qui il a dit, à l'issue d'un spectacle au zénith "Dieudonné tu es le meilleur d'entre nous" alors que le public criait "heil hitler".
C'est le même Bourras qui manifesta, toujours avec Dieudonné, pour protester contre la suppression de la chaîne hezbollah qui diffusait, en France, le brûlot antisémite "le protocole des sages de sion".
C'est le même Bourras qui a affirmé au cours d'un débat avec Max Gallo que les églises qui ne "servaient à rien" devraient être transformées en mosquées. Quelles sont ces églises qui ne servent à rien et auxquelles pensent M. Bourras ?
C'est encore lui qui a dédié sa médialle d'or à "tous les musulmans du monde". J'aurais aimé qu'il la dédie aussi à la France qui lui a permis de participer aux jeux olympiques.
J'arrête là la liste, elle est longue et finirait par lasser.
Alors, Monsieur Bayrou, vous qui avez accusé Sarkozy de flirter avec l'extrême droite alors qu'il l'a, au contraire, réduite, qu'est-ce que cela fait de vous allier à un tel personnage ?
Heureusement, je n'ai pas voté pour vous. Si je l'avais fait, la nouvelle entendue ce midi m'aurait fait vomir.
Cela dit, j'ai le sentiment qu'aujourd'hui je vous connais mieux. A chaque chose malheur est bon.

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N'oublions pas que Bourras a aussi défilé avec les barbus et leurs femmes voilées contre la loi sur la laïcité.......Remarquez, cela ne m'étonne pas outre mesure puisque Bayrou a dit en allant dans les banlieues entouré de femmes voilées "je suis dans la nouvelle France ".....Je ne suis pas sûre qu'il sache exactement ce qu'est la France...........

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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mercredi, 30 mai 2007

ENTRETIEN NICOLAS SARKOZY PAR DAVID REINHARC ET ALEXANDRE DEL VALLE

medium_sarko1.jpgENTRETIEN DE NICOLAS SARKOZY

 

 

PAR DAVID REINHARC ET ALEXANDRE DEL VALLE

 

photo:Alain Azria  

 

Interview exclusive de Nicolas Sarkozy accordée à l'hebdomadaire israélien Jerusalem Post édition française. Edition du mardi 1er mai, n° 839.

 

Confié par la rédaction du Jerusalem Post à Olivia Cattan pour Judéocité.

 

 

“Je défends le droit d’Israël à se protéger”

 

 

Nicolas Sarkozy, le candidat de l’Union pour un mouvement populaire, s’adresse aux Israéliens entre les deux tours. Etape choisie du sprint final

 

 

Propos recueillis par David Reinharc et Alexandre Del Valle

 

 

Les résultats du premier tour des élections présidentielles en France témoignent de la popularité de Nicolas Sarkozy auprès des électeurs franco-israéliens. 82 % ont voté pour lui. A la veille du second tour des élections, le candidat UMP a tenu à partager sa vision de la France , de l’Europe et du Moyen-Orient par le biais du Jerusalem Post édition française.

 

 

– Vous avez en Europe et ailleurs dans le monde l’image d’un homme de droite aux positions sécuritaires et libérales, sans oublier votre “atlantisme”, pro-israélien et pro-américain qui plaît à beaucoup aux franco-israéliens mais moins à la gauche européenne. Jugez-vous cette perception fidèle et juste ?

 

– Eh bien dites moi, je crois que vous n’avez rien oublié. Il y a là la liste complète des traits les plus caricaturaux généralement utilisés par tous ceux qui en général ne sont pas très bien intentionnés à mon égard. Cette perception n’est évidemment ni fidèle ni juste. J’ai voulu être le candidat d’une droite républicaine enfin décomplexée de ne pas être la gauche, d’une droite sûre de ses valeurs : le travail, l’autorité, la primauté de la victime sur les délinquants, l’effort, le mérite, le rejet de l’assistanat, de l’égalitarisme et du nivellement par le bas. Cela fait-il de moi un homme de la droite dure ?

 

Je me suis employé dans mes responsabilités ministérielles à combattre et à faire reculer une insécurité qui avait littéralement explosé sous le gouvernement de gauche de Lionel Jospin.

 

J’ai obtenu des résultats significatifs et j’estime qu’ils devront être confortés demain par une amélioration de l’ensemble du fonctionnement de la chaîne pénale, en particulier pour mieux lutter contre la récidive et le sentiment d’impunité des mineurs multi-réitérants. Cela fait-il de moi un homme aux positions sécuritaires ?

 

En matière économique, je suis avant tout un adepte du pragmatisme. Je crois aux libertés économiques. Je crois à l’économie de marché. Mais je sais aussi que le marché ne dit pas tout et ne peut pas tout. Je crois au volontarisme politique en matière industrielle et technologique, et je ne regrette pas d’avoir fait le choix d’intervenir pour sauver Alstom, une entreprise redevenue florissante. Cela fait-il de moi un libéral ?

 

Je suis viscéralement attaché à l’indépendance de la France et de l’Europe vis-à-vis de quelque puissance que ce soit. Et je déplore que l’Union européenne ne fasse pas preuve de davantage d’unité, de réalisme et d’autonomie dans ses relations économiques et commerciales avec les autres régions du monde, comme dans sa politique étrangère et de défense. Je ne vois pas là d’incompatibilité avec le fait de considérer les Etats-Unis comme une grande démocratie avec laquelle nous avons beaucoup de valeurs communes et des liens historiques indéfectibles. Pas plus que je ne vois d’incompatibilité entre la reconnaissance du droit des Palestiniens à disposer d’un Etat viable et le fait de considérer la sécurité d’Israël comme non négociable. Cela fait-il de moi un “atlantiste”, un “pro-israélien” et un “pro-américain” ? C’est une lecture qui à tout le moins manque de la plus élémentaire subtilité. La vérité, c’est que ceux qui disent cela sont des anti-Israéliens et des anti-Américains. Qu’ils s’assument au lieu de dénigrer les autres.

 

 

– Pouvez-vous dresser un bilan et une prospective pour le futur de l’institution du Conseil français du culte musulman et du dialogue entre le gouvernement français et le chef du conseil, Dalil Boubaker ?

 

– Je me suis effectivement fortement impliqué dans la création du CFCM, l’instance représentative des musulmans de France et de ses prolongements régionaux que sont les

 

25 CRCM. Pourquoi ? Parce que je préfère un islam de France, en phase avec les valeurs et les règles de notre République, à un islam en France qui resterait soumis à des influences étrangères.

 

Le CFCM rassemble les différents courants de pensées des musulmans et permet qu’un dialogue s’instaure entre eux, mais aussi, bien sûr, avec les pouvoirs publics et les autres composantes de la société française.

 

Concrètement, le CFCM s’occupe de la construction de mosquées, de la gestion des carrés musulmans dans les cimetières, de l’organisation des fêtes religieuses, de la nomination des aumôniers dans les hôpitaux, les lycées et les prisons, mais aussi de la formation des imams.

 

Le bilan du CFCM depuis sa création en 2003 est pour moi positif et encourageant. D’ailleurs, je suis persuadé qu’aucun gouvernement à l’avenir, quel qu’il soit, ne remettra en cause son existence et ses finalités.

 

 

– La sécurité et l’immigration sont les thèmes sur lesquels vous avez le plus travaillé en tant que ministre de l’Intérieur. Que pensez-vous de la directive européenne, qui porte à la fois sur l’échange des données entre les divers services d’intelligence et sur l’harmonisation des lois qui règlent l’arrivée des clandestins ?

 

– Vous faites sans doute allusion à la proposition de directive concernant le retour des immigrés en situation irrégulière. La Commission européenne a estimé qu’il était nécessaire de franchir un nouveau cap dans l’harmonisation des procédures d’éloignement.

 

C’est indéniablement une bonne chose, à condition toutefois que les Etats puissent conserver encore une certaine marge de manœuvre.

 

Quant à la coopération en matière d’échange d’informations entre les différents pays européens, je la crois indispensable, que ce soit pour lutter contre l’immigration clandestine, notamment au moyen du futur système d’information sur les visas, ou contre les réseaux de criminalité organisée qui prospèrent en exploitant la misère et le désespoir des hommes.

 

Plus largement, je souhaite que les Etats européens puissent aller plus loin demain dans l’approfondissement de la coordination de leurs politiques en matière d’immigration, d’asile et de contrôle des frontières. Dans mes responsabilités de ministre de l’intérieur, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de soumettre à nos partenaires des propositions en ce sens.

 

 

– Vous avez souvent déclaré vouloir revoir la loi sur la laïcité de 1905. Comment pensez-vous que celle-ci puisse être modifiée et vers quelle direction ?

 

– Il n’a jamais été question pour moi de toucher aux principes fondamentaux de la loi de 1905. Cette loi n’est pas une loi de prohibition mais une loi de clarification des relations entre l’Etat et les religions. C’est une loi de tolérance qui assure tout à la fois la liberté de conscience et la neutralité de l’Etat, autrement dit l’égalité des cultes devant la puissance publique.

 

J’ai simplement souhaité qu’une réflexion s’engage sur la nécessité de procéder à un nouveau toilettage, afin de prendre en compte une réalité nouvelle : le fait que la religion musulmane, qui est aujourd’hui devenue la deuxième religion de France après la religion catholique, était quasiment inexistante sur notre territoire en 1905. Je rappelle d’ailleurs que cette loi a été amendée à treize reprises ! Un rapport d’experts, qui m’a été remis en septembre dernier me recommandait d’aménager la législation afin de donner aux communes la possibilité, dûment encadrée, d’aider si nécessaire à l’investissement cultuel.

 

Si cette question mérite sans doute d’être étudiée, c’est notamment parce qu’il n’est pas juste que les fidèles de certaines confessions apparues récemment sur notre territoire rencontrent des difficultés pour pratiquer leur culte. Je ne pense pas néanmoins qu’il soit opportun de légiférer sans avoir auparavant obtenu un très large consensus. Pour légiférer sur ces questions délicates, l’accord de la grande majorité des Français et des différentes communautés cultuelles me semble indispensable.

 

 

– Vous savez que la question du Liban nous préoccupe beaucoup en tant que pays voisin. Au Liban, les soldats européens se sont conformés à la résolution de l’ONU pour une force multilatérale le long de la frontière avec Israël. Certains rapports des Nations unies signalent le réarmement du Hezbollah. Pensez-vous que la mission Finul doive être repensée afin d’être efficace ?

 

– La mission “Finul 2”, mise en place par la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, s’était vu confier un mandat réaliste, celui d’assurer un cessez-le-feu durable entre parties libanaises et Israël. Elle y est globalement bien parvenue jusqu’à aujourd’hui, sans aucun doute d’ailleurs parce que la France , sous l’impulsion vigilante de Jacques Chirac, avait exigé dès le départ que les conditions d’efficacité de l’action de la force internationale soient réunies : un mandat clair et renforcé par rapport à la Finul , des règles d’engagement prédéfinies.

 

Pour autant, l’équilibre reste fragile dans la région. Le désarmement des milices en particulier, fondamental pour la stabilité, doit rester un sujet majeur de préoccupation pour le gouvernement libanais. Plus qu’à la Finul 2, c’est à ce dernier d’organiser l’abandon des armes par les milices et d’empêcher le réarmement de certaines d’entre elles en assurant un véritable contrôle de la frontière syro-libanaise.

 

Ce qui est souhaitable, c’est que le processus politique libanais puisse redémarrer, que les Libanais reprennent pleinement leur destin en mains et retrouvent le chemin du dialogue interne. Le dépôt des armes aux autorités légitimes du Liban serait le meilleur gage d’un retour durable à la paix.

 

 

– Que pensez-vous du plan de paix saoudien lancé au printemps 2002 remis à l’ordre du jour, et plus particulièrement du “retour des réfugiés” comme “condition obligatoire*” ?

 

– Comme vous le savez, la France a soutenu depuis 2002 l’initiative saoudienne en faveur de la paix, comme elle a soutenu les efforts de tous ceux qui ont cherché à régler par la voie pacifique le conflit israélo-palestinien.

 

Pour ma part, je considère cette initiative, récemment relancée au sommet de Riyad, comme utile pour permettre la relance du processus de paix. Si l’on veut la paix et la stabilité, il faut bien commencer par se parler, en particulier entre voisins. On ne sortira de l’impasse actuelle que par une solution négociée, dont le sort des réfugiés est un élément.

 

Ceci étant dit, je suis évidemment soucieux de l’équilibre entre d’une part, le droit d’Israël à la sécurité et à la reconnaissance de ses voisins, d’autre part le droit des Palestiniens à un Etat. Je suis très profondément attaché à cet équilibre.

 

Il n’y a de solution viable et durable que dans la garantie qu’Israël ne se verra pas menacé dans son existence, mais aussi dans la réaffirmation de la vocation des Palestiniens à s’organiser en un Etat viable.

 

 

– La barrière de sécurité érigée par Israël relève-t-elle, selon vous, de l’article 51 de la charte des Nations unies, reconnaissant le droit de légitime défense d’Israël face aux attentats terroristes ? Pensez-vous que le Hezbollah devrait être inscrit par l’UE et la France sur la liste des organisations terroristes ?

 

– Vous le savez, je défends le droit d’Israël à se protéger contre les agressions extérieures, en particulier lorsqu’elles prennent la forme d’actes aussi lâches et aveugles que des actes terroristes. Mais les mesures prises ne doivent pas condamner la recherche d’un règlement négocié de la paix. Elles doivent être appropriées et proportionnées.

 

Par ailleurs, la paix d’Israël dépend aujourd’hui largement du renforcement des capacités de police et de maintien de l’ordre dans les territoires palestiniens. Elle dépendra demain du caractère viable de l’Etat palestinien, notamment de sa continuité.

 

S’agissant du Hezbollah, je comprends que l’on puisse se poser la question que vous évoquez compte tenu de l’attitude de cette organisation et des moyens auxquels il lui arrive de recourir. Je ne suis pas convaincu cependant de l’utilité d’avoir un tel débat dans le contexte libanais où il faut rechercher l’apaisement. Je ne peux qu’être favorable à l’application dans toutes ses dispositions de la résolution 1559, qui prévoit notamment le désarmement du Hezbollah. Si celui-ci est le parti politique qu’il dit être, qu’il se comporte vraiment comme tel et dépose enfin les armes.

 

 

– Vous souhaitez relancer la construction de l’Europe par un traité simplifié, à soumettre au Parlement par le biais d’une convention démocratique nommée ad hoc. Quelles sont les alliances que vous allez bâtir, avec vos partenaires européens, pour y parvenir ? Contre la Turquie en tant que membre permanent de l’UE, vous avez lancé l’idée d’une Union de la Méditerranée. Avez-vous une politique méditerranéenne ?

 

– Cela fera bientôt deux ans que l’Europe est en panne en raison du rejet par deux pays fondateurs, dont la France , du Traité constitutionnel européen. On peut le regretter, mais on ne peut pas faire autrement que d’en prendre acte et essayer d’imaginer des alternatives pour sortir ensemble de la crise actuelle. Car il ne sera pas possible de relancer l’Europe et de bâtir de grands projets européens pour préparer l’avenir avec les institutions actuelles qui n’ont pas été conçues pour une Union européenne à 27 membres.

 

Mais deux ans d’immobilisme, cela suffit. Quand le projet européen n’avance pas, il recule, et il recule d’autant plus vite que le monde évolue de façon accélérée et qu’il ne nous attend pas. Alors, en attendant des refontes plus ambitieuses qui ne pourront intervenir au mieux avant les prochaines élections au Parlement européen, c’est-à-dire pas avant 2009, je propose de reprendre sans tarder les dispositions les plus consensuelles de la première partie du projet de Traité constitutionnel. C’est que j’appelle le Traité simplifié. Je suis convaincu qu’un consensus entre les différents Etats membres peut être rapidement trouvé sur cette base. J’ai confiance dans la bonne volonté, le réalisme et le désir d’avancer de l’ensemble de nos partenaires.

 

S’agissant de la Turquie , c’est un grand pays et un grand allié pour lequel j’ai beaucoup de respect. Si je suis opposé à son adhésion, ce n’est pas parce que je suis contre la Turquie mais parce que je suis pour l’Europe politique. Il me semble en effet qu’il y aurait une contradiction fondamentale entre l’adhésion de la Turquie et le projet d’une Europe plus intégrée sur le plan politique.

 

L’Union européenne ne peut s’étendre indéfiniment et doit avoir des frontières. Et il me semble que pour des raisons historiques, géographiques et culturelles, la Turquie n’a pas vocation à se situer à l’intérieur de ces frontières. Sauf à ce que ces frontières soient communes demain avec la Syrie ou l’Irak, ce qui me semble difficilement acceptable. Je vous rappelle par ailleurs que lorsque la perspective d’une adhésion de la Turquie a été envisagée, c’était il y après de 45 ans et qu’à l’époque, il s’agissait d’adhérer à un marché commun, à une union douanière, pas à une union politique.

 

Je plaide donc pour l’établissement d’un partenariat stratégique, économique et aussi culturel privilégié avec la Turquie comme avec d’autres Etats du pourtour méditerranéen. L’union euro-méditerranéenne que j’ai proposée s’inscrit dans ce cadre. L’Europe à l’évidence, à commencer par la France et l’Italie, ne peut tourner le dos à la méditerranée qui est une donnée structurante de son identité comme de sa stabilité.

 

 

– L’Iran est une menace toujours plus imminente. Certains pays comme la France , l’Espagne ou l’Italie sont pour une ligne de dialogue plus accentuée par rapport à d’autres membres de la communauté internationale. Quelle est votre position par rapport au régime de Mahmoud Ahmadinejad ?

 

– Sur l’Iran, je veux être une nouvelle fois très clair. Il est inacceptable et dangereux que l’Iran se dote d’une capacité nucléaire militaire. Il appartient à l’Iran de rétablir la confiance sur la nature de ses activités nucléaires. C’est ce que le Conseil de sécurité des Nations unies a signifié à Téhéran en votant à l’unanimité la résolution 1737.

 

L’important dans cette crise est de maintenir la fermeté et l’unité de la communauté internationale face à cette épreuve de vérité pour sa détermination à contenir les risques de prolifération. C’est bien le sens de l’action des Européens depuis 2003. Cette politique de fermeté et de dialogue est aujourd’hui partagée par l’ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité. C’est dans cette continuité que s’inscrira mon action si je suis élu.

 

S’agissant de M. Ahmadinejad, je vous rappelle les propos que j’ai déjà tenus sur son attitude et ses positions. Ses interventions appelant à la destruction d’Israël ou niant la réalité de la Shoah sont totalement inadmissibles et irresponsables. Je ne suis d’ailleurs pas sûr qu’elles aient été partagées par une majorité d’Iraniens, loin de la même.

 

 

        Citation du prince héritier Abdallah, Ashark al Awsat, 11 mai 2002.

 

 

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lundi, 28 mai 2007

ELECTION DU CRIF Richard Prasquier

medium_RICHARD_PRASQUIER.jpg  ELECTION 2007 AU CRIF

 

 

 

Rencontre avec Richard Prasquier,

 

Président du Comité Yad Vashem France :

 

 

« RENFORCER L’INSTITUTION SANS LA TRANSFORMER »

 

Pouvez-vous nous tracer en quelques mots votre trajectoire personnelle ?

 

 

Je suis un des très rares enfants juifs qui soient nés  en Pologne à la fin de la guerre. Nous sommes venus en France en 1946, avec le statut de réfugié polonais. Mon parcours a été celui d’un enfant de l’école de la République à une époque où ces mots avaient un sens fort avec depuis ma première enfance un sentiment familial très fort vis-à-vis de ce qui était alors le jeune Etat d’Israël où habitaient les quelques membres de ma famille qui avaient échappé à l’extermination. Je suis médecin cardiologue actif à Paris. J’ai cinq enfants, quatre petits-enfants.

 

 

 

Quel parcours de militant avez-vous suivi ?

 

Les semaines qui ont précédé la guerre des Six jours en 1967 m’ont particulièrement marqué : le sentiment d’abandon dans lequel se trouvait alors Israël, après la fermeture du détroit de Tiran, acte de guerre caractérisé, et les menaces très claires d’anéantissement  m’ont fait sentir qu’Israël devait compter avant tout sur lui-même : c’était pourtant à une époque où l’image d’Israël dans le monde et en France paraissait unanimement positive. Mon militantisme : Renouveau Juif*, AUJF s’est associé à une très intense activité médicale hospitalière ; il s’est renforcé quand je me suis après mon clinicat installé en cabinet privé. J’ai été plusieurs années Président pour la France des Bonds d’Israël, puis je suis devenu, il y a huit ans Président du Comité français pour Yad Vashem. Je suis membre du Bureau Exécutif du CRIF depuis 1998 et je suis depuis 6 ans Conseiller du Président du CRIF, mon ami Roger Cukierman. Je suis membre de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, dont je préside la Commission Solidarité  ; je suis aussi membre du Conseil International d’Auschwitz et membre du Bureau Exécutif du mémorial de la Shoah. Mon implication dans la Mémoire de la Shoah est particulièrement forte.

 

 Pourquoi cette candidature ? Que signification a-t-elle pour vous ?

 

 

 Suite logique d’un parcours communautaire en grande partie axé sur le CRIF que je connais bien et où je travaille depuis plusieurs années de façon quasiment quotidienne, et où je pense avoir l’image d’un homme ouvert, réfléchi, , mais ferme sur les principes. Je m’occupe au CRIF des affaires internationales ; de par ma formation et ma connaissance des langues et des pays, de par mon travail spécifique dans le monde non juif, j’ai des facilités particulières pour porter la parole du CRIF.

 

 Pourquoi cette candidature ? Que signification a-t-elle pour vous ?

 

La communauté juive de France est exceptionnelle dans la diaspora. Elle est beaucoup plus diverse dans ses origines que la plupart des autres communautés, et cette diversité, largement revivifiée par l’arrivée en France des Juifs d’Afrique du Nord aboutit aujourd’hui à un remarquable enrichissement dans des relations individuelles apaisées . En outre le lien avec Israël et la connaissance d’Israël sont beaucoup plus marqués pour la France que pour toutes les communautés juives que je connais. Malgré cela, comme dans d’autres pays, le problème de la « déperdition » des juifs au fil des analyses démographiques est préoccupant.

 

Quelles sont les qualités pour être Président du CRIF, selon vous ?

 

 

Etre intelligent, ouvert, disponible, énergique et crédible et respecté aussi bien par la communauté juive que par le monde politique ou la société civile non-juive. Ne pas oublier qu’il doit à la France dont il est citoyen, respect et affection Et bien entendu avoir un indéfectible amour pour Israël.

 

Si vous êtes élu, quelles seront vos principales priorités ?

 

Continuer à renforcer le CRIF , ce qu’a fait Roger Cukierman , en lui donnant les moyens de l’expertise. Lutter avant tout pour rétablir l’image d’Israël dont la dégradation est aujourd’hui sous des formes masquées le principal vecteur d’antisémitisme dans nos pays.

 

 

Votre position sur la montée de l’antisémitisme en France ? Faut-il s’en effrayer ? Si oui, comment, si vous prenez  les commandes du CRIF en mai , comptez-vous remédier à ce mal persistant qui a pris de nouvelles formes depuis quelques années?

 

 

 

La récente déclaration de Raymond Barre nous rappelle que l’antisémitisme de « papa » n’est pas mort e qu’il n’attend que les bonnes occasions pour se manifester. Il se réalimente lui aussi aujourd’hui à l’image d’Israël telle qu’elle est véhiculée par des gens (media, enseignants...) qui ne sont pas pour la plupart antisémites, mais qui vont au plus facile et au plus porteur, c’est-à-dire à une lecture du monde suivant laquelle il y a les forts et les faibles, les puissant et les opprimés, les riches et les pauvres et où la détestation d’Israël –en général accompagnée de la détestation des Usa -sert de réservoir de bonne conscience humaniste. C’est pourquoi la lutte doit se porter dans ces milieux et pas uniquement dans la sphère politique.

 

 

Etes-vous en faveur du dialogue inter-religieux ?

 

 

Nul plus que moi n’a au cours de ces dernières années, au CRIF tout au moins n’a œuvré pour ce dialogue et en particulier avec les catholiques. Il ne s’agit pas de discussions théologiques ; elles m’intéressent à titre personnel, mais ce qui compte est le regard commun, l’action commune, l’estime et la connaissance de l’autre. Je suis fier de ce travail qui s’effectue avec des interlocuteurs de qualité exceptionnelle et qui diffuse dans la communauté des catholiques pratiquants.

 

 

Comment voyez-vous évoluer l’institution CRIF ?

 

 

L’institution CRIF doit absolument se renforcer sans se transformer. Elle est la représentation politique des Juifs de France. Elle n’est que cela, mais elle est totalement cela. Elle doit garder ses missions, à savoir la lutte contre l’antisémitisme, la défense d’Israël et la Mémoire de la Shoah.

 

Quelle relation comptez-vous entretenir avec l’Etat d’Israël, si vous êtes élu ?

 

Cela va sans dire, aussi étroite que possible. Je vais quatre ou cinq fois par an en Israël, je parle hébreu, j’ai une fille et un petit-fils en Israël, je suis chez moi en Israël, j’ai failli y vivre et toute mon activité militante (AUJF, Bonds, Yad Vashem) a été tournée vers Israël. Il ne me viendrait pas à l’esprit de prendre des positions contraires à celles que prendrait un gouvernement israélien démocratiquement élu et fonctionnant dans les principes de liberté et de démocratie. Cela étant, le Président du CRIF est français ; il n’est pas l’ ambassadeur bis d’Israël en France.

 

 

Comment vous vous définiriez-vous en tant que candidat ?

 

 

Fermeté, unité et ouverture : ce sont mes trois axes de travail et de vie. Je pense que mieux que d’autres, je suis capable de les concilier.

 

 

Propos recueillis

Par Bernard Koch pour Telej.info  Photo :Alain Azria

 

 

 

*Renouveau Juif : Association, créée dans les année 80 par l’avocat Henri Hajdenberg, à l’initiative des 12 heures pour Israël   

13:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Election du Crif Joseph Zrihen pour Telej Info

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ELECTION 2007 AU CRIF

David Reinharc : Qui va voter au CRIF ?

Joseph Zrihen : Le CRIF, c’est 63 associations qui en fonction de leur taille, de leur poids, de leur histoire aussi, ont un certain nombre de délégués à l’Assemblée Générale.
Il y a 171 délégués actuellement qui votent pour le président et voteront aussi pour le comité directeur.

D.R. : A quoi sert le CRIF ?

J.Z.
 : Le CRIF a été créé, comme le mentionne son préambule, au plus fort de l’occupation allemande et a manifesté alors l’esprit et la volonté de résistance des Juifs de France.
Depuis, il a été présent au service de toutes les causes dans la défense du judaïsme, des Juifs et des Droits de l’Homme.
Fin de la Deuxième Guerre, création de l’Etat d’Israël : des hommes, des femmes de toutes origines ont posé alors, sous la présidence de feu Léon Meiss, Président de l’Union des Associations Cultuelles Israélites de France et d’Algérie, la représentation politique des Juifs de France.
Notre communauté évolue actuellement sur un trépied : le Fonds Social Juif Unifié s’occupe des actions sociales, éducatives et culturelles, le Consistoire a la responsabilité de ce qui est lié au culte, le CRIF assume la représentation politique.
Je suis partisan de cette unité communautaire et dans mon programme, un des axes fondamentaux est l’unité de cette communauté autour de ces trois grandes institutions.
Je précise que c’est dans le respect de la différence et de la sensibilité de chaque association que j’entends relever les défis de demain et ouvrir de nouveaux et ambitieux chantiers.

D.R. : Docteur Joseph Zrihen, vous êtes candidat à l’élection à la Présidence du CRIF le 13 mai 2007.
Pouvez-vous vous présenter, ainsi que définir "votre" CRIF ?

J.Z.
 : Je suis médecin, j’ai 56 ans, j’ai 5 enfants et trois petits-enfants.
Ma vision est celle d’un CRIF puissant, uni, ouvert ; j’aspire à donner au CRIF toute sa dimension d’organe fédérateur indépendant agissant avec détermination dans l’unité retrouvée pour préserver et renforcer la place des Juifs en France, les liens de solidarité et d’attachement avec Israël, la transmission de la mémoire de la Shoah.
Aujourd’hui, plus qu’hier, les Juifs doivent être unis : l’attrition de la communauté est un vrai problème.
Le problème majeur, le combat prioritaire aujourd’hui est celui de l’assimilation.
Nous assistons à une diminution quantitative inquiétante des Juifs de France.

D.R. : Serait-ce à cause d’un déficit des structures communautaires ?

J.Z.
 : En tous cas, nous devons êtres plus attractifs, réfléchir à la manière de garder nos coreligionnaires avec nous.
Il y aussi une attrition quantitative : certes, nous avons de grands penseurs, mais qui porte la parole des intellectuels juifs en France ?
Il faut un espace où puisse s’exprimer les différentes paroles juives ; ce devrait être la vocation du CRIF.
Quand je parle d’attrition qualitative, c’est versus la communauté musulmane.
Il est important, de toute évidence, que cette communauté se structure, mais cette montée en charge de cette communauté ne doit pas se faire au détriment de la communauté juive.

D.R. : Pouvez-vous me citer, concrètement, des actions culturelles au CRIF ?

J.Z.
 : La culture nourrit la politique. Il y eut des débats, oui, des rencontres, ne serait-ce que la convention aux Pyramides de Marly, le 19 novembre 2006, où il y eut 700 personnes venues assister à une journée entière de réflexion.
Le CRIF a vocation à représenter politiquement la communauté mais aussi à être un lieu de débats et d’idées.

D.R. : Lorsque des représentants du CRIF rencontrent des membres de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), cela suscite t-il en vous une pointe de scepticisme ?

J.Z.
 : Le CRIF a vocation à rencontrer toutes les organisations démocratiques.
En ce qui concerne l’UOIF, je serais plutôt réticent. Lorsque le CRIF a rencontré l’UOIF, elle avait un discours différent que celui qu’elle tient actuellement.
A l’époque, Arafat aussi était fréquentable, c’est ensuite qu’on s’est rendu compte qu’il tenait un double langage.

D.R. : L’ennui, c’est que le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman), c’est aussi l’UOIF...

J.Z.
 : Le CFCM, ce n’est pas que l’UOIF.
Vous avez chez nous aussi des gens qui ont des attitudes extrémistes.
Si l’UOIF lève toute ambiguïté, je prendrai langue avec eux.
De la même manière, je me suis opposé à la présence de de Villiers au dîner du CRIF car je considère que son idéologie est délétère.
Quand il aura fait le tri autour de lui je pense notamment aux gens du parti de Bruno Megret peut-être deviendra t-il fréquentable.

D.R. : Je ne suis pas, loin de là, proche des idées de de Villiers. Reste qu’il n’a jamais été condamné...

J.Z.
 : Dieudonné, durant des années, n’a pas, lui non plus, été condamné...

D.R. : Il n’y a pas eu une tendance de la communauté à la villierisation ?

J.Z.
 : Je me porte en faux contre cette affirmation. D’ailleurs, je le dis de manière péremptoire : il n’y a pas de "vote juif".

D.R. : Vous parliez d’affaiblissement quantitatif. Se constituer aujourd’hui en lobby, n’est-ce pas alors pour les Juifs une attitude suicidaire ?

J.Z.
 : Soyons clairs : Nicolas Sarkozy, depuis des années, donnes des gages d’amitié, de fidélité à la communauté juive et à Israël, de la même manière que Bayrou ou Mitterrand hier.
Les Juifs vont se déterminer dans cette élection en tant que Juifs, par rapport à Israël, mais aussi, bien sûr, en tant que citoyens français.

D.R. : Je vais préciser ma question : étant donné le choc démographique découlant de l’immigration arabo-musulmane, la constitution d’un lobby juif n’est il pas une erreur ?
Et s’il n’y a pas de "vote juif", pourquoi convoquer les politiques à ce fameux dîner ?

J.Z.
 : D’abord, je ne suis pas dans une logique de lobby. S’il y a une tentation de se transposer sur le modèle américain, alors je le déplore.
Par contre, en tant que citoyen français et responsable communautaire, je pense que notre relation avec les hommes politiques ne passe pas forcément par le poids que nous représentons. Cela passe aussi, d’abord et surtout par nos valeurs, notre modèle d’intégration.
Nous devons continuer à délivrer notre message en relation aussi avec les autres communautés, arabo-musulmanes, chrétiennes, protestantes.
Je ne crois pas au choc des civilisations mais au dialogue des religions, chacun conservant son identité.
Par ailleurs, vous seriez surpris du travail du CRIF, des rencontres avec l’ensemble du personnel politique et de la société civile en dehors du dîner du CRIF.
Le moment du dîner du CRIF est sans doute un moment emblématique mais nous ne préparons pas pendant 364 jours le dîner du CRIF !

D.R. : Finkielkraut parle d’une espèce de "tribunal dînatoire". Ne craignez-vous de voir apparaître, sur ce modèle, un dîner des cyclistes puis un dîner des motards en colère, etc. ?

J.Z.
 : Je le vis de l’intérieur : il n’y a pas de convocation, c’est une invitation à un rendez-vous républicain et citoyen.
Ce n’est pas, cela dit, un évènement politique majeur. Il faut raison garder : je suis profondément démocrate, les hommes politiques viennent rencontrer des responsables communautaires, et il n’y a pas, je le répète, de convocation.

D.R. : Reprenez-vous à votre compte les propos de M.le Grand Rabbin conseillant aux Juifs de porter la casquette plutôt que la kippa, afin d’éviter les agressions ?

J.Z.
 : Sauf le respect que je lui dois, je pense que, dans le cadre d’une laïcité bien comprise, les Juifs de France doivent affirmer leurs valeurs, leur identité, leur être-juif.
Je ne suis pas, d’aucune façon, pour un marranisme juif !
Je veux que nous redevenions des Juifs fiers et la République est le cadre idéal de l’affirmation de nos valeurset dans le même temps, nous devons affirmer notre relation privilégiée, notre communauté de destin Lévinas parle de "communauté destinale" -à Israël.

D.R. : Puis-je vous demander en vertu de quoi le CRIF pourrait se targuer d’être le seul représentant des Juifs de France ?

J.Z.
 : Mais le Président du CRIF n’est pas le roi des Juifs !
Je peux parler au nom des Institutions faisant partie du CRIF mais je ne suis pas dans un fonctionnement "impérialiste" : personne n’est obligé d’être en accord avec nos options.
Les pouvoirs publics aiment, certes, avoir des interlocuteurs mais je n’ai, quant à moi, jamais revendiqué, en tant que vice-président du CRIF, une parole représentant l’ensemble des Juifs de France.

D.R. : Comment expliquez-vous que depuis les années 30, il n’y ait pas eu de renouvellement du leadership des Juifs de France et notamment intégration du judaïsme nord-africain ?

J.Z.
 : Je considère que les institutions juives ne nous appartiennent pas. Alors, oui, la relève doit être préparée.
Pourquoi ai-je créé l’Institut Askénazi ? C’est un Institut dédié à la formation des cadres communautaires, car il est essentiel d’ouvrir notre leadership aux jeunes et aussi aux femmes, et de leur proposer une formation.
Il faut la formation, et les outils.
En ce qui concerne les séfarades, je n’ai jamais fait de différences entre quiconque, askénazes ou séfarades : on vote pour des idées, un programme, pas une ville ni une origine.

D.R. : Qu’est ce qui motive votre engagement communautaire ?

J.Z.
 : Mon éducation. Mes parents étaient très engagés.
Au départ, c’est la fidélité, ensuite, c’est un choix qui m’a convenu.

D.R. : Vous parlez toujours d’unité. N’êtes-vous pas inquiet par la polarisation de la communauté juive entre laïques et religieux ?

J.Z.
 : Je considère que le CRIF doit pouvoir aujourd’hui réunir toutes les associations juives.

D.R. : Même le Consistoire qui a quitté le CRIF, en 2004 ?

J.Z.
 : Si je suis élu, j’œuvrerais pour que le Consistoire revienne au sein du CRIF car c’est sa place naturelle.
Je souhaite que le Consistoire revienne.
Pour l’avenir des Juifs de France, je considère que nous devons, aujourd’hui plus que jamais, être unis

Propos receuillie par David Reinharc pour Telej.info  photo:Alain Azria

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