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lundi, 28 mai 2007

ELECTION DU CRIF Henri Hajdenberg

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ELECTION 2007 AU CRIF

David Reinharc : Qu’est ce qui motive votre retour à l’engagement communautaire, notamment en briguant le poste de président du CRIF ?

Henri Hajdenberg
 : Sans que la situation soit tragique et dramatique, nous sommes tous préoccupés.
La première préoccupation, le Proche-Orient : Israël est confronté d’une part au Hamas, d’autre part au Hezbollah. L’iran réarme la Syrie et le Hezbollah. Le Président Ahmadinedjad souhaite rayer Israël de la carte et développe la production d’uranium civil qui permettrait sa militarisation, et la fabrication d’une bombe nucléaire .
L’autre préoccupation concerne la France : l’implantation de l’antisémitisme depuis la seconde Intifada - c’est à dire depuis l’automne 2000- , un développement des agressions, et, in fine, la mise en danger physique d’un certain nombre de Juifs vivant dans des cités, principalement dans les banlieues parisiennes.
Dans la situation que je viens de décrire, je pense qu’un homme doté d’une certaine expérience et qui a toujours fréquenté les différentes couches et sensibilités de la communauté juive, peut être le garant d’une certaine unité et contribuer à nous engager à la fois dans le soutien à Israël et à la lutte contre l’antisémitisme.
J’ai eu des responsabilités dans cette communauté assez importantes - puisque j’ai dirigé le CRIF pendant six ans, j’ai ensuite été premier vice-président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, et Président des Bonds d’Israël. D’acteur médiatisé, je me suis engagé dans des fonctions moins visibles qui m’ont permis d’observer, de réfléchir sur le long terme, d’avoir une vision stratégique.

David Reinharc : Face à un nouvel antisémitisme moins classique, quelle place comptez vous donner au « devoir de mémoire » ?

Henri Hajdenberg
 : Ces douze dernières années, nous avons réussi à transmettre la mémoire de la Shoah de façon plus forte que cela ne le fut fait précédemment.
Cela a été un bouleversement dans la société française. La prise de conscience - notamment par les jeunes générations- de ce qui est arrivé aux Juifs d’Europe dans la Seconde Guerre Mondiale est un processus extraordinaire.
Des oeuvres littéraires, cinématographiques, intellectuelles ont aussi eu un impact sur l’antisémitisme classique qui avait puisé ses sources dans la chrétienté, et qui s’est installé socialement dans l’Europe d’avant-guerre et pendant la guerre.
Nous avons affaire aujourd’hui à un nouvel antisémitisme qui a des sources ailleurs, dans la population française maghrébine - antisémitisme qui s’est déclenché à partir de la Seconde Intifada- et sur lequel la transmission de la mémoire de la Shoah a peu d’effet.
Un autre antisémitisme s’est implanté dans les banlieues parisiennes, venu des populations antillaises ou d’origine africaine, instrumentalisé par Dieudonné, vecteur fondamental de cet antisémitisme.
Il faut avoir un autre mode d’action sur ces populations parce que nous n’avons pas réussi à ériger grâce à la transmission de la mémoire de la Shoah une barrière suffisamment forte contre l’antisémitisme.

David Reinharc : N’êtes vous, sur un certain nombre de points de vue politique, aussi bien français qu’israélien, en décalage avec l’opinion juive majoritaire ?
Dans le dernier Tribune Juive, par exemple, il est mentionné que vous avez une image d’homme de gauche .....

Henri Hajdenberg
 : En ce qui concerne Israël, le processus de paix a commencé en 1993 avec un gouvernement de gauche. Le Président du CRIF de l’époque, Jean Kahn, a fait voter par l’assemblée du CRIF, le soutien aux accords d’Oslo.
Lorsque je lui ai succédé, j’ai par conséquent, soutenu le processus de paix alors qu’Itzhak Rabin était Premier ministre. Quand Benjamin Netanyahou est arrivé au pouvoir, légitimise à la tête du CRIF, je l’ai soutenu. Il s’est inscrit dans le processus de paix, a ordonné le désengagement de Hébron, deuxième ville sacrée du judaïsme.
De même pour Ehoud Barak, Ariel Sharon, gouvernements que j’ai soutenus en tant que président du CRIF. Ariel Sharon a ordonné le retrait de Gaza et accepté le principe d’un Etat palestinien. Aujourd’hui Israël est dirigé par un gouvernement d’union nationale.
En ce qui concerne la politique française, j’ai toujours été un homme indépendant, je n’ai jamais appartenu à quelque parti ou groupe politique que ce soit. J’ai toujours considéré que pour diriger la communauté juive de France et peser politiquement, il fallait être libre, autonome, n’avoir aucun engagement politique partisan.
Des hommes et des femmes qui votent traditionnellement à droite, me soutiennent tout autant que des personnes de gauche ou du centre.

David Reinharc : Etant donné le choc démographique découlant de l’immigration arabo-musulmane, avez-vous des inquiétudes ?

Henri Hajdenberg
 : Je ne pense pas qu’il y ait un seul courant musulman en France. Il y a des courants extrêmes qui peuvent, certes, se mettre en dehors des valeurs républicaines.
D’un autre côté, il y a des musulmans qui veulent s’intégrer dans la République, défendant les valeurs de la laïcité-comme il existe des Juifs laïcs- et je pense qu’il y a parmi eux des hommes de dialogue avec qui il est possible d’entamer un rapprochement.

David Reinharc : Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par « judaïsme laïc » ?

Henri Hajdenberg
 : Ce sont des Juifs non pratiquants, parfois pas observants qui portent des racines d’origine biblique, des valeurs, une histoire juive, marqués par la Shoah, qui sont aussi proches d’Israël.

David Reinharc : Etes vous inquiets par l’augmentation des mariages mixtes ?

Henri Hajdenberg
 : La réponse aux mariages mixtes est individuelle, même si elle peut dépendre de notre organisation collective : centres de rencontres communautaires ouverts aux jeunes de toutes sensibilités, avec des activités culturelles ou de voyages correspondant aux différents milieux socio-économiques

Propos recueillis par David Reinharc pour Telej.Info  Photo: Alain Azria

12:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

ELECTION DU CRIF ARIE BENSEMHOUM POUR TELEJ

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ELECTION 2007 AU CRIF

Télé J : Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la Présidence du CRIF ?

Arié Bensemhoun : J’ai 44 ans, je suis le benjamin de cette campagne et pourtant depuis que j’ai 14 ans, je milite sur le terrain pour la communauté juive et pour valoriser l’image d’Israël. A travers les EEIF, l’UEJF puis à travers le Comité directeur du Crif dont je fais parti depuis 23 ans. J’ai envie d’apporter à la fois le dynamisme de ma jeunesse et la force de mon expérience à cette Institution.

Télé J : Que doit, selon vous, symboliser le CRIF ?

Arié Bensemhoun : Le Crif n’est pas une organisation traditionnelle. Ethymologiquement, c’est un Conseil. Le Crif doit redevenir un lieu de débats, de rencontres, d’échanges, un lieu d’analyse, ouvert sur la société française et au service de toute la communauté juive. Le Crif a perdu cette dimension là et il lui arrive trop souvent de se substituer aux associations qu’il représente. Il faut que cela évolue pour que se mettent en place de véritables synergies.

Télé J : Si vous êtes élu, quelles seront vos priorités ?

Arié Bensemhoun : L’objectif principal est de combattre la haine planétaire des juifs ; Que ce soit à Durban, la deuxième Intifada, l’assassinat d’Ilan Halimi, l’Iran et le négationnisme qui sévit dans le monde arabo-musulman, le mot antisémitisme ne veut plus rien dire. Il renvoie à des références passées. Le nouvel antisémitisme prend ses racines dans les forces progressistes, altermondialistes et dans le monde arabo-musulman. Il nous faut lutter contre la nazification d’Israël. Mais il ne faut pas être uniquement dans la dénonciation de ce qui ne va pas. Il faut mener des actions de terrain ; Il faut retrouver des contacts avec l’opinion publique française. Nous sommes des citoyens français et nous ne devons pas nous couper de la Nation. Avec l’UEJF, que se soit avec SOS racisme ou France +, nous avons été les premiers à initier le dialogue entre juifs et musulmans de France. Il faut encourager les différentes actions et les coordonner dans une stratégie globale. Il nous faut utiliser les moyens de l’Etat et de l’Ecole pour faire passer des messages de tolérance et de Paix.

Télé J : Le bilan de M Cukierman est-il satisfaisant ?

Arié Bensemhoun : J’assume pleinement son bilan. Mais le Crif doit être rénover tout en assurant la continuité du travail entrepris par Roger Cukierman. Nous devons profiter de l’expérience de anciens mais il est aussi temps de faire plus de place aux jeunes et aux nouvelles voix qui expriment la communauté d’aujourd’hui et sont en adéquation avec la société. Je suis immergé dans la vie active, je suis plus à même de comprendre les nouvelles difficultés auxquelles les juifs doivent faire face. Il est temps de faire cesser la guerre des clans et de mutualiser nos ressources et nos compétences afin d’être plus forts face aux défis qui nous attendent. Il nous faut également revaloriser la représentation du Crif dans la société. Il doit devenir un élément vitalisant du corps social et du débat national.

Télé J : Quels sont vos principales qualités ?

Arié Bensemhoun : Je m’appui sur mon parcours de militant. J’ai prouvé au sein du Crif de Toulouse que je savais fédérer, représenter, réfléchir, diriger et animer une équipe. Je me nourri de cela tout en montrant que j’ai un véritable projet novateur et actif.

Télé J : Si vous êtes élu, vous deviendriez le premier sépharade à devenir président du Crif...

Arié Bensemhoun : J’embrasse l’histoire juive dans sa globalité. J’ai été élevé comme ça, sans faire de différence entre ashkénazes et sépharades. Alors je n’en fais pas un argument de campagne, mais je veux croire que cette incompréhension entre ces juifs d’origines différentes n’existent plus au CRIF. Ni ashkénaze ni sépharade, le prochain Président du CRIF doit correspondre au désir de renouveau et aux attentes des Juifs de France.

Télé J : Il y a peu de femmes au Crif, seriez-vous prêts à féminiser cette Institution ?

Arié Bensemhoun : Il y a peu de femmes et peu de jeunes leaders pourtant nombreux et talentueux dans notre communauté. Oui il est donc temps de faire un peu de place à la diversité, aux jeunes, aux femmes... Je ne suis pas pour la parité mais je pense qu’il est important de faire entendre la voix des femmes au sein du Crif.

Télé J : Avez-vous le soutien de Roger Cukierman ?

Arié Bensemhoun : Roger Cukierman ne soutien aucun candidat. Mais j’ai le soutien de plusieurs personnalités comme Bernard-Henry Levy, Alexandre Adler, Alain Jakubowicz, Yves Azeroual, Yves Deray et mon ami Marek Halter... Des intellectuels, des journalistes, des militants communautaires de premiers plan, qui savent apprécier la situation de la communauté et qui connaissent les défis auxquelles nous sommes, et serons encore plus dans l’avenir confrontés. Il savent que j’ai l’expérience, les compétences et la vision pour être un bon candidat et peut être demain le prochain Président du CRIF.

Propos recueillis par Olivia Cattan pour Telej Info   Photo:Alain Azria

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le journal de la nuit sur guysen tv

"LE JOURNAL DE LA NUIT " SUR GUYSEN TV
Lundi 28/05/2007
Au Sommaire :
  • Un israélien tué à Sdérot par un tir de Qassam.
  • ‘’Pas d’immunité pour les responsables terroristes’’ déclare Ehoud Olmert.
  • Les avis sont partagés quant à la riposte israélienne.
  • Le Hamas laisse entendre que Guilad Shalit pourrait pâtir de l’élimination par Israël de ses dirigeants politiques.
  • Sécurisation renforcée autour de Jérusalem suite aux tirs palestiniens qui ont blessé deux agents de sécurité israéliens à Jérusalem Est.
  • A 24 heures des primaires travaillistes Amir Ayalon et Ehoud Barak coude à coude dans les sondages.
  • Coup d’envoi à Kiryat Chmona du rallye de la paix organisé par Guysen et le ministère des transports.
  • Cours des devises étrangères.
  • Météo.



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dimanche, 27 mai 2007

LA TURQUIE DEVIENDRA-T-ELLE-UN ETAT ISLAMISTE ?

LA TURQUIE DEVIENDRA-T-ELLE UN ETAT ISLAMISTE ? Par Linda Michaud-Emin, chercheur au Centre Gloria, Global Research in International Affairs, IDC- Herzlyah Paru dans le Jerusalem Post du 29 avril 2007 Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued/conf.htm pour www.nuitdorient.com Premier exemple d'un pays musulman devenu un état laïc et démocratique, la Turquie est peut-être en train de perdre cette spécificité. Pour la 1ère fois un membre d'un parti islamique est candidat à la présidence et peut l'emporter (1). Et les prochaines élections législatives devraient déboucher de nouveau sur une victoire et un parlement islamique. Le Parti de la Justice et du Développement du 1er ministre Recep Tayyip Erdogan, qui gouverne actuellement, avait choisi le N°2, Abdallah Gul, ministre des Affaires Etrangères comme candidat à la présidence. Les laïcs craignent que cela soit le début de la fin de la République laïque, telle qu'elle avait été installée 80 ans auparavant par Moustafa Kemal Ataturk (2). Alors que la Turquie a déjà eu à 2 reprises un 1er ministre venant d'un parti islamique, le président est perçu comme le rempart de la laïcité. En Turquie, le président a un rôle important. Il choisit le 1er ministre, le chef d'Etat Major de l'armée, les recteurs d'université et les membres de la Haute Cour de justice. La 2ème institution qui sauvegarde le statu quo laïc est l'armée turque, qui a déjà renversé à plusieurs reprises des gouvernements. Il est vrai que Abdallah Gul a promis de maintenir les valeurs de la démocratie et la laïcité, les bonnes relations avec les Etats-Unis et Israël et la poursuite des efforts pour que la Turquie fasse partie de l'Union Européenne. Mais certaines actions passées préoccupent les laïcs, notamment les entretiens avec le chef du Hamas, Khaled Meshaal, au siège de son parti à Ankara, en 2006. Et en 2004, Erdogan a défendu une loi faisant de l'adultère un crime. De ce fait de nombreux laïcs y compris le chef d'Etat Major le général Yasar Buyukanit prétendent qu'Erdogan et Gul ne maintiennent la laïcité que comme façade. Ils rappellent qu'avant de devenir 1er ministre, Erdogan avait dit "Grâce à D, je suis un serviteur de la Sharia'h (loi islamique) et nous transformerons nos écoles en madrassas (école coranique)" La montée en puissance politique du Parti Justice et Développement est le résultat des changements socio-économiques du pays. Pour encourager la modernité et le développement, Ataturk a fait du pays un état centralisé. Et le centre a souvent oublié la périphérie anatolienne, y compris les petites et moyennes entreprises souvent dirigées par de pieux musulmans (3). Durant les années 80 la réforme économique relative au libre échange et à la privatisation a bénéficié à ce groupe qui soutient le régime actuel. L'immigration massive des villages v ers les villes ont renforcé le parti d'Erdogan et son prédécesseur encore plus extrémiste, le Parti du Bien Etre social. D'autres facteurs ont contribué à la venue de partis islamiques au pouvoir, la récession, la corruption, l'incompétence, les divisions entre les chefs de partis laïcs (4) et une nouvelle génération de politiciens islamiques qui savent se montrer à la fois modernes et honnêtes. L'effort pour élire Gul soulève le spectre que la Cour de Justice, une autre forteresse de la laïcité, ou l'armée ne renverse le gouvernement et appelle à de nouvelles élections. Celles-ci ne changeraient rien au panorama politique, du fait que la demi-douzaine de partis laïcs sont incapables de s'entendre entre eux et n'ont aucun chef charismatique qui puisse supplanter les responsables actuels. De plus si l'armée intervenait, cela sonnerait le glas de toute tentative de la Turquie pour rejoindre l'Union Européenne et fera déconsidérer auprès du public ladite armée. Quoiqu'il advienne à court terme, la Turquie que nous avons connue depuis 83 ans et que nous avons considérée comme un succès, passera à travers les moments les plus périlleux, depuis de nombreuses générations (5). Notes de la traduction (1) Abdallah Gul a renoncé provisoirement à sa candidature à la présidence, provoquant des élections législatives prématurées le 22/07/07. Si les partis laïcs ne parviennent pas à s'entendre entre eux, les partis islamiques en sortiront renforcés, et la Turquie sera ramenée à la même situation qu'avant les élections. Le premier ministre Erdogan a fait adopter par le Parlement un amendement à la Constitution prévoyant que le président de la République serait désormais élu au suffrage universel direct et non plus par l'Assemblée, ce qui l'assure d'avoir un président de son parti islamique. Mais le président actuel Sezer pourra s'opposer à cet amendement. (2) Le port du voile est interdit dans les édifices publics. Or Mme Gul porte le voile et c'est ce qui a provoqué l'irritation des laïcs et de l'armée face à la candidature de Gul à la présidence. Si Gul est élu, sa femme porterait le voile interdit… (3) Rappelons qu'en Iran la révolte des "bazargis", les petites entreprises commerciales et artisanales, a perdu le shah et a permis la venue des ayatollahs au pouvoir. (4) Le système électoral impose à un parti le seuil de 10% pour être représenté au Parlement. En 2002, Erdogan est arrivé au pouvoir ayant une majorité de députés au Parlement avec seulement un tiers des voix populaires, du fait qu'aucun parti laïc n'a franchi le seuil des 10%. (5) Depuis la rédaction de cet article, la Turquie a connu en mai au moins 5 manifestations très importantes dans les villes d'Istanbul, Ankara, Izmir, Denizli, Samsoun défendant la laïcité du pays contre le régime d'Erdogan.

20:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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