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vendredi, 29 juin 2007

L'anonyme du Quai d'Orsay

L’anonyme du Quai d’Orsay

Une hirondelle ne fait pas le printemps.

Le printemps, ce pourrait être la fameuse rupture en matière de politique étrangère française que l’on annonçait après l’élection de Nicolas Sarkozy. Nous attendons, pour les prochains mois, des signes clairs indiquant, non pas un parti pris pro-israélien de la part de la France, mais une vraie politique équilibrée et constructive renonçant à souffler sur les braises du Proche-Orient pour se donner l’impression d’exister.

L’hirondelle, elle, pourrait prendre la forme du nouveau mode de communication de la pensée védrinienne jusque-là triomphante, et qui, désormais, semble choisir l’option souterraine jusqu’à user de l’anonymat pour écrire un article dans Libération (1). Certains dinosaures du "Quai" regardent avec mélancolie à travers leurs fenêtres dorées et scrutent un horizon qu’ils ne reconnaissent plus.

«Daniel», se présentant comme «haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères» développe dans ce «Rebonds» la thèse archi rebattue selon laquelle «les Européens portent une responsabilité en refusant de dialoguer avec le Hamas».

Il serait fou de la part d’un responsable de notre diplomatie de ne pas reconnaître l’horreur des actes de barbarie et de l’idéologie rétrograde du Hamas, et notre «Daniel» ne commet pas cette erreur. Mais il a la chance de disposer d’une langue française richissime parmi laquelle on peut piocher une locution magique, l’adverbe «certes», si pratique pour développer l’antithèse du paragraphe précédent :

"Certes, admet-il, la reconnaissance formelle d’Israël, l’abandon de la violence, la reconnaissance des accords passés sont des éléments indispensables : mais les accords de La Mecque du 8 février comportaient cette reconnaissance, mais le Hamas respecte globalement une trêve avec Israël depuis deux ans et demi..."

Ce que «Daniel» appelle sans doute respect global de la trêve, ce sont les tirs de roquettes sur Sderot, les regrets de voir les attentats échouer à cause de la barrière de sécurité, l'instrumentalisation d'enfants et de femmes enceintes transformés en bombes humaines, l'enlèvement de soldats en territoire israélien, le trafic d'armes à partir de l'Egypte, le martèlement de paroles haineuses où l’on jure qu’Israël ne sera jamais reconnu, etc.

En fait, le mot clé ce n'est pas trêve, c'est global: globalement, les milliers de roquettes visant Sderot n'ont fait «que» 11 morts civils israéliens. La volonté éradicatrice est globalement négligeable eu égard à l’inefficacité globale de la stratégie des tirs de Qassams.

Cet adjectif n’est pas sans rappeler la façon dont Georges Marchais analysait l’impact du communisme en Europe de l’Est lorsqu’il qualifiait son bilan de «globalement positif», s’asseyant sans vergogne sur les millions de cadavres et les décennies de souffrance des peuples.

Ah! La paix globale selon le Quai, sensiblement la même que celle du PCF des années 1970: la disparition de toute présence juive au Proche-Orient et la globalisation de l'islamisation de la région, comme l’on rêvait, Place du Colonel Fabien, d’un homme globalisé et fondu dans le moule communiste.

Cet angélisme - ou ce faux-semblant d’angélisme - est d’ailleurs très étonnant de la part de quelqu’un qui se présente comme diplomate de haut rang au Quai.

Bien surprenante cette amnésie qui consiste à occulter qu’une «élection légitime et démocratique» n’est pas un garant de fréquentabilité comme l’ont montré de nombreux épisodes de notre Histoire du 20e siècle.

Ahurissant de ne pas saisir que le Hamas n’est que la torpille d’un Iran hégémonique et que le marginaliser est le seul moyen de désamorcer cette torpille.

Curieuse ignorance de ce qu’est la Takia (2) dans le monde musulman. Notre «diplomate» croit ou feint de croire dans les gestes de soi-disant bonne volonté d’une organisation nihiliste par essence.

Malheureusement, rien d’original dans cette approche cynique (c’est une tradition au "Quai" où l’on considère que les pires idéologies peuvent être recyclées) et qui veut que l’on traite avec nos pires ennemis dans l’espoir de changer un loup en brebis.

Et, au passage, la sempiternelle attitude contrite du «C’est nous, les vilains occidentaux, qui sommes responsables !»

Les spasmes des derniers dinosaures, pendant leur agonie, ont quelque chose de pathétique et le monde qui change autour d’eux leur est impitoyable.

Jean-Paul de Belmont et Laurent Chikly © Primo-Europe, 28 juin 2007

(1) http://www.liberation.fr/rebonds/263417.FR.php

01:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 22 juin 2007

GUY DE ROTHSCHILD PAR JOEL MERGUI

: Guy de Rothschild
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C’est un grand Français, un grand Juif qui vient de nous quitter, presque centenaire. Guy de Rothschild a été l’un des plus prestigieux responsables de la communauté juive française à avoir joué un rôle de premier plan dans la reconstruction du judaïsme français, au lendemain de la guerre. Ce fut une reconstruction lente et difficile. Le judaïsme français était exsangue et désappointé.

Le baron Guy de Rothschild, reprenant une des traditions les plus fortes de son illustre famille, s’est totalement investi – aussi bien quand il occupait les fonctions de président du Consistoire central que quand il fut élu président du Fonds Social juif unifié, dans cette œuvre de refondation.
 


...
« Gagner de l’argent n’oblige personne à salir son honneur ou sa conscience »...

Avec d’autres, il a pris sur lui la responsabilité de faire face aux différents problèmes qui, voici plus de quatre décennies , se posaient à la communauté juive française. Ces problèmes étaient à la fois sociaux, éducatifs, religieux. Il s’agissait d’abord d’aider à l’accueil et à l’intégration des hommes et des femmes venus par vagues successives des pays d’Afrique du Nord mais aussi d’Egypte ou de Libye. Il fallait également restructurer cette communauté pour la mettre en bon état de marche. Guy de Rothschild a été à l’évidence aux premières loges de cette galerie de reconstructeurs.
Il avait la fierté d’être juif. Dans les années 80, il déclarait : « L’éducation que j’ai reçue a fait de moi un enfant juif à part entière. Mon attachement au judaïsme et aux valeurs juives, à la communauté, au peuple juif, et peut-être avant tout à Israël est total et inconditionnel Je respecte la religion et ceux qui sont religieux. Le jour de Kippour, rien ne me ferait aller dans un lieu public. »
A propos d’Israël, Guy de Rothschild ajoutait : « Mon engagement, mon intérêt et mon souci pour Israël sont considérables. La meilleure façon d’apprécier ce qu’Israël représente pour moi c’est de savoir l’état de désespérance dans lequel je serais si l’Etat juif venait à disparaître. On se demande si on arriverait à y survivre ». Et comment ne pas évoquer une formule qui, dans sa vie, lui servait de credo : « gagner de l’argent n’oblige personne à salir son honneur ou sa conscience ».
La communauté juive est reconnaissante de l'action de ce grand juif français.

Que sa mémoire soit bénie !

WWW.CONSISTOIRE.ORG

20:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 21 juin 2007

Lynda Asmani et Claude Marcus

Lynda Asmani et Claude Marcus le 20 JUIN 2007
medium_Lynda_Asmani_et_Marcus.JPG Photo  © Alain Azria

 

16:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 20 juin 2007

VERS UN NOUVEAU DIALOGUE JUDEO CHRETIEN..

Vers un nouveau dialogue judéo-chrétien…

  In TRIBUNE DE GENEVE du vendredi 15 juin 2007, p 13
On dira ce qu'on voudra de la divine providence qui  s'en remet à  d'humaines mains pour changer les choses ou les faire avancer… Comment décrire autrement la rencontre fortuitement providentielle entre le pape Benoît XVI, auteur du Jésus de Nazareth (Flammarion), et le professeur (rabbin) Jacob Neusner de Bard College, auteur de A Rabbi talks with Jesus (Macgill-Queen's university press, 2000).
     Le 13 avril, lors d'une conférence de présentation de ce
Jésus de Nazareth au Vatican, le cardinal Christophe Schonborn de Vienne affirmait  que c'était la lecture attentive du livre de Jacob Neusner  qui avait, entre autres, incité Benoît XVI à rédiger son ouvrage.  Neusner ne se doutait nullement de l'intérêt qu'allait porter à sa présentation juive de Jésus, celui qui n'était encore qu'un cardinal  chargé de Saint Office de la Foi…  J'ai écrit ce livre, nous dit-il, pour  expliquer les raisons qui poussent les juifs à croire en la Tora de Dieu, remise à Moïse sur le Sinaï, refusant d'admettre en leur créance les enseignements de Jésus contenus dans les Evangiles et les promesses du Royaume du Ciel.  Cette attitude, qui a perduré durant près de deux millénaires, ne va pas changer du jour au lendemain, mais ce rapprochement intellectuel entre deux grandes personnalités, dans le respect de leurs traditions religieuses respectives, laisse augurer l'avènement d'une ère nouvelle. Car le pape a bien dit, selon le cardinal Schönborn, qu'il avait à cœur de développer cette discussion avec le rabbin. .
     Depuis le Moyen Age, les juifs ont tenté de scruter le problème que leur posait Jésus sans vraiment trouver une oreille attentive dans le camp chrétien. On a peut-être oublié la vague d'indignation soulevée par la
Vie de Jésus d'Ernest Renan en 1862. Le livre se vendit à plus de 60,000 exemplaires en trois mois Plus près de nous, on connaît les ouvrages de savants juifs comme Joseph Klausner, David Flusser, Pinchas Lapide et Schalom Benchorin sur Jésus de Nazareth. Sans oublier le grand ouvrage de Léo Baeck, L'Evangile, une source juive (1938 ; Bayard, 2002). Mais aucun de ces livres n'avait retenu l'attention d'un pape comme c'est le cas du livre de Neusner.  Dans son livre, Benoît XVI écrit ceci (p 90) : le grand érudit juif Jacob Neusner… s'est en quelque sorte mêlé aux auditeurs du Sermon sur la montagne pour entamer ensuite un dialogue avec Jésus… Ce débat respectueux et sincère que ce juif croyant mène avec Jésus, le fils d'Abraham … m'a ouvert les yeux, plus que d'autres interprétations du Sermon sur la montagne que je connais, sur la grandeur de la Parole de Jésus et sur la décision à laquelle nous confronte l'Evangile. Et son analyse montre que c'est là que se situe le point nodal où le message de Jésus diverge fondamentalement  de la croyance de l'Israël éternel. Neusner démontre cela après avoir examiné avec soin l'attitude Jésus face à trois commandements importants : le troisième (le respect des parents), le quatrième (l'observance du sabbat) et enfin le commandement d'être aussi saint que Dieu lui-même. ( p 127)
     Le dialogue théologique, sérieux et digne, se substitue, désormais, à un discours complaisant et compatissant. Qu'un pape aussi érudit que Benoît XVI, incarnant la vénérable tradition des universités allemandes, puisse écrire de telles lignes ne saurait nous laisser indifférents. Il faut donc espérer que ce dialogue se développera et que l'océan de l'intolérance aboutira enfin au rivage d'une fraternité retrouvée.
Maurice-Ruben Hayoun*
Dernier livre paru, Léo Baeck. Ce peuple. L'existence juive (Armand Colin, 2007)

11:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 19 juin 2007

LA VERITE DEMEMBRE :Par William Goldnadel

LA VERITE DEMEMBREE

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Par Gilles William Goldnadel, président de l'Association France-Israël
L'actualité politique et judiciaire sur http://blognadel.over-blog.com
18 juin 2007 Il existe trois pathologies politiques qui s'aggravent les unes les autres.
La première, représentée emblématiquement par Leïla Shahid, devant un micro de France Inter toujours aussi bienveillant, et qui lui fait dire que ce qui se passe à Gaza est de la faute exclusive des Américains, est caractérisé par l'impossibilité du nationalisme arabo-palestinien de se remettre  en question.
La seconde, incarnée brillamment par le journaliste du Monde  Sylvain Cypel, consiste pour un alter-juif médiatisé à, au contraire, prendre systématiquement le contre-pied de la position de l'État juif. C'est à Cypel que l'on doit, il faut le rappeler, l'une des plus magnifiques désinformations de la décennie : la révélation, sans aucune précaution, à la première page du très sérieux, de l'existence d'un réseau d'espionnage israélien aux États-Unis qui aurait eu vent du projet d’attentat contre les Tours Jumelles, et ce serait bien gardé de prévenir les autorités américaines... Quelques jours plus tard, un lecteur particulièrement vigilant aura pu prendre connaissance d’un démenti aussi piteux que confidentiel. Bref, c'est à ce même genre d'exercice que le précité s'est livré, toujours au micro de Radio France, en martelant assez nerveusement que tout était de la faute d'Israël. La troisième pathologie est d'origine plus vulgaire, elle provient, faut-il le répéter, d'un cocktail détonant, et aux proportions variables, d'idéologie délétère anti-occidentale et d'agacement devant les Juifs debout. Hubert Védrine, en dépit des grands airs qu'il se donne, caractérise avec beaucoup de conviction cette maladie intellectuelle de l'inconscient. C'est ainsi  que – toujours au même micro –  l'ancien ministre se lamentait de ne pas voir à la tête d'Israël, des États-Unis, de l'Europe, des dirigeants qui auraient pu éviter ce qu'il considérait comme la pire des catastrophes. À aucun moment, il n'est venu à l'esprit de celui qui a pourtant la réputation de ne pas en manquer, qu'il serait bon que le peuple arabe de Palestine dispose un jour, lui aussi, d'un responsable digne de ce nom.

En réalité, cette suggestion ne pouvait pas venir à sa conscience, encore moins être verbalisée, car les Palestiniens sont depuis toujours traités par leurs « amis » comme des mineurs incapables et, partant, non soumis à un quelconque problème de responsabilité. Cette incapacité d'une grande partie de l'Occident médiatique et intellectuel à exercer son esprit critique – si aiguisé lorsqu'il s'agit d'Israël ou des États-Unis – à l'endroit des Arabes de Palestine,  renforce la propre inaptitude de ces derniers à sortir de leur éternelle posture  victimaire.
Imaginons un seul instant que ce soit Tsahal qui ait tiré sur une foule sans défense, qui ait précipité du haut d'un minaret un imam du Hamas – transformé incontinent en saint martyr avant de retomber au sol –, qui aurait froidement donné le canon, qui sur des ambulances, qui sur des hôpitaux.
Dès le lendemain, des pacifistes alter-mondialistes, à moins que ce soit des antiracistes en keffieh, auraient défilé dans les rues de Paris et de Londres aux cris de : Génocide en Palestine ! Israël Nazi !
Ces trois pathologies ont en commun de mettre en scène leurs fantasmes tout en tournant le dos délibérément au réel. C'est ainsi que, dans l'affaire de Gaza comme dans la commémoration du 40e anniversaire de la guerre des Six Jours (voir notamment l’extraordinaire article de Michel Bole-Richard dans Le Monde intitulé «la Palestine démembrée»), certains faits ont été si fantastiquement occultés, qu'on ne sait plus vraiment si on se trouve encore sur le terrain de la mauvaise foi idéologique manière Staline ou au pays de la déraison psychologique façon Ubu.
- Pas un mot sur l'incidence du terrorisme palestinien sur les rapports Israël-Palestine.
- Pas une allusion sur l'irrédentisme palestinien ou l'éducation à la haine.
- Rien sur le fait que c'est le peuple palestinien qui a choisi librement le Hamas.
- Rien sur le fait que le peuple israélien avait porté peu avant au pouvoir le parti Kadimah d'Ariel Sharon qui venait d'évacuer Gaza, avec un mandat clair de restituer une grande partie de la Cisjordanie, en dépit des implantations qui s'y trouvent.
- Quant aux responsabilités du Hamas dans les derniers mois : missiles sur Sderot, enlèvement de Gilad Shalit en territoire israélien, incapacité ou refus du président palestinien de s'en prendre aux réseaux terroristes, conformément à la feuille de route : bernique.
Non, rien de tout cela. La faute à l'occupation. La faute à ce satané mur construit par pur sadisme. La faute à Israël. Un point c'est tout.
Il n'empêche. Ainsi que je l'ai écrit, étonnamment ravi, dans mes derniers blog-notes, il semble bien qu'aujourd'hui l'idéologie niaise ait plus de mal qu'hier à occulter l’obstinée réalité. Il n'est que de regarder les télévisions ou d'écouter certains observateurs : "Les Palestiniens enfoncent le dernier clou dans le cercueil de la cause palestinienne ".
Ce n'est pas moi qui le dis, ce n'est évidemment pas Hubert Védrine, encore moins Sylvain Cypel.
Seulement le chef de la diplomatie saoudienne.

 

17:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

 
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