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lundi, 01 juin 2009

JEWISH COLONIZATION ASSOCIATION Par Frédéric Viey

JEWISH COLONIZATION ASSOCIATION

ET LE BARON MAURICE DE HIRSCH

 

 

Créée à Londres en 1891 par le baron Maurice de Hirsch, la Jewish Colonization Association se consacra à soutenir l'émigration de Juifs de Russie persécutés à la suite des pogroms ordonnés après l'assassinat du tsar Alexandre II de Russie en 1881. Elle dirigea ces actions sur deux grands axes : l’Amérique du nord ; les USA et l’Amérique du Sud : l’Argentine.

 

Baron Maurice de Hirsch

 

Le Baron édifia cette Association sur les grands principes suivants : "aider et favoriser l'émigration des juifs d'Europe ou d'Asie, principalement ceux des pays dans lesquels ils sont soumis à des impôts ou à des statuts spéciaux ou à d'autres incapacités, vers d'autres parties du monde, et établir des colonies dans diverses parties de l'Amérique du Sud, du Nord et d'autres pays, avec des activités agricoles, commerciales ou autres". Donc parmi les rôles du Jewish Colonization Association furent d’ "Etablir ou maintenir, ou aider à établir ou à maintenir, des institutions éducatives, des fermes modèles, des institutions bancaires ou des usines, ou toutes autres institutions et associations que le conseil jugerait bon pour aider les juifs dans leur émigration et leur installation dans n'importe quelle partie du monde, exceptée en Europe, avec le pouvoir de contribuer au financement des associations ou sociétés déjà existantes ou à venir, et ayant des objets qui selon l'opinion du conseil peuvent aider ou favoriser la mise en œuvre des objectifs de l'association."  Ainsi les buts de Maurice  et Clara de Hirsch étaient d’activer l'émigration des juifs de l’Europe Orientale, dont la situation s’était aggravée par une suite de pogroms très violents  à au croisement de la fin du XIXème et le commencement du XXème siècle. Dans cette région du monde, où le numerus clausus était de rigueur, l’antisémitisme était lune réponse à la crise économique et sociale.

 

Le J.C.A  fut inauguré à Londres, sous une forme structurelle de droit anglais dont le capital était de deux millions de Livres Sterlings. Bien avant la mort de son fils Lucien, le Baron de Hirsch était déjà très généreux et devant la nécessité de sauver les masses prolétaires juives de Russie, il remis de nouveau une somme de sept millions de livres en 1892 à cette association. Pour certaines opérations financières, le Baron fit appel à l’Alliance Israélite Universelle. Malgré tout, le Jewish Colonization Association, entité entièrement indépendante, fut dirigée par un conseil de cinq membres jusqu'en 1896 mais en pratique, le Baron de Hirsch était le seul décisionnaire. Après sa mort en 1896 et avec l’accord de sa femme Clara, le conseil, porté à onze membres, prit la direction effective de l'Association. Dès le début les pôles d’attraction de l'association se concentrèrent plus particulièrement sur création de colonies agricoles et spécialement en Argentine. En 1896, l’association avait acheté  1 000 km² de terres en Argentine où s’étaient installées autour de mille familles. Or, ces projets posaient d’énormes problèmes aux tenants du Sionisme et singulièrement à Théodore Herzl. En effet, l’auteur de ‘’L’Etat Juif’’ était persuadé qu’il fallait plutôt diriger cette émigration vers la Palestine et ainsi drainer des fonds importants pour le peuplement de cette province de l’Empire Ottoman. Le baron et le journaliste se rencontrèrent en 1895, ce fut l’échec. Il faudra attendre la mort de Maurice de Hirsch pour que la J.C.A. diversifie  ses objectifs et se tourne un peu vers le Moyen Orient. On voit donc la création de colonies en Asie mineure, en Palestine, en Russie, en Roumanie, et en Galicie.

 

Les œuvres de la communauté juive de France étaient déjà bien implantées en Palestine tant à travers l’Ecole d’Agriculture de ‘’Mikvé Israël’’ et financé par l’A.I.U. que par les Colonies du Baron Edmond de Rothschild. Or en 1899, la Jewish Colonization Association  accepta la gestion et l’administration des colonies agricoles fondées par le baron Edmond de Rothschild. Le XXe siècle apporta un changement flagrant dans l’histoire de la Communauté Juive mondiale et le JCA a joué un rôle considérable dans l’aide aux émigrants juifs d'Europe Orientale, en Palestine ou en Amérique. Après la Seconde Guerre Mondiale, elle va réduire ses activités. A la libération des camps de la mort, les survivants et quelques-uns qui purent s’échapper du territoire qui allait être sous la coupe de l’URSS, s’exilèrent en grande majorité aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et les moins nombreux en Palestine. Pour terminer, le Jewish Colonization Association aidera financièrement les efforts de relocalisation des Juifs de part le monde, y compris en palestine.

 

Les colonies juives américaines

 

            On a souvent tendance à croire que le Baron Maurice de Hirsch ne s’est intéressé qu’à l’Argentine, ce qui est faux. Il a d’abord commencé à s’occuper de l’Amérique du Nord et a investi beaucoup d’argent pour l’achat de terre et la construction de colonies aux USA.

 

Voici donc l’essentiel de ces colonies :

Une première expérience réussie fut tentée par trente familles juives dans l’Etat de New York. Mais l’agriculture Juive et les colonies agricoles en Amérique ont débuté grâce à l’immigration russo-juive à partir de 1881-82.

 

 

La première colonie.

La première colonie agricole installée par des Juifs aux Etats-Unis a été établie à Wawarsin,  dans d’arrondissement d’Ulster, Etat de New York en 1837et a été appelée ‘’Sholom’’. Elle a été fondée par trente familles juives, sous la direction d’un certain Moïse Cohen, qui avait quitté New York où il vivait. Il engagea les juifs à vivre de l’agriculture dans des fermes.  Durant cinq ans, ils se  sont efforcés à atteindre la rentabilité de ces fermes, mais devant l’industrialisation de la région, les juifs préférèrent travailler dans les usines. Certains de ces habitants originaux quittèrent la colonie pendant cette période alors que d’autres venaient se joindre à eux.  Or finalement, il n’a pas été possible d’aider ces pionniers fermiers. Ils vendirent leurs biens et quittèrent la colonie en 1842.

 

 

Clara Hirsch Home for Working  à New York

 

La Louisiane.

La première colonie agricole de Juifs russes aux Etats-Unis a été installée à Sicile Islande, Catahoula Paris, près de Bayou Louis en Louisiane. Cette colonie est située à l’Est, non loin du Mississippi. Elle comportait trente cinq familles venant de Kiev et vingt cinq familles venant d’Elizabethgrad. Elles avaient été partiellement organisées en Russie.  Lorsque les colons arrivèrent en Amérique en octobre 1881, ils avaient établi des négociations pour l’établissement de cette colonie en Louisiane  afin de recevoir une aide financière  de H. Rosenthal. Le Comité New York représenté par : S. Isaacs, le Dr. Julius Goldman, M. Ellinger, Charles L. Bernheim et Henry S. Harry, s’est adressé aux représentants de l’Alliance Israélite Universelle à Paris,  pour l’avancement des sommes nécessaires aux colons soit 2800 us dollars. Cette somme devait servir principalement à l’achat de 5000 acres.  A leur arrivée dans leur futur  pays,  les colons  furent logés temporairement dans trois vieilles maisons. Avant la Guerre civile américaine, cette terre avait été une belle plantation mais depuis elle avait été laissée à l’abandon.  Tout le matériel de construction : poutres, lambris, fenêtres, etc… furent envoyés de la Nouvelle-Orléans par le Comité local de l’Alliance Israélite Universelle sous le contrôle de Julius Weiss qui avait été chargé des affaires de la colonie.

 

Les colons, au nombre de cent soixante treize, furent divisés en trois groupes. Le terrain fut planté de différentes variétés : maïs, coton, etc… Les colons travaillèrent avec énergie, construisirent leurs maisons. Hélas au printemps 1882, les crues du Mississippi détruisirent la presque totalité de la colonie. Une grande partie des colons partirent pour San-Antonio, au Texas, et à St-Louis, d’autres achetèrent des fermes isolées dans le Kansas et le Missouri. Ils réussirent leur nouvelle vie dans l’agriculture.

           

Dakota du Sud

En juillet 1882, Hermann Rosenthal, un russe venant de Kiev, président de la Colonie de Louisiane, a mené un groupe de  vingt familles qui s’établirent dans des fermes dans le Sud-Est de l’Amérique qui est aujourd’hui le Dakota du Sud et formèrent une colonie qui  fut appelée ‘’Crémieux’. Elle est située dans le district de Davison, à 14 miles du Mt Vermon près de la gare ferroviaire et à 26 miles de Mitchell ;  chef lieu de la région. La plupart des colons avait un terrain d’environ 160 acres. Parmi les colons beaucoup de familles venaient d’établissements de Louisiane. Les Colons de Crémieux croyaient en leur destin et la première année fut une année de succès. Ils plantèrent de l’avoine, du blé, du seigle, de l’orge et  produisirent d’autres récoltes ce qui leur permit de régler leurs dettes. La seconde année, le blé fut cultivé sur une plus grande échelle mais une très grande partie de cette moisson fut détruite. De plus, le malheur s’abattit davantage sur cette colonie avec la mort du bétail. La troisième année, des orages détruisirent complètement les champs. Les colons avaient été obligés d’hypothéquer leur ferme et les taux d’intérêts ayant augmenté, ils furent obligés de vendre et partirent ailleurs. 

 

Quelques années plus tard, la colonisation juive dans le Dakota du Sud recommença. Sous les auspices de l’Alliance Israélite Universelle, vingt-cinq jeunes garçons célibataires s’installèrent comme fermier non loin de la Colonie de Crémieux et nommèrent cet endroit : ‘’Bethlehem-Yehudah’’.  Ils basèrent leur travail  sur les principes du communisme mais n’ayant aucun support étranger, l’expérience fut un échec. Au bout d’un an et demi de travail acharné, la colonie fut abandonnée.

 

Colorado.

A la fin du XIXème siècle, une tentative fut faite pour tenter d’établir une colonie agricole juive dans le Colorado. Le 9 mai 1882, douze familles Juives furent envoyées à Cotopaxi dans l’Etat du Colorado. Tous les moyens leur furent fournis par le ‘’Hebrew Emigrant Aid Society’’. Les colons s’installèrent sur une terre gouvernementale et 160 acres furent allouées à chaque famille. Mais l’eau était rare sauf au printemps à la fonte des neiges. Pendant la première année de l’établissement il y avait alors quinze familles à Cotopaxi soit soixante quatre personnes. Après différentes avanies, les colons quittèrent la colonie.

 

 

 

Oregon.

A l’automne 1882, la colonie agricole juive des socialistes a établi dans le Sud-Ouest de l’Oregon, près de la frontière Californienne, par des Juifs venant du sud-ouest de la Russie et qui se nommaient ‘’Les Fils de la Liberté’’. Ils appelèrent leur colonie ‘’La Nouvelle Odessa’’. Cette colonie était située à 265 miles de Portland, près de la ville de Glendale, sur la ligne de chemin de fer Californie/Oregon. A l’origine se sont 40 personnes  qui s’installèrent dans la colonie et dont la grande majorité était célibataire. La plus grande partie de ces colons des réformistes socialistes. Une grande erreur fut faite dans le choix de la terre mais aussi un quart d’entre eux n’était pas capable de cultiver la terre. Beaucoup d’entre eux perdirent courage après les premières alertes et quittèrent le pays. En mars 1884, dix nouveaux colons achetèrent 760 acres  qui furent plantés de mais, de blé, de seigle et de pommes de terre. Quelques-uns  des colons essayèrent la taille des arbres et les barrages à feu pour le chemin de fer. Cette colonie fut également abandonnée en 1888.

 

Dakota du Nord.

Les associations caritatives juives pensèrent qu’il fallait aussi essayer de créer une colonie russo-juive de fermiers dans le Dakota du Nord. Cette colonie, connue à Painted Woods, était localisée en 1882 près de Bismarck. Vingt familles reçurent 160 acres. Cette base expérimentale avait été créée avec les efforts du Rabbin J. Wechsler of Saint-Paul, Minnesota, et qui permit aux juifs de devenir citoyens. Au cours de la première année, la colonie s’agrandit en passant à cinquante quatre familles représentant deux cents individus mais les feux de prairies et  le terrible hiver 1884-85 mirent en péril la Colonie. Après cette période néfaste, la colonie passa malgré tout à  soixante et onze hommes, cinquante deux femmes et près de quatre vingt dix enfants.  Au printemps 1885,  quarante colons seulement quittèrent la colonie. Des fonds furent envoyés pendant l’hiver pour leur permettre d’acheter ce qui était nécessaire.  En 1886, la colonie avait reçu beaucoup d’argent mais n’avait pas beaucoup avancé. En 1887, les colons ne rencontrèrent pas plus de succès que leurs prédécesseurs.  Quelques fermiers juifs, survivants de cette colonie, se sont dispersés dans le Dakota du nord.

 

Le 27 mars 1884, une colonie agricole fut fondée à  dans le Comté de Pratt, dans le Sud du Kansas, qui fut nommé par la suite ‘’Sir Moses Montefiore’’. Les premiers pas de cette colonie furent prometteurs. Hélas les difficultés, au fur et à mesure, devinrent insurmontable. Les colons n’étant pas formés à l’agriculture, il leur fallut se résoudre à vendre leur propriété et partir. Quelques-uns s’installèrent à Alliance, dans le New Jersey. Dix sept familles se fixèrent  en avril 1885 près de Lasker, dans le Comté de Ford, au Kansas, grâce aux subsides du ‘’Montéfiore Agricultural Aid Society’’ de New York.  Des terres furent acquises et chaque famille reçut 160 acres. La Colonie a perduré quelques années mais finalement elle a du fermer ses portes.

 

Kansas.

            Grâce aux efforts de la Communauté Juive de Cincinnati une autre tentative de colonisation du Kansas fut faite en 1882.  Cette colonie prit le nom de Beersheba et était localisée dans le Comté de Hodgeman. Après  des discussions entre les colons et la direction de la colonie, ils se résignèrent à vendre tous leurs animaux et leurs plantations. Les colons se résolurent à trouver du travail à Dodge City ou à Garden City ou bien dans d’autres villes. Ils travaillaient dans l’industrie alors que leurs familles restaient dans les fermes. Quelques fermiers continuèrent à développer leur exploitation mais finalement la colonie ne fut pas un succès.

 

Une troisième colonie est connue sous le nom d’Hebron, elle est établie dans le sud du Kansas. Cette colonie comportait quatre vingt familles, une moitié avait des fonds privés et l’autre partie recevaient l’aide du ‘’Montéfiore Agricultural Aid Society’’. Il n’y eut que quelques colons qui réussirent à faire vivre leur ferme et le reste faillit.

En mars 1886, Gilead, dans le Comté de Comanche au Kansas, fut établie avec vingt familles dont une grande partie venait de Roumanie. Celle de Touro fut bâtie avec douze familles et celle de Leeser, dans le Comté de Finney, comportait un petit nombre de colons.  A longues ou brèves échéances, ces colonies firent faillite.

 

En 1882, Lazare Silberman, un banquier de Chicago, a financé l’installation de douze familles russo-juives sur 300 acres de terrain dans le Michigan. Cette nouvelle colonie était située prés de Carp Lake, entre le Lac Michigan et Grand Traverse Bay. Après beaucoup de difficultés avec les colons qui ne voulaient effectuer aucun remboursement sur les sommes prêtées, Silberman abandonna cette entreprise et rapidement les colons furent ruinés. 

 

Michigan.

En août 1891, seize familles russo-juives s’établirent dans le Comté de Huron, Michigan, à près de trois miles de la ville de Bad Axe. Ils appelèrent cette colonie : ‘’Palestine’’. Cette terre était sauvage mais bonne. Les colons signèrent un contrat de cinq ans en acceptant de payer 12 us dollars l’acre et chaque famille reçut entre 40 et 60 acres. Cet établissement a été le meilleur parmi toutes les tentatives qui ont été faites pour la colonisation Juive en Amérique du Nord. Malheureusement dans cette période incertaine les éléments se déchaînèrent contre la colonie : le feu et les inondations. Les colons réussirent à ériger quelques cabanes et une longue bâtisse mais cela était insuffisant  pour leurs besoins. Ils purent acquérir aussi quelques chevaux et des vaches. Au printemps 1892, le ‘’Beith El Hebrew Relief Society of Detroit’’ adressa de la nourriture et des outils aux colons et la Fondation du Baron Hirsch leur apporta une aide conséquente pendant plusieurs années.  En dépit de ce support, les fermiers ne réussirent pas. Quatre ou cinq soldèrent leurs biens et le reste essaya d’éponger  leurs dettes. En octobre 1897, il n’y avait plus que treize hommes, onze femmes et trente neuf enfants dans cette colonie. En avril 1900, il ne restait que huit familles et celles-ci aussi  eurent des difficultés, en effet il fallait rembourser les fréquentes et substantielles aides données par les organisations philanthropiques.

 

Virginia.

            Parmi les autres colonies Juives agricoles qui ont eu une existence brève, il faut mentionner une colonie établie par quinze familles Juives en 1883 sur une terre achetée avec leurs fonds près de la ville de Washington D.C. Cette colonie fut nommée ‘’Washington’’ et malheureusement comme les autres, elle a fait faillite. Grâce aux efforts de plusieurs philanthropes Juifs habitant  Baltimore, 9 familles s’établire en novembre 1882, dans un endroit appelé ‘’Waterview’’ sur les bords de la Rivière Rappahannock, en Virginie mais avant 1886 cette colonie avait disparu. Une douzaine de familles juives  établirent une colonie dans le Comté du Middlesex, en Virginie, en 1882, mais elle ne dura pas longtemps.

 

       Outre les autres tentatives du ‘’Jewish Agricultural Colonization’’ entre 1882 et 1892, il faut rappeler celle qu’il y a eu dans le Comté de Calaveras en Californie.

 

Connecticut.

Le Comité du bureau de colonisation agricole Juive  dans le Connecticut a aidé l’établissement de trois familles Juives en 1891 à New London et à Nordwich financé par le ‘’United Hebrew Charities’ de New York city. Cet organisme était financé par la Fondation du Baron Maurice de Hirsch. Ces familles furent envoyées travailler dans des moulins et c’est en préservant leur économie qu’ils purent réussirent durant quelques années. Ils avaient déjà une expérience de la terre parce que  c’étaient des fermiers journaliers qui achetèrent une bergerie près de Norwich. Peu de temps après, en 1892, un certain Hayyim Pankin, un juif russe, aidé par les fonds du Baron de Hirsch, acheta une ferme près de Chesterfield. Il réussit rapidement avec vingt huit autres familles juives à s’installer près de la même place. Ils étaient tous engagés comme ouvrier agricole journalier. Le terrain n’était pas riche pour donner des revenus rentables, chaque superficie était plantée de pommes de terre et de différentes sortes de légumes. La méthode générale d’achat pour ces fermes était un payement de 1/3 ou la moitié au comptant, pour le reste l’intérêt était de 5 à 6% par an. Après, le Fonds du Baron Hirsch a fait de nouveaux prêts aux fermiers. La population de Chesterfield était instable. Des vingt huit familles qui s’étaient installées en août 1892, il n’en restait uniquement que quinze en automne 1894 mais dix huit autres vinrent s’installer dans le même temps. En 1897, grâce aux bons offices du Fonds du Baron Hirsch, il fut installé une crémerie à vapeur et une synagogue fut construite.

 

            Les statistiques générales du Bureau du ‘’Jewish Agriculture Colonies’’ dans le Connecticut  récapitulent l’état des colonies dans cet Etat : en avril 1891, il avait acquis 2376 acres de terres agricoles qui avaient été réparties en dix neuf familles juives. Ces fermes valaient 20.800 us dollars dont seulement 5.840 us dollars au comptant.  Le total des juifs fermiers à cette époque était de  cent quarante trois personnes. En janvier 1892,  l’ensemble d’autres terrains  furent achetés, ils étaient constitués de forêts et de pâturages.  Les fermes furent réparties sur cinquante deux familles qui représentaient quatre cent quatre vingt onze personnes. Ces fermiers étaient propriétaire de deux cent vingt neuf têtes de bétail.

 

            En décembre 1899, se sont six cents fermiers juifs de la Nouvelle Angleterre, qui s’installèrent dans le Connecticut avec d’autres du Massachusetts. Les différents groupes de peuplements sont repartis entre Chesterfield, Colchester et Montville. D’autres s’installèrent près de Norwich et New London.  

 

New Jersey.

Parmi toutes les colonies agricoles juives aux Etats Unis les plus importantes furent fondées dans le New Jersey. A quelques exceptions, elles furent installées dans le Sud de l’Etat; elles sont : ‘’Alliance’’, ‘Rosenhayn’’, ‘’Carmel’’, ‘’Woodbine’’, ‘’Montefiore’’, ‘’May’s Landing’’, ‘’Halberton’’, ‘’Malaga’’ et ‘’Hightstown’’.

 

C’est plus de trois cents fermiers Juifs qui s’installèrent dans le New Jersey au début de l’immigration juive d’Europe en 1882 ; 200 en 1893 et seulement 76  à la fin de 1896. Grâce à l’aide fournie par le ‘’Jewish Colonization Association’’ de Paris in 1897, les colons reçurent une aide importante. En 1900, il a été estimé que deux cent cinquante fermiers juifs se fixèrent dans cet Etat, dont la plupart dans le sud. Il est plus que probable que moins de cent familles s’étaient installées pour s’occuper d’agriculture.  La colonie ‘’Alliance’’ est située dans le Comté de Salem, dans le New Jersey à près d’un mile au nord de Broadway, un nœud ferroviaire sur la ligne ‘’New Jersey Southern Railroad’’.  C’est aussi à 43 miles au Sud-Est de Philadelphie et 4 miles de Vineland, grande ville commerciale.

 

La colonie fut nommée en l’hommage de l’Alliance Israélite Universelle qui avait donné de l’argent pour sa fondation.  Trois grandes maisons en bois furent bâties pour servir d’abris temporaires aux colons. Elles furent achetées en 1882.

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vingt cinq familles de ces immigrants venaient principalement du Sud de la Russie: Elizabethgrad, Odessa, Kiev, etc.. Elles se fixèrent à ‘’Alliance’’ mais leur nombre monta rapidement à soixante sept familles. Le premier hiver s’est passé avec difficultés, les colons s’étaient rassembler dans les trois bâtiments mentionnés et  le ‘’Hebrew Emigrant Aid Society’’ leur fournit tout ce qu’ils avaient besoin. L’année suivante, les terres furent divisées entre les fermiers à concurrence de 15 acres par ferme. Les maisons étaient constituées de deux pièces et d’un cellier.  Dans l’un des grands bâtiments fut aménagé une usine de cigare. Cette industrie a perduré durant quelques années et les colons souffrirent beaucoup de cette situation. Devant le découragement des colons, en fin 1884, les fermes furent abandonnées par dix sept  familles, ce qui réduisit considérablement la colonie à cinquante familles pour une population de  deux cent cinquante personnes. A cette époque, une partie de la délégation du ‘’ Mansion House Fund’’ de Londres soit: Samuel Montagu, Benjamin L. Cohen, et le Dr. A. Asher), visitèrent et inspectèrent les conditions de vie de la Colonie. Il en résultat que 10.000 us dollars supplémentaires furent adressés pour leur aide au ‘’New York Hebrew Emigrant Aid Society’’,  l’’’Alliance Land Trust’’ avait été fondée par Henry S. Henry, Isaac Eppinger, Leopold Gershel, Leonard Lewisohn, S. Muhr, F. de Sola Mendes, et autres.  Plus de 7,000 us dollars furent consacrés pour l'achat de terre, de chevaux, de vaches, de semences etc… Un nouvel élan fut donné à la colonie. Elle réussit à survivre pendant 13 ans. 

 

Les industries locales.

Parmi les industries locales qui s’établirent à Alliance se sont généralement de petites usines et des boutiques de tailleurs. Ces emplois furent utiles pour les colons pendant les mois d’hiver. En 1889, la population de la colonie était de cinq cent vingt neuf âmes soit:  deux cent quatre vingt deux hommes et  deux cent quarante sept femmes. Les fermiers avaient reçu en tout 1400 acres dont 889 étaient cultivables. La colonie comprenait quatre vingt douze maisons, une synagogue inaugurée en 1888, une librairie, une poste, une école du soir. Avec les efforts de la Fondation du Baron Hirsch et du Jewish Colonization Association de Londres des boutiques de tailleurs furent ouvertes. Il y avait alors un large marché pour ce produit. L’ensemble des fermiers avait du travail soit dans l’agriculture, soit dans la mixité : agriculture-tailleur, tailleurs et d’autres trouvèrent des emplois dans la maçonnerie, la fabrication de chaussure, la charpente, etc..  Les colons réussirent à maintenir leur balance des paiements, ils purent alors acquérir cinquante cinq chevaux, soixante dix neuf  vaches et quatre mille sept cent volailles.

 

New Jersey.

Une autre colonie juive agricole est connue dans le New Jersey à Carmel, dans le Comté de Cumberland dans le Sud de cet Etat. Elle est située à mi-chemin entre Brigheton et Millville.  Prés de la gare ferroviaire régionale se trouve la colonie de Rosenhayn. Celle-ci est située à 3 miles au nord de Carmel. Dix-sept fermiers russo-juifs, aidés par Michael Heilprin de New York, s’installèrent ici en 1882 et appelèrent cet endroit: ‘’Carmel’’. Une année ou deux après cette installation, sept des premiers pionniers de cette colonie. Heureusement d’autres colons se découragèrent à cause des pauvres résultats et quittèrent la colonie.  Heureusement d’autres colons arrivèrent de l’ouest de la Russie. En 1889 la colonie était peuplée de deux cent quatre vingt six personnes dont cent cinquante hommes et garçons et cent trente-six femmes qui vivaient dans trente maisons.  Quatre vingt deux enfants fréquentaient l’école publique.

 

Durant l’hiver les fermiers s’auto-suffisent en travaillant dans l’industrie du tailleur.  Les conditions de vie de la colonie de Carmel sont des preuves qui permettent de  se rendre compte de la prospérité et de la dépression de ce lieu. Carmel, en 1900, a une population de quatre vingt neuf familles juives pour quatre cent soixante et onze âmes. Les colons de Carmel achetèrent trente six chevaux, cent quatorze vaches et trois mille trois cents volailles. Dans cette communauté plusieurs usines furent fondées, principalement une manufacture de vêtements.

 

Rosenhayn est une autre communauté qui fut fondée dans le même état. Elle est située dans le Comté de Cumberland, sur la ligne de chemin de fer du Sud du New Jersey. Elle a été fondée par les soins de l’ ‘’Hebrew Emigrant Aid Society’’ de  New York; six familles ont bien été envoyés dans la partie nord près de Rosenhayn et payèrent pour cela. Elles travaillaient dans l’industrie du tailleur à Philadelphie. L’année suivante, trente six autres familles s’installèrent dans cette région à condition qu’elles construisent leurs maisons et cultivent leurs champs.  Les colons juifs vont produire des baies, du mais et de la vigne. Il y avait alors soixante sept famille habitant vingt trois maisons, six furent construites par des charpentiers juifs locaux. La population était donc de deux cent quatre vingt quatorze hommes et cent quarante cinq femmes. Soixante enfants fréquentaient l’école publique. Dans cet endroit, outre les succès des colonies juives,  il faut aussi parler aussi des usines qui fournirent à la population du travail et le moyen d’y développer une vie convenable.  Elles fournissaient aussi sur le marché local un certain nombre de fourniture à un prix abordable.

 

 

                         colonie de Woodbine                      ecole de Woodbine

 

’Woodbine’’ est située au Nord du Comté de Cape May, dans le New Jersey, à la jonction de West Jersey et Seashore et les chemins de fer du South Jersey. En 1901, celle Colonie a été la plus réussie des Colonies Juives d’Amérique. Elle a été établie le 28 août 1891, grâces aux fonds du Baron de Hirsch et fut gérée par le JCA. La terre, comprenant 5300 acres, a été achetée pour 37.500 us dollars. Les fermes furent dispersées tout au tour de la ville, avec quelques usines, une synagogue, une église, deux écoles publiques, un grand nombre de magasins, etc… A cette date, il y avait cinquante deux familles juives fermières à Woodbine représentant un total de quatre cents âmes. Quarante neuf fermes avaient une superficie de 15 acres,  deux de 10 acres, et une de 30 acres. Les principales exploitations furent la culture de baies et de produits maraîchers  qui permettaient une production journalière. En dehors de ces fermes,  l’école d’agriculture ‘’Baron de Hirsch’’  s’étendait sur 270 acres et les terrains agricoles représentaient 121 acres. La ville mettait à disposition un marché local pour les produits agricoles et les citoyens trouvaient suffisamment de travail dans les usines environnantes. Le combiné ‘’Industries locales et agriculture’’ ont donné de bons résultats.

 

Orchestre de la colonie de Woodbine;

 

D’autres tentatives variées furent faites pour établir des Colonies Agricole Juives dans le New Jersey mais elles ont échoué. Une colonie fut créée à Estelleville, fondée en 1882  non loin d’Alliance mais elle a été abandonnée au printemps 1883. Une autre fut montée à Montéfiore, près de Belle Plain, un arrêt sur la ligne ferroviaire de l’ouest de Jersey, non loin de Woodbine. Elle fut laissée à l’abandon quelques temps après. Elle comportait vingt huit maisons et une usine. En 1891, le Syndicat Juif de New York acheta plusieurs milliers d’acres de terre pour l’agriculture.  Ils étaient situés à 4 miles de May’s Landing, dans le Comté d’Atlantic, mais la colonie n’a jamais vu le jour.  Ainsi on peut voir des essais d’implantation de colonies agricoles juives dans le sud du New Jersey et leur échec. Quelques fermiers juifs réussirent individuellement, les autres rejoignirent les ouvriers non qualifiés qui développèrent des usines dans les différents états et s’investirent dans l’industrialisation américaine.

                                                                                              Frédéric VIEY

Juin 2009

 

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vendredi, 26 décembre 2008

Noel à auschwitz/Par Michel Gurfinkiel

http://www.michelgurfinkiel.com/articles/205-Temoignage-Nol-a-Auschwitz.html

Noël à Auschwitz

Une page d' « Un Devoir de mémoire », (Editions Alphée Jean-Paul Bertrand, 2008).

PAR MICHEL GURFINKIEL.


Dans les années 1950, avant qu'on ne bâtisse le Mémorial du Martyr juif inconnu, dans le Marais (aujourd'hui Mémorial national de la Shoah) et le Mémorial de la Déportation, derrière Notre-Dame, les déportés se recueillaient au Père-Lachaise, devant des cénotaphes consacrés à chacun des camps. Cela se passait au printemps. Dès que j'eus l'âge de raison, mon père – qui avait été déporté à Auschwitz de 1942 à 1945 - m'y emmena. L'un de ces monuments m'intriguait : une forme humaine en granit gris, sans face ni membres. Je demandai à mon père : « Pourquoi on ne lui a pas fait de visage ? » Il me répondit : « Parce que dans les camps, nous n'avions plus de visage. »

Un hiver, mon père me montra une cheminée de briques, au-dessus des toits de Paris, d'où montait une mince fumée blanche : « Tu vois, la cheminée du crématoire, c'était comme ça. » (Quand j'ai vu pour la première fois la seule cheminée qui subsiste à Auschwitz, je l'ai reconnue.)

Une autre fois, alors que nous passions dans une rue commerçante : « Regarde ce que l'on jette dans le caniveau : des fruits, des légumes, des morceaux de pain… Au camp, on aurait été content de ramasser tout cela… » Comme je lui demandais en quoi consistaient ses repas : « A Auschwitz, on ne mangeait pas. Juste un bout de pain pour la journée et de l'eau chaude, qu'on appelait thé ou café le matin et soupe le soir ». Pouvait-on survivre avec une telle ration ? « Non. Comme on ne mangeait pas, c'est la faim qui nous mangeait. On perdait le ventre, les joues, le gras des jambes et des bras, les fesses. A la fin, on se mettait à gonfler de partout, et on mourait. »

Vers dix ou onze ans, je lus Témoignages sur Auschwitz, des dépositions d'anciens déportés parues dès 1946. Pour la première fois, j'eus une idée globale de la déportation. Je vérifiai les faits, les noms et les dates avec mon père. « Oui, c'était comme ça », me disait-il. Ou bien : « Non, c'était encore pire. » Et parfois : « Ca, je ne sais pas. On ne savait pas tout. »

A partir de ce moment, mon père se confia un peu plus. Alors qu'il s'était contenté, jusque là, de brèves remarques, il s'engagea dans des récits assez longs. Le plus souvent, il voulait me transmettre un épisode qui lui tenait à cœur, un événement qui l'avait marqué. Il y avait toujours une morale, fût-elle implicite.

C'est ainsi que j'entendis l' « histoire de Noël ». Chaque année, le 24 décembre, on dressait un sapin au milieu du camp. Les Häftlinge (« détenus ») non-juifs avaient droit à une soupe bien chaude et bien grasse. Mais les Juifs devaient se contenter de la soupe maigre ordinaire, servie beaucoup plus tard. « C'était la première Noël que nous passions à Auschwitz », me dit mon père. « J'avais une bronchite. Je toussais. Je sentais que je commençais à m'en aller. Je regardais la distribution de soupe grasse et me disais que si je pouvais en avoir un bol, j'aurais encore une chance de guérir. Je connaissais l'homme chargé de l'opération : un catholique polonais assez distingué, sans doute un intellectuel. Un jour, deux Juifs se battant entre eux pour un bout de pain, il les avait séparés d'une seule parole : 'Regardez-moi ça. Avec tout ce qu'ils subissent, ils ne sont pas capables d'être au moins des frères l'un pour l'autre.' Il m'aperçut : 'Tu veux de la soupe, n'est-ce pas ? – Oui. – Mets-toi dans un coin. Je vais voir ce que je vais pouvoir faire.' Vingt minutes plus tard, il m'apporta un bol. Je jure que si je ne l'avais pas eu ce soir-là, je n'aurais pas survécu. »

© Michel Gurfinkiel & Editions Alphée Jean-Paul Bertrand, 2008

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dimanche, 20 juillet 2008

La rafle du Vélodrome d’Hiver (16-17 juillet 1942), souvent appelée rafle du Vel’d’Hiv, est la plus grande rafle de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rafle du Vélodrome d’Hiver (16-17 juillet 1942), souvent appelée rafle du Vel’d’Hiv, est la plus grande rafle de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

En juillet 1942, le régime nazi organise l’opération “Vent Printanier” : une énorme rafle de Juifs dans plusieurs pays européens.

 


En France, le régime de Vichy mobilise la police française pour participer à l’opération : à Paris, 9 000 policiers et gendarmes rafleront les Juifs.

 

 

 

L’organisation de la rafle

 

Les Juifs français étant normalement fichés depuis 1940 (le dernier recensement français ayant recueilli des données religieuses est celui de 1874), les autorités connaissent leur adresse.

 


Les instructions du directeur de la police municipale de Paris Émile Hennequin, le 12 juillet 1942, stipulent que « Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l’identité des Juifs qu’ils ont mission d’arrêter, n’ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux […]. Ils n’ont pas à discuter non plus sur l’état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire. […]. Les opérations doivent être effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire. »

 


René Bousquet, le secrétaire général de la police nationale, accompagné de Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, rencontre le 4 juillet, au siège de la Gestapo à Paris, les SS Knochen et Dannecker, général SS qui dirige la police allemande en France.

 

La rafle vise les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchèques, russes et les indéterminés, âgés de seize à cinquante ans.

 

Des dérogations exceptionnelles pour les femmes « dont l’état de grossesse sera très avancé » ou « nourrissant leur bébé au sein » sont prévues, mais « pour éviter toute perte de temps, ce tri ne sera pas fait au domicile mais au premier centre de rassemblement par le commissaire de la voie publique ».

 

Les nazis prévoient de faire arrêter par la police française 22 000 Juifs étrangers dans le Grand Paris, qui seront conduits à Drancy, Compiègne, Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Pour cela, « le service de M. Tulard fera parvenir à la Direction de la police municipale les fiches des Juifs à arrêter (…) Les enfants de moins de quinze ou seize ans seront confiés à l’Union générale des Israélites de France qui à son tour les placera dans des fondations. Le tri des enfants sera fait dans les centres primaires de rassemblement».

 


La rafle

 

Le 16 juillet 1942, à 4 heures du matin, 12 884 Juifs sont arrêtés (4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes).

 

Un nombre indéterminé, prévenu par la Résistance ou bénéficiant du manque de zèle de certains policiers, parvient à échapper à la rafle. Les conditions sont très dures : les personnes arrêtées ne peuvent prendre avec elles qu’une couverture, un pull, une paire de chaussure et deux chemises. De plus les familles sont séparées; la plupart ne seront plus jamais réunies.

 

Après leur arrestation, une partie des Juifs sont emmenés par autobus dans le camp de Drancy (au nord de Paris). Une autre partie est envoyée vers le Vélodrome d’hiver (situé dans le XVe arrondissement), qui sert de prison provisoire (cela avait déjà été le cas lors d’une rafle à l’été 1941). Ce sont donc environ 7 000 personnes qui devront survivre pendant cinq jours, sans nourriture et avec un seul point d’eau. Ceux qui tentent de s’enfuir sont tués sur le champ. Une centaine de prisonniers se suicident. Les prisonniers seront conduits dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande (dans le département de Loiret) et Pithiviers, avant d’être déportés vers les camps d’extermination allemands.

 

Cette rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 Français juifs envoyés à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre.

 


Mémoire de la rafle

 

Le 16 juillet 1995, le président Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France dans la rafle et dans la Shoah. Il a notamment déclaré :

 


« Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police. (…)

 


La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMEMORATIONS

 

 

 

 

 

De nombreuses commémorations sont organisées le 20 juillet qui correspond cette année au 17 tamouz, date encore plus propice à un rassemblement de la communauté pour un moment de recueillement.

www.consistoire.org

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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jeudi, 03 juillet 2008

Vidéo de l'attentat à Jérusalem prise depuis un téléphone portable

Terrorisme - Vidéo de l'attentat à Jérusalem prise depuis un téléphone portable
Vidéo de l'attentat perpétré ce mercredi à Jérusalem prise depuis un téléphone portable. Les images montrent la scène où le tracteur percute et écrase un autobus, ainsi que plusieurs voitures et piétons. 02/07/08
Terrorisme - Jérusalem replonge dans la terreur
L'attaque de Jérusalem, qui est survenue mercredi matin rue Yaffo, replonge la capitale israélienne dans la peur des attentats. D'importantes forces de sécurité ont été déployées dans tous les grands axes de la ville où la tension est de nouveau palpable. 02/07/08
Moyen-Orient - Un attentat à Jérusalem fait 3 morts et 46 blessés
Un attentat s'est produit en fin de matinée à Jérusalem rue Yaffo, près du centre ville. Un terroriste a utilisé un tracteur pour renverser et écraser un autobus ainsi que plusieurs véhicules. Le bilan fait état de 3 morts et de 44 blessés, dont sept gravement touchés. 02/07/08
Terrorisme - Images choc: des policiers abattent le terroriste de Jérusalem
Images des policiers israéliens allant à la rencontre du terroriste. Ils n'ont pu intervenir seulement après que le tracteur ait écrasé un autobus et des piétons. C'est un soldat qui n'était pas en service au moment de l'attaque qui est parvenu à tuer le terroriste à bout portant. 02/07/08
Moyen-Orient - Attentat sanglant à Jérusalem
Attentat sanglant à Jérusalem sur la rue Yaffo, au niveau de Shaaré Tsedek, à mi-chemin entre l'entrée de la ville et le centre. Un terroriste au volant d’un tracteur a écrasé un autobus et plusieurs véhicules. Puis le tracteur a tenté d'écraser des piétons avant que des policiers ne finissent par abbattre le conducteur. Le bilan fourni par le Magen David Adom fait état d'au moins quatre morts et d’une quarantaine de blessés, dont sept se trouvent dans un état grave. 02/07/08

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mardi, 01 juillet 2008

Quand le New York Times croyait que la prison avait « calmé » Adolf Hitler…

http://michelgurfinkiel.com/articles/175-Histoire-Le-demon-assagi.html

Histoire/ Le démon assagi


Quand le New York Times croyait que la prison avait « calmé » Adolf Hitler…

PAR MICHEL GURFINKIEL


Je ne résiste pas au plaisir amer de relire une très vieille coupure de presse : un entrefilet paru le 20 décembre 1924 dans le New York Times, le journal le plus influent des Etats-Unis, sinon du monde.

TITRE : « La prison a calmé Hitler ».

SOUS-TITRE : « Libéré sous condition, il va probablement retourner en Autriche ».

TEXTE : « Berlin, 20 décembre. Adolphe Hitler, qui faisait naguère figure de demi-dieu aux yeux de  l'extrême droite, a été libéré aujourd'hui sous condition de la forteresse de Landsberg, en Bavière, où il purgeait une peine de prison. Il a immédiatement gagné Munich en automobile. Il avait l'air beaucoup plus triste et raisonnable qu'au printemps dernier quand, inculpé avec Ludendorff et d'autres extrémistes de complot en vue de renverser le gouvernement, il comparaissait devant un tribunal de Munich. Son comportement pendant son emprisonnement a convaincu les autorités qu'il ne présentait plus aucun danger pour les institutions, pas plus que son organisation, connue sous de nom de Völkischer, c'est-à-dire de nationalistes racistes. On pense qu'il va abandonner toute vie publique et se retirer dans son pays d'origine, l'Autriche ».

Joliment tourné, n'est-ce pas ?

Ce que le correspondant du New York Times à Berlin ne savait pas, c'est que Hitler avait mis à profit son séjour à Landsberg, qui d'ailleurs avait beaucoup plus ressemblé à une résidence surveillée qu'à un emprisonnement, pour écrire un livre, Mein Kampf. Muni de cet ouvrage, qui devint rapidement une sorte de Bible, l'agitateur autrichien put remobiliser les extrémistes de droite, s'imposer comme acteur politique de premier plan en Allemagne dès 1930 et finalement prendre le pouvoir en 1933.

Je recommande la lecture de cet entrefilet, et de beaucoup de textes similaires, à ceux qui s'imaginent – de bonne foi - que les tyrans ou les apprentis tyrans peuvent un jour se calmer, s'assagir, se repentir et s'acheter une conduite.

En particulier au Moyen-Orient et sur le pourtour de la Méditerranée.


© Michel Gurfinkiel, 2008



RETROUVEZ MICHEL GURFINKIEL SUR www.michelgurfinkiel.com

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