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mercredi, 20 juin 2007

REFLEXIONS ,40 ANS APRES LA GUERRE DES SIX JOURS

Réflexions, 40 ans après la Guerre des Six jours 

medium_GUY_MILLIERE2.3.jpgPar Guy Millière


Comme c’était prévisible, le quarantième anniversaire de la Guerre des six jours a donné lieu à une multitude d’articles dans la presse quotidienne et hebdomadaire dans toute l’Europe, mais aussi à des émissions télévisées et à des livres. Comme c’était également prévisible, la quasi-totalité des articles, des émissions de télévision et des livres a donné une vision très biaisée des faits, et offert une reconstruction de l’histoire.


Un seul livre paru en langue française se révèle scrupuleux et procède à une mise en perspective correcte des faits : « La guerre des Six Jours : la victoire et le poison » de Raphaël Delpard. En passant en librairie, j’ai vu malheureusement, mis en avant, surtout, le « 1967 : Six jours qui ont changé le monde », de Tom Segev, un historien israélien antisioniste pratiquant une forme de révisionnisme, celui dit des « nouveaux historiens ».


Considérant que laisser circuler sans réagir les rumeurs et le mensonge constituent le plus sûr moyen de voir ceux-ci triompher, je pense utile de procéder ici à tout un ensemble de rectifications nécessaires :

1. D’abord, n’en déplaise à ceux qui ont, volontairement ou involontairement, la mémoire courte, l’histoire de ce que Paul Giniewski appelle le « contentieux israélo-arabe » ne commence pas le 5 juin 1967. Elle ne commence pas même avec  l’indépendance et la première guerre arabe contre Israël. Elle commence à la fin du dix-neuvième siècle avec le projet sioniste, qui s’inscrit indéniablement dans la perspective des mouvements d’émancipation nationale définis par le principe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

A l’époque, il y a l’empire ottoman mais aucun pays, aucune entité appelée « Palestine ». Il n’y a pas de peuple palestinien, mais des Arabes, nomades ou sédentaires, soumis à une autorité dont la capitale est Istanbul, et des Juifs. Les autorités ottomanes voient d’un bon œil le projet sioniste, qui peut revivifier une zone désolée. Les dirigeants arabes de la région voient le projet sioniste d’un bon œil, eux aussi, essentiellement pour les mêmes raisons.


Pendant la Première Guerre Mondiale, le Royaume Uni passe un accord en vue de la création d’un foyer national juif (déclaration Balfour), et un accord avec les dirigeants arabes du Proche-Orient. Au lendemain de la guerre et suite au démantèlement de l’empire ottoman, sont créés la Syrie et le Liban, placés sous mandat français, l’Irak et un Etat correspondant à quatre vingt pour cent du « Mandat palestinien », confié aux Britanniques : la Transjordanie (aujourd’hui Jordanie).

Plus de vingt ans se sont écoulés avant l’indépendance d’Israël, la création de plusieurs Etats arabes dans la région, et, parmi eux, la création d’un Etat arabe palestinien (le fait qu’il ait été confié à un descendant de la dynastie chérifienne est une question d’essence totalement étrangère à ce débat).

Dans les années qui ont suivi, et jusqu’en 1947, le projet sioniste s’est poursuivi sur les vingt pour cent de territoire résiduel : des juifs se sont installés, ont entrepris, ont créé de la richesse. Des populations arabes sont venues au titre de travailleurs immigrés. Les autorités britanniques, désireuses de pratiquer l’apaisement vis-à-vis du monde arabe, ont laissé accéder à une position d’autorité pour la communauté musulmane, Ali al Husseini, un antisémite fanatique, qui se retrouvera au côté d’Adolf Hitler au temps de la « solution finale ». Il en résultera des violences meurtrières, des pogroms et la constitution de milices de défense juives. Jusqu’au moment où l’indépendance d’Israël a été proclamée, le Royaume-Uni a fait preuve d’une effroyable partialité, empêché des juifs, persécutés par les nazis, de trouver refuge dans leur foyer national, freiné l’immigration juive, fermé les yeux sur les violences arabes.


L’Organisation des Nations Unies, en 1947, a créé deux Etats sur le territoire résiduel : un second Etat palestinien, et l’Etat d’Israël. Les Arabes n’ont pas voulu du second Etat palestinien, refusant de se contenter des 90% du territoire mandataire qu’ils possédaient déjà. Ils en réclamaient les 100%. Les dirigeants arabes ont demandé aux populations arabes de quitter provisoirement le territoire d’Israël, le temps que les juifs soient exterminés. Mais il n’y a pas eu d’extermination. Israël a survécu. Les Arabes qui avaient quitté Israël sont devenus des « réfugiés ». Les pays arabes les ont maintenus dans ce statut jusqu’à ce jour, avec la complicité des Nations Unies : ont été considérés comme réfugiés tous ceux qui pouvaient prouver deux années de résidence sur le territoire israélien, et on a créé pour les assister un organisme spécial, l’UNWRA (United Relief and Works Agency), qui existe jusqu’à ce jour.


Israël n’a, pour l’essentiel, pas chassé les Arabes de son territoire. Ce n’est pas Israël qui a créé un problème de « réfugiés ». Les dirigeants arabes, qui ont eux créé ce problème, n’ont jamais rien fait pour y remédier. L’UNWRA est le seul organisme à avoir jamais été fondé pour maintenir, pendant six décennies, des « réfugiés » en situation de « réfugiés ». Les camps de « réfugiés palestiniens » sont le seul endroit sur la planète où on est réfugié de père en fils et de mère en fille.
Israël n’a occupé, à partir de 1948, que le territoire qui lui a été accordé par l’ONU et des terres prises lors d’une guerre défensive contre les armées arabes.

2. N’en déplaise là encore à ceux qui privilégient la mémoire courte, ce qui s’est passé en 1967 n’a pas consisté en une attaque d’Israël contre ses voisins, mais une phase ultérieure de l’action d’Israël contre leurs intentions exterminationnistes.


Sans cesse et sans répit, jusqu’au jour même où la guerre s’est enclenchée, les dirigeants israéliens n’ont cessé de demander que l’on signe avec leur Etat de traités de paix. Dans les semaines et dans les jours qui ont précédé la guerre, les armées arabes se sont massées le long de la frontière d’Israël, en position offensive. Les dirigeants arabes n’ont cessé de tenir des discours haineux envers l’Etat hébreu et de parler « d’éradication » ou « d’anéantissement » de ce qu’ils appelaient l’ « entité sioniste », et dont ils reconnaissaient si peu l’existence, qu’elle ne figurait pas sur les cartes de géographie qu’on trouvait à Damas (elle n’y figure toujours pas. Ndlr.) ou au Caire. En mai 1967, peu de temps avant la guerre, Gamal Abdel Nasser, le dictateur égyptien, a fait passer 100 000 hommes de troupe dans le Sinaï, remilitarisé la frontière israélo-égyptienne, chassé les forces de maintien de la paix des Nations Unies qui s’y trouvaient, bloqué le détroit de Tiran de façon à asphyxier Israël, une décision qualifiée « d’arbitraire et dangereuse » par le Président américain Lyndon Johnson.


Israël s’est résolu à frapper parce qu’il était bien davantage qu’évident que les Arabes étaient sur le point de lancer une nouvelle vague belliciste à visées exterminatrices. Israël a pratiqué ce qu’on appelle la « doctrine Kennedy », en référence à la crise des missiles soviétiques à Cuba en 1962 : confronté à la certitude d’une action offensive à son encontre, un Etat n’attend pas d’être frappé pour mettre ses adversaires hors d’état de nuire.


Comme en 1948, Israël a mené une action strictement défensive. La victoire a été rapide et éclatante. Bien que les Arabes aient disposé de 465 000 soldats, de 2 880 chars, de 810 avions de chasse, leurs moyens furent très vite réduits à néant par la supériorité tactique et stratégique des armées israélienne, menées au combat par Moshé Dayan.


Dès les premières heures du 5 juin 1967, les aéroports et les avions arabes ont été détruits. « La guerre était achevée dès son commencement », a dit un commentateur. Les armées égyptiennes en déroute et privées de support aérien ont fui dans le Sinaï, et les prisonniers se sont comptés par milliers. L’armée jordanienne, passée à l’attaque malgré les recommandations d’Israël, demandant au roi Hussein de rester « en dehors » du conflit, a connu elle aussi la débâcle. L’armée syrienne a été délogée des hauteurs du Golan depuis lesquelles elle tirait sur les populations civiles du Nord d’Israël. La cessation des hostilités est venue au bout de six jours, suite à un discours de plus en plus menaçant des dirigeants soviétiques et aux déclarations américaines en défense d’Israël.

Toute la situation géopolitique de la région s’est trouvée modifiée. Tous les discours aussi.

C’est à ce moment que la France a rompu son alliance avec Israël et a commencé à adopter clairement la position d’hostilité anti-israélienne qui a été au cœur de la « politique arabe de la France ».

C’est à ce moment que les Etats-Unis se sont nettement rapprochés d’Israël et ont discerné en Israël un allié stratégique et un pays avec lequel existaient des affinités électives qui n’ont cessé de se renforcer depuis.

Les pays arabes ne se sont plus contentés de parler de « l’entité sioniste », mais ont dû reconnaître qu’Israël existait et était une puissance au Proche-Orient. La déclaration dite des trois « non » à Khartoum, quelques mois plus tard, a montré une fois encore l’étendue de la haine arabe à l’encontre d’Israël, mais la haine a dû dire son nom : refuser de reconnaître un pays, refuser de négocier avec lui, refuser de signer un traité avec lui procède d’une manière flagrante de cesser d’ignorer l’existence de ce pays. Il faudra quelques années encore, et une guerre particulièrement fourbe, puisque déclenchée au moment du Kippour, pour que l’Egypte signe un traité de paix. Il faudra quelques années de plus pour que la Jordanie suive la même voie. C’est néanmoins en 1967 que ce processus a débuté.

En 1967, Israël occupe des territoires qui, ce doit être dit une fois pour toutes, n’ont pas été « occupés » au terme d’une guerre d’agression, mais pris au cours d’une action de défense, ce qui en change complètement le statut en termes de droit international. Si un agresseur perd une guerre, l’agressé, en l’occurrence Israël, a légitimité pour conserver des territoires qu’il estime nécessaire à sa défense.

En 1967, Israël retrouve des zones dont il avait été chassé par les armées arabes en 1948 : certaines parties de la Cisjordanie, Kfar Etzion et la vieille ville de Jérusalem qui, selon le plan de partition de l’ONU, en 1947, relevaient de la juridiction d’Israël et s’étaient trouvées illégalement occupées par la Jordanie. En 1967, Israël retrouve aussi les racines du peuple juif : outre la vieille ville de Jérusalem, Shiloh, Bethlehem, Jéricho, Hébron, pour ne citer qu’elles.

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samedi, 16 juin 2007

LA MEMOIRE LA PLUS COURTE...

La Mémoire la plus courte

Que penseraient de nous ceux qui, au sacrifice de leur vie et de leur jeunesse, payèrent le prix pour que nous puissions vivre libre ? C’est le bloc-notes d’André Dufour.

Halde là !

La loi proscrit dans les établissements scolaires publics tout signe religieux «ostensible». Or, la loi de la République française étant nulle et non avenue à ses yeux, l’islamisme ne désarme pas. Puisque la forteresse laïque ne peut être prise d’assaut, il essaie de la grignoter, ronger, creuser, miner et désagréger jusqu’au jour où elle s’écroulera d’elle-même comme une barre d’immeuble HLM sous l’implosion. Cette fois-ci il s’agit des mamans qui accompagnent les classes dans les sorties scolaires... Tout parent bénévole est bienvenu dans les sorties scolaires pour peu que le principe légal de la laïcité qui s’impose en matière scolaire soit respecté. Mais il semblerait que la Halde jouisse d’un pouvoir exorbitant puisqu’elle vient de décréter dans sa toute récente fatwa qu’au nom de la lutte contre les discriminations, les mères portant foulard islamique doivent pouvoir participer aux sorties scolaires.

Or, contrairement à ce que soutenait la très laïque Rachida Dati sur RMC www.1001podcast.com/podcast/RMCInfo/channel38/20070322_in... en déclarant :« …Est-ce que l’on considère qu’accompagner des enfants relève du service public ? Il ne faut pas non plus exagérer ; c’est de l’extra scolaire », l’école ne se limite pas à un bâtiment ad hoc, c’est avant tout un ensemble d’activités qui s’exercent non seulement dans l’enceinte de l’école mais aussi à l’extérieur, ce qui inclut toutes les sorties ; cela fait partie du «service public». Alors, puisque Rachida Dati nous demande de ne «rien exagérer», autant légitimer dans l’accompagnement des enfants la soutane ou la cornette catholiques, la kippa israélite, le turban sikh, le hidjab, la burka, le tchador et autres excentricités puisque selon Madame la ministre et porte parole de Sarkozy, les sorties, «c’est de l’extra scolaire».

L’interdiction du voile islamique devrait pourtant figurer dans les prétendus objectifs de la Halde puisque le port du voile ou de tout emballage qui sert d’accoutrement aux musulmanes sont des signes ostensibles de discrimination et d’inégalité imposés par les mâles islamiques. Or, avec sa récente prise de position, la Halde, à l’instar du Mrap, de la LDH et autres officines faisant dans l’antiracisme et anti-discrimination à la carte, se révèle ce qu’elle est en réalité : le faux nez d’un entrisme visant à islamiser la France. Mais le cas de la Halde est d’autant plus inquiétant, qu’investi par notre gouvernement d’un coûteux pouvoir inquisitorial, il est devenu un tribunal spécial d’une constitutionnalité douteuse. Que reste-t-il donc de notre Assemblée «Nationale» que les citoyens viennent d’élire, alors que son pouvoir, déjà limité par Bruxelles (mais bon ! Europe oblige), peut être bafoué par une poignée de peigne culs de la Halde, de la LDH, du Mrap et d’autres groupuscules sectaires ? Vous avez dit discrimination et inégalités ? Où est l’égalité lorsque la volonté exprimée par le peuple à travers son Assemblée législative compte moins qu’une Halde que personne n’a élue ? Qui donc discrimine et qui donc est discriminé ?


«Le jour le plus long» et la mémoire la plus courte.

Juin 1944 : Dans la nuit du au 5 au 6 juin 1944, les troupes britanniques et celles de l’Amérique sacrifiaient leur vie pour anéantir le monstrueux régime nazi qui martyrisait l’Europe. Sans mésestimer le rôle de Forces Françaises Libres ni le sacrifice de nombre de nos Résistants, leur participation à la guerre contre la bête nazie fut marginale par rapport aux forces soviétiques, britanniques et américaines. Toujours est-il qu’en dépit du honteux intermède de Vichy, la France ayant «perdu une bataille» en 1940 se retrouvait dans le camp des vainqueurs. C’est encore l’Amérique qui, par le plan Marshall, aidait l’Europe et la France à se relever de ses ruines. Mais seul un Eugène Labiche, génial inventeur du personnage de Monsieur Perrichon, aurait pu, dans son 19ème siècle, deviner qu’aussitôt après Juin 44, la France gratifiera l’Amérique de sa haine.

Le ton est donné par le Général de Gaulle avec la bénédiction d’un Parti Communiste «français» au faîte de sa puissance et à la grande joie de Staline, pour atteindre un niveau pathologique sous la présidence de Chirac avec la bénédiction des gauchistes, des alter-mondialistes et autres nantis de gauche, et surtout avec la bruyante approbation des islamistes «français» et des Etats musulmans dont il se comportait en porte parole. Voyons les tombereaux d’injures déversées sur le candidat Sarkozy à la suite de son voyage aux USA, alors que la candidate Ségolène Royal pouvait, sans trop de dommages pour son image, exprimer sur place son admiration pour la justice, expéditive, du régime communiste chinois. Cet antiaméricanisme inscrit depuis plus de 60 ans dans la ligne directrice du Quai d’Orsay a grandement favorisé la montée en puissance de l’islamisme djihadiste et des états musulmans qui, pour être vite qualifiés de «modérés» par ceux que cela arrange, ne brillent pas pour autant du côté des droits de l’homme et de la femme, ni en matière de tolérance, de liberté de conscience et d’expression.

Or c’est de ce côté-là qu’en ce 21ème siècle vient la menace qui pèse sur nos libertés et nos vies. En guise de hors d’œuvres, c’est aux forces du djihad islamique que le monde est redevable de 95% des meurtrières agressions terroristes. Pour mettre le monde à l’abri de ce péril, c’est encore sur l’Amérique, avec ou sans Bush, que nous devrons et devons déjà compter, que cela nous plaise ou non. Rappelons-nous seulement qu’entre 1941 et 1945, il n’était pas nécessaire d’aimer le capitalisme américain, l’empire colonial britannique ou le communisme stalinien pour nous ranger derrière leur bannière. C’est grâce à leurs avions, leurs chars, leurs marines, leurs canons que nos pacifistes, anti-impérialistes, anti-capitalistes aux comptes en banque copieusement garnis, ont pu revenir en toute quiétude à leurs marottes et radotages.

Haro sur Israël

Du Moyen âge jusqu’au au milieu du 20ème Siècle, toutes les misères de l’humanité, les épidémies, la famine, les guerres et autres calamités trouvaient leur explication dans la faute des Juifs. Rares sont les auteurs qui, au cours de cette longue période, n’aient pas donné du Juif une image stéréotype négative, désobligeante et caricaturale. C’était au fond bien commode pour tous et ça évitait de s’attaquer aux vraies causes de ces catastrophes et de chercher les remèdes appropriés. Nobles, manants, bourgeois, clergé, paysans, classe ouvrière se satisfaisaient de cette explication, tous, sauf bien entendu les Juifs qui avaient quelques raisons de s’en plaindre, mais c’est connu, ces «gens là» se plaignent toujours.

Les horreurs de la Shoah ont ensuite d’autant plus jeté le discrédit sur l’antisémitisme, que les camps d’extermination furent l’œuvre d’une idéologie d’extrême droite. Le communisme et la gauche se retrouvant du côté des vainqueurs et, par un subtil jeu d’amalgame, il devenait honteux non seulement d’être antisémite, mais de penser «à droite», comme il est aujourd’hui déshonorant de ne pas trouver l’islam à son goût et de le dire. C’était la période où il allait de soi qu’un intellectuel soit de gauche. De préférence communiste ou, par défaut et à l’instar d’un Jean-Paul Sartre, «progressiste», c'est-à-dire «compagnon de route». Notre actuelle «classe pensante» en est encore imprégnée.

«Fort heureusement», du moins pour les antisémites plus ou moins refoulés, l’Etat d’Israël et le sionisme leur rendaient bien vite leur «Lettre de noblesse» et leur offraient un moyen licite et politiquement correct de se défouler. L’antisémitisme relooké ne vient pas de la droite mais bel et bien des diverses chapelles de la gauche sous couvert d’anticolonialisme, d’antiesclavagisme, de tiers-mondisme, de marxisme avec le renfort des nouveaux «damnés de la terre» venus massivement des pays arabes et musulmans pour s’implanter en France, à la différence près que le cri de «Alla akhbar» se substitue à l’Internationale et le drapeau rouge s’éclipse devant la voiture piégée et la ceinture explosive. Mais il paraît que ça fait partie des «armes des pauvres». Alors la gauche ne peut que faire cause commune avec les pauvres.

Contrairement aux sentiments individuels antijuifs qui ne coûtent rien à celui qui les éprouve, la propagande antisémite coûte cher et il faut y mettre le prix pour qu’elle devienne efficace. Si dans les années 1930 à 45, la propagande antisémite était financée par l’Allemagne nazie, c’est à présent l’argent de pays arabes, islamiques ou «laïques», ainsi que de l’Iran qui financent la vague antisémite qui déferle sur le monde en général et sur notre pays pour ce qui nous concerne de près.

Dire que dans le monde Occidental nombre de politiciens, nombre de journalistes, d’affairistes, de propriétaires de presse et autres grands médias, d’ONG, de réseaux de soutien à la «cause palestinienne», d’universitaires et (en Amérique et en Grande Bretagne) d’universités prestigieuses, sans parler de personnalités politiques à l’échelon le plus élevé, ne restent pas insensibles aux séductions de cet argent déodorisé, serait un euphémisme. Il n’est que de voir un Jimmy Carter, médiocre président des USA, mais largement bénéficiaire des générosités de Sheikh Bin Sultan Al Nahyan, par ailleurs grand «bienfaiteur», entre autres, de la prestigieuse Harvard University. Il est vrai que cette dernière a fini par retourner au Sheikh le chèque de 200 millions de dollars qui sentaient trop le pétrole. Mais pour Jimmy Carter, l’argent n’a pas d’odeur. Et son titre d’ancien Président of the United States se vend encore pour un bon prix, assez en tout cas pour stimuler son zèle anti-israélien. Quand on nous dit que c’est par pure générosité, humanisme et grandeur d’âme que maintes personnalités soutiennent la cause palestinienne et stigmatisent Israël… il en existe quelques uns. Ce qui prouve qu’à côté des professionnels, n’importe quelle cause trouve dans ses militants de base ses idiots utiles.

On comprend alors pourquoi tant de massacres, de génocides, de persécutions, pourtant rapportés dans la presse, ne mobilisent pas les foules. Quarante combattants palestiniens, impliqués dans un carnage de civils à Nétanya, tués à Djénine, ont provoqué des manifestations monstres dans toutes les grandes villes de la planète, tandis qu’une centaine de morts dans la Bande de Gaza ou au Liban, ou le génocide en cours au Darfour, ou les grands génocides du Cambodge et du Rwanda qui pourtant défraient ou ont défrayé la chronique, laissent les spécialistes de «l’indignation» sans voix et sans réaction. C’est simple : dans le premier cas c’est l’armée israélienne qui peut être mise en cause, dans les autres cas ce sont des Arabes, des Palestiniens entre eux, des «militants» marxistes du Cambodge ou des Noirs «ex-colonisés» d’Afrique. Faut-il croire que ce n’est pas la qualité de cœur mais l’antisémitisme dans son dernier avatar antisioniste ou anti-israélien qui est le carburant des grandes indignations ?

C’est le quarantième anniversaire de la Guerre des Six jours qui est le plus récent avatar du déchaînement des grandes âmes «désintéressées» contre Israël. Nous sommes littéralement assommés et sommés par tous les bien pensants qui tiennent la plume ou le «crachoir» de croire que le monde musulman, paisible et assoupi jusque là, fut réveillé par l’humiliante défaite de la coalition arabe. L’irrésistible montée de l’islamisme, le djihad, le terrorisme aveugle auquel chacun d’entre nous est exposé, la haine vouée par l’islam contre les «Croisés», les avions de ligne lancés comme des bombes sur les Twin Towers et autres cibles, les milliers de voitures régulièrement brûlées par les «jeunes», l’Intifada de nos banlieues, le rejet de notre culture par «les jeunes», le viol des enseignantes par les «jeunes» des banlieues, les tournantes dans les caves, les petits trafics de drogue et autres «bizness», tout ça, c’est à cause de «l’humiliation» subie en ce juin 67. En somme, à l’instar d’un sprinter champion du monde, sommé de se laisser amputer d’une jambe pour ne pas humilier ses challengers, Israël aurait dû se laisser vaincre par les forces des pays arabes coalisés. (Nous retrouvons en ce moment cet appel à l’amputation de l’UMP chez les battus de nos élections législatives).

À tout «seigneur» tout «honneur», c’est le groupe Le Monde qui décroche la coupe de la désinformation et de la perfidie. On a l’impression que nombre «d’intellectuels» et d’universitaires s’accroupissent sur les pages du Monde Diplomatique pour y lâcher leurs «analyses» des causes et les conséquences de la déroute arabe dans la guerre des Six Jours. À les croire, Israël aurait perfidement pris prétexte de la concentration massive de troupes et de matériel lourd arabes sur ses frontières et des discours sans équivoque appelant à la destruction d’Israël pour lancer une attaque surprise. Bien sûr, ce n’est pas ce qu’ils écrivent de façon aussi abrupte. Tout cela est délayé avec force précautions oratoires sur cinq pleines pages pédantes et moralisatrices de ce mensuel de Juin 2007.

C’est avec ce même genre de précaution oratoire que je suppose également que c’est par pure grandeur d’âme et de façon tout à fait désintéressée, of course !, que des universitaires et enseignants britanniques appellent au boycott de leurs collègues israéliens.

De même que c’est de façon désintéressée et n’écoutant que leur cœur, que le British National Union of Journalism appelle au boycott d’Israël. Normal, un journaliste britannique est enlevé à Gaza par des Palestiniens et gardé en otage ou peut être déjà mort. Alors pourquoi ne pas appeler au boycott des Palestiniens ? Quelques chèques hallal suffisent pour remonter à la source de la chaîne des responsabilités : Israël. À cette aune, les Israéliens devraient faire prendre quelques journalistes britanniques en otage par des «groupes incontrôlés», ce qui, a posteriori, justifierait enfin le boycott décrété par le syndicat des journalistes british.

La référence du quotidien

Le Monde, mais en tant que «quotidien de référence» dont la lecture est vivement recommandée aux étudiants par leurs profs, publie le 3 juin un «scoop»: la fameuse épopée d’Entebbé au cours de laquelle un commando aéroporté israélien a éliminé un groupe terroriste palestinien du FPLP renforcé par des gauchistes allemands et libéré les otages majoritairement juifs d’un vol d’Air France détourné, eh bien oyez bonnes gens, oyez, … c’était un coup monté par le Shin Bet, service secret israélien ! Faux cul selon son habitude, ce quotidien passé maître en matière de désinformation et d’intox ajoute prudemment, non sans avoir affirmé d’entrée de jeu que ce document «jette un doute» sur la version israélienne, que cette information issue de «documents britanniques» qui se référaient à un tuyau venant d’une «Association parlementaire euro-arabe» nécessiterait plus de preuves (pas très flatteur pour la fiabilité des «euro-arabes») n’en conclut pas moins que ce «document» «éclaire cette affaire d’un jour nouveau». Si nous sommes fondés d’avoir un doute sur leur probité intellectuelle, nul ne peut accuser les journalistes du monde de manquer de métier. Alors il s’agit bel et bien d’une technique de désinformation délibérée qui établit une parenté génétique de ce quotidien avec ses confrères du Troisième Reich et de l’Union Soviétique. Le Monde se débattant dans des difficultés financières agirait-il de la sorte par gratitude envers ses «mécènes» discrètement dissimulés ? Pour me mettre à l’école du Monde, je dirais que «la grande faiblesse de ma supposition est de n’apporter aucun élément de preuve susceptible de corroborer la thèse que je mentionne».

Israël, Etat sioniste , Palestine, Etat négationniste

A côté des nombreuses approbations, mon dernier bloc-notes m’a aussi valu quelques protestations pour avoir osé exprimer une opinion défavorable à la création d’un Etat palestinien, et ce, à contre-courant de l’opinion générale admise, même par ceux qui, n’étant pas hostiles à Israël, soutiennent l’idée d’un état palestinien aux côtés de l’état israélien. Le «droit à» l’existence de ce dernier étant en même temps reconnu même par les plus fervents soutiens à la cause palestinienne.

C’est justement là que le bât blesse. On feint d’oublier qu’en 1948, lors de la proclamation de l’Etat d’Israël, la partie arabe couvrant les anciennes Samarie et Judée, rebaptisée «Cisjordanie» était purement et simplement annexée par un état arabe nommé Transjordanie, aussitôt rebaptisé «Jordanie». Les Arabes de la Cisjordanie étaient tous détenteurs d’un passeport Jordanien et ne s’en plaignaient pas. Pour sa part, la «Bande de Gaza» était occupée et administrée par l’Egypte de Nasser qui en avait fait une base d’attaques contre Israël. L’idée d’une Palestine et d’un Etat Palestinien ne s’est manifestée qu’avec la défaite de la coalition arabe durant la Guerre de Six jours en juin 67. C’était donc une création d’une nation qui n’a jamais existé et n’avait en tant que telle aucune racine, aucun antécédent historique. Ce n’était dès lors qu’un moyen pour les états arabes militairement vaincus de poursuivre sur le terrain politique international une guerre perpétuelle contre Israël. Un Etat-nation palestinien n’était viable et ne l’est toujours pas sauf s’il couvre la totalité du territoire palestinien tel qu’il était délimité depuis les accords de Picot-Sykes qui fixaient les frontières des territoires respectivement placés sous mandat de la France et de la Grande Bretagne . Autrement dit, un Etat palestinien ne peut que se substituer à l’Etat Israélien et non pas coexister. Du reste, un symbole reflétant mieux la vérité qu’un discours lénifiant à usage externe, l’emblème de l’OLP comme le keffieh de Yasser Arafat reproduisent la carte de la Palestine «intégrale» dans ses frontières du mandat britannique. Ce n’est pas un simple extrémisme mais un réalisme géographique, économique et politique confirmant qu’il n’y a pas de place pour deux états indépendants viables «vivant côte à côte et pacifiquement» sur un minuscule espace correspondant à moins de cinq départements moyens français.

Un autre argument plaide contre la création d’un Etat palestinien : le poids des Etats arabes et musulmans à l’ONU. Un siége de plus, une voix de plus en faveur de ceux qui veulent imposer au monde leur loi, leur conception des «droits de l’homme», qui veulent faire adopter une loi universelle contre le «blasphème». Or dans l'immense espace musulman qui recouvre le monde, peut-on citer le nom d'un seul État répondant aux normes de démocratie, de laïcité, de tolérance mutuelle, de liberté de conscience et d'expression, d'égalité entre hommes et femmes qui sont à la base des valeurs du monde civilisé ? Il serait donc pour le moins imprudent pour la paix et la liberté dans le monde, de renforcer le camp des ennemis de la liberté.

Alors, seul le rattachement à la Jordanie des zones de peuplement arabe de Cisjordanie et de Gaza peut satisfaire la légitime revendication des «Palestiniens» à une nationalité et à une citoyenneté pleine et entière. Mais ce droit imprescriptible ne doit pas aller jusqu’au droit de nuisance.

Pour mémoire, rappelons que le nom de «Palestine» est une invention romaine du 2ème siècle de l’ère chrétienne, consécutive aux révoltes récurrentes et cruellement réprimées des Juifs contre Rome, celui-ci entreprenant alors de vider la «Judae» de sa population juive. Ce nom, emprunté à la Bible où il est question des Philistins établis sur la partie méridionale du rivage méditerranéen mais qui s’étaient entre temps dissous dans la population juive, était destiné à traduire jusque dans la toponymie l’éradication de toute trace de présence juive en Judae (nom par lequel Rome désignait précédemment ce pays). Quel troublant exemple de la récurrence de l’Histoire ! Nous pouvons comprendre l’acharnement des Arabes nationalistes ou islamistes à s’opposer aux fouilles archéologiques, ainsi qu’à effacer et à contester tout ce qui peut rappeler une quelconque présence juive au cours de l’Histoire.

Mais pourquoi s’étendre sur cette histoire d’Israël ? C’est que la censure et la réécriture de notre propre Histoire sous la dictée des «indigènes de la République» avec la complicité de maints universitaires malhonnêtes, veules et corrompus, menacent également la survie de la France dans ce qui lui reste encore d’identité. Certes, ce nom restera encore un certain temps en vigueur, mais notre pays sera devenu une sorte de Bernard l’Hermite : seule subsistera la coquille originelle dans laquelle une autre bestiole aura pris place. Ce processus est déjà largement avancé en Seine-Saint-Denis, enclave islamique reliée par le métro au cœur de Paris. Et la Basilique des Rois de France, «agrémentée» d’un minaret, deviendra un espace haram, sacré de l’Islam «de» France.

Discrimination positive

«Il faut des Noirs au gouvernement». Ce n’est pas moi qui le dis, mais Patrick Lozès qui l’écrit avec cran dans le Figaro, en sa qualité de président du «Cran». Pour ce qui me concerne, je ne vois pas au nom de quel principe il ne doit pas y en avoir, mais je ne vois pas non plus au nom de quel principe il faut absolument des Noirs dans chaque gouvernement.

Dans mes choix civiques, j’attache plus d’importance à la couleur politique qu’à celle de la peau. Peu me chaut alors que le candidat à la Présidence ou aux législatives soit masculin ou féminin, blond, roux ou brun, qu’il mesure 1m90 ou 1m60, que lui-même ou ses ancêtres viennent du Limousin, de la Savoie, de la Guadeloupe, de Pologne, du Mali ou de je ne sais où. Ce qui m’intéresse, c’est sa probité et son orientation politique.

Mais il est une chose certaine contre laquelle je lutterai toujours bec et ongles : le racisme. D’où qu’il vienne. Contre qui que ce soit. Or, le racisme commence lorsqu’un individu se détermine avant tout par sa «race». Je ne connais qu’une race : l’humanité. Les communes et le Parlement comptent ou ont compté parmi leurs élus des hommes et des femmes de toutes prétendues «races» ou supposées religions. Mais lorsqu’ils se sont présentés devant leurs électeurs, ce n’est pas en qualité de «Blanc», de «Noir», de «Maghrébin», de «Protestant», de «Catholique», de «Juif», mais en fonction de leur couleur politique.

Léon Blum, Georges Mandel ou Pierre Mendès France n’ont pas été élus parce qu’il «fallait des Juifs» au gouvernement mais parce que, à tort ou à raison, les partis qui les présentaient les estimaient compétents. Il fallait un triste sire tel que Xavier Vallat pour y voir un inconvénient rédhibitoire et injurier en pleine séance parlementaire «le Juif» Blum. Est-ce l’origine maghrébine de Rachida Dati qui a déterminé le choix du Président Sarkozy pour «amadouer» l’électorat originaire de la même région ? Si ce n’est «que» pour cela, ce serait un mauvais calcul. Si c’est parce qu’il la jugée compétente, pourquoi pas ? Mais existe-il un Cram (Conseil représentatif des associations maghrébines) qui aurait écrit «il faut des Maghrébins au gouvernement» ?

S’il faut établir des quotas au sein du Parlement et du gouvernement, il faudra le faire pour les originaires de chacune des provinces de France, de Turquie, de Pologne, du Portugal, d’Italie etc..etc. ; mais aussi pour les Catholiques, les Protestants, les Juifs, les Bouddhistes, les Sikhs, les Souffis, les Bahaïs, les Sunnites, les Chiites, les Polygames, les Homosexuels et bien entendu pour ceux qui sont à la fois Noirs et Homosexuels. Les propos du citoyen Patrick Lozès me paraissent fort éloignés des «idéaux républicains de fraternité» qu’il invoque. Que veut dire «1.9 millions d’adultes noirs dont 81% de citoyens français vivant en Métropole» ? Les personnes issues d’un seul parent Noir sont-elles comptées comme Noir ou comme Blanc ? Le citoyen Rozès n’a plus qu’à exiger, au nom de la fraternité et de l’égalité, un quota de «métis». J’allais oublier ceux qui ont un seul grand parent Noir ; où les classer ? Et pourquoi pas un «Craj» pour exiger un quota de Jaunes au gouvernement. Jusque là, il n’y aurait là rien de raciste. Mais que dirait mon concitoyen Rozès avec lequel je partage l’idéal républicain de fraternité et d’égalité si je fondais un «Crab» (Conseil représentatif des Blancs) ? Mais puis-je garantir que je n’ai pas un ancêtre d’origine suspecte ? C’est fou ce qu’un gargarisme à coloration républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité peut comporter comme dose de racisme !


André Dufour pour LibertyVox

 

 

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Pierre Clostermann décédé l'an passé

 

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Soldats américains hissant le drapeau à Iwo Jima

Photo à la Une : Philippe Kieffer de la France Libre, commandant le 1er Bataillon FM Commando.

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 15/06/2007 Imprimer cet article
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14:02 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 15 juin 2007

LE CRIF EN ACTION :JUIFS D'EGYPE..

Le Crif en action
 
Juifs d’Egypte : le second exode
15/06/07
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- - Thème: Histoire


 

 

A l’invitation du CRIF, près de 150 personnes ont assisté le 14 juin, au centre d’Art et de Culture de l’Espace Rachi, à la projection de deux documents : « Les derniers juifs d’Alexandrie » de Jean-Michel Destang et Richard Zéboulon et de « Témoignages. Les Juifs d’Egypte » de Micheline Abergel, Minou Azoulai, Emilie Lambert et Sylvie Leprince.
Ces films diffusés dans le cadre de la campagne internationale « Justice for Jews from Arab Countries », - dont le CRIF représenté par Jean-Pierre Allali est le coordinateur français - ont ému l’assistance, majoritairement composée de Juifs originaires d’Egypte. La soirée « Juifs d’Egypte : le second exode » a permis pour beaucoup de retrouver à travers ces témoignages, une trace de leur passé ou une partie de l’histoire de leurs parents.
Dans la seconde partie de la soirée animée par Simone Diday, Moïse Rahmani, écrivain bruxellois, spécialiste de l’Histoire des Juifs d’Egypte a fait une intervention, rappelant qu’avant 1956, 80 000 juifs vivaient encore en Egypte. Aujourd’hui, il ne reste que 50 Juifs égyptiens. Il a également raconté qu’après cinquante ans de mémoire enfouie en lui-même, il a décidé de rechercher dans les livres d’Histoire, la mémoire oubliée de ses ancêtres. Moïse Rahmani a trouvé dans des archives sur l’Egypte, des documents attestant des lois raciales anti-juives, des récits d’émeutes et de massacres puis les étapes du processus de l’expropriation et de l’expulsion des Juifs égyptiens, rendus apatrides. «  Nous sommes des réfugiés. Notre maison a été prise, nos tombes violées mais je n’ai conservé aucune haine ni amertume car chez nous, les Juifs égyptiens, on ne garde pas les mauvais souvenirs ». En effet, peu ont osé parler de leurs souffrances et de leur exil forcé, également par pudeur : la situation de leurs frères victimes de la Shoah était sans commune mesure avec ce qu’ils avaient subi. Simone Diday a expliqué que « nous, les Egyptiens, avons été très discrets et n’avons jamais parlé. Nous avons toujours tout vécu avec beaucoup d’humour. Et nous n’en voulons pas à cette Egypte qui nous a mal traités, tant pis pour elle ! ».
Philippe Partouche, Micheline Abergel, David Harari et Fortunée Dwek ont également apporté leurs témoignages émouvants et utiles pour l’avenir.
Un appel à témoignage a été lancé afin de sauvegarder la mémoire de ce qui reste de « ces Juifs d’Egypte nés d’ailleurs » selon la formule de Fortunée Dwek.
Jean-Pierre Allali a tenu à remercier l’ensemble des intervenants présents ainsi que Richard Prasquier le président du CRIF et Haïm Musicant, le directeur sans qui cette soirée n’aurait pu se dérouler.
Photo : © 2007 Alain Azria

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samedi, 09 juin 2007

JE ME SOUVIENS DE CE TEMPS COMME D'UN TOURBILLON PERMANENT /PAR MEIR WAINTRATER

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  En mai 1967, j’allais avoir bientôt vingt ans. Pour les jeunes Juifs français de ma génération, la Shoah (on n’employait évidemment pas ce mot) n’était qu’un lointain souvenir, une sorte de secret de famille dont l’évocation trop insistante était à la limite du mauvais goût. Le sionisme, quant à lui, était matière à débat au sein de la communauté juive : si l’attachement à l’existence de l’Etat d’Israël allait de soi, l’idée d’une relation privilégiée entre les Juifs diasporiques et cet Etat était loin de faire l’unanimité. Quoi qu’il en soit, la Shoah et le sionisme étaient pour l’essentiel des problématiques judéo-juives qui ne préoccupaient pas vraiment le grand public. Les sujets d’intérêt ne manquaient d’ailleurs pas : la guerre du Vietnam battait son plein, les colonels venaient de prendre le pouvoir en Grèce, la Chine était en pleine «révolution culturelle», et la France elle-même s’enfonçait dans une morosité prémonitoire de Mai 68.   A la mi-mai 1967, le Proche-Orient s’imposa soudain au premier plan de l’actualité. Les choses s’enchaînèrent très vite : une subite tension à la frontière syro-israélienne (due, on le saura plus tard, à un travail de désinformation effectué par l’URSS dans les capitales arabes), un ultimatum du président égyptien Nasser à la force d’interposition des Nations unies stationnée dans le Sinaï, une immédiate débandade onusienne, un blocus sur la navigation israélienne en mer Rouge, les esprits qui s’enflamment dans l’ensemble du monde arabe, des manifestations de masse appelant à la guerre contre l’ennemi sioniste, Nasser annonçant le 26 mai qu’en cas de guerre « l’objectif fondamental sera de détruire Israël », une alliance militaire égypto-jordanienne venant s’ajouter au traité égypto-syrien en vigueur depuis l’année précédente, les Israéliens se voyant menacés de toutes parts et abandonnés par les grandes puissances.   Tout cela déboucha, nous le savons maintenant, sur une attaque préventive de Tsahal, et sur la victoire de la guerre des Six jours (du 5 au 10 juin 1967). Nous le savons maintenant. Mais, alors, nous savions une chose, une seule : c’est qu’Israël était en danger, que les Israéliens étaient menacés de mort, et que le monde ne levait pas le petit doigt. La grande majorité de nos concitoyens – à la différence de leurs gouvernants – exprimaient une forte sympathie pour l’État juif. En ce sens-là, nous n’étions pas seuls. Israël, cependant, était seul. Et notre identification à Israël, dans sa solitude, fut un bouleversement auquel peu d’entre nous étaient préparés.   Cette angoisse-là, bien plus que le soulagement qui vint ensuite, fut constitutive de l’identité juive dans la France contemporaine. Les diverses composantes du judaïsme français se retrouvèrent soudain, et se reconnurent comme foncièrement semblables et indissolublement liées à Israël. Les incertitudes privées ou publiques, sur la Shoah et sur le statut du sionisme, n’étaient plus de mise. La mémoire de l’extermination des Juifs par les nazis nous revint comme une lame de fond ; l’identité de destin entre le judaïsme mondial et le foyer national juif s’imposa comme une évidence.   Je me souviens de ce temps comme d’un tourbillon permanent. Durant ces trois semaines d’angoisse, que scandaient de manière presque incantatoire les appels au meurtre en provenance des capitales arabes, il n’y avait plus de gauche ni de droite, plus de sionistes ni de diasporistes. On s’inscrivait à l’ambassade d’Israël pour participer à un combat que l’on craignait désespéré, on allait donner son sang, on improvisait des permanences dans tous les locaux disponibles, on manifestait dans les rues ou on signait des pétitions. L’important était de faire quelque chose, car l’inaction nous renvoyait à notre impuissance devant un danger dont la réalité croissait d’heure en heure.   Un point doit être souligné ici, dont les Juifs d’aujourd’hui n’ont peut-être pas suffisamment conscience. Au milieu des années soixante, la communauté juive de France n’était pas seulement diverse au plan de la vie associative et des engagements politiques ; elle l’était aussi pour ce qui était de l’origine de ses membres. L’immigration massive des Juifs d’Algérie était un phénomène tout récent. Les Juifs du Maroc ou de Tunisie arrivaient peu à peu, au rythme des « crises » dont celle du printemps 1967 ne fut pas la dernière. En l’espace de quelques années, la communauté juive avait doublé de volume. Mais ce développement était anarchique. Certes, on se rencontrait dans des centres communautaires ou dans des mouvements de jeunesse. Il y manquait pourtant le « liant » que procure une histoire récente partagée.   Mai-juin 1967 fut, à cet égard, un formidable accélérateur. Des Juifs qui n’avaient jamais mis les pieds dans une institution juive devinrent, du jour au lendemain, des militants de la cause juive. Beaucoup le restèrent. Le brassage naturel qui se produisit en ces quelques jours fut pour nous la meilleure entrée en matière : « Israélites » à l’ancienne, fils d’immigrés d’Europe centrale ou Juifs d’Afrique du Nord, ces étiquettes tombaient tout comme les étiquettes religieuses ou laïques, et tout comme les mille autres catégories auxquelles on avait coutume de se référer pour se définir « juif en France ». Cela n’empêcha pas, parfois, que des vieux réflexes reprennent le dessus, une fois passée la première exaltation. Mais la rencontre, ce moment magique où l’on distingue l’essentiel de l’accessoire, fut un fait acquis pour une génération de Juifs français.   Une remarque, encore. La mobilisation des Juifs en mai-juin 1967 était de nature politique. Non pas seulement parce que l’événement extérieur (la menace pesant sur Israël) était de nature politique. Mais aussi parce que nous nous manifestions, en tant que Juifs, dans l’espace politique français. Certes, nous n’étions pas seuls : ainsi que je l’ai indiqué plus haut, beaucoup de Français non juifs éprouvaient les mêmes sentiments que nous, et les exprimaient haut et fort. Il reste que nous assumions, pour la première fois depuis la Libération – et, cela va sans dire, pour la première fois de nos jeunes vies – une dimension publique de notre singularité de Juifs. Cet héritage, à travers bien des tribulations, a été transmis aux Juifs de la France actuelle qui sont donc tous, d’une certaine manière, les enfants des manifestants de mai-juin 1967.   Meïr Waintrater est directeur du mensuel L’Arche.    

23:20 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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