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mercredi, 21 mai 2008

ADIEU, MR KATZ.PAR MICHEL GURFINKIEL

http://michelgurfinkiel.com/articles/168-Isral-Adieu,-Mr-Katz.html

ADIEU, MR KATZ


C'est l'un des fondateurs d'Israël. Et l'un de ses meilleurs géopoliticiens. Il vient de s'éteindre, à 93 ans.

PAR MICHEL GURFINKIEL

Shmuel Katz, homme politique, journaliste, historien, s'est éteint à Tel-Aviv le vendredi 9 mai. Au lendemain des festivités du soixantième anniversaire de l'Etat d'Israël. Ses amis et ses disciples voudront y voir un symbole.

Il avait quatre-vingt-treize ans. C'était l'un des derniers représentants d'une génération exceptionnelle : celle des fondateurs de l'Etat. Essayons de nous représenter ce que cela peut signifier. Les parents de Katz avaient fui la Lituanie, alors province russe, et ses pogromes, pour l'Afrique du Sud, alors dominion britannique, et donc terre de droit et de tolérance. Mais dans les années 1930, le racisme et l'antisémitisme montent dans ce pays comme dans le reste du monde : la ségrégation entre Blancs et Noirs s'alourdit, et les Juifs sont de moins en moins tenus pour des Blancs. En 1935, alors qu'Hitler a pris le pouvoir en Allemagne, une loi du parlement du Cap met pratiquement fin à toute immigration juive. L'extrême-droite blanche milite pour des mesures plus radicales : selon elle, les Juifs ayant acquis la nationalité sud-africaine devraient perdre le droit de vote, voire même être expulsés.

En droit international, il existe alors un ultime refuge : le Foyer national juif de Palestine, institué par la Société des Nations et administré par la Grande-Bretagne. Mais en fait, les Britanniques sont en train de trahir leurs obligations. Le Livre Blanc de 1939 fermera le Foyer national aux Juifs européens ou extra-européens, au moment même où fuir devient, pour eux, une question de vie ou de mort. Mieux : avec ce même Livre Blanc, les Britanniques, peuple d'élite, sûr de lui-même, dominateur, et pétri de bonne conscience – self-righteousness -, instaureront en Palestine une politique analogue à l'apartheid sud-africain : par décret du roi d'Angleterre, les Juifs n'auront plus le droit d'acheter des terres que dans 5 % de ce qui est, juridiquement, leur patrie.

Les dirigeants et militants sionistes sont horrifiés. Mais que faire ? La plupart d'entre eux ont trop conscience de leur faiblesse. Ils décident de protester contre la nouvelle politique britannique. Mais ils n'osent envisager une rébellion. Un seul leader sioniste passe outre : Vladimir Zeev Jabotinsky. Il fait remarquer qu'une telle insurrection serait conforme à l'esprit même de la civilisation anglo-saxonne, où il a toujours été légitime, depuis le XIIe siècle et jusqu'à la Révolution américaine, en passant par la République de Cromwell et la Glorieuse Révolution anglaise de 1688, de se révolter au nom du droit.

Katz rejoint Jabotinsky, dont il sera bientôt le secrétaire. Sa qualité de citoyen de l'Empire britannique lui permettant d'immigrer en Palestine, il fait partie, dans les années 1940, de l'état-major de l'Irgoun. Il échappe cependant aux services secrets britanniques. Sa ruse : il écrit pour le Daily Express, un quotidien conservateur, des articles au vitriol en faveur de la Résistance juive. Les policiers britanniques ne peuvent pas imaginer qu'un intellectuel fasse ce qu'il dise et participe concrètement à la cause qu'il défend de façon aussi explicite.

On connaît la suite. Israël accède à l'indépendance en  1948. La gauche y est au pouvoir jusqu'en 1977. Pour Katz et ses semblables, c'est la traversée du désert. Puis le Likoud, héritier de l'Irgoun, l'emporte. Katz travaille quelques mois pour Menahem Begin. Avant de se retirer pour se consacrer uniquement à la réflexion et à l'histoire. Nous avons été des centaines et des milliers à découvrir la géopolitique d'Israël dans ses livres, ses articles, ses conversations où le réalisme et la litote anglo-saxonnes se mélangeait miraculeusement aux valeurs juives.

Il avait gardé, jusqu'au bout, une entière vivacité d'esprit. Voici deux mois, il publiait son dernier livre, l'histoire de la famille Aaronsohn qui, pendant la Première Guerre mondiale, avait mis sur pied un réseau d'espionnage en faveur des Britanniques, le Nili, afin de hâter la fin de l'occupation turque en Eretz-Israël. Son œuvre majeure, Lone Wolf (Le loup solitaire), une biographie en deux volumes de Jabotinsky, était parue douze plus tôt, en 1996, quand il avait soixante-dix-huit ans.

© Michel Gurfinkiel, 2008


09:06 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 18 mai 2008

Le jeu de pouvoir du Hezbullah .Par Caroline Glick , JERUSALEM POST

                                            http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1210668650022&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

 


Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

 


Il n’a fallu qu’une semaine au Hezbollah pour mettre le gouvernement du Liban à genoux. La décision du gouvernement Siniora d’annuler mercredi  ses décisions d’interdire le système de télécommunications indépendantes du Hezbollah et de licencier l’agent du Hezbollah de son poste de chef de la sécurité à l’aéroport de Beyrouth a constitué sa reconnaissance effective du rôle prééminent du Hezbollah au Liban.

 


Ce qui est intéressant au sujet de renversement réussi du gouvernement élu du Liban, c’est qu’après que ses forces aient vaincu ses ennemis, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a ordonné à ses hommes de regagner leurs ténèbres habituelles. Pourquoi le Hezbollah n’a-t-il pas simplement renversé le gouvernement ? Comprendre pourquoi le Hezbollah a refusé de s’emparer du Liban est une clé non seulement pour comprendre le Hezbollah, mais aussi pour comprendre le Hamas, le Fatah et l’insurrection en Irak.

 


Une réponse convaincante à cette question réside dans le travail classique de David Galula, ‘La guerre de contre-insurrection : théorie et pratique’. Galula, mort en 1967, était lieutenant-colonel dans l’infanterie de Marine française. Il servit comme commandant de compagnie en Algérie pendant l’insurrection du FLN là-bas. La guerre de contre-insurrection, qu’il écrivit en 1964, est largement fondée sur l’expérience française en Algérie et en Indochine, et sur la théorie révolutionnaire communiste chinoise. Galula  fournit une description concise et claire des mouvements d’insurrection ou révolutionnaires, de leurs stratégies et tactiques. A l’opposé, il donne des recommandations claires pour la victoire de ceux qui s’opposent à l’insurrection.

 


Comme Galula l’a expliqué, l’un des principaux avantages que les insurgés ont sur les gouvernements qu’ils cherchent à renverser, c’est leur absence de responsabilité en matière de gouvernance. Loin de chercher à gouverner la population locale, le but des insurgés est seulement de démontrer par le sabotage, la terreur et les opérations de guérilla que le gouvernement est incapable de maintenir l’ordre. Et il est bien plus facile et moins coûteux de semer le désordre et le chaos que de maintenir l’ordre et d’assurer la sécurité publique. 

 


Quant au Hezbollah, Nasrallah et ses patrons iraniens n’ont pas d’intérêt à prendre des responsabilités au Liban. Ils ne veulent pas collecter les impôts, ramasser les ordures, construire des écoles ou des universités.

 


Le Hezbollah et ses suzerains iraniens souhaitent détenir l’usage total du Liban comme base de lancement d’attaques contre Israël et les USA. Ils souhaitent maintenir et étendre les arsenaux du Hezbollah. Pour cela, ils ont besoin d’un accès sans entraves, et si besoin, du contrôle des frontières du Liban, ses ports et son aéroport.

 


Ils ont besoin d’augmenter et d’entraîner l’armée du Hezbollah, et de cultiver des cadres loyaux envers le Hezbollah parmi les shiites du Liban pour combattre Israël. Aussi, ils doivent cultiver la loyauté et la dépendance chez les shiites du Liban, pour utiliser leurs villages comme aires de lancement d’attaques contre Israël, comme couverture pour se cacher dans les contre-attaques israéliennes, et comme centres de recrutement  pour fournir leurs lignes en combattants.

 


Au cours de la semaine passée, le Hezbollah a assuré cette liberté par son attaque réussie contre le gouvernement Siniora. Aujourd’hui, personne n’émettrait un couinement ou une plainte alors que le Hezbollah importe encore plus d’armes sophistiquées de Syrie et d’Iran. Personne ne piperait mot quand le Hezbollah affirme ouvertement son contrôle sur la frontière avec Israël, ou place ses commandants en charge des unités de l’armée libanaise le long de la frontière.

 


Galula met en avant que le premier objectif d’insurgés aux premières étapes de leurs longues campagnes, c’est de s’assurer le soutien des populations locales. A cet aune, on pourrait croire qu’en attaquant le gouvernement  Siniora et ses partisans, le Hezbollah agissait contre ses intérêts. Mais nous n’en sommes plus aux étapes précoces de l’insurrection du Hezbollah. A ce stade avancé du jeu, le Hezbollah considère de peu  d’importance les sentiments des Libanais druzes, chrétiens et sunnites. Personne n’a le pouvoir de défier cette primauté.

 


Le refus du Hezbollah de prendre la responsabilité du pays qu’il contrôle dans les faits dément la logique qui a guidé les gouvernements israéliens depuis 1993. Depuis la mise en place du « processus de paix » avec l’OLP en 1993, en passant par le retrait du Sud Liban en 2000, par le retrait d’Israël de Gaza en 2005, jusqu’au transfert actuel par le  gouvernement  Olmert-Livni-Barak du contrôle sur les villes palestiniennes de Judée et de Samarie aux milices du Fatah, et à la réduction des opérations contre-terroristes en Judée, Samarie et à Gaza, les gouvernements israéliens successifs ont argumenté qu’ils pouvaient, en se retirant, contraindre leurs ennemis non étatiques – les Palestiniens et le Hezbollah – à mettre fin à leur guerre asymétrique, et à prendre la responsabilité de l’ordre public.

 


L’affirmation répétée est que si le Hezbollah et les Palestiniens sont en charge du territoire, ils ne disposeraient plus d’Israël à malmener, et se transformeraient d’eux-mêmes d’insurgés en respectables autorités civiles obligées d’abandonner la guerre au profit de la construction de l’économie et du maintien de l’ordre public.

 


Le problème fondamental quant à cette assertion stratégique israélienne est qu’elle ignore les intérêts fondamentaux de l’autre côté. Le Hezbollah et les Palestiniens n’ont aucun intérêt à instiller l’ordre dans les territoires qu’ils ont arrachés au contrôle israélien. Ils souhaitent utiliser ces territoires pour continuer leur guerre contre Israël, et utilisent les populations locales pour faire avancer leurs efforts de guerre. A la fin, leur objectif n’est pas de développer les économies locales, mais d’entretenir la dépendance au sein de la population locale. Les seuls autorisés à prospérer dans les zones qu’ils contrôlent sont les officiels de haut rang. Les masses sont rendues dépendantes des insurgés pour les services de base. Et à travers la fourniture de services, les insurgés endoctrinent les locaux à leur cause. C'est-à-dire que les gouvernements israéliens successifs ont échoué à reconnaître ce fait simple que l’absence de contrôle israélien sur le terrain ne peut pas plus obliger le Hezbollah, le Hamas ou le Fatah à agir de façon responsable et pacifique que l’infortuné gouvernement  Siniora ne peut obliger le Hezbollah à accepter son autorité.

 


Galula a expliqué que le point de départ de toutes les insurrections est de trouver et de faire progresser une cause politique ou une idéologie. « La meilleure cause dans le projet des insurgés en est une qui par définition peut attirer le plus grand nombre de partisans et repousser le minimum d’opposants » écrivait-il.

 


Aussi bien dans les sociétés libanaise et palestinienne, et de fait  travers tout le monde arabe, cette cause est la destruction d’Israël.

 


En identifiant l’hostilité inhérente de la cause de ses ennemis jusqu’en 1993, Israël utilisa les tactiques de contre-insurrection classiques pour les vaincre. Il chercha à établir l’ordre en Judée, Samarie, à Gaza, et dans sa zone de sécurité au Sud Liban, et dans une large mesure, il y réussit. Le soulèvement palestinien de 1987 fut aisément dompté et dès 1991, il fut vaincu et discrédité. Le Liban Sud, sous le parapluie de sécurité d’Israël et contrôlé par l’Armée du Liban Sud, était la région la plus prospère dans le Liban ravagé par la guerre civile.

 


Mais c’est alors que le mouvement pour la paix israélien prit le pouvoir. A la base, son objectif est de légitimer la cause des ennemis d’Israël, de délégitimer la propre cause d’Israël, et ainsi forcer le gouvernement et la société israélienne à capituler devant ses ennemis dans l’intérêt de la « paix ». A partir de 1993, le mouvement de la paix avait affirmé sa prééminence idéologique sur les classes gouvernant Israël, et inséra ainsi le pays directement dans le piège de l’idéologie des insurgés.

 


Galula expliquait : “La cause des insurgés doit être telle que celui qui s’oppose à l’insurrection ne peut y adhérer, ou ne peut le faire qu’au risque de perdre le pouvoir ». Israël ne peut pas réussir à adopter la cause de ses ennemis parce que celle-ci est la destruction d’Israël. Pourtant, c’est essentiellement ce qu’Israël a fait au cours des quinze années écoulées.

 


Dans le cas palestinien, la réflexion a été qu’Israël peut obliger les Palestiniens à accepter sont droit à l’existence en donnant aux Palestiniens un Etat. Pourtant là encore, Israël n’a pas réussi à reconnaître la nature de ses ennemis, ou leur motivation. Aussi bien les Palestiniens et le Hezbollah sont soutenus par des Etats dont l’assistance provient de ce leur rôle est perçu comme l’avant-garde du jihad mondial. Israël est perçu par l’Iran, la Syrie, l’Arabie saoudite, l’Egypte et d’autres comme le ‘Petit Satan’ qui doit être détruit de façon à faire tomber le ‘Grand Satan’, l’Amérique.

 


L’œuvre de Galula date des années 1960, quand les insurgés étaient largement parrainés par l’URSS et la Chine communiste. Ils combattaient au nom du communisme international dans sa guerre contre le capitalisme et l’impérialisme. La nature globale des insurrections locales empêchait toute possibilité de parvenir à un accommodement entre insurgés et contre-insurgés.  Comme l’expliqua Galula : « Une guerre révolutionnaire locale fait partie de la guerre mondiale contre le capitalisme et l’impérialisme. De là, une victoire militaire contre l’ennemi local est en fait une victoire contre l’ennemi mondial, et contribue à sa défaite finale ». Ce constat est également vrai si le communisme est remplacé par l’islam ; et le capitalisme et l’impérialisme sont remplacés par la démocratie et le sionisme. Etant donné le rôle crucial de la guerre contre Israël dans l’idéologie jihadiste, il n’y a aucun moyen pour les insurgés de parvenir à un arrangement avec ce pays. Toutes les retraites israéliennes doivent être perçues comme des capitulations.

 


Superficiellement, la prise de contrôle de Gaza des mains des milices du Fatah tend à militer contre la thèse de Galula. Si le Hamas veut semer le chaos, alors pourquoi s’est-il présenté aux élections, et se serait-il attaché lui-même des responsabilités territoriales et économiques ? Le fait est que ni le Fatah, ni le Hamas n’ont utilisé leur contrôle sur le territoire et les populations locales pour améliorer l’ordre. Au contraire, aussi bien sous le Fatah que le Hamas, l’Autorité Palestinienne a refusé d’accepter la responsabilité de quoi que ce soit. Elle a demandé à Israël et à l’Occident de financer, de nourrir, et de prendre soin de sa population, pendant qu’elle bâtit des armées terroristes et endoctrine la société palestinienne à la cause de la destruction d’Israël. Si au Liban, le problème central est que le gouvernement Siniora est trop faible pour le Hezbollah, à l’AP, le problème central est que chacun est le Hezbollah. Et dans l’unique éventualité où les dirigeants du Fatah devraient accepter le droit d’Israël à l’existence, le dirigeant du Fatah Mahmoud Abbas détient bien moins de pouvoir pour prendre des mesures contre le Hamas que Siniora n’en n’a contre le Hezbollah.

 


Le Président George W. Bush a affirmé à plusieurs reprises que l’antidote aux insurrections, c’est la liberté. Il y a beaucoup de vérité dans cette déclaration. Il suffit d’observer les développements étonnants en Irak au cours de l’année passée – où les Shiites et les Sunnites se dressent contre les insurgés, et le gouvernement irakien mène au succès la contre-insurrection à Bassorah et à Bagdad, pour voir que la liberté peut battre le jihad. Pourtant la différence entre l’Irak d’un côté, le Liban et l’AP de l’autre, c’est que l’armée des USA en Irak combat les insurgés et permet ainsi aux Irakiens de choisir la liberté. Jusqu’en 1993, Israël a combattu les groupes d’insurgés palestiniens, et a permis aux Palestiniens de base de faire ce même choix. Et jusqu’en 2000, Israël a permis aux résidents du Liban Sud de choisir aussi la liberté. Israël n’a échoué à la fin que parce que il était lui-même convaincu que ses ennemis avaient la justice de leur côté.

 


Ce que nous apprenons du retour dans les ténèbres du Hezbollah, de l’utilisation de Gaza par le Hamas comme aire de lancement pour bombarder des cliniques d’accouchement et des écoles israéliennes, et de la kleptocratie jihadiste du Fatah, ensuite, c’est qu’il n’y a aucun moyen pour obliger les insurgés à changer de nature en se retirant ou en leur conférant du pouvoir et de la légitimité. La seule manière de permettre à la liberté de battre le jihad, c’est que les forces de la liberté prennent le contrôle des enclaves d’insurgés, emportent sur eux la victoire et confèrent ainsi aux populations locales le pouvoir de choisir d’être libres. 

 


En Irak, l’armée des USA fait bravement progresser cette tâche digne de Sisyphe. Au Sud Liban, en Judée, en Samarie et à Gaza, la seule force capable de vaincre vraiment les insurgés jihadistes est Israël. Jusqu’à ce qu’il le fasse, le Hezbollah, le Hamas et le Fatah continueront de semer le chaos dans leurs sociétés, de terroriser les Israéliens, et de donner tort au mouvement israélien pour la paix, en refusant de prendre la responsabilité pour leur peuple.

 

22:10 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (2)

Le Miracle, à 60 ans . ISRAEL

Le Miracle, à 60 ans

 


Par Charles Krauthammer

 


http://jewishworldreview.com/cols/krauthammer051608.php3

 


Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

 


Avant d’envoyer Lewis et Clark à l’Ouest, Thomas Jefferson dépêcha Meriwether Lewis à Philadelphie pour rencontrer Benjamin Rush. L’éminent docteur préparait une série de questions scientifiques à faire poser par l’expédition. Parmi celles-ci, écrit Stephen Ambrose : « Quelle affinité entre les cérémonies religieuses des Indiens et celles de Juifs ? ». Jefferson et Lewis, comme beaucoup de gens en leur temps et à notre époque, étaient fascinés par les Dix Tribus perdues d’Israël, et pensaient qu’elles pouvaient se trouver là dans les grandes plaines.

 


Ce n’était pas le cas. Elles ne sont nulle part. Leur disparition dans les brumes de l’histoire depuis leur exil d’Israël en 722 avant l’ère chrétienne n’est pas un mystère. C’est la norme, la règle pour tout peuple antique vaincu, détruit, dispersé et exilé.

 


Avec une exception, une histoire miraculeuse de rédemption et de retour, non pas après un ou deux siècles, mais 2.000 ans. De façon remarquable, ce miracle est survenu à notre époque. Cette semaine marque son 60ème anniversaire : le retour et la restauration des deux tribus restantes d’Israël – Judah et Benjamin, plus tard connus sous le nom de Juifs, dans leur antique patrie.  

 


En plus de la restauration de la souveraineté juive, l’établissement de l’Etat d’Israël a incarné beaucoup de miracles dérivés, depuis la création de la première armée juive depuis l’époque romaine, jusqu’au seul exemple jamais enregistré de résurrection d’une langue morte – l’hébreu, devenu la langue de tous les jours d’une nation vibrante de 7 millions d’habitants. Une historienne, Barbara Tuchman a écrit un jour, qu’Israël est « la seule nation au monde qui se gouverne elle-même sur le même territoire, sous le même nom, avec la même religion et la même langue qu’elle le faisait il y a 3.000 ans ».

 


Pendant ses premières années, on parlait souvent d’Israël en termes aussi romantiques. Aujourd’hui, un pareil discours est considéré naïf, anachronique, même dépourvu de tact, rien de plus que le mythe sioniste conçu pour cacher la vraie histoire, à savoir la narration palestinienne de la dépossession.

 


Pas tant que cela. La souffrance palestinienne est, bien sûr, réelle et déchire le cœur, mais ce que la narration arabe déforme délibérément, c’est la cause de sa propre tragédie : la folie de sa propre direction fanatique – depuis Hadj Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, (collaborateur nazi, qui passa la Deuxième Guerre Mondiale à Berlin), en passant par l’Egypte de Gamal Abdel Nasser, jusqu’à Yasser Arafat et au Hamas d’aujourd’hui – qui ont choisi la guerre à répétition plutôt que le compromis et la conciliation.

 


La dépossession palestinienne est le résultat direct du rejet arabe, naguère et aujourd’hui, d’un Etat juif, quelle que soit sa dimension, sur quelle que partie des vastes territoires que les Arabes prétendent être leur patrimoine exclusif. Cela a été la cause de la guerre depuis 60 ans qui, à son tour, à provoqué le problème des réfugiés. Et cela demeure la cause de la guerre aujourd’hui.

 


Six mois avant la naissance d’Israël, les Nations Unies avaient décidé (1) à une majorité des deux tiers, que la seule solution juste après le départ des Britanniques de ‘Palestine’ (2) serait l’établissement d’un Etat juif et d’un Etat arabe, côte à côte. Le fait indéniable demeure : les Juifs acceptèrent ce compromis ; les Arabes le rejetèrent.

 


Avec une vengeance. Le jour où les Britanniques amenèrent leur drapeau, Israël était envahi par l’Egypte, la Syrie, le Liban, la Transjordanie et l’Irak – 650.000 Juifs contre 40 millions d’Arabes.

 

Israël l’emporta, autre miracle. Mais à un coût très élevé – non pas seulement pour les Palestiniens déplacés comme conséquence d’une guerre conçue pour étouffer Israël dès sa naissance,mais aussi pour les Israéliens, dont les pertes à la guerre étaient bouleversantes : 6373 morts. Un pour cent de la population ! En termes américains, cela représenterait 35 Mémorials du Vietnam (3) pour atteindre des pertes aussi monumentales.

 


Vous entendez rarement parler de la terrible souffrance d’Israël au cours de cette année 1948-49. Vous n’entendez que le son de cloche palestinien. Aujourd’hui, dans la même veine, vous entendez que les implantations israéliennes et les points de contrôle et l’occupation sont les causes permanentes à l’origine du terrorisme et de l’instabilité dans la région.

 


Mais en 1948, il n’y avait pas de “territoires occupés”. Pas plus qu’en 1967, quand l’Egypte, la Syrie et la Jordanie s’étaient jointes dans une seconde guerre d’annihilation contre Israël.

 

Regardez Gaza aujourd’hui. Pas d’occupation israélienne, pas d’implantations, pas un seul juif qui y demeure. La réponse palestinienne ? Des tirs incessants de roquettes tuant et estropiant des Israéliens. Le casus belli déclaré du gouvernement palestinien à Gaza derrière ces roquettes ? L’existence même d’un Etat juif.

 


On entend constamment parler de la complexité invalidante  du conflit arabo-israélien. Il est complexe en effet, mais la cause à son origine ne l’est pas. Le crime d’Israël n’est pas sa politique, mais son entêtement à vivre. Le jour où les Arabes – et les Palestiniens en particulier – prendront la décision collective d’accepter l’Etat juif, il y aura la paix, comme Israël l’a prouvé par ses traités avec l’Egypte et la Jordanie. Jusqu’à ce jour, il n’y aura rien d’autre que la guerre. Et chaque « processus de paix », qu’il soit cynique ou bien intentionné, n’aboutira à rien.

 

 


letters@charleskrauthammer.com

 


Notes du traducteur :

 


(1)Résolution 181 de l’ONU du 29 novembre 1947, appelant au partage de la “Palestine” en un Etat juif et un Etat arabe (et non pas « palestinien »)

 


(2) Palestine : nom donné par les Romains en 70 de l’ère chrétienne, après la dispersion – diaspora. Nom dérivé de « Philistins », peuplade de la mer probablement d’origine grecque qui occupait la bande côtière de ‘Canaan’. A noter que les Arabes vivant dans la région à l’époque du Mandat britannique se considéraient comme Syriens du Sud, et se révoltèrent en 1920, quand les Britanniques voulurent les séparer de leurs frères Syriens du Nord. Cf Steven Plaut : Comment la nakba’ prouve la fiction d’une Nation palestinienne : http://www.jewishworldreview.com/0508/nakba.php3

 


(3) On estime à 58.000 le nombre de soldats américains tués pendant la Guerre de Vietnam.

21:59 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 14 mai 2008

George Bush est arrivé en Israël pour fêter les 60 ans de l'Etat juif

 

Le président américain George W. Bush est arrivé en Israël mercredi matin 14 mai, peu après 11 heures, pour une visite officielle de trois jours, lors de laquelle il assistera aux célébrations pour fêter le soixantième anniversaire de l'Etat d'Israël.
 

 
George W. Bush a été accueilli dès son arrivée à l'aéroport - pour cette deuxième visite officielle en l'espace de quatre mois - par Ehoud Olmert et le président Shimon Peres, ainsi que par les membres du cabinet au complet, et par divers dignitaires du pays. Ceux-ci ont tous serré la main du président, un par un. Le tapis rouge a été déroulé et un énorme dispositif de sécurité a été déployé.
 

 
S'exprimant lors de la cérémonie de bienvenue, Olmert a remercié le président Bush pour sa visite qui représente « un geste extraordinaire d'amitié ». Dans le cadre de ce qu'on peut qualifier de la plus grande opération sécuritaire du pays jamais connue depuis ces dernières années, 14 000 policiers israéliens ont été déployés dans les rues de la capitale, assurant la sécurité du président ainsi que de son entourage.
 

 
La principale autoroute reliant Jérusalem à Tel-Aviv a été fermée à 11 h 30 heure locale, tandis que l'entourage du président était en route pour la ville. Lors de cette tournée, Bush s'entretiendra avec le Premier ministre Ehoud Olmert ainsi que le président Shimon Peres, et participera à une conférence internationale tenue par Peres au Centre de convention international.
 

 
Jeudi matin 15 mai, Bush devrait se rendre à Massada, avant de retourner à Jérusalem pour faire un discours lors d'une session spéciale de la Knesset en milieu de journée. Enfin, vendredi 16 mai, il rencontrera de jeunes gens au Musée de la Bible de Jérusalem, avant de quitter le pays vers 11 heures du matin.

 


20:13 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 13 mai 2008

L'association Migdal est parvenue à réunir près de 1000 jeunes enfants israéliens originaires de la ville de Sdérot

Un bol d'air pour les enfants de Sdérot

 

Infolive.tv

 

Dimanche dernier, l'association Migdal est parvenue à réunir près de 1000 jeunes enfants israéliens originaires de la ville de Sdérot. A Jérusalem et à l'abri des roquettes Kassam, ils ont pû, le temps d'une journée, faire abstraction de la pénible réalité de leur quotidien.

www.infolive.tv

 

 

23:45 Publié dans Israel | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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