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jeudi, 17 janvier 2008

Sous la chaleur divine / Par Gilles AMSALEM (Soisy – 95)

                                


    Il faisait si beau ce matin-là ! En m’approchant de l’esplanade, je pouvais sentir la chaleur divine. Aux quatre coins on priait. Par les ruelles environnantes on y arrivait. Sous le soleil brûlant on y montait.

 

    Les uns se pressaient conscients du temps qui s’écoulait. Les autres plus nonchalants, profitaient de humer l’air pur qui se dégageait au sommet des murailles de la ville sainte.

 

    Je n’oublierai pas la ferveur de ces jeunes hommes se prosternant. Les visages sereins de ces vieillards illuminés par la foi.  Ils étaient tous là. Même nos femmes et nos enfants s’y mettaient. Mais au juste pourquoi ? Pourquoi tant d’empressement et de passion sous la chaleur divine ?

 

    Soudain, alors que j’avançais les yeux mi-clos, une voix grave et mélodieuse entonna des psaumes de circonstance.. On me proposa de me joindre harmonieusement aux prières. Je m’y prêtais avec joie. Le regard figé sur le recueil que l’on m’avait tendu, tout devint plus clair.

 

   En cette veille de Tou Bichvat, fête des fruits et des récoltes, on venait se recueillir et se souvenir d’Ilan, enterré non loin de là et demander ardemment la libération et le retour de Guilad, Oudi et Eldad retenus loin de leurs familles.

 

 

                                              Janvier 2008

 

Pour mémoire, Ilan Halimi fut sauvagement assassiné en région parisienne. Il repose tout prés du mur de Jérusalem.

 

Guilad Shalit, Oudi Goldwasser et Eldad Reguev sont aujourd’hui encore détenus quelque part.

22:58 Publié dans essai | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 23 septembre 2007

Le pont suspendu :Par Gilles AMSALEM (Soisy 95)

 Note explicative : Dans cette nouvelle, je rends hommage à Enrico Macias, interprète français, en citant  et reprenant quelques-unes de ses chansons. Quant au « théâtre du boulevard des Capucines », il s’agit de l’Olympia, music-hall de prédilection du chanteur. « Le pont suspendu » surplombe la ville de Constantine (Algérie), localité de naissance de l’artiste.

                       

 

                              Le pont suspendu : Gilles AMSALEM (Soisy 95)

 

    Il nous en a tellement parlé qu’on se l’est imaginé. Il nous l’a tellement chanté qu’il nous est devenu familier. Mais au fait, qu’est-il devenu le poète qui, dans sa jeunesse, s’y  promenait ?  Essayons simplement de nous y pencher afin d’y puiser l’inspiration.

 

   C’est comme si on se donnait rendez-vous au théâtre, boulevard des Capucines.

 

   Notre histoire a commencé il y a quarante-trois ans, et pourtant je n’ai rien oublié.

   Trop petit, il s’est passé quatre ans avant d’ouvrir les yeux sur son univers. Depuis, de musique en musique, rien n’a pu briser mon cœur d’attache. Lorsqu’il m’arrive de faire le boulevard, je m’imagine la ville  blanche écrasée de soleil et ses rues en pente bordées de chemins d’oliviers. Dès que je me réveille, je sors et la ville bat au rythme des rues les jours de marché.

 

   « Ô ! Guitare, c’est pour toi que je chante », s’il s’en sert comme un as, je lui présente ma plume. « Le violon de mon père », me dit-il, nous y avons laissé nos souvenirs.

 

   Sur le bateau montèrent les enfants de tous pays. Puis le rêve devint cauchemar. Nous apprenions qu’un berger venait de tomber sous les armes. Soudain le reste de l’humanité fondit en larmes. 

 

   Un peu avant cet événement, on me rappela que six millions de larmes avaient coulé. « Que de tristesse dans ce bas monde », me dis-je !

 

   Puis, mon esprit devenant ténébreux, je me souvins qu’un homme traversa la mer pour se sauver et, depuis  le quai qui s’éloignait, une chaîne dans l’ombre claqua comme un fouet.

 

   Au loin, après quelques heures de traversée, encore dans mes pensées, je crus voir l’île du Rhône se profiler. Fausse alerte !

 

   Ô rage ! Ô désespoir ! Qu’allais-je donc faire dans cette galère ? Satané cauchemar qui me tenait un peu comme Paris me prit un jour dans ses bras.

 

   Eh oui, dans ses bras, vous dis-je ! Mon tourment prit fin, quand, au détour d’une rue, un mendiant sorti de nulle part vint à ma rencontre. Vêtu d’un habit d’apparat, il semblait vouloir m’aborder. Tel un pantin désarticulé, il entama une danse folle sur un air festif dont les mots sont éternels. J’en déduisis simplement qu’il était certainement le mendiant de l’amour dont on m’avait si souvent parlé.

 

   Cette rencontre impromptue me permit de sortir de la cour des miracles pour me diriger vers une sorte de farandole ininterrompue aux mélopées endiablées, pour voix chaudes et accents méditerranéens. Grosses caisses, timbales et maracas donnèrent le rythme à cette course folle dont lui seul a le secret. La foule en liesse frappée de sueurs tropicales s’agglutina frénétiquement autour de notre polichinelle. Les mains rougies, les corps se trémoussant, nous nous abandonnions à la fête orientale dont il ne manquait que les saveurs épicées, les plateaux chargés de fruits, les montagnes de gâteaux, les fleurs et les galettes.

 

   Ces sonorités entraînantes m’arrachèrent à mon rêve éveillé. Je me trouvais habité par ses lettres rouges s’affichant sur la façade illustre de notre théâtre. Il était minuit passé.

 

   Mes souvenirs se voilent, autres temps, autres mœurs comme on dit. Le « Café des délices » serait le digne héritier de ces lieux nostalgiques où tapas et kémias ont la partie belle.

 

   Mes amis, depuis bien longtemps le poète ne traverse plus le pont qu’il a tant aimé chanter.                                                                                                                                                           

 « Comme nous l ‘avons appris des prophètes », dit-il, « qui sème le vent récolte la tempête ».

 

  Alors gageons que dans son cœur et dans le nôtre resteront gravés ces instants d’éternité, mines de romances mémorables, partagées dans l’ivresse  de ce temple du music-hall, nous réservant encore bien des surprises.

 

                                                          

 

 

  

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lundi, 17 septembre 2007

ENTRE NOUS . PAR GILLES AMSALEM

Entre nous

Liora, ma lumière, pour nous tu restes la première,
L’aînée de ta génération, ton étoile brille au-dessus des autres.
Ton exemple et ton aura ne sont que le reflet de ta gloire naissante.

Routy, l’indulgence et la compassion en toi se confondent.
Tu es toujours volontaire et l’inconnu n’a pas de prise sur toi.
Ta réussite, tu ne la dois qu’à ta curiosité et ta joie de vivre.

Ilan, arbre de vie, tu ne cesses de grandir.
Aucun des mystères du Vélodrome ne t’est inconnu.
Dans ta vie, fais-en ta devise : « Droit au But ».

Reouven, voyez mon fils, un loup dans la bergerie.
Seul, face aux frasques de ces filles qui t’entourent,
Tu sembles vouloir marquer ton territoire à force de caractère.

Sarah, ma princesse, si vive et si active.
Ta langue, ton instrument de « démesure »,
Attire les foudres des jaloux.

Eden, dans ton habit de lumière tu nous apparais.
Reine dans ton jardin dont toi seule connais les secrets,
Tu nous accueilles si fière de pouvoir nous guider.

Levana, mon cœur, blanche colombe,
Doux caprice de Dieu, prête à prendre ton envol,
Ton regard nous embarque, et le ciel et la mer se rassemblent.

Eva, où t’arrêteras-tu ? Tu nous étonnes à chaque fois.
Ton pas s’affirme de jour en jour, toi produit oriental,
Certains n’hésitent pas à te dépeindre telle une beauté scandinave.

(Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement intentionnelle)


© Gilles Amsalem

07:47 Publié dans essai | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 juillet 2007

PAS DE FUTURE SANS MEMOIRE /PAR GILLES AMSALEM

                 Pas de futur sans mémoire : Gilles AMSALEM (Soisy-95) -  2007                

 

 

   Si nous nous projetons vers l’avenir, il me paraît indispensable de nous référer au passé. En effet, toute projection appelle à un moment donné un effort, voire un devoir de mémoire. D’ailleurs, jusqu’à preuve du contraire, notre faculté d’imagination est bien plus importante que celle consistant à nous souvenir. Pour preuve, la multitude de maladies générées par les problèmes de mémoire.

 

   Afin d’illustrer ce thème, j’ai choisi de mesurer le rôle de l’univers familial par sa courbe des générations.

 

   Plus nous remontons le temps, plus nous nous apercevons de l’importance de l’héritage laissé par nos Pères.

   Les us et coutumes voyagent tant bien que mal au travers des âges. Notre vie d’adulte est bien souvent le

   le reflet de notre enfance.

 

   Afin de véhiculer nombre de ces habitudes, plusieurs facteurs entrent en jeu.

 

   En premier lieu, l’affectivité. A nos yeux, il est essentiel de transmettre à notre descendance une certaine idée du bonheur que nous avons pu connaître enfant. Revenir sur des lieux de vie, intégrer des milieux culturels et cultuels nous permet  de nous revigorer, nous fortifier dans une certaine conception de notre vécu et de notre avenir.

 

   L’apport des « aînés », terme souvent utilisé pour désigner nos aïeux, nous sert souvent de référence. 

 

   Pourtant une vraie question demeure. Ces éléments de réflexion servant la cause de nos héritages, suffisent-ils à la transmission et à l’acceptation de nos valeurs ? Nos enfants perçoivent-ils bien le contenu du message qui leur est destiné ? Ne privilégient-ils pas  la forme par rapport au fond ?

  

  Pour tenter de répondre à ces interrogations, intéressons-nous à la sensibilité de nos jolies têtes blondes.

 

   L’évolution technologique facilite l’accès rapide aux informations, avec l’apparition d’outils performants (internet, robotique…). Le progrès engendre également une certaine paresse intellectuelle chez nos jeunes ainsi qu’un faible pouvoir imaginatif compte-tenu qu’ils ont tout à portée.

 

   Enfin, la nature de l’enfant est essentielle. Son aptitude à digérer certaines informations plus que d’autres  doit lui permettre de se positionner et d’acquérir ainsi son libre arbitre, sa liberté de pensée.

 

   De ces réflexions nous déduisons qu’il est urgent de répondre totalement aux attentes et aux besoins éducatifs de cette jeunesse sans cesse en mouvement. Les parents ne doivent pas se reposer uniquement sur le savoir-faire des enseignants. Un retour aux valeurs familiales est l’apport indispensable afin de tempérer la fougue de nos jeunes loups.

 

07:56 Publié dans essai | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 27 juin 2007

"SEULS LES CONS SE SENTENT AGRESSES "RENAUD

Bertrand Guay AFP/Archives ¦ En 1980, Renaud chantait "Où c'est qu'j'ai mis mon flingue?". Vingt-six ans après, il l'a retrouvé, comme il le dit dans son nouvel album, "Rouge sang", qui le voit renouer avec sa verve incisive.

 

Interview intégrale du chanteur-compositeur, qui publie un nouvel album«Rouge sang »

« Rouge sang », c’est un coup de sang?
Un coup de sang et un coup de coeur. Rouge comme le sang qui irrigue mon coeur amoureux et rouge, comme le sang de l’humain qui coule sur la planète.

Où est la nouveauté dans vos « petites chansons colère »?
Il n’y en a pas vraiment. Je radote toujours un peu car quand on a soif de justice, on n’est jamais rassasié.

Certains vous reprochent d’être devenu consensuel…
Quand je m’assagis, on dit que je m’embourgeoise et quand j’exprimema colère, on me traite de soixante-huitard attardé! La chanson "Les Bobos" est peut-être un peu consensuelle parce que tout le monde se reconnaît dedans et que seuls les cons se sentent agressés. Mais je ne crache pas sur les bobos, c’est juste une chronique sociale.

Avez-vous des scrupules à avoir réussi ?
Oui. J’ai été élevé dans une famille protestante un peu puritaine. Inconsciemment, j’ai développé cette idée que la réussite et l’argent, c’était sale.On m’a aussi reproché de payer l’ISF tout en ayant des idées rebelles. J’ai bien évidemment culpabilisé toute ma vie… mais ça ne m’empêche pas de dormir.

Dans "Elle est facho", vous brossez le portrait d’une électrice d’extrême droite « qui vote Sarko ». Au fond, que dénoncez-vous dans cette chanson?
Que Sarko drague l’électorat de l’extrême droite. A
cause du petit croche-pied final « Elle est facho, elle
vote Sarko », on a dit « Renaud traite Sarko de facho », mais en aucun cas je n’ai formulé les choses comme ça.

Selon vous, pourquoi n’a-t-il pas personnellement
réagi à votre chanson?

Parce qu’il est très prudent et malin : il ne veut pas se griller avec une partie de l’opinion qui m’apprécie.

"Rouge sang" est plus tourné vers le monde que votre précédent album "Boucan d’enfer". Pourquoi ?
Parce qu’aujourd’hui je ne souffre plus, et mes chansons d’amour sont moins désespérées. Comme quoi on peut aussi écrire quand on est heureux, on est moins centré sur soi, plus ouvert sur le monde.

Est-ce qu’au fond, un chanteur écrit toujours les mêmes chansons ?
Brassens disait « Il y a quatre thèmes de chansons : l’amour, la mort, l’injustice et le temps qui passe. » Effectivement, je brode autour de ces thèmes-là. Les raisons de se révolter sont nombreuses et avec ma petite chanson brûlot « J’ai retrouvé mon flingue », je veux montrer à mes fans que mes colères sont toujours présentes. C’est un tout petit échantillon de ce qui me dégoûte sur la planète aujourd’hui : il y a notamment un couplet contre les religions et George Bush. Je viens d’ailleurs d’apprendre qu’aux Etats-Unis, ce grand pays démocratique, ils vont légaliser la torture pour lutter contre le terrorisme.

Qu’on dise « Renaud retrouve l’inspiration » ça vous fait plaisir, ça vous agace?
C’est marrant, j’avais pas l’impression de l’avoir perdue dans Boucan d’enfer ou alors c’est que le public a des goûts de chiotte car c’est mon plus grand succès commercial. On veut peut-être dire que ma plume est plus féconde aujourd’hui.

Pourquoi avoir remis le texte de la chanson « Les Bobos » avant sa sortie à Vincent Delerm ?
On a fait un concert ensemble pour soutenir Ingrid Bétancourt à Rouen et en coulisses, il m’a dit avec un regard paniqué : « J’ai entendu dire que tu m’assassinais dans une chanson sur les bobos. » Je lui ai répondu : « C’est con, je viens de la chanter en répétition, t’as pas entendu ? Allez, tiens, je te file le texte, tu verras c’est pas vraiment un hommage que je te rends, je dis que tes chansons parlent des bourgeois bohèmes, je ne dis pas que c’est un crime mais je ne dis pas bravo non plus. » Bref, il a lu le texte, il était rassuré et tout heureux. Je lui rends hommage à ma façon parce que je l’adore, et c’est vrai que dans ses rimes, on trouve beaucoup cet esprit bourgeois bohème, il critique et croque les bobos avec un sens de l’observation que j’admire.

Avez-vous mauvaise conscience d’être devenu vous-même un peu bobo ?
Non, car je préfère les bobos aux beaufs, je les trouve moins réac’ parfois et plus ouverts d’esprit.

A votre avis, que penserait le Renaud de 18 ans du Renaud d’aujourd’hui?
Peut-être qu’il lui dirait que c’est un vieux con conformiste bobo et il aurait sans doute raison parce qu’à 18 ans, faut être rebelle et anarchiste et surtout n’avoir ni Dieu ni Maître, même si beaucoup de gamins ont des idoles et parfois des pires que moi. Vous vous rendez compte que Doc Gynéco a encore du public ! C’est quand même un mec qui a écrit en anglais, parce que courageux mais pas téméraire, « Je suis heureux quand un flic est assassiné ». Et le voilà qui soutient maintenant le ministre de l’Intérieur.

Vous avez d’ailleurs beaucoup critiqué Johnny Hallyday pour son soutien à Nicolas Sarkozy…
J’ai lu une interview où il disait à propos de son adhésion à l’UMP et de son soutien à Sarko : « Je ne ferai aucun commentaire ». Ce que j’ai envie de dire, c’est que s’il n’exprime pas ses idées, c’est qu’il n’en a pas ou qu’il ne sait pas les défendre, c’est peut-être une vacherie mais je le pense sincèrement. Et donc Johnny est fâché à mort. Mais c’est un mec que je respecte, c’est un artiste au parcours exceptionnel.

Accepteriez-vous que votre chanson «Elle est facho» soit reprise dans les meetings de la gauche pendant la campagne présidentielle ?
Je serai partagé entre l’idée d’être utilisé pas tout à fait à bon escient et le fait que ça peut faire barrage à Sarko au second tour et à Le Pen au premier tour. Sans vouloir que cela promotionne Ségolène Royal, que je n’aime pas, si ça peut aider à faire élire le candidat de gauche le mieux placé, alors je serai d’accord.

Avez-vous envie de soutenir quelqu’un ?
José Bové, mais en même temps, c’est un coup d’épée dans l’eau. C’est diviser la gauche et prendre le risque d’un second 21 avril.

Recueilli par Ingrid Pohu

Sur le Web :
- Renaud et Vincent Delerm se sabordent joyeusement pour une auto-promo décalée.
- Si vous voulez savoir quel bobo vous êtes, faites le quizz de Renaud.





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