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dimanche, 22 juin 2008

Agression d'un jeune Juif de 17 ans dans le 19éme

Agression d'un jeune juif: Alliot-Marie et Sarkozy font part de leur soutien
Le jeune homme de 17 ans a été attaqué samedi soir dans le 19e arrondissement de Paris. Il est dans un état stationnaire avec un pronostic réservé.
LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)
LIBERATION.FR : dimanche 22 juin 2008
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Le Crif a dénoncé dimanche une agression antisémite après qu'un adolescent a été grièvement blessé samedi soir à Paris par un groupe de jeunes, le chef de l'Etat et la ministre de l'Intérieur ont exprimé leur indignation et leur soutien à la victime et sa famille ainsi qu'à "la communauté juive".

Le jeune homme était dimanche vers midi dans un "état stationnaire" avec "un pronostic réservé", a déclaré à l'AFP l'Assistance-publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Le jeune homme, âgé de 17 ans, a été agressé en plein jour peu avant 20h dans le 19ème arrondissement de Paris. Cinq mineurs ont été placés en garde à vue où ils se trouvaient toujours en fin de matinée. L'enquête a été confiée à l'Usit (Unité de soutien et d'investigation territoriale) de la police urbaine de proximité.

Pour Ariel Goldmann, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), "il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'un acte antisémite. Le jeune homme de 17 ans qui a été sauvagement agressé cette nuit et qui est actuellement dans le coma, portait une kippa", a-t-il dit à l'AFP.

Selon M. Goldmann, le jeune homme a été transporté à l'hôpital Cochin.

Le président Nicolas Sarkozy a exprimé sa "profonde indignation" et a "assuré la victime et sa famille de son soutien et renouvelle sa totale détermination à combattre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme".

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a réagi dimanche matin en exprimant "sa solidarité et son soutien à la victime, à sa famille et à l'ensemble de la communauté juive".

Elle a réaffirmé dans un communiqué "sa détermination à lutter sans relâche contre toutes les manifestations de racisme, d'antisémitisme et de xénophobie, qui bafouent les valeurs de la République". Elle a assuré que "tout serait mis en oeuvre pour élucider les circonstances de cet acte et présenter ses auteurs devant la justice".

De son côté, Rachida Dati, la Garde des Sceaux, a "condamné avec la plus grande fermeté la violente agression", dont "le jeune homme de confession juive" a été victime. Exprimant à "l'ensemble de la communauté juive sa compassion et sa vive sympathie", elle a demandé au procureur de la République de "donner des instructions pour que les auteurs de cet acte inqualifiable" soient "poursuivis avec la plus grande rigueur".

Après une première information donnée par la police faisant état d'une agression contre un jeune homme dans le 19e arrondissement de Paris, Sammy Ghozlan, président du Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme (BNVCA) affirmait à l'AFP qu'il s'agissait d'une agression contre "un jeune Juif de 17 ans, agressé à coups de barre de fer par un groupe de 6 ou 7 jeunes qui lui ont fracassé le crâne alors qu'il se promenait rue Petit à Paris 19e". Le jeune homme aurait été trouvé "gisant sur le sol".

Selon M. Ghozlan, la victime était démunie de papiers d'identité en raison de l'observance du Shabbat et était connue "de la communauté juive du quartier" même si, juste après l'agression, "personne ne connaissait son identité".

Selon Haïm Musicant, directeur général du Crif, qui a eu un contact avec les parents du jeune homme, il s'agit d'"une famille pratiquante et traditionaliste".

M. Musicant, "effaré par cette agression antisémite qui a eu lieu en plein jour, en plein Paris", a fait remarquer que ce quartier du 19 ème était "un quartier difficile qui a été l'objet de plusieurs incidents allant des insultes à des agressions". "Cela crée beaucoup d'anxiété chez les gens de la communauté juive, notamment chez les enfants", a-t-il déploré avant de se féliciter de la "réaction très ferme" de Mme Alliot-Marie.

"Il ne faut pas oublier, a-t-il encore dit, que nous vivons dans le traumatisme de l'assassinat d'Ilan Halimi".

http://www.liberation.fr/actualite/societe/333905.FR.php?...

 

21:41 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (4)

vendredi, 20 juin 2008

CARLA BRUNI-SARKOZY AU C.H.U. HADASSAH DE JERUSALEM LE MARDI 24 JUIN 2008 !

CARLA BRUNI-SARKOZY AU C.H.U. HADASSAH DE JERUSALEM LE MARDI 24 JUIN 2008 ! A l’occasion du premier voyage officiel de Nicolas Sarkozy en Israël, son épouse se rendra à l’Hôpital Universitaire Hadassah de Jérusalem. Carla Bruni-Sarkozy sera accueillie par le Directeur Général du C.H.U. Hadassah, le Professeur Shlomo Mor-Yosef. Au programme de sa visite : le nouveau Département d’Hémato-Oncologie Pédiatrique -Pavillon de la Mère et de l’Enfant - au C.H.U Hadassah Ein Kerem, dirigé par le Docteur Michael Weintraub. Unique en son genre, c’est le seul service polyvalent soignant les enfants cancéreux à Jérusalem. Disposant des techniques médicales les plus avancées, ce département a été conçu pour faire oublier le cadre hospitalier. Chaque jeune patient dispose d’un poste de télévision multimédia dans sa chambre décorée comme une chambre d’enfant. Les médecins du rire qui vont et viennent, accueillent les familles à bras ouverts. Ce service est également doté d’une salle de classe réservée aux enfants hospitalisés pour une longue durée.

La Première Dame de France, qui projette de s’investir dans l’humanitaire,  a souhaité mieux connaître cette institution dont l’activité humanitaire remonte à près d’un siècle. En effet, la renommée de ses équipes médicales rayonne bien au-delà des frontières d’Israël où de nombreux programmes d’aide et d’intervention d’urgence ont été menés. Par ailleurs, des coopérations médicales se développent pour aider tout particulièrement la population palestinienne. Tout récemment, Hadassah a été sollicité pour aider à évaluer les besoins hospitaliers en Cisjordanie.

Symbole de la promotion des valeurs humaines et de la coopération judéo-arabe, le CHU Hadassah a été nominé pour le Prix Nobel de la Paix en 2005. Pour citer l’un des signataires, Hadassah « est un exemple pour le monde, prouvant que la haine et la suspicion peuvent être dépassées par les hommes de bonne volonté ».

source :Hadassah

 

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lundi, 16 juin 2008

USA/ Obama à découvert.Par Michel Gurfinkiel

http://michelgurfinkiel.com/articles/172-USA-Obama-a-decouvert.html

USA/ Obama à découvert


Le sénateur de l'Illinois se pose désormais en ami d'Israël. Parce que la vraie bataille va se jouer au centre.

1003589279.jpgPAR MICHEL GURFINKIEL


Barack Obama sera donc le candidat démocrate aux élections présidentielles américaines du mois de novembre : sa rivale Hillary Clinton vient de déclarer forfait. Mais la vraie campagne, face au républicain James McCain, ne fait que commencer. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne se déroulera pas de la même façon que les primaires. Jusqu'ici, Obama devait convaincre son propre camp. Désormais, il devra s'adresser également au camp adverse, ainsi qu'aux 10 % d'électeurs centristes qui oscillent sans cesse entre les deux grands courants politiques. Dans le premier cas, il dominait le terrain : son profil métissé, sa jeunesse, son irénisme, correspondaient parfaitement aux idéologies et aux mythologies en vogue chez les démocrates en ce début de XXIe siècle. Dans le second cas, il devra se battre à découvert : ce qu'il est, ce qu'il représente, ne peuvent susciter a priori que rejet, ou indifférence.

Le site internet Real Clear Politics, qui analyse quotidiennement les fluctuations de l'opinion publique américaine, reflète bien cette situation. Il attribue aujourd'hui 46,9 %  des intentions de vote au sénateur de l'Illinois, contre 44,4 % à McCain. Etant donné que les médias consacrent actuellement près de 100 % du prime time, du temps de très forte écoute, à Obama, et 80 % des informations globales, cela signifie, en fait, qu'il n'y a pas de raz de marée démocrate dans l'ensemble de l'opinion, mais au plus un match nul entre démocrates et républicains, susceptible de tourner à un avantage républicain si McCain mène bien sa campagne.

La preuve par neuf de ce que j'avance, c'est évidemment l'attitude qu'Obama vient d'adopter à la conférence nationale annuelle de l'Aipac, le « lobby pro-israélien » de Washington. Il y a multiplié les déclarations de soutien à l'Etat hébreu, y compris sur la question de Jérusalem. Les journalistes français qui assistaient à l'événement n'en revenaient pas. Les journalistes arabes s'indignaient. On peut les comprendre.

D'origine musulmane, élevé en musulman, Obama professe aujourd'hui, en théorie, le christianisme. Mais en fait, il a adhéré pendant vingt ans, jusqu'à ces derniers jours, à une Eglise noire dont l'enseignement, théologie mise à part, rejoint étrangement celui de l'islam radical. L'homme qui a été constamment son maître spirituel pendant cette longue période et qui a célébré son mariage, le Révérend Jeremiah Wright, affirme par exemple notamment que l'Amérique blanche, c'est Satan, qu'Israël ne vaut pas mieux, et que les attentats du 11 novembre constituent dans une large mesure une punition divine. Avant d'être élu sénateur, Obama a participé à diverses réunions publiques propalestiniennes. En 2003, il prenait position contre une guerre éventuelle en Irak, à un moment où la classe politique américaine soutenait quasi-unanimement cette opération. Tous ses conseillers stratégiques, dans la première phase de sa campagne, étaient nettement anti-israéliens.

Obama est pourtant passé outre, parce que la Maison Blanche vaut bien un Shema Israël. Les Juifs américains sont un électorat clé dans la bataille qui commence. Démocrates par tradition à près de 80 %, habitués à participer à tous les scrutins et à contribuer financièrement à de nombreuses causes, mais plutôt clintonistes, ils peuvent, en se mobilisant, assurer sa victoire. Ils peuvent aussi, en refusant de se mobiliser, ou en se ralliant à McCain, ne fût-ce que partiellement, provoquer sa défaite.

© Michel Gurfinkiel, 2008

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Les médias,pouvoir intouchable Par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol
13/06/2008

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Crédits photo : Le Figaro

Le bloc-notes d'Ivan Rioufol du 13 juin

Le Nouvel Observateur vient de publier un appel, soutenu par de talentueux confrères, dénonçant une «campagne obstinée et haineuse» contre Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem. Le texte reproche à «des individus» de contester la véracité d'un de ses reportages montrant Mohammed al-Doura, 12 ans, «tué par des tirs venus de la position israélienne le 30 septembre 2000 dans la bande de Gaza, lors d'un affrontement entre l'armée israélienne et des éléments armés palestiniens». Enderlin, journaliste infaillible ?

La pétition suggère qu'un reporter, singulièrement dans une zone de conflit, ne saurait être jugé que par ses pairs : un esprit de corps qui a pour effet d'imposer une vérité, en décrédibilisant les contradicteurs. La presse soviétique procédait pareillement. Certes, les médias aiment mieux donner des leçons qu'en recevoir. Mais l'omerta sur la contestation de ces faits, qui ont eu de considérables répercussions au Proche-Orient, fait injure à la démocratie.

La diffusion par France 2 de la mort de l'enfant auprès de son père blessé avait attisé la deuxième intifada. Deux réservistes israéliens allaient être lynchés par des Palestiniens. Ceux qui, devant une caméra vidéo, tranchèrent la tête du journaliste américain Daniel Pearl, en 2002 au Pakistan, avaient la photo de la scène. Elle ébranla des esprits aussi avisés que Catherine Nay : «La mort de Mohammed annule, efface celle de l'enfant juif, les mains en l'air devant les SS, dans le ghetto de Varsovie.»

Or, des contre-enquêtes contredisent désormais cette version d'Enderlin, qui n'était pas sur place. C'est son cameraman palestinien, Talal Abou Rahma, militant du Fatah, qui a fourni les images en attribuant les tirs aux Israéliens. Depuis, des expertises font douter de cette thèse. Les rushes, qui montrent des Palestiniens mimant de fausses blessures, font dire également à Philippe Karsenty, directeur d'une agence de notation des médias, qu'il y a même «mise en scène» et «imposture» sur l'agonie filmée. Poursuivi pour diffamation, la cour d'appel de Paris vient de lui reconnaître son «droit de libre critique».

Rien ne permet d'accuser Enderlin, professionnel visiblement estimé, de désinformation. Mais rien ne justifie de le présenter comme au-dessus des critiques. Pourtant, c'est bien un corporatisme absurde qui maintient la chape de plomb sur l'«affaire al-Dura». Dans Marianne, cette semaine, l'historien Elie Barnavi propose une commission d'enquête indépendante. Elle est devenue indispensable. Les amis d'Enderlin ne peuvent cautionner davantage un crime de lèse-majesté.

Exemples d'autoprotection

Le pouvoir médiatique ne peut ainsi s'autoprotéger sans tomber dans l'arbitraire qu'il dénonce par ailleurs. Or ce travers revient assez régulièrement. Michel Legris, qui vient de nous quitter, en avait fait les frais après avoir dénoncé, en 1976, dans un livre à succès (Le Monde tel qu'il est, Plon), la politisation sournoise de cette «institution», mise au service de la gauche derrière un apparent équilibre journalistique. Pour avoir osé mettre en cause la prétendue rigueur du quotidien du soir, dont il avait démissionné en 1972, Legris allait devoir attendre 1985 avant de retrouver un employeur, avec L'Express. Le lynchage de Dominique Baudis, accusé sur la place publique, en 2003, pour des crimes inventés par des affabulateurs, n'a pas davantage conduit à l'autocritique des médias suiveurs. Sans parler du scandale d'Outreau. Quant au «Watergate français», promis par une meute aux trousses de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream, il y a longtemps qu'il s'est effiloché. Le dossier aura pourtant mobilisé deux juges d'instruction parmi les plus en vue. Il est tellement vide concernant l'ancien premier ministre, mis en examen pour complicité de dénonciation calomnieuse, que le parquet a dû requérir un supplément d'information sur son implication présumée. Depuis, les multiples procureurs autoproclamés ont-ils émis des bémols sur leurs convictions de culpabilité ?

L'ombre de Sarkozy ?

Faudrait-il aussi comprendre l'annonce du départ de Patrick Poivre d'Arvor du journal de TF1 et son remplacement par Laurence Ferrari comme une reprise en main de la droite ? Cette analyse saugrenue semble pourtant acquise par des commentaires mimétiques qui veulent voir l'ombre de Nicolas Sarkozy derrière le jeu de chaises musicales dans l'audiovisuel. En réalité, cette affaire illustre surtout le nombrilisme de bien des médias, tentés de transformer leurs propres histoires en événements d'envergure. Le talentueux grand prêtre du «Journal de 20 heures», esprit libre et indépendant, ne méritait sûrement pas, après vingt et un ans de présence, une telle éviction brutale dont il s'est d'ailleurs plaint publiquement hier. Mais son départ ne justifie pas les effarements d'une caste criant au complot. Pour autant, si la droite a aussi dans l'idée de chercher à rééquilibrer la traditionnelle prééminence des «progressistes» dans la majorité des rédactions, elle n'en est pas blâmable. Les médias, chasse gardée de la gauche ?

Pensée unique

Les «nonistes» irlandais, accusés par leurs médias (comme le furent les «nonistes» français) de ne rien comprendre à rien, seront-ils minoritaires à l'issue du référendum d'hier ? En France, cette pensée unique des «ouiistes» avait été rejetée par 55 % des électeurs…

Accéder au blog d'Ivan Rioufol

07:44 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 juin 2008

Conférence:Le mercredi 11 juin à 20:30 heures, à Toulouse,Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency et analyste stratégique développera le thème d’actualité suivant :Israël, 60 ans d'un pays pas comme les autres.

Metula News

Agency © 

 

Une conférence co-organisée par l’EDJ, le CRIF Midi-Pyrénées et la na

 

 

A l’EDJ

2 place Riquet à Toulouse

Réservations : 06 63 79 97 97

Entrée payante : 15 euros. Etudiants, chômeurs, Rmistes : 5 euros

 

 

Vaste opération militaire à Gaza : on intoxique qui ? (info # 010906/8) [Analyse]

Par Ilan Tsadik dans le Néguev © Metula News Agency

 

"Très proche" et "imminente", c’est en ces mêmes termes que, tant le 1er ministre Olmert qu’Ehoud Barak définissent l’éventualité d’une intervention de grande envergure de Tsahal dans la bande de Gaza. A peine revenu d’un voyage de trois jours aux Etats-Unis, M. Olmert, qui y a rencontré le président Bush, a annoncé que "la pendule avançait plus dans la direction d’une opération militaire à Gaza, que quoi que ce soit d’autre".

 

Il est vrai que, pendant sont absence, un membre d’une commune agricole socialiste du pourtour de la Bande a été tué par un obus de mortier islamiste et que plusieurs travailleurs agricoles ont été blessés. La colère est d’ailleurs à son paroxysme chez les habitants de la zone, qui manifestent de plus en plus fréquemment pour exhiber leur impatience.

 

Ce qui les irrite, c’est l’indécision du gouvernement, et l’écart frappant existant entre ses déclarations bellicistes et son inaction qui leur est insupportable. Environ 150 000 Israéliens vivent depuis des mois sous la menace permanente des roquettes et des mortiers du Hamas, et ils ont de plus en plus de mal à accepter que l’armée de leur pays ne fait pas ce qu’ils la savent capable de faire afin de leur assurer l’existence paisible à laquelle ils ont droit.

 

Ce lundi matin, j’ai brièvement quitté mon unité et revêtu mes habits civils pour aller mesurer la température dans un kibboutz limitrophe. Nati, un ancien du Palmach, qui a toujours bon pied bon œil, au point de continuer de s’occuper de la culture des pommes de terre, m’a dit, dans un français chantant et coloré, qu’au gouvernement, "maintenant, ce sont tous des tapettes". Il a ajouté à cette remarque homophobe – mais sait-il seulement, à soixante-dix-sept ans, ce que cela signifie - qu’"à son époque, on se battait avec des cocktails Molotov contre les chars égyptiens, mais qu’on n’aurait jamais accepté de subir une situation de ce genre".

 

Sa femme, Rivka, le visage buriné par des années de soleil du Néguev, en me versant une limonade malheureusement imbuvable, y va de son grain de sel. De sous sa barbe endurcie, elle me dit que "les gens d’ici sont persuadés que le gouvernement n’en a rien à faire d’eux, et que si c’était Tel-Aviv qui subissait une seule nuit de Qassam, cela suffirait pour envoyer Ismaïl Hanya en orbite autour de la planète Mars" (je cite littéralement, comme à mon habitude). Je demande s’il s’agit de son point de vue personnel ou si tout le monde dans la région pense comme elle. "Posez la question à qui vous voulez, vous verrez bien que les gens du Néguev ne sont pas des frayer [1]".

 

Je quitte Rivka sur son grand sourire, qui me découvre autant de ratiches à l’appel que de portées disparues. C’est qu’on n’en fait plus des femmes de cette trempe, mère de quatre enfants, dix petits enfants et déjà sept arrière petits-enfants.

 

"Je l’ai rencontrée au Palmach", me confie Nati, alors que nous nous dirigeons vers les champs qui jouxtent la Bande et ses snipers. Elle a fait partie des partisans des frères Bielski, passant quatre ans dans la forêt glaciale de Russie Blanche à combattre les Boches. C’aurait été l’une des deux femmes officiers de cet illustre maquis juif, et grand-mère Rivka aurait abattu plus de 75 nazis et en aurait égorgé trois de ses propres mains.

 

"Nommez-la chef d’état-major, la ramène Boaz, le jeune agriculteur qui conduit le tracteur blindé et climatisé, et elle vous réglera le compte des djihadistes en trois jours", "même qu’il n’en resterait pas beaucoup sur pied", complète l’époux de cette Jeanne d’Arc des temps modernes, esquissant une grimace de connaisseur dans sa moustache jaunie.

 

A deux cents mètres de la maison de Rivka : les champs. Sous une chaleur de plomb, parmi les mirages, on distingue des silhouettes pliées en deux qui mettent quelque chose en terre. Elles sont toutes très habillées, de la tête aux pieds, afin de se protéger du soleil. Cela les fait ressembler à des épouvantails. "Il y a des ouvriers thaïlandais, des femmes bédouines du voisinage, des volontaires scandinaves et des jeunes du kibboutz, qui font ce boulot pour entasser des économies", fait le chauffeur. "Tous ont adopté plus ou moins les vêtements des Thaïs, de loin les plus efficaces contre la déshydratation. Sauf que les non-Thaïs ne portent pas la cagoule de sports d’hiver, en laine, car ils n’ont pas réussi à s’y habituer".

 

Et les obus de mortiers, ils s’y habituent ? Lancé-je pour couper l’ambiance pastorale qui s’ingéniait à l’intérieur du Massey Fergusson. "Le pire, ce n’est pas les mortiers, réagit Boaz, ce sont les snipers. Ils font des cartons sur les paysans, à une distance de 70 mètres, vous voyez, ils sont juste là, dans les herbes folles". Tout en parlant, il tapote sur la vitre, à hauteur de son oreille : trois impacts ne sont parvenus qu’à lézarder le plexiglas renforcé. "Ca, c’était pour moi", admet-il, dans un rire appuyé, qui découvre une dentition toute blanche, en bien meilleur état que celle de savta [2] Rivka. Le vieux Nathan rit aussi.

 

Vous êtes des dingues graves, leur fais-je instinctivement, risquer sa vie pour des patates, il faut être complètement branque. J’ai dit "branque” en français, mais ils avaient compris. Les deux originaux se marrent de plus belle : j’ai l’impression d’avoir affaire à Astérix et Obélix.

 

Et les ouvriers, ils n’ont pas peur ? "Si, répond Boaz, qui a retrouvé soudain son sérieux, il y a deux jours, les terroristes ont déclenché un bombardement de mortiers et des tirs nourris de snipers, alors eux ont filé en courant. J’en ai retrouvé un sur la route du Nord, il essayait de rejoindre Bangkok à pied". Et alors ? "Il a dit qu’il ne voulait plus travailler, qu’il voulait retourner chez lui vivant, alors je lui ai payé son dû et il a pris le bus du lendemain. Ses copains sont là à 20 mètres".

 

Tandis que nous parlons, quelqu’un crie patzmar, mortier ! La chose atterrit à trente pas de nos roues et génère un jet unilatéral de terre et de ferraille incandescente. "Ca n’est pas très spectaculaire, mais ça tue", commente Boaz. On s’approche, avec une pince, il soulève ce qui ressemble à un fond de bouteille, mais en fer. C’est la base de l’obus, il fume encore.

 

Nous sommes maintenant à cinquante mètres de la frontière. Deux balles sifflent dans notre direction, l’une d’elles touche la carrosserie du tracteur et on l’entend ricocher sur les tôles. "Boaz, rentre les ouvriers, le temps est à l’orage, commande gentiment Nati". Le grand gaillard barbu place sa monture rouge entre les Palestiniens et les travailleurs, en guise de frêle bouclier. En quelques mots de thaï, mélangé à de l’anglais, de l’hébreu et de l’arabe, il enjoint aux cultivateurs d’abandonner leur ouvrage et de rejoindre en rampant les buissons qui marquent le début du village.

 

Et l’armée, elle n’est pas là ? - "Elle ne peut pas être partout à la fois", défend Nati. "Hier, les soldats ont dégommé un terroriste qui tentait de poser une bombe sur cette route ; dans la nuit, les tankistes (il montre le camp des Merkava à deux kilomètres) ont abattu deux snipers et ont touché un groupe de lanceurs de Qassam".

 

Une jeep Sufa (Tempête), de fabrication israélienne, blindée elle aussi, vient justement à notre rencontre. Un jeune sous-off s’en extrait, on est toujours tout près de la barrière de sécurité, et demande à mes hôtes si tout va bien et s’il y a des blessés. Nati fait "non, pas cette fois". On se serre la main et les soldats s’en vont.

 

Il est l’heure pour moi de rentrer à ma base. Pendant qu’ils me reconduisent, je demande à Boaz et à Nathan s’ils savent qu’un Juif français, Dominique Vidal, fils de rescapé d’Auschwitz, journaliste, prétend que la situation est de leur faute, en soutenant son accusation par le bilan des combats dans leur région. C’est vrai qu’il y a beaucoup plus de personnes tuées à Gaza que chez vous, fais-je, un brin provocateur ?

 

Boaz passe sa main devant son visage comme pour chasser une grosse mouche. Visiblement, ils ont de la peine à me croire. Ils se taisent un instant. "Il sait, ce Vidal, que ce sont eux qui nous tirent dessus et que nous ne faisons que répliquer ? "

 

- Oui, mais il écrit que ce que vous subissez ce sont les représailles de l’encerclement de Gaza.

 

"C’est totalement faux", réagit Nathan, "nous avons quitté toute la Bande en 2005 et avons laissé tous les points de passage ouverts. Ce Juif n’a pas lu la charte du Hamas ?".

 

Je n’en sais rien, mais soit il s’en fout (en français), soit il ne croit pas en leur volonté de nous exterminer. Boaz : "il se sentirait mieux s’il y avait plus de Juifs morts que de Hamasnikim (miliciens et terroristes du Hamas), ce type ?".

 

"Avec des Juifs comme ça, pas besoin d’Ahmedinejad pour nous exterminer", grogne Boaz, et les voilà qu’ils se remettent à rire comme des sangliers.

 

Je voulais leur dire combien il y a de leurs coreligionnaires parmi les signataires de l’appel de l’Obs en faveur du co-metteur en scène de l’assassinat de Nétzarim, qui les accusent d’avoir, de sang froid et 45 minutes durant, tiré sur un gamin palestinien avant de l’abattre, mais je me suis dit qu’ils ont bien assez déjà des bombardements islamistes quotidiens et qu’il n’est pas forcément nécessaire de les attrister un peu plus.

   

Je suis de retour dans mon unité et je tape rapidement ce petit témoignage "de proximité" avant d’aller travailler. J’ai lu, ce lundi matin dans la presse israélienne, que les menaces d’Olmert et de Barak étaient uniquement destinées à faire plier le Hamas à nos exigences en vue d’une trêve, et qu’aucune décision militaire ne serait prise avant une quinzaine de jours. Je comprends l’usage de ces intoxes lors de négociations, mais je vois aussi la situation factuelle des habitants du Néguev occidental et de Tsahal.

 

A mon avis, il y a des menaces que l’on ne devrait pas brandir en l’air. Pourvu seulement que, durant ces deux semaines, il n’arrive rien de fâcheux à Nathan, Boaz, Rivka et leurs copains, car la politique de retenue des huiles de Jérusalem refoule déjà des odeurs de saturation voire d’irresponsabilité. Les gens de Sdérot et des kibboutzim ne méritent pas de faire les frais de l’indécision de leurs gouvernants, ni d’équilibrer le bilan des morts entre les assaillants du Hamas et les assaillis du Néguev, pour donner bonne conscience à Dominique Vidal et aux nombreux journalistes juifs français dont j’ai honte, professionnellement, dont je méprise la vilenie, et qui me font irrépressiblement penser aux kapos des camps hitlériens au niveau de leur conduite "politique". 

 

 

Notes :

 

[1] frayer, mot d’origine Yiddish, intégré à l’hébreu, signifiant candide, naïf, crédule.

 

[2] savta, en hébreu, grand-mère

 

 

Metula News

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