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vendredi, 08 juin 2007

CRISE ECONOMIQUE EN IRAN

CRISE ECONOMIQUE  EN IRAN Ahmedinejad n'amène pas la manne pétrolière à chaque table iranienne Par Amir Taheri, journaliste et écrivain iranien, vivant à Paris Paru le 9/5/07 dans Opinion Journal, émanation du Wall Street Journal Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued pour www.nuitdorient.com Pendant tout le mois d'Avril et début Mai, les brigades de la Morale Islamique du président Ahmedinejad se sont heurtées à des groupes de jeunes dans les rues de Téhéran et d'autres villes importantes, à propos des tenues vestimentaires "peu modestes" que le gouvernement cherche à éliminer. Ces mesures draconiennes sont perçues par beaucoup d'Iraniens comme un pas de plus dans l'étouffement de la société déjà frappée par une grave crise économique. Le président et son mentor Ayatollah Ali Khamenei considèrent que le mode d'habillement des jeunes constitue une menace sérieuse à leur programme islamiste. Les images de bagarres de rue avec ces Brigades pourraient faire penser en Occident que l'opposition au régime islamiste ne serait que citadine ou bourgeoise ou ne concernerait que les libertés d'ordre social. Mais ce n'est pas le cas. Ces tracasseries des Brigades de la Moralité empoisonnent la vie quotidienne des citoyens, mais ce qui les préoccupe le plus, c'est la crise économique. La semaine dernière, bien que leur syndicat soit interdit, des dizaines de milliers d'ouvriers en colère ont cherché à se mesurer contre le président Ahmedinejad, le 1er mai, à Téhéran et dans une douzaine de villes de province. Les manifestant portaient un cercueil recouvert d'un drap noir avec comme inscription "les droits des travailleurs". Ils criaient "Nous ne sommes pas des esclaves! Oui à la liberté et à la dignité!" En 2005, Ahmedinejad avait focalisé sa campagne présidentielle sur une promesse "amener l'argent du pétrole à la table de dîner dans toutes les familles". Après qu'il ait  été élu, sa situation a été favorisée par l'importante augmentation du prix du pétrole, lui donnant un extra de 100 millions $/jour de revenus. Et malgré cela, les statistiques officielles montrent un chômage dépassant les 30%, une inflation galopante dépassant les 18% et une baisse conséquente en 3 ans du revenu moyen. Or, sous l'administration précédente de Mohamed Khatami, la république islamique recensait des accroissements du revenu annuel de l'ordre de 4%!  Dans un pays qui a besoin d'un million d'emplois de plus chaque année pour faire face à la pression démographique, ce taux de développement économique est pourtant loin d'être suffisant, mais au moins il évitait un naufrage. Avec Ahmedinejad, le taux de croissance a chuté vers les 3%, malgré la hausse des revenus pétroliers. L'état islamique contrôle les revenus du pétrole qui sont exprimés en dollar. Il a donc tout intérêt à un faible "rial", la monnaie nationale, ce qui lui permet de faire fonctionner la planche à billets. On parle d'un "torrent de rials sans aucune valeur" distribués pour justifier les extravagantes promesses d'un avenir meilleur et d'une pauvreté jugulée. Résultat: les capitaux ont fui massivement à Doubai, en Malaisie et en Autriche. Le chef islamique de la Justice l'Ayatollah Mahmoud Shahroudi  annonce que plus de 300 milliards $ ont quitté le pays, depuis l'arrivée d'Ahmedinejad. Selon le chercheur Abbas Adi, l'Iran se trouve dans la crise la plus sérieuse de son histoire depuis la révolution islamique. Les prix de l'immobilier se sont effondrés, même dans les quartiers chics de Téhéran. Mais la planche à billets n'est pas la seule cause de la crise. C'est toute la philosophie économique du président qui est à la source des problèmes. En effet, son dada c'est le "Khodkaf-i", ou l'auto-suffisance. Pour préserver la "pureté islamique" Ahmedinejad préconise l'indépendance commerciale par rapport à l'étranger, au grand dam de millions de petits commerçants ou "bazargi"! "On doit tout produire nous-mêmes, même si c'est plus cher ou de moindre qualité", c'est son credo économique sacro-saint qu'il justifie de la manière suivante "le système global économique est un complot judéo-croisé pour affaiblir les nations musulmanes et les rendre dépendantes. C'est pourquoi, les Musulmans ne doivent compter que sur leurs propres ressources, même si cela les appauvrit". Son premier geste dans ce sens a été de geler les 6 ans d'efforts menés pour faire partie de l'Organisation Mondiale du Commerce. Ahmedinejad considère cette dernière comme une invention judéo-croisée pour saboter les économies musulmanes. Sa position dure sur le plan nucléaire est dérivée de la doctrine "Khodkaf-i", même si cela entraîne de dures sanctions ou la guerre. Il prétend que les 7 nations capables de produire de l'uranium enrichi forment un cartel pour contrôler le marché nucléaire le jour où l'énergie fossile aura été épuisée. Convaincu que nous allons vers "un clash de civilisations", Ahmedinejad est déterminé à préserver l'indépendance nationale. Un de ses thèmes favoris c'est que face au choix entre indépendance et liberté, un bon musulman choisirait la 1ère. La doctrine "Khodkaf-i" a eu des résultats désastreux dans beaucoup de secteurs industriels. Incapable d'arrêter ou même de réduire les importations de biens de consommation, dont la moitié concerne la nourriture (importations contrôlées par les puissants mollahs et les commandants des Gardiens de la Révolution), Ahmedinejad a renforcé les règles d'importation. Ceci a paralysé nombre d'usines faute de matières premières et de pièces de rechange. Cette politique a tué l'industrie textile et des milliers d'emplois, des centaines de petites affaires incapables de payer leurs salariés pendant des mois. La même doctrine a été utilisée comme excuse pour geler nombre de contrats liés au gaz et au pétrole, notamment des raffineries. Aujourd'hui la république islamique importe plus de 40% de produits pétroliers raffinés. La perspective d'une confrontation avec l'Onu et les Etats-Unis a également détérioré l'économie du pays. La série de grèves massives à Téhéran et dans 20 autres villes ont été la conséquence de cette étrange doctrine. La grève des transports l'an dernier a paralysé les 15 millions d'habitants de la capitale pendant plusieurs jours. Aujourd'hui même, des grèves ont lieu dans de nombreuses industries: gaz, papier, imprimerie, automobile, mines de cuivre… Ahmedinejad est déterminé à imposer son modèle copié sur la Corée du Nord. Il a déjà dissout le Syndicat des Employeurs (SKI), considéré  comme une cabale capitaliste et il envisage de le remplacer par un organe d'état. Il fait pression sur le parlement (Majlis) pour remplacer le code du travail qui a été élaboré avec l'aide de l'OIT dans les années 60. Ce qu'il propose c'est d'abolir les droits conquis par les travailleurs pendant des luttes séculaires. Pour lui, il n'y a pas place dans une société islamique pour des syndicats ouvriers du type occidental. La foi en Allah préserve "la communauté des fidèles", libres de toute lutte des classes, affliction des sociétés "infidèles". Son prochain coup sera une privatisation importante concernant 40 sociétés publiques, avec la promesse d'aider les salariés à acheter 10% des titres. Le reste ira aux riches mollahs et aux officiers des Gardiens de la Révolution et leurs associés en affaires, avec l'aide de prêts à bas taux d'intérêt, accordés par des banques d'état. Quand ce projet arrivera à maturation, l'économie du pays sera dans un tel état piteux que les avides mollahs et les gardiens corrompus ne voudront même pas investir un seul rial, même emprunté.

19:25 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

INTERWIEW DE DJAMEL BOURAS PAR MICHEZ ZERBIB RADIO J

Interview de Djamel Bouras, candidat du MoDem, par Michel Zerbib sur Radio J Nous retranscrivons l’intégralité de l’interview exclusive de Djamel Bouras qu’a réalisé Michel Zerbib sur Radio J.

Michel Zerbib : Vous avez rencontré des membres de la communauté. Etait-ce une rencontre nécessaire par rapport aux positions que vous avez eu ces dernières années ? Iriez-vous manifester aujourd’hui pour soutenir la chaîne Al Manar ?

Djamel Bouras : J’ai été piégé une fois, je ne le serai pas deux.

 MZ : Pourquoi avez-vous été piégé ?

 DB : Parce que le comble, c’est que des libanais chrétiens qui sont venus me voir et qui m’ont dit qu’il y avait une chaîne arabe qu’on allait enlever donc ils sont venus au nom de la solidarité, c’est après que j’ai appris que c’était une chaîne du hezbollah, je n’avais pas tous ces éléments sinon je n’y serais pas allé.

MZ : Et votre soutien à Dieudonné ?

DB : Je me suis exprimé là-dessus depuis bien longtemps. Au début, c’était par rapport à la liberté d’expression que nous l’avons soutenu (avec Djamel Debbouze et Daniel Prévost) parce qu’on ne trouvait pas ça normal. Quand il a pété les plombs, quand Claude Askolovitch m’a appelé pour m’expliquer la réalité, j’ai compris qu’il avait un problème (Dieudonné) j’ai préféré ne plus le soutenir.

MZ : On vous reproche votre cohabitation avec Mohamed Latreche du parti des musulmans de France ?

 DJ : Je ne connaissais pas ce mouvement j’arrivais sur la laïcité comme J.C. Lagarde ou Jean Boberot. C’était contre l’exclusion, cette loi, plusieurs personnes l’ont voté, ce qui ne fait pas d’eux des intégristes. Je suis un véritable laïc heureusement que la laïcité est là. C’est moi qui aie demandé à rencontrer le rabbin et Samy Gozlan, j’ai trouvé super cette rencontre tout le monde peut faire des erreurs dans sa vie.

MZ : Vos propos ont pu émouvoir, le comprenez-vous ?

DJ : Oui même si cela n’a pas été médiatisé, lorsque j’ai rencontré des amis juifs j’ai compris. Je suis désolé si j’ai pu toucher la sensibilité de certains mais c’était une mauvaise compréhension ou moi qui me suis mal exprimé ou dès fois c’était des pièges de certains.

MZ : Vous pensez qu’on a voulu utiliser votre prestige, votre nom ?

 DJ : Ca, c’est une certitude. Quand vous êtes comme moi vous êtes neutre, vous êtes pour la paix moi en plus qui suis contre l’antisémitisme. Le vrai piège c’est qu’on ne connaît rien du tout du moyen-orient. On doit aider de part nos valeurs, si on peut apporter des valeurs de paix même là bas pour qu’il y est un état l’un à coté de l’autre. C’est à nous d’aider au lieu de rajouter du feu.

MZ : Il y a du racisme en France, un regain d’antisémitisme. Est-ce que pour vous un jeune beur ou un jeune black antisémite, ça vous choque ?

 DB : ça me choque, on ne peut pas comparer l’antisémitisme avec l’islamophobie ou autre. Il faut se servir de la Shoah comme exemple par rapport à tous ces jeunes pour leur montrer que ça a vraiment existé et que c’était il n’y a pas très longtemps. C’est très grave ce qui s’est passé et plus jamais ça. Aujourd’hui on voit qu’au Darfour ça continue peut-être pas dans le même sens mais là bas ces massacres continuent. C’est pour ça que je pense que c’est intéressant de montrer ce qui a pu se passer, ce que l’être humain peut arriver à faire.

 MZ : Certains peuvent penser que vous avez des relents antisémites, ça vous blesse ?

 DB : Oui, c’est pour ça que j’ai essayé de les rencontrer, je me présente à la députation à Saint-Denis pour les législatives et on se sert de ça pour me faire des coups bas et pour sortir des calomnies. Tout à coup, il y a des dossiers qui sortent. Les communistes me disent : « Djamel t’as changé et la Palestine et tout ça y a mais énormément de problèmes ici ». Déjà ça me parait bizarre que le député sortant (Patrick Braouzec, PC) ait sur un trac le mouvement euro-palestine qui le soutient.

 MZ : Des gens utilisent le conflit au proche orient pour semer le trouble dans les banlieues ?

DB : Il faudrait prendre des jeunes de banlieue pour les envoyer là bas en Israël pour qu’ils découvrent ce qui se passe et la vérité.

 MZ : Il faut se battre contre le racisme et l’antisémitisme côte à côte ?

 DB : Je le dis déjà. C’est clair, je veux me battre contre le racisme et l’antisémitisme. Si je suis député je ne ferai plus ces erreurs (ndlr soutenir Al Manar ou Dieudonné) et même si je ne le suis pas. Quand vous avez une espèce de pression, on vous dit qu’il y a des injustices, des fois vous ne savez pas vraiment et vous y allez et ça été mon tort.

MZ : Vous n’avez pas peur d’être taxé de récupération par le « lobby juif sioniste » ?

 DB : Ne vous inquiétez pas, je m’y attends. Au contraire, si je peux faire le pont, je le ferai.

MZ : Vous êtes un vrai démocrate ?

 DB : J’espère être un vrai démocrate et un vrai républicain, je suis pour le vivre ensemble, pour que toutes les confessions et les diversités vivent ensemble en paix et qu’on ne mélange pas tous les problèmes sociaux avec le racisme notamment.

MZ : Vous n’êtes pas du tout un candidat communautariste ?

DB : Pas du tout, au contraire. Je me bats contre ça ma communauté à moi c’est la France.

MZ : Quels sont vos rapports avec François Bayrou ?

 DB : Je pense qu’il a été surpris comme moi de toutes ces attaques je me suis expliqué là-dessus avec lui parce qu’il y a des pièges que lui ignorait donc je lui ai expliqué. Il a compris, je lui ai dit que j’allais faire le maximum pour arranger tout ça, pour que ce soit transparent et pour qu’on regarde l’avenir ensemble .RadioJ.94.8

medium_MICHEL_ZERBIB_3_f.jpg      Précision de Michel Zerbib sur son interview de Djamel Bourras .

 

 " Alain ,  il  n est pas interressant  pour moi de sonder le coeur et les reins de Djamel ,ou de savoir si ses propos sont de la plus pure sincérité ce qui importe , me semble -t -il ,c est son engagement dans des positions publiques qui l'engagent lui qui s'est engagé dans le débat public sous les couleurs d'une formation politique démocrate et laique Il aura à s'expliquer devant son électorat qui pour partie pouvait voir en lui un champion de l'antisionisme aussi ,en aucun cas cet entretien aussi net et sans concessions soit-il ne peut servir de caution morale et politique à l' ancien champion de judo.

On ose juste éspèrer qu 'humainement et politiquement l' homme aura été capable de changer , d'évoluer et  de regretter les erreurs du passé"

Propos :pris par télèphone

15:25 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (6)

mercredi, 06 juin 2007

NICOLE GUEDJ ,CANDIDATE AUX ELECTIONS LEGISLATIVES DANS LE XIV

medium_NICOLE_GUEDJ.jpgNicole Guedj, candidate aux élections législatives dans le 14 ème.

Nicole Guedj, candidate aux élections législatives dans le 14ème  arrondissement de Paris (11ème circonscription).

 

 

« Cette circonscription, laboratoire de la politique Verts / P.S., mérite qu'on lui redonne l'éclat et la qualité de vie qu'elle avait avant... »

 

 

Parcours d'excellence pour cette native de Constantine, avocate pendant 25 ans et qui a vu ses compétences de juriste reconnues par ses pairs avec son entrée au Conseil d'Etat.

 

Femme politique depuis1997, elle a été Conseillère municipale de Pantin depuis 2001. Candidate de la majorité présidentielle dans le 14ème, elle vient de démissionner de ce poste.

 

Très concernée par tout ce qui se rapporte aux Droits de l'Homme dans le sens le plus large possible, et militante de longue date, elle est devenue très rapidement  Secrétaire nationale de l'UMP, chargée des Droits de l'Homme. Et est entrée au gouvernement comme Secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la Justice avant d'être Secrétaire d'Etat aux Droits aux victimes sous le gouvernement Raffarin. Elle siège également au Conseil Général d'Ile de France.

 

Elle nous parle ici de ses engagements, ses actions, dont certaines sont primordiales mais trop peu connues...

 

 

Téléj. : Vous êtes candidate UMP dans le XIVème arrondissement, fief actuel du député Vert, Yves Cochet, qui y travaille avec le P.S. Pourquoi cet arrondissement ? 

 

Nicole Guedj : Parce qu'il a été perdu par la droite qui était divisée lors des dernières élections législatives. Aujourd'hui nous sommes unis et rassemblés et nous voulons reprendre cette circonscription qui mérite qu'on lui redonne l'éclat et la qualité de vie qu'elle avait avant. Cet arrondissement qui était celui de la culture a perdu ses atouts, bien que beaucoup d'artistes continuent à y vivre.

 

Cette qualité de vie disparue actuellement est réclamée de tous. Je l'ai constaté et ressenti en menant campagne depuis longtemps, à travers les nombreuses rencontres que j'ai pu avoir.

 

TéléJ : Comment la situation a-t-elle pu se dégrader ainsi aussi rapidement dans le XIVème ?

 

N.G. : Parce que cette circonscription a été un laboratoire expérimental de la politique Verts / P.S., menée sans concertation. Et que l'on peut résumer ainsi : il faut faire le bonheur des gens malgré eux et avec un effet contraire !

 

Des changements ont été imposés, par exemple dans la circulation. Ce qui a eu pour résultat de créer des embouteillages tels qu'il est devenu impossible de se garer, même pour les médecins ou autre professions libérales qui ne décolèrent pas. Médecins pour qui il et devenu difficile d'utiliser leur voiture à titre professionnel pour leurs visites à domicile. Il y a même des embouteillages la nuit.

 

Quant aux commerçants, ils ont vu leur chiffre d'affaire chuter de 30 % en 3 ans, ce qui est un record absolu et ne se voit nulle part ailleurs. On ne peut plus vivre librement dans l'arrondissement.

 

Téléj : L'autre candidat dans la 11ème circonscription est Marielle de Sarnez du « Modem »

 

N.G. : Elle n'a pas encore commencé sa campagne et je ne la connais pas. Elle est conseillère municipale du XIVème mais on ne la voyait jamais et elle n'a rien fait pour stopper la politique Verts / P.S.

 

TéléJ : Vous étiez déjà entrée en politique mais être candidate aux législatives marque une nouvelle étape pour vous. Pourquoi cette décision ?

 

N.G. : Ma bataille, mon engagement depuis toujours ont été la lutte contre les discriminations,  l'antisémitisme et le racisme, pour les Droits de l'Homme. Après 25 ans de cabinet d'avocate et deux ans de vie politique j'ai vite compris que l'impulsion politique est absolument nécessaire. Et cette vie politique m'a donné le goût de poursuivre mon engagement et mon action.

 

TéléJ : Comment a débuté cet engagement actif pour les Droits de l'Homme ?

 

N.G. : J'ai toujours eu pour objectif de sauver des gens et j'ai commencé ma carrière d'avocate avec la défense des Droits de l'Homme. A l'époque il y avait beaucoup de détenus des juntes militaires en Amérique du Sud, notamment en Uruguay. Les personnes enlevées étaient soit exécutés immédiatement, soit torturées puis exécutées ou finissaient par mourir.

 

Je suis partie en mission avec 5 ou 6 avocats européens et quelques mots d'espagnol appris pou l'occasion pour défendre notamment la cause d'un détenu du nom de Teti. Les autres avocats ont laissé tomber au bout d'une semaine car nous n'avions rien obtenu. Mais je suis restée et ai pu obtenir un rendez-vous de quatre heures avec le Général Raimondez qui a fini par accepter que je rencontre ce prisonnier. Cette rencontre lui a sauvé la vie. Et cela a conditionné toute ma carrière et mon activité professionnelle.

 

TéléJ : Contribuer à sauver des gens vous le faîtes à travers toutes vos actions, notamment lorsque vous étiez au gouvernement. Pouvez-vous nous en rappeler quelques unes ?

 

N.G. : Il y a eu, par exemple, la mise en place de l’« Alerte enlèvement » pour faciliter la recherche des enfants disparus, le 08 Victimes, 08 84 28 46 37, numéro d’appel pour écouter et aider et accompagner les personnes ayant vécu des accidents de la vie. Ou la publication du « Guide du Droit des Victimes » et de « Ressources et Handicaps, » préfacé par Bernadette Chirac.

 

TéléJ : Et il y a votre projet phare, « Casques Rouges, » reconnu par la France et présenté à l'ONU.  Innovation qui marquera un tournant décisif dans l'histoire de l'humanitaire.

 

N.G. : C'est un projet que j'avais de longue date et cela faisait des années que j'en parlais. Mais seul le Président Jacques Chirac m'a entendue et m'a encouragée depuis 2002.

 

Et il y a eu le Tsunami de 2004. Le projet été adopté par le gouvernement dans le volet humanitaire de l'international. Et la France l'a présenté à l'ONU à Kofi Annan qui m'a envoyé ses équipes avec qui j'ai travaillé.

 

Aujourd'hui, une réflexion est menée sur ce projet  dans le cadre de la réforme de l'ONU. Avec, je l'espère, des « Casques rouges » pour l'humanitaire. Les « Casques Bleus » étant des forces armées du maintien de la paix.

 

TéléJ : En quoi cela consiste-t-il et en quoi est-ce véritablement révolutionnaire ?

 

N.G. : Il s'agit d'un outil au service des ONG ou équipes gouvernementales pour aider à rétablir les communications qui sont souvent interrompues lors de catastrophes humanitaires de toute nature. Ce qui entrave considérablement le travail des équipes sur place avec la pagaille que l'on connaît alors. Cet outil permettra donc aux forces sur place, mais pas seulement, de sauver des vies.

 

Il a été mis au point avec le CNRS et Alcatel Space. Et j'ai négocié avec les opérateurs de réseaux de communication qui sont très cher.

 

Cet outil est un container, d'environ 500 à 700 kilos, avec antenne satellite. Il a d'autres objectifs aussi et permettra également de localiser les victimes, d'organiser des évacuations de populations, de faire de la télémédecine, d'analyser l'eau pour savoir si elle est potable.

 

Je viens de créer une Fondation, « Casques Rouges » pour pouvoir récolter des fonds afin de pouvoir mettre ces containers à disposition dans les 24 heures là où il y a crise. Ils seront transportés par des avions français. Et je suis fière de savoir qu'il y aura des drapeaux français dans ces lieux pour sauver des vies. Ma manière à moi de rendre à la France ce qu'elle m'a donné, moi qui suis arrivée ici d'Algérie à l'âge de six ans.

 

TéléJ : L'ONU examine le projet. Mais y a-t-il  manifestation d'un intérêt tangible?

 

N.G. : Oui, un accord est prévu incessamment avec le Haut Comité aux Réfugiés

 

Par ailleurs, un container doit être déposé à proximité du Darfour. Darfour pour lequel je me suis engagée également.

 

TéléJ : Fin mars, vous représentiez, en effet, Nicolas Sarkozy  à la Mutualité pour la signature d'un engagement pour le Darfour demandé aux candidats à la présidentielle par le Collectif Urgence Darfour et SOS Darfour.

 

Vous venez d'évoquer votre amitié avec Jacques Chirac. Pouvez-vous nous parler de votre amitié avec le nouveau Président, Nicolas Sarkozy ?

 

N.G. : J'ai eu deux amis politiques depuis le début de ma carrière politique, même si le cercle s'est élargi depuis : le Président Chirac et Nicolas Sarkozy. Cela en toute transparence. Je n'ai jamais renoncé en rien à ma loyauté envers le Président Chirac. Elle est intacte.

 

Et j'ai des relations d'affection et de confiance avec Nicolas Sarkozy et me suis engagée à ses côtés depuis le départ. J'ai été une de ses porte-paroles. Il est le seul qui permette espoir et élan à la France et aux Français.

 

J'ai travaillé et conduit avec lui une réflexion sur les Droits de l'Homme et les Droits aux victimes. Et vous voyez la place accordée à ce sujet aujourd'hui. Avec Ingrid Betancourt, par exemple, ou encore les familles des infirmières bulgares que j'ai fait venir ici et qu'il a rencontrées.

 

TéléJ : Quel espoir y a-t-il pour elles, dans ces deux cas ?

 

N.G. : Il y a un immense espoir pour Ingrid Betancourt. Il faut bien comprendre qu'avec ce territoire enclavé où sont les forces des FARC, il n'est pas simple d'agir pour le Président, Alvaro Uribé, que j'ai rencontré l'an dernier. Mais le Président de la République; Nicolas Sarkozy est intervenu, ce qui est d'un grand poids et peut aider dans la négociation.

 

Quant aux infirmière bulgares, une négociation sur l'indemnisation des victimes peut être un point de déblocage.

 

Téléj : Vous êtes membre du Consistoire de France et Vice-présidente du Consistoire de Paris. Vous organisiez récemment dans le XIVème une rencontre inter-religieuse. Quelle est votre action en la matière ?

 

N.G. : Je suis pour un Etat laïque, ce que j'ai montré en faisant partie de la Commission Stasi. Mais je me bats aussi pour dire que le fait de garder sa foi n'est pas du communautarisme, bien au contraire. Un homme de foi peut être un guide, même s'il ne fait pas de politique. Il faut parler ensemble et convaincre à l'intérieur et à l'extérieur.

 

Je suis convaincue que le meilleur espoir de paix, dans certaines régions, commence quand il y a ce dialogue et la conviction des hommes de foi.

 

J'ai une vie communautaire qui n'est pas communautariste. J'ai des liens avec des membres du CFCM, notamment son Président, Dalil Boubakeur. J'ai des liens aussi avec des catholiques comme le cardinal Lustiger, qui n'est pas bien et pour qui j'ai une pensée en vous parlant, ou Monseigneur Vingt-Trois.

 

Je suis à l'initiative d'un projet avec la Grande Mosquée de Paris. Il s'agit d'une exposition artistique sur les signes religieux des trois grandes religions. Les Colloques inter-religieux sont importants, mais il faut ouvrir le débat plus largement. Avec l'expression artistique, par exemple.

 

Téléj : Dernière question : est-ce difficile d'être une femme en politique ?

 

N.G. : Cela va de mieux en mieux, regardez le gouvernement !

 

 

Propos recueillis par Hélène Keller-Lind pour TélèJ.info Photo: Alain Azria

 

 

 

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mardi, 05 juin 2007

SYRIE QUI FAUT-IL CROIRE ?

SYRIE- QUI FAUT-IL CROIRE ?
Deux hommes d'affaires syro-américains sont aujourd'hui à la une des médias israéliens. Ils parlent de paix, l'un et l'autre. Mais pas de la même façon...

 

Par Michel Gurfinkiel le 5 juin 2007-www.michelgurfinkiel.com

Deux hommes d'affaires syro-américains sont aujourd'hui à la une des médias israéliens. Le premier, Ibrahim Suleiman, dit Abe Suleiman, est le PDG de Computer Operations, une filiale du puissant groupe financier international Ambac. Comme la famille Assad, au pouvoir à Damas depuis 1969, il appartient à la minorité alaouite (10 % environ de la population syrienne). Cela lui permet de jouer un rôle d'intermédiaire entre son pays d'origine et son pays d'adoption, tantôt en se présentant comme un ami personnel de Hafez puis de Bachar el-Assad, tantôt en jouant le rôle d'un homme de bonne volonté et d'un militant de la paix. Depuis 2003 ou 2004, il multiplie les contacts avec les Israéliens. Selon le journal Haaretz, il aurait joué un rôle clé dans l'élaboration, en 2004, d'un projet d'accord de paix syro-israélien, avec l'aide d'un militant pacifiste juif américain, Geoffrey Aronson, et de l'ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères, Alon Liel, proche du mouvement Shalom Akhshav (La Paix maintenant). Le 12 avril dernier, il a pu prendre la parole devant la Knesseth pour défendre son plan de paix, à l'invitation du parti d'extrême-gauche Meretz. Alon Liel presse aujourd'hui le gouvernement Olmert d'accepter la main que la Syrie tendrait à Israël à travers Suleiman : "Trop de signes indiquent qu'Assad veut négocier et qu'il souhaite parvenir à un accord définitif. Il serait irresponsable de la part du premier ministre de ne pas en tenir compte".

L'autre homme d'affaires syro-américain se nomme Farid Ghadry. C'est un musulman sunnite, comme 50 % de ses compatriotes. Sa famille, originaire d'Alep dans le nord de la Syrie, s'installe au Liban en 1962. Lui-même s'établit aux Etats-Unis en 1975, au moment où son premier pays d'accueil sombre dans la guerre civile, acquiert la nationalité américaine et fait fortune en créant, revendant et rachetant de nombreuses sociétés, du high tech à l'agro-alimentaire et aux recherches minières. Décidant, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, de s'engager pour la démocratisation du monde arabe en général et de la Syrie en particulier, il crée le Parti syrien pour la Réforme en 2003, un parti libéral d'inspiration laïque, puis la Coalition démocratique syrienne en 2004, plate-forme pour tous les opposants au régime Assad, y compris certains islamistes. Et milite d'emblée pour la paix avec Israël, tout en affirmant que le Golan fait partie du territoire national syrien et devra revenir à la Syrie après la chute de la dictature Assad. De nombreux Israéliens ont exigé, après l'invitation d'Ibrahim Suleiman à la Knesseth, que Ghadry bénéficie d'un traitement analogue. De fait, il sera entendu par la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du parlement israélien le 11 juin. Dans une interview publiée le 27 mai par le journal Yedioth Aharonoth, il déclare : "Rien n'est plus important qu'une paix entre Israël et la Syrie. Mais Israël irait au désastre en faisant la paix avec un dictateur tel que Bachar el-Assad". Meir Dagan, le directeur du Mossad, partage ce point de vue : témoignant devant le cabinet israélien, il a affirmé début mai que « l'inititiative de paix syrienne » n'était qu'une « opération tactique » destinée à gagner du temps en vue de préparer une nouvelle guerre.

Qui faut-il croire, Suleiman ou Ghadry ?

Première observation : on ne peut pas mettre sur le même plan un Ibrahim Suleiman, objectivement au service d'un dictateur, et un Farid Ghadry, qui l'a toujours combattu.
Deuxième observation : on ne dispose pas d'informations détaillées sur la fortune personnelle de Suleiman; celle de Ghadry a fait l'objet d'investigations diverses et de déclarations de l'intéressé, qui se sont révélées exactes.
Troisième observation : la démarche de Suleiman ne peut qu'être soutenue par une opinion publique américaine et européenne lassée des guerres d'Afghanistan et d'Irak, et prête à tous les apaisements ; celle de Ghadry va à l'encontre de cette opinion.
Quatrième observation : Suleiman ne parle de paix syro-israélienne que lorsque c'est l'intérêt du régime Assad, vers 2003 et 2004 quand ce régime semble être aux abois ou aujourd'hui quand il est menacé d'un tribunal international sur l'assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri; alors que Ghadry a toujours fait de cette paix son objectif.
Cinquième observation : tout pacifisme est respectable, mais doit être jugé sur son contexte, ses conséquences et ses résultats. Vouloir la paix européenne en 1913, avec Jaurès et Liautey, ce n'est pas la même chose que la vouloir en 1938, lors de Munich.

 

 

Sur trente ans, le bilan du pacifisme israélien (La Paix Maintenant et ses épigones) est catastrophique. Et toute cause que ce pacifisme épouse – en l'occurrence, celle de Suleyman – est suspecte.


 

 

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lundi, 04 juin 2007

LE CRIF EN ACTION SDEROT VILLE MARTYRE

medium_DSC08816_2_.2.JPGCela fait à présent sept ans, avec des hauts et des bas, des moments d’accalmie et des pointes d’intenses bombardements aveugles que la ville de Sdérot et les kibboutzim environnants vivent dans l’angoisse des chutes meurtrières de missiles palestiniens.
C’est pour évoquer cette situation dramatique et pour imaginer des solutions qu’un groupe d’habitants de Sdérot et de la région, parmi lesquels le rabbin David Mamou, a rencontré, le 4 juin 2007, une délégation du CRIF.
Sdérot et les agglomérations de la région, ce sont quelque quarante mille âmes qui vivent au quotidien dans la peur et l’inquiétude la plus totale. Les tirs de missiles ont déjà touché trois synagogues. Pourtant, l’opinion internationale semble ne pas réagir comme elle l’aurait certainement fait, estiment les représentants des habitants, si des obus israéliens avaient atteint des mosquées ou des églises. Localement, s’il est avéré que les nouvelles constructions bénéficient de l’installation de locaux fortifiés, les vieux quartiers, eux, manquent cruellement de structures de repli en cas d’alerte. Et même si le gouvernement a donné son feu vert pour la construction de chambres renforcées dans les immeubles qui en sont dépourvus, plusieurs mois sont nécessaires à de telles édifications. Et, dans l’intervalle, les missiles continuent de pleuvoir !
Entre la solution qui consiste à répliquer en tentant de toucher les lanceurs ponctuellement avant de se retirer et l’idée extrême d’une réoccupation de la bande de Gaza par les forces de Tsahal, toutes les opportunités ont été examinées lors d’un tour de table particulièrement édifiant.
L’action humanitaire du milliardaire d’origine russe, Arkady Gaydamak a été évoquée, mais on retiendra surtout l’impression qu’ont les habitants de Sdérot en particulier et les Israéliens en général, que les opinions française, européenne et internationale sont souvent plus sensibles à la détresse palestinienne qu’à celle des populations israéliennes bombardées.
Parallèlement à l’action entreprise en direction des institutions juives de France, des rencontres sont prévues avec le Conseil de Paris, le Sénat, des élus, des mairies de banlieue comme Antony, ville jumelée avec Sdérot et, bien entendu, avec la presse.
Un prochain voyage du CRIF à Sdérot et dans la région a été évoqué.
La délégation du CRIF était composée de Haïm Musicant, directeur général, Jean-Pierre Allali, Raoul Ghozlan, Ariel Goldman, Meyer Habib, Francis Kalifat et Manek Weintraub, membres du Bureau Exécutif. 

Photo : © 2007 Alain Azriamedium_DSC08849.2.JPG

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