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jeudi, 09 août 2007

9 août 1982 : une grenade explose rue des Rosiers

9 août 1982 : une grenade explose rue des Rosiers Christine Taconnet Visionnez également des films d'époque sur notre site Interne

jeudi 09 août 2007 | Le Parisien

9 août 1982 : une grenade explose rue des Rosiers

(LP/CHRISTINE TACONNET.)ZOOM

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LA MOSAÏQUE jaune est toujours là, toujours surplombée du long ruban rouge, où le nom Jo Goldenberg se détache en lettres d'or. Les menus d'Europe de l'Est restent affichés derrière la vitrine poussiéreuse. Mais combien de temps encore le restaurant de ce traiteur juif, fermé depuis son dépôt de bilan l'an dernier, restera-t-il comme un témoin visible d'un des pires attentats antisémites perpétrés sur le sol français ?

Il était environ 13 h 10, ce 9 août 1982, quand une explosion retentit dans le restaurant juif le plus connu de la capitale.

Deux hommes à pied, mitraillettes au poing, s'engouffrent immédiatement et tirent sur les clients attablés. Puis ils couvrent leur fuite vers la rue des Blancs-Manteaux en tirant à l'aveuglette sur les passants. Bilan : six morts et 22 blessés, dont neuf graves. Cet attentat, plus meurtrier encore que celui de la rue Copernic, qui avait fait trois morts et neuf blessés dans une synagogue deux ans auparavant, marque à jamais les habitants et la communauté juive dans son ensemble.

Pas de commémoration

Pourtant, vingt-cinq ans plus tard, aucune commémoration n'est prévue. « Vous savez, les Juifs ont tant de dates tragiques à commémorer... Mais peut-être aurions-nous dû être plus attentifs », concède Richard Prasquier, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Pour Sammy Ghozlan, président de l'Union des conseils des communautés juives d'Ile-de-France, l'absence de cérémonie n'est pas non plus une surprise : « Les juifs ont peur de lasser. Est-ce vraiment à eux de prendre cette initiative ? ». Inspecteur de police à l'époque, il avait été dépêché sur les lieux pour calmer les rapports tendus avec les forces de l'ordre et se souvient combien cette tuerie avait déstabilisé les habitants.

Aujourd'hui, certains commerçants s'agacent pourtant qu'on veuille remuer ces lourds souvenirs. « A quoi bon ? » Les années ont passé, rue des Rosiers comme ailleurs. Et presque tout a changé. Même le restaurant Jo Goldenberg risque de disparaître, remplacé par un nouvel établissement géré par les frères Costes. Les témoins de l'attentat aussi se font rares. Beaucoup sont décédés. D'autres sont partis. Même le coiffeur Yoram, qui tenait boutique en face de chez Goldenberg, a plié bagage il y a un mois. L'ancien Pletzl, petite place en yiddish, ce village de juifs ashkénazes qui s'étendait autour de Saint-Paul, a cédé la place à un quartier où la présence juive est chaque année moins forte. « De toute façon, dans dix ans, la rue de Rosiers ne sera plus juive », assure André Journo, galeriste, qui réside ici depuis son enfance. Afin de perpétuer quand même cette mémoire qui s'étiole, l'Union des conseils des communautés juives d'Ile-de-France a officiellement demandé hier soir à la mairie de Paris d'installer, en plus de la plaque à la mémoire des victimes, un monument pour « préserver ces lieux chargés d'histoire ».

(LP/ARCHIVES.)
RUE DES ROSIERS, 9 AOUT 1982. Après avoir jeté une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg, deux hommes tirent sur les clients. Bilan : 6 morts et 22 blessés. RUE DES ROSIERS, HIER. Le bistrot Jo Goldenberg est toujours là, mais il a mis la clé sou  (LP/ARCHIVES.)

(LP/ARCHIVES.)
RUE DES ROSIERS, 9 AOUT 1982. Après avoir jeté une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg, deux hommes tirent sur les clients. Bilan : 6 morts et 22 blessés. RUE DES ROSIERS, HIER. Le bistrot Jo Goldenberg est toujours là, mais il a mis la clé sou  (LP/ARCHIVES)

www.leparisien.com

 

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vendredi, 03 août 2007

HISTOIRE DE L'AGENCE JUIVE

Histoire de l'Agence Juive


 
   

Nous sommes en 1929. Voici déjà sept ans que la société des nations (éphémère ancêtre de l’ONU) a confié à la Grande Bretagne un mandat sur la Palestine. Le mandat chargeait la puissance mandataire d’assumer « la responsabilité d’instituer dans le pays un état de choses politique, administratif et économique de nature à assurer l’établissement du foyer national pour le peuple juif (…) et à assurer également le développement d’institutions de libre gouvernement, ainsi que la sauvegarde des droits civils et religieux de tous les habitants de la Palestine, à quelque race ou religion qu’ils appartiennent. » (article 2 du mandat)

Pour assister la Grande Bretagne dans cet objectif « un organisme juif convenable sera officiellement reconnu et aura le droit de donner des avis à l’administration de la Palestine et de coopérer avec elle dans toutes questions économiques, sociales et autres, susceptibles d’affecter l’établissement du foyer national juif et les intérêts de la population juive en Palestine, et, toujours sous réserve du contrôle de l’administration, d’aider et de participer au développement du pays. » (article 4 du mandat)

C’est l’Organisation Sioniste Mondiale qui créera, lors de son 16ème congrès, cet organisme juif auquel elle donnera le nom d’Agence Juive. Elle représentera alors les intérêts du Yishouv juif face à la puissance mandataire jusqu’à la naissance d’Israël, en 1948. Elle s’occupera en outre de l’organisation de la vie économique et sociale au sein du Yishouv, répartissant les visas d’immigration accordés par la puissance mandataire, installant les nouveaux immigrants, construisant de nouveaux villages, développant l’activité économique, sociale, culturelle et sanitaire.

La montée des persécutions nazies contribue, dès le milieu des années trente, à mettre l’Agence Juive sur le devant de la scène pour assumer la responsabilité du sauvetage des juifs d’Allemagne. Tâche menée, on s’en doute, de manière incomplète mais qui fondera durablement ce qui reste à ce jour la vocation principale de l’Agence Juive : Permettre à tout juif de faire son Alya ; Le chercher pour le sauver quand c’est nécessaire.

L’entrée en guerre fait se refermer l’étau sur les juifs d’Europe. L’objectif de l’Agence Juive est désormais d’obtenir à tout prix des certificats d’entrée pour la Palestine mandataire. Ces certificats étaient accordés, amer paradoxe, seulement au compte-gouttes à un moment ou les juifs en avaient cruellement besoin. Les juifs faisaient les frais de la politique proche orientale de la Grande Bretagne qui vida peu à peu le mandat qui lui avait été confié de tout contenu.

La fin de la guerre amène le besoin d’organiser l’évacuation et la réinstallation de centaines de milliers de survivants de la Shoah. L’opération « Berikha » (fuite) organisée par l’Agence Juive permettra l’évacuation d’Europe centrale de 250 000 survivants et leur réinstallation provisoire dans différents campements d’Europe orientale, à Chypres notamment. Parallèlement, des bateaux tentaient régulièrement leur chance et essayaient de faire débarquer clandestinement des survivants qui n’avaient pas obtenu de visas de la puissance mandataire.

En marge de ces vastes opérations de sauvetage, l’Agence Juive continuait d’assumer, de fait, la gestion des affaires du Yishouv. Et celles-ci prenaient, après la guerre, la tournure d’une confrontation ouverte avec la puissance mandataire qui refusait d’assumer la création d’un « foyer national pour la peuple Juif » et restait indifférente aux attaques perpétrées par les arabes contre le Yishouv. C’est donc de l’organisation de la défense juive qu’il était surtout question de 1945 à 1948.

L’échec des britanniques à trouver une solution au conflit entre les populations juives et arabes traça la voie à la décision historique de l’ONU de partager la Palestine en deux états, l’un juif, l’autre arabe. Soulagement et explosion de joie dans le Yishouv ; Mais aussi veillée d’arme car les Arabes ont refusé le plan de partage et juré la parte de l’Etat d’Israël naissant.
La période qui précède la déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 voit se constituer les futures institutions de l’Etat d’Israël, nées pour partie des restes de l’administration mandataire et pour partie d’un remaniement des institutions du Yishouv. De nombreuses prérogatives de l’Agence Juive sont ainsi transférées à un gouvernement provisoire. L’Agence Juive quitte les devants de la scène politique pour se consacrer à la vaste tache du rassemblement des exilés.

Une œuvre titanesque : La population d’Israël est de 600 000 âmes à sa naissance. Elle va intégrer près de 1 300 000 immigrants jusqu’à la guerre des 6 jours, soit deux fois sa propre population. Les nouveaux arrivants viennent du monde entier :

- D’Europe centrale et orientale d’abord : Rescapés de la Shoah, entassés dans des camps de personnes déplacées à Chypres ou ailleurs, ils sont les premiers à profiter des possibilités d’immigration illimitées qu’offre l’Etat d’Israël. 100 000 Olim débarquent depuis la déclaration d’indépendance jusqu’à la fin de l’année 1948 ; 239 000 en 1949, 170 000 en 1950 et 175 000 en 1951.

- Du Yemen : L’opération « Tapis Volant » transfert, par avion, environ 50 000 juifs en Israël, dans des conditions ressenties par les voyageurs comme « bibliques » (le voyage en avion rappelle le verset du livre de l’exode – XIX, 4 : Et je vous ai porté sur des ailes d’aigles et amené vers moi).

- D’Irak : La communauté juive menacée (110 000 personnes) arrivent en Israël en 1951 avec l’opération « Ezra et Nehemia ».

- Du Maroc (120 000 juifs jusqu’en 1960), de Tunisie (22 000 durant la même période), de Libye, d’Egypte, de Syrie, du Liban, de Turquie et d’Iran.

L’Agence Juive doit organiser le rapatriement des nouveaux venus et leur installation dans le pays. Installation qui se fait dans des conditions souvent difficiles, vu les difficultés économiques importantes.

L’Agence Juive continue depuis son rôle de rassembleur des exilés. Chaque année, des milliers de nouveaux immigrants sont arrivés en Israël. On peux toutefois distinguer trois autres temps forts dans cette odyssée : Les deux premiers sont les impressionnants sauvetages des juifs d’Ethiopie. En 1984, 9 000 juifs sont amenés d’Ethiopie en Israël par un immense pont aérien (opération Moshé). L’opération est reproduite en 1991 ou 14 300 juifs d’Ethiopie gagent Israël en 36 heures (opération Salomon).

Le troisième temps fort est la conséquence de la chute du bloc Soviétique. Celle-ci entraîne la montée en Israël de plus d’un million de juifs d’Ex-URSS.

L’Alya d’ex-URSS est désormais en baisse et c’est vers les nations occidentales ou vivent actuellement le plus de juifs, que se tourne désormais l’Agence Juive. L’Alya n’y est certes pas vécue dans la même urgence que dans les pays d’ex-URSS ou d’Ethiopie, mais le maintien d’un fort taux d’assimilation, ainsi que la résurgence de la bête antisémite, rendent nécessaire cette action.

WWW.AGENCEJUIVE.ORG

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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lundi, 23 juillet 2007

FILLON A LA JEUNESSE DE FRANCE .

Le Crif en action
 
Fillon à la jeunesse de France : soyez les porteurs de la transmission
23/07/07
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- - Thème: Commémoration


  medium_Ceremonie_du_22_juillet_2007_153_.jpg

 

La journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France s’est déroulée le dimanche 22 juillet à Paris, à l’occasion du 65ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv. Les 16 et 17 juillet 1942, 13152 juifs dont 4115 enfants furent arrêtés, et 8160 parqués dans le stade avant d'être déportés dans les camps d'extermination. Cette cérémonie nationale, dont le CRIF est à l’initiative et partenaire de l’organisation, a réuni plus d’un millier de personnes en présence notamment cette année, de François Fillon, Premier Ministre, de Rachida Dati, Garde des Sceaux, de Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, d’Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, de Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'homme, de Bertrand Delanoë, maire de Paris, de Gille Alayrac, représentant Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional d’Île de France, de Simone Veil, ancienne ministre d’Etat et de René Galy-Dejean, maire du 15ème arrondissement de Paris.
 
Richard Prasquier, le président du CRIF, a rappelé la nécessité de poursuivre le travail de mémoire de la Shoah pour l'avenir, tout en mettant en garde contre les amalgames. Richard Prasquier a insisté sur le travail exemplaire de la France pendant ces nombreuses années, qui est « un travail d'histoire, de vérité, de responsabilité et de justice; […] un travail qui grandit notre pays » et qui n’est pas « une victoire pour les Juifs », mais « une victoire pour la France ».
Le président du CRIF a par ailleurs dénoncé « l'antisémitisme dans le monde [qui] ne diminue pas » en rappelant pour conclure que « pour la première fois depuis que cette cérémonie du Vel d'Hiv a lieu, un Etat prétend officiellement en faire disparaître un autre de la terre. Le pays à qui ce sort dramatique est promis est comme par hasard celui où s'est réfugié une grande partie du peuple juif. Nous ne les laisserons pas faire ».
 
Le Premier Ministre, François Fillon a choisi de conclure son allocution en s’adressant à la « jeunesse de France », leur demandant d’être le relais de la parole et de la mémoire des déportés. Le Premier Ministre évoquant la « faute pleine, indélébile » des responsables de Vichy, a déclaré à cette même jeunesse que « leur faute n'est pas votre faute » précisant qu’il y a cependant « dans leurs actes une horreur qui doit devenir la vôtre ».
 
Lors de la cérémonie l'ancienne ministre d’Etat, Simone Veil, a pris la parole au nom de l'Union des déportés d'Auschwitz, témoignant du retour difficile des rescapés dont elle faisait partie. Simone Veil a expliqué qu’ « il a fallu des années pour que nous puissions parler » et a raconté à quel point il était difficile pour les familles d’entendre ce qu’ils avaient subi.
 
Outre les personnalités politiques citées, Yedidia Levy-Zauberman, membre des EEIF, Roger Belbeoch, ancien policier et Juste parmi les Nations, Francine Christophe ancienne déportée, ont également pris la parole au cours de la cérémonie.
 
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Discours du Dr Richard Prasquier, président du CRIF
 
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Monsieur le Premier Ministre,
Madame Simone Veil
Monsieur le Maire de Paris
Messieurs les représentants du culte,
Mesdames et Messieurs les représentants politiques de la République, de Paris et de sa région,
Mesdames et Messieurs les déportés, fils, filles de déportés, enfants cachés et survivants
Monsieur Belbeoch, Juste des Nations et les autres Justes présents,
Mesdames et Messieurs, chers amis
 
Vous me permettrez d'adresser mes premières pensées à l'homme qui si longtemps a ouvert de son discours cette cérémonie du Vel d'Hiv, Henri Bulawko. Lui qui symbolise le travail de mémoire, la mémoire l'abandonne aujourd'hui, mais ce qu'il a planté sera préservé et notre amitié l'entoure...
Lorsque les premières commémorations de la rafle du Vel d'Hiv eurent lieu, peu après le retour des camps, les déportés survivants étaient plus nombreux qu'aujourd'hui, mais ils étaient moins entourés. Certes, ils avaient souffert, mais la France entière avait souffert sous la domination d'un ennemi impitoyable; la France avait résisté, elle s'était révoltée et avait chassé l'occupant. Honneur aux héros. L'immense majorité des survivants des camps allemands étaient des résistants: les 50000 qui en étaient revenus témoignaient pour ceux en nombre égal qui y étaient morts. Il nous faut aujourd'hui et toujours rappeler l'héroïsme des résistants qui a permis à la France de redresser si vite la tête.
 Mais les Juifs de retour étaient peu nombreux, 3000 environ. Derrière eux, 76000 disparus faisaient anecdote dans l'histoire glorieuse et tragique du combat contre l'envahisseur.
 
Notre regard s'est aujourd'hui modifié, il y a eu le procès Eichman, le travail d'une nouvelle génération d'historiens, des œuvres comme le film Shoah de Lanzmann et pour la France, un long et pénible combat mené par les déportés et par des militants de la mémoire: ce combat est aujourd'hui pour l'essentiel derrière nous: 20 ans depuis le procès Barbie, 10 ans depuis le procès Papon, 12 ans depuis le discours historique du Président Chirac sur ces lieux. Ce combat nous a tous façonnés: votre présence, Monsieur le Premier Ministre, en est le témoignage: nous savons aujourd'hui que le destin que les nazis assignaient aux Juifs ne relève pas des vengeances commises par un vainqueur contre ceux qui ont lutté contre lui; que ce n'est pas un de ces crimes de guerre horribles dont les êtres humains ont parsemé et continuent de le faire leur histoire tragique, criminelle et parfois grandiose. Nous savons qu'il s'agissait de les exterminer de la surface de la terre, de les éradiquer au sens où un hygiéniste fou rêverait de supprimer une race de bactéries ou de virus.
Et nous savons aussi que  l'Etat français de l'époque fut le complice de ce crime, en envoyant des policiers français effectuer contre des innocents absolus ces horribles rafles du 16 et du 17 juillet 1942 à l'issue desquelles 13152 hommes, femmes et enfants furent arrêtés; 8160 furent parqués  dans les conditions de promiscuité et d'hygiène épouvantables de ce Vélodrome d'Hiver aujourd'hui détruit, dans lequel, paradoxe morbide, les règlements de l'époque interdisaient aux Juifs d'entrer.....
L'immense majorité des victimes, livrée aux allemands, fut convoyée vers Birkenau et y fut gazée dès l'arrivée dans l'une des deux petites maisons, la blanche et la rouge, du bois de bouleaux derrière le camp.
Pensons un instant à une famille anonyme, des artisans modestes, avec leurs difficultés matérielles, leurs joies familiales, leurs espoirs pour leurs enfants, la crainte diffuse accumulée depuis deux ans: pensons au réveil brutal dans la nuit, la police, la mère qui supplie pour laisser ses enfants, l'horreur du Vel d'Hiv, six jours sans sanitaires, sans matelas, presque sans eau et sans nourriture, le calvaire des trois jours de train, et là-bas le déshabillage en plein air en attendant d'entrer dans la chambre à gaz...  
Le travail  exemplaire de mémoire auquel la France a procédé pendant ces nombreuses années est un travail d'histoire, de vérité, de responsabilité et de justice; c'est un travail qui grandit notre pays, ce n'est pas une victoire pour les Juifs, c'est une victoire pour la France. Nous en sommes les dépositaires, nous n'avons pas à rechercher de nouvelles luttes, nous avons à recueillir, à réfléchir, à prévenir, à adapter et à transmettre. Car peu à peu vient le temps des héritiers, ce temps où s'estompe la voix des victimes, des survivants et des rares  témoins, ce poids d'expériences et de souffrances, ce côtoiement de l'horreur et de la mort dont au fond ils ne sont jamais sortis, mais dont ils ont su par on ne sait quel miracle, faire une leçon de vie et de respect pour l'autre. Dure tâche que de leur succéder, pour nos épaules moins préparées, affaiblies par la facilité de notre quotidien de consommateurs à tout crin . A nous de prendre notre part, mais seulement notre part: moi qui n'ai perdu ni père, ni mère, qui n'ai aucun droit à me prévaloir d'un statut de victime, je dois assumer mon devoir de transmission et de vigilance.
 
Ce devoir, pour quoi le poursuivre?
 
Il le faut pour le passé, il le faut pour le présent, il le faut pour le futur.
 
Le passé, ce sont les victimes. Ceux qui sont morts sont tellement les plus nombreux, mais ce ne sont pas des nombres. Parmi d'autres, Benjamin Fondane, convoi 75:
"un jour viendra quand vous foulerez ce bouquet d'orties
qui avait été moi dans un autre siècle
 souvenez-vous que j'étais innocent
et que tout comme vous,
j'avais eu moi aussi un visage marqué par la colère, par la pitié et par la joie
un visage d'homme tout simplement....."
 
Parmi ceux qui ont survécu, si certains  ont fait le choix du silence, la plupart ont voulu parler. Ne pas les écouter, pire encore, refuser de nommer correctement ce qu'ils ont vécu, c'est proprement les faire entrer de nouveau dans l'"innommable", les faire sortir de l'histoire des hommes. Pour cette tentative de meurtre symbolique le négationnisme est un crime. 
 
Pour le présent, c'est paradoxalement l'histoire. Car l'histoire est une ascèse qui poursuit le vrai, l'antidote nécessaire en ces temps de propagande facile dans un monde virtuel et émotionnel alors même qu'une certaine critique efface la complexité du vrai pour faire valoir sa relativité et l'équivalence morale de toutes les opinions.
 
Oui le vrai est complexe: c'est cela qui nous permet de vivre la multiplicité, d'éviter les conflits de mémoire, le plus souvent absurdes mais parfois très douloureux, les stéréotypes d'appréciation porteurs de haine et de rejet. Le vrai est une valeur forte et vitale: nous avons pour mission de le rappeler.
La recherche du vrai conduit souvent à débusquer le mal et parfois à retrouver le bien. C'est le message merveilleux et la leçon que nous apportent les Justes, ces Justes des Nations nommés par Yad Vashem et ceux qui restent inconnus, ces Justes qui furent de tous les pays, y compris de ceux où sévissait l'antisémitisme le plus virulent, et qui sont le rayon de lumière dans la nuit des crimes et des meurtres d'innocents.
Les Justes de France, que nous honorons chaque année au cours de cette cérémonie ont reçu un hommage exceptionnel au  Panthéon en janvier 2007. En tant que Président du Comité français pour Yad Vashem, vous imaginez mon émotion à les voir reconnus par la République parmi ses enfants les plus glorieux. Pourquoi ont-ils fait ce qu'ils ont fait et pris des risques que tant d'autres ont refusé de prendre? Un remarquable film de Nicolas Rybowski donne des éléments de réponse sans franchir le mystère de l'individu: on y voit M.Belbeoch Juste des Nations qui me suivra à cette tribune expliquer: c'est très simple, il fallait dire non, non et s'y tenir....Non, ce n'est pas si simple, ce n'est pas si fréquent, c'est dangereux, mais c'est une utopie vitale....Merci aux Justes de nous montrer qu'elle est potentialité de l'être humain.
 
Mais l'enseignement de la Shoah, c'est aussi un travail pour l'avenir, un travail pour le type de cité que nous voulons promouvoir. En cela le CRIF est partie prenante: c'est une de ses obligations statutaires que de préserver la mémoire, c'en est une autre que de lutter contre l'antisémitisme. Ce sujet capital ne peut être qu'effleuré ici: je voudrais témoigner de l'importance des voyages sur les lieux d'extermination et sur l'importance de la formation des professeurs. Grâce à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et au travail effectué par les équipes du  Mémorial de la Shoah, nous sommes pourvus d'une infrastructure excellente. D'autres projets de grande qualité, comme le camp des Milles dans le Sud de la France doivent être soutenus. Il faut montrer avec précision ce que fut l'histoire de la Shoah , et éviter ainsi les amalgames.
 
Mais nous devrons aussi, au-delà de l'histoire, mieux analyser les phénomènes de massification des comportements, les effets d'entraînement du groupe et de soumission à l'autorité charismatique. Tout cela n'est pas spécifique à la Shoah, mais les exécutants du plus grand crime de l'histoire ont été pour la plupart des hommes ordinaires, lâches, ambitieux ou manipulés par des procédés aujourd'hui encore en cours dans d'autres régimes totalitaires. Ceux qui utilisent ces méthodes prospèrent aujourd'hui, ils sont admirés dans l'immensité du web. L'antisémitisme dans le monde ne diminue pas et, pour la première fois depuis que cette cérémonie du Vel d'Hiv a lieu, un Etat prétend officiellement en faire disparaître un autre de la terre: le pays à qui ce sort dramatique est promis est comme par hasard, celui où s'est réfugiées une grande partie du peuple juif.....
 
Nous ne les laisserons pas faire.......
 
 
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Intervention du Premier ministre, François Fillon
medium_Ceremonie_du_22_juillet_2007_514_.jpg
 
Monsieur le maire,
Monsieur le président,
Monsieur le grand rabbin,
Très chère Simone Veil,
Monsieur le secrétaire d’Etat,
Mesdames et messieurs,
 
La France que nous aimons, la France fidèle au pacte sacré de la liberté et de la dignité humaine, cette France là nous oblige. Elle nous oblige à ne jamais sacrifier nos idéaux. Elle nous oblige à ne pas choisir les chemins de complaisance qui, de compromis en compromission, conduisent à la déroute morale. Elle nous oblige au souvenir. Notre pays doit célébrer ses jours de grandeur et reconnaître ses heures de honte car la mémoire d’un grand peuple ne se divise pas. C’est dans la pleine reconnaissance des lumières et des ombres du passé que la nation s’instruit et se grandit.
 
Au cœur du XXème siècle, la barbarie nazie précipita l’Europe dans les ténèbres. La shoah dévoilait alors l’humanité dans son atroce inhumanité. Nous ne sommes pas et ne pourrons jamais être guéris de l’holocauste.
 
En ce lieu, il y a soixante cinq ans, à quelques dizaines de mètres, 8 160 êtres humains, pourchassés, parce que Juifs, étaient entassés au Vélodrome d’hiver. Parmi eux, 1129 hommes, tous étrangers, 2916 femmes, toutes étrangères, et leurs 4115 enfants de moins de 16 ans, presque tous français.
 
Dans le camp de Drancy furent internés les célibataires et les couples sans enfants - 1989 hommes, 3003 femmes.
 
Le bilan de cette gigantesque rafle, la plus importante jamais conduite sur le sol de notre pays, s’établissait à 13 152 innocents. Ceux qui les avaient arrêtés portaient l’uniforme français : ils étaient aux ordres du gouvernement capitulard, antisémite et xénophobe de Vichy, oeuvrant pour le compte de la gestapo allemande.
 
L’Etat français venait de se rendre complice des nazis les plus fanatiques et les plus déterminés.
 
Vichy avait livré, et livrerait encore aux barbares des dizaines de milliers de Juifs. Dans cette immense tragédie, 80 000 Juifs ont été les victimes de la solution finale en France : 76 000 déportés, dont moins de 3 000 sont revenus, 3 000 morts dans les camps en France, et un millier de Juifs exécutés ou abattus sommairement.
 
En cette seule année 1942, année terrible pour les Juifs de France, 19 000 hommes, 15 000 femmes et 6 500 enfants, dont plus de mille avaient moins de 5 ans, furent victimes de la soumission de l’Etat français à la volonté génocidaire nazie.
 
Philippe Pétain, chef de l’Etat français, Pierre Laval, chef du Gouvernement, René Bousquet, chef de la police, n’avaient pas été à l’origine de la solution finale, mais c’est en pleine conscience de leurs actes qu’ils ont choisi de remplir le rôle de pourvoyeurs des camps de la mort.
 
Ces hommes qui dirigeaient la France de la collaboration n’ont droit à aucune circonstance atténuante. Pas même celle de la défaite, car on ne sauve pas la France en déshonorant ses principes. Aucune circonstance atténuante, parce que c’est spontanément qu’ils ont inscrit dans la loi un statut discriminatoire des Juifs, et qu’ils ont pris les mesures qui les réduisaient à la condition de parias.
 
Cette collaboration indigne, ce pacte sombre avec l’occupant nazi, beaucoup de Français en ont ressenti le caractère déshonorant et tragique.
 
Dès octobre 1940, malgré la défaite et la désolation de tout un pays brisé, des citoyens français se sont émus et insurgés, telle cette femme s’adressant à Pétain le jour de la promulgation du statut des Juifs : « Je crois qu’il est peu de choses aussi affreuses que d’être honteux de son pays, au moment où on l’aime avec plus de tendresse et d’intensité que jamais à cause de son immense malheur. Ce n’est pas un pays sans visage que la France. Et un des traits que nous aimons et respectons le plus est son humanité... Ce sont ces droits (ceux de la personne humaine) qui sont dangereusement atteints par le statut des Juifs... Nombreux sont les Français qui sont prêts, sous votre conduite, à souffrir n’importe quoi, pourvu que tout soit fait pour que la France reste la France, dans son âme aussi bien que dans son territoire. »
Voilà les mots d’une Française, les mots de l’honneur national.
 
Non, aucune circonstance atténuante ne tient, parce que face aux chefs SS, il restait aux autorités de Vichy le pouvoir de résister, l’issue de dire « non » ; il leur restait l’Empire, la flotte, l’horizon voisin de la France libre ; il leur restait enfin et surtout la volonté des Français de ne pas voir la France perdre son âme. Cette volonté, le pasteur Boegner l’exprimait si justement dans une lettre restée sans réponse à Pétain : « Je vous supplie, Monsieur le Maréchal, d’imposer des mesures indispensables pour que la France ne s’inflige pas à elle-même une défaite morale dont le poids serait incalculable. »
 
Au lieu de répondre à cet appel, le Gouvernement de Vichy a balayé les traditions françaises d’asile et de protection, ces traditions chevaleresques et humanistes du pays ; il s’est associé au crime contre l’humanité dans toute son horreur, car il ne pouvait ignorer le sort funeste qui attendait les déportés.
 
Ce sort, beaucoup le connaissaient, ou le pressentaient.
Les enfants eux-mêmes, enfermés durant ces quelques journées effroyables dans le Vélodrome d’hiver, n’entretenaient aucune illusion.
 
Voici la lettre d’un garçon de 15 ans à l’un de ses amis : « Mon cher Claude, Lorsque cette lettre te parviendra, nous serons sans doute déjà partis. Nous sommes presque fous à force de penser à cela, surtout que nous craignons d’être séparés. Je termine cette lettre en ayant une forte envie de pleurer, car vois-tu, je crois que nous ne nous reverrons plus, et vois-tu, je crois que c’est vraiment la fin. »
 
Par la suite, les familles internées au Vel d’hiv furent transportées dans deux camps du Loiret, à Pithiviers et Beaune-la-Rolande, où très vite, elles furent disloquées.
 
Les pères partirent par un convoi, avec leurs fils adolescents nés à l’étranger. Les milliers de mères partirent par d’autres convois avec leurs filles adolescentes, après avoir été séparées à coups de crosse, de leurs enfants en bas âge. Quelques témoins de ces séparations brutales se sont exprimés :
« Il est impossible - écrivait l’un d’eux - de vous décrire les conditions dans lesquelles ces déportations ont eu lieu. On a arraché des enfants à leurs mères et tout ce que vous pourrez imaginer à ce sujet sera en dessous de la vérité. »
 
Un autre témoin a rédigé le jour même, le 7 août, cette demande pressante :
« Il faut que vous racontiez à tous ces femmes, véritables folles qui hurlent adieu à leur enfant de 4 ans, de 10 ans, de tous les âges, qu’on leur arrache ».
 
Ces 3 000 enfants en bas âge restèrent seuls, plongés dans la détresse extrême des corps, des cœurs et des esprits. Certains verront leur martyre s’achever sur place, et seront inhumés dans des tombes ou dans des fosses communes des cimetières locaux. Tous les autres furent transportés au camp de Drancy parce que les autorités allemandes ne voulaient pas de trains remplis exclusivement d’enfants. Là, on les mélangea à des adultes raflés en zone libre, qui n’étaient pas leurs pères, qui n’étaient pas leurs mères, afin de faire croire à la population française qu’ils partaient en famille. Ils furent déportés en 6 convois, à raison de 500 enfants par convoi.
 
Deux jours et deux nuits de rail, dans une promiscuité étouffante, sous la chaleur lourde de l’été. Le train stoppe. Les portes s’ouvrent sur la rampe de Birkenau. L’angoisse, les peurs, les cris éclatent. Des ordres résonnent. Les colonnes se forment. Quelques instants plus tard, quelques pas plus loin, ils entreront dans la machine exterminatrice nazie. Pas un de ces enfants n’est revenu.
 
Quant aux milliers de mères, qui espéraient encore que la nationalité française de leurs enfants les protègerait, elles ont appris à Auschwitz, trois semaines plus tard, qu’ils y avaient été déportés à leur tour, et assassinés dès leur arrivée. Moins de dix de ces mères survécurent.
Ici même, le 16 juillet 1995, Jacques Chirac déclarait : « Ce jour là, la France, terre d’asile, patrie des Lumières, ce jour là, la France a accompli l’irréparable. »
 
Il fallait cet acte de courage et de lucidité pour regarder en face le passé de notre nation, pour décider d’en assumer les responsabilités et les conséquences, pour permettre en particulier de créer la Commission Matteoli, dont les propositions ont été suivies par les gouvernements d’Alain Juppé et de Lionel Jospin : réparation pour les orphelins de la déportation, création d’une Commission d’indemnisation des victimes de spoliations, création de la fondation pour la mémoire de la Shoah.
 
Oui, la France avait prêté la main aux actes commis par Vichy contre les Juifs ; en particulier, aux arrestations menées par la police française, qui est allée jusqu’à se saisir en août 1942, en zone libre - territoire où il n’y avait pas de troupes allemandes - de 10 000 Juifs transférés en zone occupée, d’où ils furent immédiatement déportés.
 
A côté de Vichy - cette France inique - une autre France existait cependant, une France d’honneur, celle de la résistance, celle du général de Gaulle, une France d’action et de foi, une France aussi de cœur, discrète mais généreuse, désarmée mais vertueuse. Il a fallu le travail lent et précis d’historiens pour dégager son rôle salvateur, le décrire, le mesurer justement.
« Si le régime de Vichy a abouti à une faillite morale, et s’est déshonoré en contribuant efficacement à la perte d’un quart de la population juive, les trois quarts restant doivent essentiellement leur survie à la sympathie sincère de l’ensemble des Français, ainsi qu’à leur solidarité agissante, à partir du moment où ils comprirent que les familles juives tombées entre les mains des Allemands étaient vouées à la mort. » Voila ce qu’écrivait l’historien et chercheur Serge Klarsfeld dans la conclusion de son ouvrage, Vichy-Auschwitz, dès 1983.
Redisons-le aujourd’hui : derrière les Justes de France, figures exemplaires et reconnues, un large peuple a agi, des églises ont parlé, des voix nombreuses ont protesté qui, pendant l’été 1942, au moment des victoires allemandes en Afrique du Nord et dans le Caucase, ont réussi par leur hostilité marquée aux mesures anti-juives, à freiner la coopération massive instituée entre les polices de René Bousquet et de Karl Oberg, entre la police de Vichy et la gestapo.
Rappelons non seulement les lettres pastorales de Mgr Saliège, de Mgr Théas, de Mgr Gerlier, de Mgr Delaye, mais aussi les réactions de très nombreux Français, immédiatement retransmises par les préfets au Gouvernement de Vichy. Rappelons les avec émotion, avec gratitude pour la France, avec reconnaissance pour la part d’honneur sauvé.
 
Mesdames et messieurs,
Soixante cinq années se sont écoulées depuis cette rafle du Vélodrome d’Hiver, emblématique de toutes les autres rafles qui eurent lieu à la même période.
 
Soixante cinq ans. Le temps a passé, reléguant dans une mort obscure les coupables historiques, et avec eux la nécessité d’expier. L’horreur, elle, n’a pas diminué ; et avec elle s’est perpétuée notre obligation de protester, de pratiquer l’exercice du souvenir et de la vigilance.
 
Au nom du président de la République, au nom du Gouvernement, je m’adresse ici à la jeunesse française.
 
Il y a soixante cinq ans, des responsables de Vichy, des fonctionnaires, des collaborateurs, se sont souillés d’une faute pleine, indélébile. Leur faute n’est pas votre faute. Leur honte n’est pas votre honte. Mais il y a dans leurs actes une horreur qui doit devenir la vôtre, un dégoût qui doit soulever vos cœurs comme il a soulevé le nôtre ; non pour vous mortifier, mais pour vous prémunir ; non pour réécrire le passé, mais pour entretenir le culte de la vérité ; non pour condamner la France dans son entier, ce qui serait injuste, mais pour exiger d’elle le meilleur ; non pour abaisser l’esprit de résistance dont elle fit preuve, mais bien au contraire pour en mesurer la force et le prix.
 
De la Shoah, des survivants sont encore là pour témoigner, mais leur nombre s’amenuise, et bientôt ne resteront que les écrits, les images, les livres d’histoire. Lorsque la voix de ceux qui ont vécu cette tragédie se sera tue, il vous reviendra, à vous jeunesse de France, de prendre le relais de leurs paroles, de leur mémoire. Vous le ferez pour eux, vous le ferez pour la France.
Oublier, c’est commencer à mourir.
 
A ceux qui ont perdu des êtres chers, et dont la souffrance n’est pas révolue, je veux dire combien je comprends qu’ils refusent de se résigner ; combien je respecte leur chagrin, leurs larmes infinies. A leur côté, je retiens, moi aussi, la leçon de cette page noire de l’histoire de notre pays. C’est une leçon profondément politique, une leçon ancienne.
 
En 1572, rapporte Voltaire, le gouverneur d’Auvergne Saint-Herem, répondait au roi Charles IX, qui lui avait demandé d’exécuter les protestants tombant sous sa juridiction :
« Sire - répond-il - j’ai reçu un ordre sous le sceau de votre majesté de faire mourir tous les protestants qui sont dans ma province. Je respecte trop votre majesté pour ne pas croire que ces lettres sont contrefaites ; et si, ce qu’à Dieu ne plaise, l’ordre est véritablement émané d’elle, je la respecte encore trop pour lui obéir ».
 
C’est cette quête de grandeur morale, intellectuelle, spirituelle qui doit conduire l’Etat et l’administration. C’est ce choix de l’honneur et du courage qui doit inspirer ceux qui ont en charge d’incarner la République. C’est le combat perpétuel contre tous nos démons - l’antisémitisme, la xénophobie, le racisme - qui doit frayer sa voie. C’est la victoire de la dignité et de la justice qui éclaire l’âme de la France.
 
www.crif.org 

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dimanche, 22 juillet 2007

Cérémonie pour le 65e anniversaire de la Rafle du Vel d'hiv

"Nous ne sommes pas et ne pourrons jamais être guéris de l'holocauste", a déclaré dimanche François Fillon à l'occasion du 65e anniversaire de la Rafle du Vel' d'Hiv.

Ce dimanche 9h00 départ du Marathon de la mémoire ,au mémorial de la Shoa constitué d'une équipe de jeune du Maccabi  avec le concours de l'Absi avec le Président Maurice Benhayoun du Maccabi et Gil Taieb de l'Absi ,le plus jeune coureur devait avoir 6 ans .

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"Il y a 65 ans, des responsables de Vichy, des fonctionnaires, des collaborateurs, se sont souillés d'une faute pleine, indélébile", a déclaré le Premier ministre lors d'une cérémonie à Paris, square des Martyrs juifs, près du pont de Grenelle où s'élevait le Vélodrome d'hiver.

Du 16 au 21 juillet 1942, 8.160 des 13.152 juifs arrêtés à Paris et dans la région parisienne lors de la plus importante rafle conduite sur le territoire français furent parqués au Vel d'Hiv, avant d'être conduits dans des camps de concentration.

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"65 ans. Le temps a passé, reléguant dans une mort obscure les coupables historiques, et avec eux la nécessité d'expier. L'horreur, elle, n'a pas diminué; et avec elle s'est perpétuée notre obligation de protester, de pratiquer l'exercice du souvenir et de la vigilance", a souligné François Fillon.

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac avait reconnu la responsabilité de la France dans la rafle ("Ces heures noires souillent à jamais notre Histoire et sont une injure à notre passé"), un geste salué comme un "acte de courage et de lucidité" par François Fillon.

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"Il fallait cet acte de courage et de lucidité pour regarder en face le passé de notre nation, pour décider d'en assumer les responsabilités et les conséquences", a dit le chef du gouvernement, qui use d'ordinaire d'un registre plus critique à l'égard de l'ancien chef de l'Etat.

"Notre pays doit célébrer ses jours de grandeur et reconnaître ses heures de honte car la mémoire d'un grand peuple ne se divise pas. C'est dans la pleine reconnaissance des lumières et des ombres du passé que la nation s'instruit et se grandit", a-t-il ajouté.

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François Fillon a lancé un appel à la jeunesse pour qu'elle perpétue le souvenir de la Shoah.

"Lorsque la voix de ceux qui ont vécu cette tragédie se sera tue, il vous reviendra, à vous jeunesse de France, de prendre le relais de leurs paroles, de leur mémoire. Vous le ferez pour eux, vous le ferez pour la France", a-t-il dit en présence notamment de rescapés, de Simone Veil, déportée à Auschwitz, et du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier.

23:50 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 18 juillet 2007

Le Crif en action.Il y a 65 ans, le 16 juillet 1942

Le Crif en action
 
Il y a 65 ans, le 16 juillet 1942
17/07/07
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- - Thème: Commémoration


 

 

Plusieurs cérémonies dans le cadre de la journée des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux justes de France ont eu lieu le 16 juillet, jour anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv.
A Drancy, une centaine de personnes ont assisté à la commémoration, face au mémorial réalisé par Shlomo Selinger, ancien déporté. De nombreux représentants des pouvoirs publics et d’associations d’anciens combattants ont écouté les discours de Hervé Masurel, Préfet délégué à l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis, de Jean Christophe Lagarde, maire de Drancy et d’Yvette Lévy, ancienne déportée, présidente des déportés de Seine-Saint-Denis qui représentait le CRIF. Des représentants religieux de l’Eglise réformée de l’Eglise catholique et un aumônier juif de l’armée française ont également pris la parole lors de la cérémonie.
A Bordeaux, Albert Roche, président du CRIF Bordeaux Aquitaine, a prononcé une allocution (publiée ci-dessous) devant près de 300 personnes réunies au mémorial de la déportation au Fort du Hâ.
D’autres commémorations ont eu lieu le même jour à Toulouse, Pau et au Camp de Gurs dans les Pyrénées Atlantiques.
 
Photo : © 2007 Alain Azria
 
********
 
Allocution d’Yvette Lévy, ancienne déportée
Drancy, le 16 juillet 2007
 
 
Au nom du CRIF que je représente, permettez-moi, avant tout, de remercier, à l’occasion du 65ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, l’ensemble des maires de Drancy.
 
La ville de Drancy a eu en effet, dès la fin de la guerre, un comportement exemplaire et les maires de cette ville ont fait tout leur possible pour sauvegarder ce lieu de mémoire avec ce monument hautement symbolique que nous devons au grand artiste Shlomo Selinger, lui-même ancien déporté.
 
Monsieur Jean-Christophe Lagarde, je tenais aussi tout particulièrement à vous remercier d’avoir repris, avec constance et coeur, le flambeau de la mémoire de la Shoah dans votre ville.
 
Aujourd’hui, nous sommes venus pour nous recueillir devant ce monument et devant ce wagon témoin, dédiés à ces victimes dont nous gardons le souvenir dans nos cœurs. Ce wagon matérialise les pages les plus sombres de notre histoire, celle de Drancy, celle de la France qui aurait perdue son âme en l’espace de quatre années, si une poignée de Justes n’avaient sauvé l’honneur.
 
En seulement deux ans, une soixantaine de convois français de déportés juifs sont partis de ce lieu même. 67 000 hommes, femmes et enfants juifs furent déportés à partir de Drancy sur les 76 000 Juifs déportés de France. 2 000 seulement en sont revenus, soit à peine 3%.
 
Faut-il le rappeler - entre 1940 et 1944, les Juifs de France, n'ont pas été persécutés par la seule puissance occupante. Ils ont été pourchassés, traqués puis déportés avec le concours et la collaboration de l'État français.
Et à l’horreur de cette rafle, suivie de nombreuses autres, s’est ajouté l’incompréhensible, la stupeur, la trahison : des policiers français ont réveillé au matin du 16 juillet 1942 près de treize mille juifs emmenés et gardés, dans des conditions indignes, au Vélodrome d'Hiver. Des gendarmes français les ont escortés jusqu'à Drancy – l’antichambre des camps de la mort. Des fonctionnaires français les ont livrés à l'occupant et à son entreprise de mort.
 
Pire encore, à la liste dressée par l’occupant, les autorités françaises ont pris l’initiative d’y adjoindre des enfants. Entre 4500 et 7000 policiers ont pris part à cette opération sans que les autorités d’occupation n’aient eu à y participer.
 
Pas un seul des 4051 enfants raflés n’a survécu.
 
Le pays où il fut déclaré que les hommes naissent et demeurent libres et égaux manquait alors à sa parole, à son honneur, à sa grandeur.
 
Il faut cependant rendre hommage aux quelques policiers qui ont eu le courage de désobéir aux ordres iniques de Vichy.
 
20 ans jour pour jour après le procès Barbie, mes pensées vont aussi aux 44 enfants juifs pensionnaires de la Maison d’Izieu dans l’Ain qui ont transité ici à Drancy avant d’être exterminés sans pitié.
 
Comment ne pas évoqué enfin ce tunnel creusé par des juifs internés, destiné à permettre l'évasion de tous les reclus. 14 membres de l'équipe de construction furent arrêtés et interrogés sous la torture. Le 20 novembre 1943, ils furent déportés.
Sur les quatorze,  douze sautèrent du train et rejoignirent la résistance.
 
Mesdames et Messieurs, je voudrais pour conclure, rendre hommage aux justes de France.
C’est cette France des Justes que la République doit également continuer d’honorer. Cette France qui a résisté à un antisémitisme d’exclusion et d’appropriation, qui s’est élevée contre la privation de la nationalité française, contre le marquage de tous les juifs, hommes femmes, enfants, vieillards souvent anciens combattants, parfois même mutilés de guerre ou décorés. Ce ne sont pas uniquement des vies qu’ils ont sauvées, ce n’est pas seulement l’honneur de la France qu’ils ont rendu, mais surtout la dignité de l’être humain en des temps où l’optimisme était un luxe. Ces hommes et ces femmes d’exception ont su, au péril de leur vie, apporter l’étincelle d’humanité qui a fait alors tant défaut à l’Europe occupée.
 
Je vous remercie.
 
******
 
Allocution d'Albert Roche, Président du CRIF Bordeaux Aquitaine
 
Aujourd’hui 16 juillet 2007, nous voici à nouveau réunis, comme chaque année, pour commémorer la rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942.
 
Déjà 65 ans. Le temps d’une vie.
 
Le temps qui jaunit les photos de jadis, rendant chaque année un peu plus irréel un événement tragique parmi bien d’autres de la Shoah. Et c’est précisément parce que le temps déforme et engourdit le réel qu’il faut témoigner, qu’il faut dire et redire, inlassablement les mots difficiles de l’épreuve suprême : la mise des juifs d’Europe au ban des hommes, prélude à la tentative d’extermination systématique du peuple juif par la folie nazie, relayée en France par le gouvernement de Vichy et de Pétain.
Il est aujourd’hui quelque peu difficile d’imaginer qu’un gouvernement représentant la France, comme l’a fortement déclaré le président Chirac en 1995, ait pu mettre au point et planifier la rafle de juifs et leur livraison aux assassins du national socialisme voisin, qui, ironie de l’Histoire, semble n’en avoir pas tant demandé, du moins en 1942. Citons le président Chirac : « ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français….le 16 juillet 1942, 4500 policiers et gendarmes français, sous l'autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. Ce jour-là, dans la Capitale et en région parisienne, plus de dix mille hommes, femmes et enfants juifs, furent arrêtés à leur domicile, au petit matin… »
Ils furent en tout 13 152 juifs parisiens, dont 4 115 enfants. La plupart mourront à Auschwitz.
 Le souvenir de ces évènements est encore vivace chez quelques rescapés, certains descendants ou collatéraux, et au-delà dans la communauté juive de France. Mais comment faire de cette tragédie un souvenir national, où tous ensemble, juifs et non juifs, se sentiront concernés par l’horreur. La difficulté tient évidemment au malaise d’une société française issue d’une dichotomie structurelle, culturelle et politique. Une France de la réaction, collaboratrice avec l’occupant ou comme le disait le président Chirac : « trahissant les valeurs et la mission de la France, le gouvernement de Vichy s'est fait le complice, parfois zélé, de l'occupant ». La France de Vichy donc, dans laquelle nombre de nos compatriotes se reconnurent, antisémite et raciste, face à la France de la Résistance, humaniste et progressiste, aux antipodes des préoccupations antisémites de Vichy, et qui n’abdiqua pas, qui préféra reculer à Londres, avec la général de Gaulle, ou à Bordeaux, capitale éphémère mais o combien symbolique d’une France libre, d’une France en espoir de libération.
Cette France déchirée a mis longtemps pour trouver le chemin de la réflexion, de la bénéfique autocritique. Elle se remet tout juste du traumatisme.
Car enfin, à la réflexion, est-il pensable de rafler des gens, de les rassembler en un lieu de dépersonnalisation totale, propice à l’éclosion de la folie, contagieuse, irrémédiable. Citons ce témoignage : « L'état d'esprit de ces hommes, femmes et enfants, entassés là, est indescriptible; des hurlements hystériques, des cris : "libérez-nous", des tentatives de suicide; ils se précipitent sur toi : "tuez nous, mais ne nous laissez pas ici", "une piqûre pour mourir, je vous en supplie", et tant d'autres, et tant d'autres…La plupart des internés sont malades (on est allé chercher même les opérés de la veille dans les hôpitaux, d'où éventrations, hémorragies etc.…Nous - assistantes sociales et infirmières - avons reçu comme consigne de
nos monitrices : "Surtout ne racontez rien de ce qui se passe ici au dehors !" C'est ignoble. On voudrait faire silence autour de ce crime épouvantable. Mais non, nous ne le permettrons pas. Il faut qu'on sache. Il faut que tout le monde soit au courant de ce qui se passe ici. »
Nous en sommes encore et toujours là ! il faut que le monde soit au courant de ce qui se passa là, un jour de l’été 42, au Vel d’Hiv de Paris, et qui déshonora la France, et l’humain dont nous nous réclamons tous.
Comme l’écrit Elie Wiesel : « Oublier c'est se choisir complice ». Mais l’oubli est aussi l’antichambre de la négation, de la dénégation. Il ne serait peut-être pas très grave que certains nient la Shoah ou les chambres à gaz, au nom de leur liberté d’opinion, si par là même ils ne transformaient pas les victimes en affabulateurs, quand ce n’est en profiteurs misérabilistes de la pitié du monde. Ajouter à la mort de la plupart, le soupçon de mensonge et la relégation dans la folie pour les rescapés, nous semble être définitivement une infamie. C’est dans cette optique qu’il faut lire et interpréter les foucades du président iranien Ahmadinedjad. Et dans cet axe qu’il faut comprendre son appel à la poursuite de la besogne commencée par les nazis. Mais voilà ! Le mal est fait, même s’il se pare des atours du ridicule. Le drame, c’est aujourd’hui un nombre croissant de jeunes français et européens, sans parler du monde arabe ou extrême oriental, qui pensent tout simplement que la Shoah est une pure invention, s’inscrivant dans le cadre d’un complot juif éternel. La Shoah est en passe d’être reléguée aux oubliettes des canulars de l’Histoire.
L’évocation du souvenir de la Shoah est devenue suspecte car salie du soupçon de manipulation. Mais il faudra clamer haut et fort, de génération en génération, le caractère universel de ce qu’ont vécut les juifs. Ils témoignent aujourd’hui non seulement du traitement qu’une partie de leurs frères humains leur a réservé, mais de toutes les souffrances endurées par les tous les faibles de l’Histoire humaine. Les Juifs portent la mémoire du genre humain, sans orgueil mais sans failles, car ils sont voués à la dénonciation de l’injustice, voués à l’« intranquilité » chère à Fernando Pessoa.
On peut s’interroger sur le sens du mot « rafle ». Ce mot renvoie à la notion de prise brutale, de main mise, d’accaparement, toujours avec une connotation de rapidité. On notera avec ironie que ce mot est d’origine… allemande. Les raccourcis de l’Histoire sont saisissants, et ne s’inventent pas. La rafle se comprend aussi comme un geste de spoliation volontaire, au sens proche de razzia : les biens des juifs ont souvent servi de prétexte, quand ce n’est de stimulant, à l’arrestation et à l’extermination de leurs propriétaires.
La vigilance est aujourd’hui à nouveau nécessaire lorsque de jeunes enfants pensent encore les juifs comme liés ontologiquement au monde de l’argent, au monde de la possession et de la consommation, et par là même de l’exploitation.
Il faut dire à ces jeunes pousses de la nation, à ces forces vives de demain que l’essence du peuple juif se situe dans un autre sens du mot rafle, probablement totalement insu des policiers et fonctionnaires zélés de Vichy : en botanique, la rafle est ce qui reste d’une grappe de raisin ou d’un épi de maïs, privé de leurs grains. Tel est ce peuple juif, à jamais privé de nombre de ses grains, « raflé » donc, mais dont le squelette tient encore debout, fragile mais solide, pour témoigner de la folie des hommes.
Dans la tourmente de ces jours austères où les juifs parisiens furent raflés et envoyés à la mort en Pologne, dans les trains de la SNCF, certains ont choisi une autre voie. Ce sont ces Justes qui réhabilitent notre pays et sa mémoire meurtrie. Partout, dans les administrations, dans la police, dans les universités, ou dans l’anonymat d’un environnement citadin, certains ont refusé les ordres donnés, ont averti leurs concitoyens juifs, les ont cachés, quelquefois littéralement sauvés de la mort promise. Ils sont la fierté de la France. Ils ont la reconnaissance éternelle du peuple juif. Parmi tous ces anonymes que le temps qui passe continue de retrouver et de célébrer, un homme hors du commun, le consul du Portugal à Bordeaux, Aristide de Souza-Mendès, qui délivra des milliers de sauf-conduits à des juifs surgis de nulle part, dans le même temps où Papon scellait à mort le destin d’autres juifs.
 
Que ces Justes sachent qu’ils affirment par leurs actes qu’il est toujours possible de refuser les ordres, et que la conscience humaine est sœur de la morale humaine.
 
Je vous remercie de votre attention
www.crif.org
 

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